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Paris-Normandie.fr le 8 décembre 2016

Vendredi 9 décembre 2016

Paris-Normandie.fr le 8 décembre 2016

Jean-Claude Mailly à Rouen

Retour sur la « folle loi Travail »

Secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly participait jeudi à Canteleu au congrès de l’organisation en Seine-Maritime. Retour sur la loi Travail, questions sur la future présidentielle et le dialogue social.

Quelle parole êtes-vous venu porter aux adhérents de FO en Normandie ?

Jean-Claude Mailly. C’est l’occasion de rappeler quelques fondamentaux. Par exemple, le fait que pendant l’élection présidentielle, nous ne donnerons aucune consigne de vote, au premier comme au second tour. C’est aussi l’occasion de rappeler, dans un département industriel, qu’il faut continuer son développement ; et d’insister aussi sur les élections dans les TPE, sur le fait enfin qu’il faut savoir résister, notamment en période de crise .

Une façon de résister, c’est ce livre, « Les apprentis sorciers », que vous venez de publier et dans lequel vous revenez largement sur la loi Travail. Elle vous a marqué manifestement ?

Jean-Claude Mailly. Ce livre fait suite à la loi, une folle loi, que j’ai trouvée invraisemblable, tant sur la méthode où le gouvernement s’est planté, n’a même pas respecté les dispositions du Code du travail, que sur le contenu avec une remise en cause des conventions collectives nationales. Et ça n’est pas acceptable pour nous, qui plus est avec un gouvernement se disant de gauche... Bon, c’est ma vérité, un récit et une analyse.

Le gouvernement est passé en force avec l’article 49-3. Alors comment agissez-vous aujourd’hui ?

Jean-Claude Mailly. Par les recours juridiques. Il y a trois types de recours. Sur certains décrets en matière de durée du travail, on va aller au Conseil d’État et ensuite au Conseil constitutionnel. Il y a des recours par rapport à des directives européennes et des recours auprès de l’organisation internationale du travail.

Suppression des 35 heures, 500 000 fonctionnaires en moins, retraite à 65 ans... C’est ce que préconise François Fillon. Est-ce une vraie inquiétude ?

Jean-Claude Mailly. Bien sûr, c’est pour ça qu’on a commencé à réagir. Je crains par exemple pour l’avenir de l’assurance maladie. Si demain les plus aisés (je ne sais pas où ça commence) continuent à payer mais n’ont plus les mêmes droits, ils finiront par dire : on n’en veut plus de la sécurité sociale. Et ce serait la fin de l’assurance maladie. Et d’ailleurs M. Fillon se contredit : il fait le contraire pour les allocations familiales ; il rétablit l’universalité des prestations mais ce ne serait plus le cas avec l’assurance maladie. Il y a les 35 heures, l’avenir du service public...

Si François Fillon devient président, vous redescendez dans la rue ?

Jean-Claude Mailly. On verra. Entre une primaire et la présidence, il peut y avoir des changements. On peut espérer que M. Fillon nous entende par exemple sur la sécurité sociale, sur la durée du travail. Et ça ne veut rien dire d’annoncer : je vais supprimer 500 000 fonctionnaires. Où, dans quelles conditions ? En revanche, que nous ayons un débat sur les rôles et les missions du service public, ça me paraît important.

Avant la présidentielle, que vous inspire ce gouvernement de transition ?

Jean-Claude Mailly. Il y a des points, comme les 500 000 formations pour les chômeurs, la question de l’assurance chômage, des inquiétudes pour l’Afpa en formation continue... Il y a des décisions d’urgence à prendre, que j’ai commencé à évoquer avec le nouveau Premier ministre, que j’apprécie d’ailleurs car c’est un vrai républicain sincère.

Vous parlez souvent de l’Europe. Qu’en attendez-vous ?

Jean-Claude Mailly. Un des points dont on ne parle pas beaucoup dans ces campagnes des primaires, c’est l’avenir de l’Europe. FO est pour l’Europe mais critique sur la manière dont l’Europe se fait. Tous les syndicats européens ont fait une déclaration unanime il y a trois semaines critiquant les politiques d’austérité, demandant des investissements publics, des augmentations de salaires... Les politiques devraient en tenir au compte. Je pense qu’on arrive aux limites du néolibéralisme, en France comme ailleurs.

Où en est-on du dialogue social en France ?

