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Société

Pauvreté

Neuf millions de personnes peinent à joindre les deux bouts

De la dernière étude de l’Insee sur les niveaux de vie en France en 2015 au baromètre Ipsos/Secours populaire pour 2017 un constat se dégage : la pauvreté reste très présente en France. L’Insee indique ainsi que le taux de pauvreté atteignait 14,2% de la population en 2015, en progression de 0,2% par rapport en 2014. Concrètement ce taux signifie qu’il y avait 8,9 millions de personnes pauvres en France en 2015. Le baromètre 2017 du Secours populaire enfonce le clou. « La pauvreté prend racine ».

Les personnes en situation de pauvreté vivent sous le seuil de pauvreté soit avec moins de 1015 euros/mois. La moitié d’entre elles disposent de moins de 815 euros/mois pour vivre. L’Insee indique encore que 37,6% des chômeurs sont pauvres, 6,5% des salariés le sont aussi et 7% des retraités. Plus largement souligne l’Institut de la statistique, le niveau de vie médian des Français demeure en dessous de ce qu’il était avant la crise financière de 2008.

De son côté le Secours populaire à travers la publication ce 14 septembre de son 11e baromètre (conjoint avec l’Ipsos) consacré plus spécialement à la pauvreté et à son évolution en France parvient à un constat tout aussi inquiétant. La pauvreté prend racine en France. Il y a près de neuf millions de pauvres, soit 1,2 million de plus qu’il y a dix ans.

Plus d’un tiers des Français (37%) ont ainsi déjà fait l’expérience de la pauvreté et cette précarisation ne cesse d’augmenter depuis dix ans. Les ouvriers et employés sont particulièrement explosés à ce risque. Ainsi 47% des catégories socioprofessionnelles modestes, soit près d’une de ces personnes sur deux, sont exposées à la pauvreté et plus largement 61% des personnes percevant un revenu mensuel net inférieur à 1 200 euros.

Pour 72% des personnes interrogées dans le cadre de ce 11e baromètre, si une personne seule perçoit en France un revenu net par mois autour de 1 000 euros elle peut être considérée comme pauvre. Plus largement, 57% des personnes interrogées disent avoir eu peur de tomber dans la précarité à un moment donné de leur vie. Par ailleurs, chez les sexagénaires, 55% de personnes estiment qu’aujourd’hui les risques de tomber dans la pauvreté sont beaucoup plus élevés pour leurs enfants que pour leur génération.

Ce sentiment est source d’inquiétude pour les « séniors ». Seuls 44% des sexagénaires se disent confiants dans leur capacité financière à aider leurs enfants en cas de besoin.

La situation s’est dégradée

Plus largement près d’un Français sur cinq ne parvient pas à équilibrer son budget à la fin du mois, 36% des Français déclarent que leurs revenus leur permettent juste de boucler leur budget et 19% vivent à découvert. La situation s’est particulièrement dégradée pour les travailleurs précaires, les personnes en fin de droits, les jeunes, les personnes âgées ou encore celles déboutées du droit d’asile.

Le Secours populaire rappelle des constats inquiétants affichés aussi par le Rapport de 2017 sur les inégalités publié en juin dernier. La lente diminution du niveau de vie des 10% les moins favorisés constitue un retournement historique de notre histoire sociale soulignait ce rapport.

De son côté l’association souligne que le seuil de pauvreté subjectif —seuil à partir duquel une personne considère être dans la pauvreté— n’a cessé d’augmenter ces dernière années. Signe que les difficultés financières s’intensifient, ce seuil s’établit désormais à 1 113 euros soit seulement de 36 euros en dessous du montant net du Smic mensuel. Cette perception d’un seuil de pauvreté était inférieure de 45 euros en 2016.

Difficile de faire trois repas par jour

Si des statistiques montrent certes des prémices d’une reprise molle de la croissance relève le Secours populaire, il insiste lui sur une autre réalité : l’aggravation de la pauvreté et à travers tout l’Hexagone. L’association ne constate ainsi aucun signe notable d’amélioration du quotidien des plus démunis. Bien au contraire.

Les demandes d’aides enregistrées par le Secours populaire ont ainsi augmenté de 15% à 50% selon les départements. Les dépenses contraintes (loyer, alimentation, facture d’énergie…) pèsent en effet de plus en plus lourd sur les budgets des familles. En découle des conduites de restrictions, voire de privations. Les plus pauvres manquent de tout constate l’association.

Ainsi 44% des ménages modestes percevant moins de 1 200 euros/mois disent avoir des difficultés à se procurer une alimentation saine permettant de faire trois repas par jour. Autant dire que les dépenses pour les loisirs sont de plus en plus difficiles à assumer pour les ménages modestes. 45% des personnes interrogées pour ce baromètre déclarent avoir beaucoup de difficultés financières pour partir au moins une fois par an en vacances. Cette proportion passe à 65% pour les personnes percevant moins de 1 200 euros et à 57% pour les personnes percevant entre 1 200 et 2 000 euros/mois.

Renoncement aux soins

Qu’en est-il des activités culturelles et de loisirs ? 43% (en hausse de 2% par rapport à 2016) déclarent avoir des difficultés à y accéder. Le taux monte à 66% chez les personnes percevant moins de 1 200 euros.

Les difficultés d’accès à certains actes de santé mal remboursés par la Sécurité sociale ou encore les difficultés à payer son loyer ou ses impôts se sont aggravées. 39% des personnes interrogées (3% de plus que l’an dernier) disent avoir beaucoup de mal à assurer certaines dépenses de santé. Une personne sur deux parmi la population percevant moins de 1 200 euros dit connaître de telles difficultés. La proportion grimpe à 55% pour les personnes percevant entre 1 200 et 2 000 euros.

Dix ans après le premier observatoire du Secours populaire, les visages de la pauvreté se sont multipliés, les renoncements aux soins persistent. Par ailleurs près de la moitié des personnes (45%) percevant moins de 1 200 euros rencontrent des difficultés financières pour se doter d’une mutuelle de santé. C’est le cas aussi pour plus d’un tiers (37%) des personnes percevant entre 1 200 et 2 000 euros.

Conséquences de ces difficultés ? Près d’un tiers des Français (28%) a déjà dû renoncer à une consultation chez un spécialiste. Ce renoncement concerne 4% de français de plus qu’en 2008. 37% des Français (31% en 2008) ont dû renoncer à l’achat de prothèses dentaires. 29% (même proportion qu’en 2008) ont renoncé à l’achat de lunettes ou de lentilles de contact. 15% ont renoncé à l’achat de médicaments, 14% à réaliser des radios ou des analyses médicales, 10% à consulter un médecin généraliste.

La crainte des dépenses imprévues

34% des personnes (en hausse de 2% par rapport à 2016) interrogées déclarent avoir des difficultés à assurer financièrement leur loyer, charges ou emprunt immobilier. Là encore, la proportion varie considérablement selon le niveau des revenus. Plus de la moitié (51%) des personnes percevant moins de 1 200 euros connaissent en effet des difficultés.

Les dépenses d’énergie (électricité, chauffage…) pèsent lourd elles aussi. Ainsi 61% des personnes percevant moins de 1 200 euros/mois ont des problèmes pour s’acquitter de leurs factures. C’est le cas aussi pour 45% des personnes percevant entre 1 200 et 2 000 euros/mois.

Face à ces difficultés à devoir déjà assurer des dépenses contraintes, les Français nourrissent de l’inquiétude quant à leur capacité de devoir, en plus, assumer des dépenses importantes imprévues (panne de chaudière, véhicule accidenté…). Pour 57% d’entre eux cela est source d’inquiétude. Parmi ces personnes, 20% se disent très inquiets.

Cette peur du lendemain s’exprime aussi en ce qui concerne la capacité à faire face à la dépendance d’un proche. Ils sont ainsi 58% à s’en inquiéter dont 17% qui se disent très inquiets.