Jean-Claude Mailly. Avec le Medef en tout cas, ça n’est pas simple. Il y a un président un peu curieux tout de même, qui va en Chine et dit : je quitte un pays communiste, la France, pour arriver dans un pays libéral, la Chine... Je me demande ce qu’il a fumé ! Cela dit, c’est moins vrai avec les artisans, la CGPME avec qui le dialogue est meilleur. Mais les discussions ne sont pas faciles en ce moment.

Propos recueillis par Marc Braun



L’étiquette énergie est-elle fiable ?

Jeudi 8 décembre 2016

L’étiquette énergie est-elle fiable ?

Etiquette energetiqueL’AFOC a enquêté sur la sincérité de certaines étiquettes de consommation énergétiques que les fabricants ont l’obligation d’apposer sur les appareils électroménagers qu’ils produisent.

Depuis 1995, l’étiquetage énergétique de l’Union Européenne a fait ses preuves : 85 % des consommateurs européens en tiennent compte lors de leurs achats. Ce système a également favorisé l’innovation industrielle, la plupart des produits se situant aujourd’hui dans les classes les plus élevées (A+++, A++, A+) au détriment des autres catégories, désormais vides (parfois même la classe A). Cette médaille a toutefois son revers, car il est désormais difficile pour les consommateurs de repérer les produits les plus performants : ils peuvent penser qu’en achetant un produit de la classe A+ ils achètent l’un des plus performants sur le marché, alors qu’en réalité, c’est parfois l’un des moins performants.

Les « notes » énergétiques étant devenues un argument de vente, la tentation peut être grande pour les fabricants de présenter un bilan flatteur, voire déloyal, d’autant que la législation européenne leur laisse le soin de tester eux-mêmes leurs appareils en faisant appel à des laboratoires qu’ils rémunèrent et dont l’indépendance peut être à ce titre, sujette à caution.

Une récente actualité, en matière automobile, outre-Rhin, doit appeler à davantage de vigilance sur la réalité des données avancées par les fabricants. Cela est vrai également pour les produits de consommation courante, tels que l’électroménager.

La réglementation

La réglementation européenne sur l’étiquetage énergétique, mise en place en 1992, a été modifiée par la directive 2010/30/UE du Parlement européen et du Conseil du 19 mai 2010 concernant l’indication, par voie d’étiquetage et d’informations uniformes relatives aux produits, de la consommation en énergie et en autres ressources des produits liés à l’énergie.

Cette réglementation vise à encourager les économies d’énergie tout en favorisant la circulation des produits sur le marché intérieur s’il le fallait. À ce jour, 16 catégories de produits sont soumis à la réglementation européenne relative à l’étiquetage énergétique : réfrigérateurs, lave-linge, lave-vaisselle, chaudières, pompes à chaleur, chauffe-eau, éclairage (domestique et tertiaire). Il est donc essentiel de veiller à la fiabilité des informations afin de préserver la confiance des consommateurs et d’obtenir les résultats attendus en matière d’économies d’énergie.

Les contrôles

Les contrôles de l’étiquetage énergétique relèvent des services du ministère de l’économie : direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) au niveau national, directions départementales de la protection des populations (DDPP) au niveau local.

L’étiquetage énergétique fait l’objet d’un plan annuel de contrôle de la DGCCRF depuis 2013, reconduit chaque année depuis lors. Le taux d’anomalies relevé en 2014 s’élevait globalement à 20 % environ, avec de forts écarts entre familles de produits : 50 % pour les lampes et luminaires, 10 % pour les lave-linge. Toutefois, alors que près de 50 % des établissements contrôlés présentaient au moins une anomalie en matière d’étiquetage énergétique et d’information sur les prix des équipements électriques, seuls 5 % ont donné lieu à un procès-verbal. L’absence de données plus précises communiquées par la DGCCRF, malgré nos demandes réitérées, ne permet pas de caractériser les manquements contraventionnels.

Mais l’initiative MarketWatch (initiative d’ONG européennes qui vise à une meilleure surveillance du marché en ce qui concerne les étiquettes énergie) permet d’avoir des résultats plus précis. Et si les magasins physiques ont un taux de non-conformité global de 30 %, les sites de vente en ligne tutoient les 90%. Les non conformités sont plus souvent caractérisés par l’absence ou la difficulté de trouver ou de lire l’étiquette énergie ; plus rarement correspondent-ils à une erreur de classement dans l’échelle de A à G (18 % des produits toutefois affichent une consommation énergétique réelle supérieure à celle indiquée). Quant à l’achat en ligne, l’information est majoritairement absente.