Par Valérie Forgeront

Public Sénat le jeudi 14 septembre 2017

Samedi 16 septembre 2017

Public Sénat le jeudi 14 septembre 2017

« Le modèle social français, la grande bascule ? » avec Pascal Pavageau, Secrétaire confédéral FO

Table ronde entre les principaux responsables syndicaux et le patronat : Public Sénat vous a fait vivre le colloque « le modèle social français, la grande bascule ? » organisé pour les 50 ans de l’Ajis, l’Association des journalistes de l’information sociale.

Retrouvez l’intégralité du colloque organisé au Palais du Luxembourg pour les 50 ans de l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis) sur le site de Public Sénat.

 

Communiqué de l’Union Fédérale des Retraités de la Fonction Publique Force Ouvrière (UFR-FO)

Jeudi 14 septembre 2017

Communiqué de l’Union Fédérale des Retraités de la Fonction Publique Force Ouvrière (UFR-FO)

 

Fonction Publique 

Mobilisation des retraités le 28 septembre 2017

Mobilisation

L’Union Fédérale des Retraités de la Fonction Publique Force Ouvrière (UFR-FO) et la section nationale des retraités de la Fédération des Services Publics et de Santé Force Ouvrière (FO-SPS) réunies en bureau national le 13 Septembre 2017 à Paris soutiennent l’appel de l’UCR-FO (en commun avec d’autres organisations), à la mobilisation des retraités le 28 septembre 2017.

Elles invitent leurs adhérents à rejoindre les Unions Départementales de retraités Force Ouvrière pour rejeter l’augmentation de la CSG de 1,7% pour les retraités et, exiger une revalorisation de leurs pensions incluant un rattrapage des dernières années.

 

Fonctionnaires

Secrétaire général
Christian GROLIER
46, rue des Petites Écuries
75010 PARIS

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 13 septembre 2017

Mercredi 13 septembre 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J-C Mailly

« Liberté, indépendance, fédéralisme, réformisme et République »

Meeting septembre 2017 Meeting FO de rentrée, à Marseille, le 7 septembre 2017.

Au fil des années, que n’a-t-on pas entendu sur Force Ouvrière ?

Auberge espagnole, maison de tolérance, difficultés à nous situer, j’en passe et des meilleures. Étiquetée contestataire en 2016 au moment de la loi El Khomri et réformiste en 2017 s’agissant des ordonnances.

Plusieurs éléments caractérisent notre syndicalisme :

• Liberté

Liberté de notre comportement, liberté de nos adhérents dans le syndicat à condition de ne pas mélanger les genres.

• Indépendance

Indépendance vis-à-vis de toute structure extérieure au syndicat, qu’elle soit politique, patronale ou philosophique.

• Fédéralisme

Nous sommes, par le fédéralisme et dans le cadre de nos statuts (que tout le monde devrait lire ou relire), le syndicat le plus décentralisé et qui respecte le mieux ses différentes structures.

• Réformisme

Un réformisme militant ou exigeant, respectueux de notre liberté et de notre indépendance qui sont possibles en démocratie ; ce qui nous conduit à défendre mordicus la pratique contractuelle et la concertation.

Nous ne sommes pas, de ce point de vue, des étatistes et nous n’attendons pas tout de la loi, ce qui nous conduirait à la politisation.

• République

Car Force Ouvrière est fidèle et attachée aux valeurs républicaines de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité, ainsi qu’à la république sociale.

Ce qui passe notamment par la défense et la promotion du service public au sens large.

Enfin, notre efficacité syndicale passe par deux points incontournables :

• accélérer notre développement et y consacrer l’énergie nécessaire ;

• savoir en permanence garder notre cap (nos positions), sans être déconnectés du réel.

L’idéologie sans le réel n’a rien à voir avec notre syndicalisme, le réel sans l’idéologie non plus.