On rappellera par ailleurs que l’étiquetage énergétique est défini par les fabricants sur la base de tests qu’ils réalisent, avec un laboratoire interne s’ils en sont équipés. Ce système d’auto-déclaration est prévu par le droit européen et un État membre n’a pas le droit d’imposer une certification du produit par tierce partie. Il convient de rappeler que ce système d’auto-déclaration est le droit commun européen en matière de mise sur le marché de produits : c’est entre autres le cas pour des enjeux de sécurité des consommateurs ou des enfants (par exemple pour la sécurité des produits électriques ou des jouets). La certification reste l’exception…

Quelles évolutions ?

La directive 2010/30/UE est actuellement en cours de révision. Pour informer plus clairement le consommateur sur l’efficacité énergétique des produits, qui sont actuellement classés selon des échelles différentes (de A à G, de A+++ à D, etc.), et améliorer le respect des règles par les producteurs et les détaillants, la Commission européenne propose un système d’étiquetage énergétique révisé comprenant :

  • une échelle d’étiquetage énergétique unique étalonnée de « A à G » : la Commission propose de revenir au système éprouvé de l’échelle de « A à G », bien connu des consommateurs, pour l’étiquetage des produits économes en énergie, assorti d’une procédure permettant le remaniement ultérieur des étiquettes existantes ;
  • une base de données numérique sur les nouveaux produits économes en énergie : la Commission propose que tous les nouveaux produits mis sur le marché de l’UE soient enregistrés dans une base de données en ligne, qui offrira une transparence accrue et facilitera la surveillance du marché par les autorités nationales.

L’avantage économique pour les consommateurs de ce projet de révision a été quantifié : il leur permettrait de réaliser une économie supplémentaire de 15 euros par an qui s’ajoute aux 465 euros par an déjà économisés actuellement, pour atteindre un montant de 480 euros par an et par ménage.

Comment expliquer alors que malgré des gains d’efficacité, la facture finale augmente à prix d’énergie égal ? C’est simple : un plus fort équipement des ménages et des usages plus fréquents entraînent une hausse de la consommation électrique en Europe. Le développement de la domotique, de la maison connectée ainsi que des comportements paradoxaux (« mon ampoule consomme moins, donc je laisse la lumière plus longtemps ») ou la recherche de confort (la climatisation) constitue un phénomène prégnant ; ainsi la consommation d’électricité des ménages a augmenté de 31,92 % entre 1990 et 2010.

 

Associations FO
consommateurs

 http://www.force-ouvriere.fr

Paris-Normandie.fr le 3 décembre 2016

Jeudi 8 décembre 2016

Paris-Normandie.fr le 3 décembre 2016

Jean-Claude Mailly juge la loi travail, cet « immense gâchis »

Les apprentis sorciers par jean claude mailly

Dans un livre qui dévoile les coulisses du conflit lié à la loi travail, le secrétaire général de Force Ouvrière laisse entrevoir les difficultés du gouvernement à communiquer avec le monde syndical. Une posture qui coûte cher à tout le monde : employés, syndicats, employeurs et politiques.

 

Que reste-t-il aujourd’hui de la lutte contre la loi travail, alors que la moitié des décrets d’application ont été publiés ?

Jean-Claude Mailly : J’ai plutôt envie de dire Qui en pâtit ?. Les salariés, bien entendu. D’ailleurs, on voit arriver ce qu’on redoutait, c’est-à-dire certains employeurs qui considèrent qu’ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent en matière de durée du travail. On a ouvert la boîte de Pandore... À mesure que sortent les décrets, nous nous organisons pour contester certains devant les tribunaux. On a arrêté la bagarre dans la rue pour la porter devant la justice. Mais cette loi pénalise aussi l’exécutif, qui s’est littéralement coulé dans le moule du libéralisme. Et je crois que ça les plombe.

En quoi l’inversion de la hiérarchie des normes, qui a donc été entérinée, est-elle si grave pour les salariés ?

Jean-Claude Mailly : Nous avons, historiquement, construit un système de relations sociales basé notamment sur hiérarchie des normes. Cette hiérarchie permet de garantir que, plus vous descendez vers les entreprises, plus on améliore la condition des salariés. Parce que vous êtes protégé, par exemple, par un accord de branche en dessous duquel on ne peut pas descendre. Si vous êtes dans une TPE de six personnes - où il n’y a donc pas de syndicat - vous êtes protégé à la fois par le code du travail et la convention collective.
Or, on vient d’ouvrir une brèche dans le temps de travail, puisque l’accord d’entreprise peut se substituer à l’accord national. Et demain, ça risque de s’étendre à d’autres domaines. Dans les grosses boîtes, les gens pourront se défendre, mais dans les TPE, les gens n’auront plus que le code du travail pour se protéger. Et ça, ça ne correspond pas à notre vision de la République sociale, qui vise à accorder une égalité de droits aux salariés.