« Bienvenue dans le monde du travail »

Lundi 11 septembre 2017

« Bienvenue dans le monde du travail »

FO et les Ordonnances réformant le Code du travail - Episode 40-01

 

 

Producteur : Force Ouvrière http://www.force-ouvriere.fr
Conception, réalisation : Pierre Wolf/SFJ
Direction artistique, illustrations et animation 2D : Julie Huguen, studiotricot.com
Conception sonore et mixage : Cyrille Louwerier
Musique : Brice Cavallero  

BFM Business le 11 septembre 2017

Lundi 11 septembre 2017

BFM Business le 11 septembre 2017

Loi travail 

« Je n’exclus pas d’attaquer juridiquement certaines ordonnances »,
Jean-Claude Mailly

 

 
« Jean-Claude Mailly assure qu’une véritable concertation a eu lieu lors des réunions portées sur les ordonnances du travail, des points ont été retenus, d’autres ont été bloqués par désaccord. Il fait partie d’une organisation réformiste militante, il soutient le changement mais il est aussi prêt à exprimer son désaccord si besoin est. » BFM Business.

 

Le chiffre de la semaine

Dimanche 10 septembre 2017

Le chiffre de la semaine

Coût de la vie étudiante : près de 3 fois l’inflation

Pour la rentrée 2017, le coût de la vie étudiante a augmenté de 2,09%, soit près du triple de l’inflation générale, selon le baromètre annuel du syndicat étudiant UNEF, publié le 20 août, qui note qu’en 5 ans, il avait déjà subi une hausse de 9,7 %.

Alors que quelque 800 000 étudiants ont vu cet été leurs APL amputés de cinq euros tous les mois, cette hausse pour la rentrée universitaire 2017 s’explique principalement par l’augmentation des prix des loyers et des transports en commun dans un certain nombre de villes universitaires, le logement représentant 53% du budget estudiantin.

De l’importance du nid familial

Selon le syndicat étudiant, qui dénonce une situation est encore plus alarmante que les années précédentes, ce ne sont pas moins de 37 villes universitaires qui voient les loyers des petites surfaces augmenter, avec une hausse de 2,12% en moyenne en région parisienne, et de 1,53% en moyenne pour le reste de la France.

En tête Limoges avec 7,60% d’augmentation, suivi de Grenoble (+4,34%) et Le Havre (+2,34%). 11 villes cumulent même augmentation des loyers et des transports, notamment Paris, Lyon et Strasbourg, principales villes universitaires.

Avec un peu de chance certains propriétaires, comme le souhaite le chef de l’État, baisseront le loyer de 5 euros.

Par  Michel Pourcelot

AFOC

Jeudi 7 septembre 2017

La place des consommateurs dans le Ceta, le traité Europe-Canada

Traite europe canadaL’Accord économique et commercial global (AEGC) ou Comprehensive Economic and Trade Agreement (Ceta) est un traité international de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada signé le 30 octobre 2016. C’est le premier accord commercial bilatéral de l’Union européenne avec une grande puissance économique. Souvent associé au TTIP (ou TAFTA), l’autre traité transatlantique avec les États-Unis, il suscite également de nombreuses critiques. Il a été ratifié par le Parlement européen le 15 février 2017, il doit l’être par les parlements des États membres.

Cet accord est dit de « nouvelle génération ». Il réduit drastiquement les barrières tarifaires et non-tarifaires, mais traite également de nombreux aspects liés à l’exportation de biens et de services et à la mise en place d’un cadre d’investissement stable et favorable aux entreprises européennes et canadiennes. Mais quid des consommateurs ? Derrière la vulgate de flibustier des zélotes atlantistes du commerce, il y a un vrai risque de nivellement par le bas de leurs droits et de leurs protections puisque sous couvert « barrières non tarifaires », le Ceta s’attaque aux réglementations protectrices et donc contraignantes qui encadrent la circulation des produits et services. En 1 600 pages, le contenu du Ceta – finalement rendu public (les négociations se sont déroulées dans le plus grand secret empêchant les propositions constructives) – constitue une source d’inquiétude pour l’AFOC. Au titre de la convention soumise au vote des parlements nationaux, les appellations d’origine (vins, fromages…) seront protégées en Europe et en France : on ne pourra donc vendre aux consommateurs un Beaufort ou un Jurançon produit outre-Atlantique. Idem pour la viande de bœuf ou de porc dopée aux hormones ; c’est toujours ça ! De même, le texte contient quelques éléments intéressants de coopération en matière de sécurité sanitaire des aliments et des médicaments.

Pour le reste, il ne faut pas être dupe : le texte inscrit la possibilité pour les investisseurs canadiens de réclamer une indemnisation pour toutes mesures politiques, y compris la protection des consommateurs, qui compromettraient la liberté de commercer. Ceci n’invitera pas les autorités communautaires ou françaises à édicter des réglementations de protection des intérêts des consommateurs de peur d’être attraite devant un organisme de règlement des litiges et de régler in fine les sommes demandées (par exemple : la décision d’une municipalité mexicaine de refuser un permis de construire pour le stockage de produits toxiques a été déclarée illégale sur le fondement de l’ALENA, l’accord de libre-échange nord-américain, regroupant le Canada, les États-Unis et le Mexique ; l’entreprise Metalclad a demandé au gouvernement du Mexique 90 millions de dollars en compensation ; elle en a obtenu 16 millions ; traduit de l’anglais, www.citizen.org).

De plus, le Ceta représente un changement radical de paradigme en matière de commerce et d’investissement des pays européens ; pour la première fois dans un accord international, l’UE et ses États membres contractent des engagements sur la base de listes négatives. Avec un système de listes négatives, tous les secteurs de services sont entièrement libéralisés (accès complet et sans restriction au marché par des entreprises étrangères) sauf dans la mesure des réserves contenues dans la liste. Cela implique qu’au moment de la négociation de l’accord, chaque partie doit savoir quelles sont toutes les mesures en vigueur dans tous les secteurs et doit déterminer quels seront à l’avenir tous les secteurs ou activités de services où une règlementation pourrait se révéler nécessaire. L’UE a exclu seulement l’audiovisuel…

En ce qui concerne certains services, une clause de gel ou de statu quo entraine l’impossibilité qu’un État de l’Union puisse revenir sur une libéralisation (ou dérégulation) en vigueur au moment de la signature du traité, ou une dérégulation postérieure à l’accord, à moins qu’il ne l’ait expressément prévu dans ses réserves au moment de la négociation. Faire revenir les péages dans le giron public en France serait par exemple impossible. Par ailleurs, pris parmi les sujets concernant directement les consommateurs, l’AFOC note que le Ceta n’aborde pas les questions relatives aux solutions de traitement des réclamations des consom­mateurs européens à l’occasion de leurs achats transatlantiques, pas plus qu’il n’est clair sur le statut juridique du principe de précaution ou, en matière de communications électroniques, sur la protection des données personnelles.

Approuvé à la Commission européenne, le traité a été ratifié par le Parlement européen le 15 février 2017. Théoriquement, le traité doit être ensuite ratifié par chacun des vingt-huit parlements nationaux.

 

Associations FO
consommateurs

 http://www.force-ouvriere.fr

Lettre FO - Retraites n°132

Jeudi 7 septembre 2017

Lettre FO - Retraites n°132

Vers un recouvrement des cotisations Agirc-Arrco par les Urssaf ?

Agirc arrco 3Les services du Groupement d’intérêt économique (GIE) Agirc-Arrco nous ont adressé une note au sujet de réflexions gouvernementales sur la mise en pratique de la transformation du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en allègement de charges patronales.

Rappelons que, parmi les nombreuses mesures du programme économique d’Emmanuel Macron figure le remplacement du CICE par une baisse de 6 points des cotisations sociales employeurs. Cette mesure, qui devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2019 suite à l’annonce faite lors du discours de politique générale du Premier ministre le 4 juillet 2017, s’accompagnerait d’une augmentation des allègements allant jusqu’à 10 points au niveau du Salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic). Le passage d’un taux de 7 % qui prévaut pour le CICE à un taux de 6 % uniforme serait conjugué à une hausse des allègements au niveau du Smic, dégressive jusqu’à 1,6 Smic. Cette exonération supplémentaire serait rendue possible, par exemple, en incluant dans le champ des allègements éligibles les cotisations chômage (4,2 %) et la première tranche de la retraite complémentaire (Arrco : 4,65 % et AGFF : 1,2 %). En ce qui concerne les cotisations Agirc-Arrco, le montant de cet allègement serait de l’ordre de 3 milliards d’euros.