Quels autres dangers décelez-vous dans cette nouvelle donne ?

Jean-Claude Mailly : Le gouvernement a entrouvert la porte, comme le montrent les propositions qu’on peut entendre aujourd’hui, notamment celles de François Fillon. Il souhaite par exemple supprimer le monopole de présentation syndicale au premier tour des élections professionnelles, qui fait que seuls les syndicats représentatifs peuvent présenter des candidats. En faisant ça, on va avoir tout et n’importe quoi : des syndicats politisés, confessionnels voire des syndicats jaunes... Il souhaite aussi revoir les seuils de représentation syndicale.

« Après, une grève,ça gène toujours »

Jean-Claude Mailly : Mais c’est dans l’entreprise que la négociation est la plus dure ! Et si, en entreprise, vous n’avez plus la protection minimale de la branche, cela devient très difficile. Aujourd’hui, vous avez des donneurs d’ordre qui font pression sur les PME, par exemple en exigeant que celles-ci fassent remonter les sommes versées au titre du CICE ! Demain, on pourra faire pareil en demandant à son sous-traitant de payer les heures sup’non plus à 25 % mais à 10 %... Et la pression redescendra sur les salariés.

Vos actions vous ont parfois rendus impopulaires auprès de l’opinion. N’est-ce pas difficile de se battre pour les salariés et d’être montrés du doigt ?


Jean-Claude Mailly : Non, parce que quand on se lance dans ce type de mouvement, on le fait en bénéficiant d’un mandat. On défend des positions qui ont été débattues au sein d’une organisation, on applique des convictions et des principes démocratiques. Donc on ne se pose pas de questions. Après, une grève ça gêne toujours. Mais ça gêne d’abord ceux qui la font. Cela dit, je reconnais que la grève n’a pas pris, notamment parce que les gens sont étranglés financièrement. En même temps, on a fait quatorze journées de mobilisation !

Qu’en reste-t-il alors ?

Jean-Claude Mailly : C’est un dossier qui laisse des traces. Syndicalement bien sûr, pour les employés comme pour les employeurs, puisque je rappelle que seul le Medef était pour l’inversion de la hiérarchie des normes. Mais il y a aussi des conséquences politiques, puisque le gouvernement n’a même pas réussi à faire voter ce texte par sa propre majorité. Au final, c’est un gâchis.

Comment interprétez-vous le succès de François Fillon et l’attrait exercé par Emmanuel Macron, qui ont des programmes économiques libéraux ?


Jean-Claude Mailly : Parce qu’au fil du temps, les gouvernements successifs français ont abandonné à l’Europe certaines de leurs responsabilités en termes monétaires et budgétaires et en privilégiant une vision libérale. On n’a pas cherché à équilibrer l’économique et le social. On est dans le tout libéral que veulent poursuivre Fillon et Macron parce qu’on croit qu’il n’y a pas d’alternative. Mais l’économie n’est pas une science exacte. C’est une science humaine, sociale.

« Quant à Gattaz, pourvuqu’il se taise »

Jean-Claude Mailly : On peut parler d’économie politique, de politique économique, mais on manque de débats entre économistes pour dire « il y a d’autres voies possibles. » Moi, je ne suis pas un obsédé des 3 % de déficit budgétaire, mais je pense qu’il y a différentes manières de le réduire. Si on décide de mettre en place une politique de grands travaux et qu’on crée un Smic au niveau européen, on peut accroître l’activité économique, favoriser l’emploi et réduire les déficits ! Ça s’appelle une politique keynésienne, mais des keynésiens il n’y en a pas beaucoup aujourd’hui en Europe.

Dans votre récit, Manuel Valls est présenté comme très nerveux, Hollande est « celui qui parle le plus du dialogue social mais qui en fait le moins », Gattaz « ne cherche pas à comprendre son interlocuteur »... Ça n’a pas dû être facile tous les jours...

Jean-Claude Mailly : Ça a été très compliqué. Notamment avec un président qui parle régulièrement de dialogue social mais qui ne le pratique guère. Par exemple le pacte de responsabilité, la plupart des syndicats l’ont découvert à la télé lors des vœux du président ! Pour la loi travail on s’est retrouvé dans une situation identique. Il a imposé une solution qui était multiminoritaire. D’ailleurs, si ça avait été une vraie loi de progrès social, il n’aurait pas eu besoin du 49.3 pour la faire passer... Mais ça ne m’étonne qu’à moitié, parce que le libéralisme économique s’accompagne très souvent d’un autoritarisme social. Valls a incarné cet autoritarisme, mais c’est bien Hollande qui a décidé, aidé au départ par quelqu’un qui s’appelle Emmanuel Macron.... Quant à Gattaz, pourvu qu’il se taise.

Comment se sent l’adhérent au socialiste que vous êtes face au spectacle qu’offre la gauche aujourd’hui ?

Jean-Claude Mailly : Ben, il se sent socialiste. Il faut bien qu’il en reste ! Ce que je peux dire c’est que je considère que je suis resté fidèle aux valeurs socialistes, et que ce n’est pas le cas du PS lorsqu’il est au pouvoir. Je ne me suis pas reconnu dans leur politique. Et ce à quoi on assiste aujourd’hui est un gâchis.

Propos recueillis par Samuel Ribot, ALP-Presse

Les Apprentis sorciers,
l’invraisemblable histoirede la loi travail,
éditions
Les Liens qui Libèrent,
108 pages,
12,50 €.

Paris normandie fr

TV5 Monde le 6 décembre 2016

Mercredi 7 décembre 2016

TV5 Monde le 6 décembre 2016

Le Secrétaire général de Force Ouvrière face à l’actualité

« Entretien avec Jean-Claude Mailly, Secrétaire général du syndicat Force Ouvrière, auteur de "Les apprentis sorciers" (Ed. LLL).

François Hollande renonce à se présenter à la présidentielle, la droite est en ordre de bataille. Que reste-t-il de la gauche ? Que peut-elle espérer de la campagne électorale ? 64’ pose la question à Jean-Claude Mailly .

Dans “Les apprentis sorciers”, le Secrétaire général du syndicat FO raconte “l’invraisemblable histoire de la loi travail ”. »

TV5 Monde

 

L’harmonisation fiscale européenne : un projet en demi-teinte

Mercredi 7 décembre 2016

L’harmonisation fiscale européenne

Un projet en demi-teinte

Demi teinte Alors que de nombreuses affaires d’évasion fiscale ont éclaté dans l’Union Européenne, à l’image du groupe Apple, condamné le 30 août dernier par la Commission européenne pour montage fiscal illégal (voir la lettre électronique n°36), la même Commission européenne a proposé le 25 octobre un projet d’harmonisation de l’assiette fiscale des entreprises à l’échelle de l’UE afin de mieux lutter contre la fraude et l’évasion fiscale.

Cette harmonisation fiscale prend la forme d’un projet de directive de l’Assiette Commune Consolidée pour l’Impôt sur les Sociétés (ACCIS). Elle vise à imposer à toutes les entreprises (lesquelles ?) les mêmes règles de calcul du bénéfice imposable, les États restant libres d’appliquer par la suite le taux d’impôt qu’ils souhaitent sur ce bénéfice.

Cette harmonisation se ferait en deux étapes afin d’éviter toute opposition précoce de certains États membres. Dans un premier temps, seules les règles de calcul du résultat imposables seront harmonisées à travers la création d’une base fiscale commune qui sera effective au 1er janvier 2019. Puis, dans un second temps, cette assiette sera consolidée pour répartir la base fiscale entre les Etats membres au 1er janvier 2021.

Parmi les mesures clés de ce projet, on peut aussi souligner l’introduction d’un système d’intérêts notionnels, accordant alors un avantage fiscal sur les augmentations de capital ou bien encore de nouveaux avantages fiscaux pour les entreprises qui se lancent dans des activités de recherche et développement (R&D) liées à une activité économique réelle ou bien encore la possibilité pour les entreprises de faire une déclaration d’impôt unique au niveau européen.

De nombreuses interrogations se posent par rapport au système fiscal français. En effet, le régime français d’intégration fiscale et les crédits d’impôts en France auraient tendance à disparaître progressivement en raison de leur incompatibilité avec l’ACCIS.

Pour la Confédération Européenne des Syndicats (CES), l’instauration d’une ACCIS obligatoire dans l’ensemble de l’Union Européenne est souhaitable afin de rendre l’optimisation fiscale agressive (qui met en concurrence les systèmes fiscaux pour réduire l’impôt à payer) plus difficile.

Néanmoins, la CES regrette que la proposition de la Commission se fasse en deux étapes, reportant la phase la plus importante, la consolidation, à plus tard et que seules les entreprises multinationales les plus grandes soient obligées de s’y plier.

La lutte contre la fraude, l’évasion et l’érosion fiscale, garants d’une meilleure répartition des richesses et de la justice fiscale (et ce faisant, de l’État de droit) est l’une des revendications de FO au niveau européen. Si les travailleurs paient l’impôt là où ils sont rémunérés, alors cette règle doit aussi s’appliquer aux entreprises. Cette revendication est d’autant plus forte que les travailleurs européens subissent les mesures d’austérité qui affectent leur niveau de vie et leurs conditions de travail.

Cependant, il faut rappeler qu’un premier projet d’ACCIS avait déjà été bloqué en 2011 au Conseil par la Belgique, les Pays-Bas, le Royaume- Uni et l’Irlande qui sont les premiers à garantir un cadre favorable à l’optimisation fiscale agressive. L’unanimité des 28 est requise en matière fiscale, il semble donc difficile que le projet aboutisse rapidement : ces propositions vont être transmises au Parlement européen pour consultation et c’est finalement le Conseil qui se prononcera sur l’adoption.

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L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 7 décembre 2016

Mercredi 7 décembre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« Ni chien de garde, ni chien d’accompagnement ! »

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Comme je l’ai déjà annoncé au nom de Force Ouvrière, nous ne donnerons aucune consigne de vote, directe ou indirecte, à l’occasion des élections présidentielles.

Cela ne nous empêchera pas de faire connaître publiquement, en 2017, nos positions, analyses et revendications sur les questions économiques et sociales, tant sur le plan national qu’européen et international.

Conformément à nos résolutions, nous rappellerons en particulier que l’austérité
est triplement suicidaire : socialement, économiquement et démocratiquement.

Au fur et à mesure, les candidat(e)s vont faire connaître leurs programmes. Sans prendre parti nous réagirons à des propositions qui, sur le plan économique, social ou syndical, nous apparaîtraient dangereuses.

En effet, tout le monde connaît l’adage « qui ne dit mot consent ».

C’est ainsi que nous avons exprimé nos fortes inquiétudes sur les propositions annoncées par l’un des candidats, à savoir notamment :

  • la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires ;
  • la fin du monopole syndical pour le premier tour des élections sociales ;
  • les menaces sur l’existence de la Sécurité sociale ;
  • la fin de la durée légale du travail ;
  • le relèvement des seuils sociaux de 10 à 50 et de 50 à 100, le tout avec l’accentuation d’une politique néolibérale, facteur d’inégalités croissantes, de chômage, de faible activité, de baisse du pouvoir d’achat.

Certes, nous sommes réalistes et nous savons faire la part des choses entre une élection dans le cadre des primaires et une élection présidentielle.

Nous serons donc attentifs.

Et comme d’habitude, sans hésitation, nous ferons valoir notre syndicalisme libre et indépendant. Dire les choses, faire ce que l’on dit, là est l’essentiel.

Que cela plaise ou non n’est pas le problème. Ni chien de garde, ni chien d’accompagnement ! 

Edito jc mailly 6 decembre 2016 

Ecorama le 6 décembre 2016

Mardi 6 décembre 2016

Ecorama le 6 décembre 2016

Jean-Claude Mailly 

« Le terrain économique et social
n’est pas la spécialité de Manuel Valls ! »

« Mobilisation des syndicats et de la rue contre la loi Travail, divergences avec Laurent Berger et Pierre Gattaz, réalité des chiffres du chômage, nouveau round de négociations sur l’assurance-chômage, urgence à sortir de l’austérité : Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, auteur du livre Les apprentis sorciers aux éditions Les liens qui libèrent, revient sur l’actualité économique et politique. » Ecorama du 6 décembre 2016 présenté par David Jacquot, sur Boursorama.com.

« Mobilisation des syndicats et de la rue contre la loi Travail, divergences avec Laurent Berger et Pierre Gattaz, réalité des chiffres du chômage, nouveau round de négociations sur l’assurance-chômage, urgence à sortir de l’austérité : Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, auteur du livre Les apprentis sorciers aux éditions Les liens qui libèrent, revient sur l’actualité économique et politique. »

Ecorama du 6 décembre 2016 présenté par David Jacquot, sur Boursorama.com.

Voix De Presse

Lundi 5 décembre 2016

PRESSE - COMMUNICATION

Voixdepresse

Voix de presse

Un avenir fait de privatisations ?

Si le gouvernement actuel a engagé nombre de privatisations, le candidat de l’opposition actuellement favori pour les prochaines élections présidentielles n’a pas fait mystère de son intention de les multiplier. La presse a examiné ses intentions en la matière. Aperçus.

La Dépêche
Il manquait encore une touche libérale dans son programme ? Pour son premier déplacement de candidat officiel de la droite dans son fief sarthois, François Fillon en a remis une couche, annonçant sa volonté de reprendre des privatisations [...]. C’est donc à Chantenay-Villedieu, petit village sarthois, que Fillon a décidé d’ajouter une nouvelle strophe à sa chanson de geste libérale. Ruraliste et mondialiste, un chant accompagné de moult gestes le posant comme le héraut ultime du libéralisme...

Sud-Ouest
Pourtant, pour l’Etat, pas sûr en revanche qu’une relance des privatisations soit judicieuse, du moins actuellement. En théorie, céder des titres permet de se désendetter. Mais aujourd’hui, l’Etat s’endette à 1% seulement, et cela devrait encore continuer. Du coup, vendre actuellement n’aurait pas de sens, juge Henri Sterdyniak (économiste à l’OFCE, l’Observatoire français des conjonctures économiques). Autre élément à mettre dans la balance : les dividendes potentiels auxquels on renonce en privatisant. A court terme, on peut faire une bonne opération, mais ce n’est pas forcément le cas sur le long terme, souligne l’économiste. Surtout si le prix de vente est sous-évalué, comme ce fut le cas avec les sociétés d’autoroutes en 2006. Pour elles, une voie royale, par contre, pour les usagers, il a fallu serrer la ceinture, privations et privatisations étant deux maux qui vont...

La Tribune
Cela n’empêche pas le champion de faire rugir le moteur : lors de sa virée sarthoise, François Fillon, en bon libéral, a indiqué vouloir reprendre les privatisations dans les entreprises où la participation de l’Etat ne sert à rien. Il juge que cet argent pourrait être réinjecté sous forme d’investissements dans les infrastructures. Parmi elles, il a cité les télécommunications, où les opérateurs et l’État dépensent aujourd’hui des milliards d’euros pour couvrir le territoire en fibre optique et apporter un Internet ultra-rapide aux Français. François Fillon, qui a piloté, comme ministre, le processus de libéralisation du secteur il y a 20 ans, a d’ailleurs rappelé, à sa façon, son expertise en la matière : Le très haut débit, ce n’est pas uniquement pour que tout le monde puisse jouer à Warcraft, a-t-il ironisé. Par contre, la loi de la jungle, ça ne sera pas du virtuel...

Les Echos
Et qu’y a-t-il devant le pare-buffle de l’actuel favori à la course présidentielle ? Interrogé sur les entreprises qui pourraient être privatisées, François Fillon a indiqué qu’on verra ça tranquillement, soulignant que l’Etat n’a pas vocation à rester durablement au capital d’entreprises qui sont dans le secteur commercial, dans le secteur concurrentiel. Les entreprises commerciales ? Il pourrait s’agir d’Orange, Renault, PSA, CNP. Les entreprises stratégiques pour la souveraineté telles que EDF, Engie, Thales, Safran, Airbus..., ne seraient probablement pas concernées. Probablement, jusqu’à preuve du contraire.

L’Express
Ceci dit, plutôt que reprendre, François Fillon aurait pu dire continuer tellement les cessions de participations sont légions depuis une douzaine d’années. A l’Agence des participations de l’Etat (APE), l’organe du ministère de l’Economie et des Finances qui gère le portefeuille public, on compte pas moins de 26 milliards d’euros d’actifs cédés depuis 2004, comme l’a rappelé dernièrement au Monde Martin Vial, le commissaire de l’APE. Dernier exemple en date, Safran où l’Etat a vendu le 22 novembre 1,39% du capital de l’entreprise pour environ 372 millions d’euros. Safran ? Cette entreprise stratégique probablement pas concernée... Stratégique d’Etat ou stratégie d’entreprise ?

Par  Michel Pourcelot

Le chiffre de la semaine

Dimanche 4 décembre 2016

6 incendies sur dix pour se chauffer en Catalogne

Chauffage 1

En Catalogne, six incendies domestiques sur dix sont dus à la « pauvreté énergétique » (absence de chauffage ou plus de 15% des revenus y étant consacré), selon les pompiers catalans, qui ont évoqué journaux et bouts de bois brûlés au milieu du salon et cuisinières improvisées entre autres systèmes D...

A la mi-novembre, Rosa, une femme de 81 ans, est décédée, à Reus, près de Tarragone, des suites de l’incendie provoqué par la bougie dont elle se servait après s’être vue couper l’électricité deux mois auparavant, pour non-paiement de factures.

Ce drame a déclenché une vive polémique en Catalogne, froide et humide en hiver, ainsi que dans toute l’Espagne. Les deux principales compagnies d’électricité du pays, Endesa et Iberdrola, ont procédé en 2015 à 5,9% coupures de courant de plus qu’en 2014, a déploré l’association de défense des consommateurs Facua.

Les factures flambent : 7 100 morts par an

10,6% des Espagnols n’ont pas pu chauffer convenablement leur logement en 2015 contre 5,9% en 2008, selon l’Institut national des statistiques (INE).

Le nombre de personnes ayant des difficultés à payer les factures d’électricité avait déjà augmenté de 2 millions entre 2010 et 2012, pour une population de 47 millions. Un chiffre en expansion suite aux importantes hausses de prix de l’énergie consécutive à la libéralisation de ce marché.

Et une situation dont les conséquences entrainent des complications fatales pour 7 100 personnes par an, selon les chiffres l’Asociación de Ciencias Ambientales (ACA), spécialiste des sciences environnementales, qui étudie particulièrement le sujet depuis quelque quatre années.

Par  Michel Pourcelot

La très timide évolution de la Commission européenne vers la relance budgétaire

Vendredi 2 décembre 2016

La très timide évolution de la Commission européenne vers la relance budgétaire

Commission europeenne

Le 16 novembre, la Commission a publié plusieurs textes dont l’examen annuel de la croissance qui lance le semestre européen 2017, ce cycle de surveillance des politiques macroéconomiques des États membres dont l’aboutissement consiste fin mai en une série de recommandations. Pour l’essentiel, la Commission reste malheureusement fidèle aux orientations passées : poursuite de la rigueur budgétaire et réformes structurelles visant notamment la dérèglementation du marché du travail. Mais un texte supplémentaire laisse entrevoir une légère évolution de la doxa européenne en matière de politique budgétaire.

En effet, un changement de ton commence à s’opérer dans le discours européen. Reconnaissant que la croissance reste fragile, l’inflation faible, les déséquilibres extérieurs importants, le chômage élevé et que le Brexit créé de nouvelles incertitudes, la Commission reconnait que la poursuite de l’expansion économique de la zone euro nécessiterait de s’appuyer de plus en plus sur la demande intérieure [1]. Ainsi, la Commission ouvre la porte à une politique budgétaire plus expansionniste, afin d’accélérer la réduction du chômage à court terme […] et augmenter la croissance potentielle à moyen terme dans la zone euro, tout en espérant des retombées positives pour l’économie mondiale.

Malgré cette évolution vers une politique budgétaire plus dynamique, la Commission appuie dans le même temps des deux pieds sur le frein. En effet, une telle orientation ne peut se faire qu’en liaison avec des réformes structurelles et doit rester modérée : l’expansion budgétaire recommandée par la Commission ne devrait pas aller au-delà de 0,5 % du PIB (soit environ 50 milliards d’euro) au niveau de la zone euro prise dans son ensemble. À 0,8% l’orientation pourrait être trop expansionniste, car elle pourrait induire une surchauffe indésirable dans certains États membres et serait contraire à l’objectif de préservation de la viabilité des finances publiques. Le naturel revient au galop… Et en application du mal nommé Pacte de stabilité et de croissance, seuls les États membres qui ont atteint leurs objectifs de réduction du déficit peuvent opter pour un soutien à la demande intérieure, les autres continuant à assainir leurs finances publiques

Force Ouvrière réclame depuis longtemps une révision du pacte de stabilité pour sortir du carcan budgétaire européen tout en revendiquant une politique de relance économique fondée sur la consommation, l’investissement, la création d’emplois et l’augmentation des salaires. Cette ligne prévaut désormais également à la CES, qui dans un communiqué, s’est inquiétée du fait que plusieurs États membres de la zone euro soient mis sous surveillance pour cause de déficits excessifs. Il y a encore trop peu de marge en matière de dépenses et nous renouvelons dès lors notre demande d’une révision en profondeur du PSC. Avant d’ajouter Les augmentations de salaires sont essentielles pour stimuler la demande intérieure. Sans plus d’argent dans la poche des travailleurs, l’Europe ne sera pas en mesure de parvenir à une croissance durable.

 

Notes

[1Commission européenne, 2016, « Pour une orientation positive de la politique budgétaire de la zone euro », COM (2016) 727 final, Bruxelles, 16.11.2016

Lettre n°37
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