Lettre fo retraites numero 132Si l’Agirc-Arrco gère déjà ce type d’allègement pour les apprentis, la mesure envisagée au 1er janvier 2019 pose un certain nombre de questions majeures compte tenu du nombre de salariés concernés (près de 10 millions) et des sommes en jeu :

  • Une garantie absolue que les droits individuels des salariés soient strictement maintenus, alors que pour un même niveau de salaire le montant de cotisations Agirc-Arrco peut varier d’un salarié à l’autre, ainsi que les droits correspondants matérialisés sous forme de points à due proportion.
  • Une simplicité pour l’entreprise pour justifier et bénéficier de cet allègement au plus tôt par rapport au fait générateur que constitue la paye du salarié.
  • Une garantie pour l’état de la stricte application de la mesure pour toutes les situations visées, avec une capacité de contrôle systématique des allègements effectués.
  • Une compensation à l’euro l’euro par les finances publiques des allègements de cotisations Agirc-Arrco, estimés à 3 milliards d’euros soit de l’ordre de 5% des ressources de l’Agirc-Arrco, les droits des salariés passés et futurs étant maintenus dans le cadre du dispositif d’exonérations, dans le cadre d’un régime Agirc-Arrco piloté et géré par les partenaires sociaux.

Entre autres scénarios, la note de l’Agirc-Arrco évoque la réflexion gouvernementale sur la possibilité d’un transfert à l’Acoss du recouvrement de l’ensemble des cotisations Agirc-Arrco. Citant le rapport du Haut Conseil du financement de la protection sociale. (HCFiPS) de juillet 2015, la note insiste sur les difficultés techniques et opérationnelles d’un tel schéma du fait de la nature conventionnelle, contributive, avec des règles de champ, d’assiettes et surtout de taux spécifiques du régime Agirc-Arrco. Le rapport du HCFiPS avait conclu —compte tenu de pré requis techniques indispensables en particulier liés à l’évolution préalable à mener par l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) d’être en capacité de gérer des cotisations individuelles— qu’un tel scénario n’était pas envisageable avant 5 ans. Le nouveau rapport du HCFiPS de juillet 2017 fait les mêmes constats, ceci d’autant plus que l’agenda 2018 est encore plus chargé qu’imaginé en 2015 (PAS, RSI, etc.).

Les services de l’Agirc-Arrco précisent : En conclusion, il apparait qu’une seule solution opérationnelle existe pour mettre en œuvre un allègement de charges Agirc-Arrco au 1er janvier 2019. Ce schéma qui passe par une gestion de l’allègement de ses propres cotisations par l’Agirc-Arrco, présente un niveau de risque mesuré alors que la multiplicité des autres projets prévus en 2018 est déjà un facteur de risque en soi.

Quoiqu’il en soit, Force Ouvrière s’opposera à tout transfert de recouvrement de la retraite complémentaire vers l’Acoss, quelle qu’en soit la motivation. Nous étions d’ailleurs intervenus dans les débats au sein du HCFiPS en 2015 sur ce sujet. D’une part, sur un plan purement technique l’Acoss n’est pas en capacité technique d’assurer le recouvrement des cotisations Agirc-Arrco : la granularité des Urssaf n’a jamais été l’individu. D’autre part, une première analyse rapide laisse à penser que la loi de décembre 1972 ne permet pas cette « intrusion », sauf à ce qu’une nouvelle loi vienne la modifier. Espérons que les réflexions des pouvoirs publics n’en soient pas encore là !

Lettre FO
Retraites n°132



Voix De Presse

Jeudi 7 septembre 2017

PRESSE - COMMUNICATION

Voixdepresse

Voix de presse

Contrats aidés

L’État assèche le territoire!

Contrats aides

Après la baisse des dotations de l’État, le gouvernement a annoncé celle des contrats aidés. Une décision abondamment commentée par la presse, notamment régionale. Aperçus.

La Voix du Nord
Jugés coûteux et inefficaces par le gouvernement, les contrats aidés vont être supprimés. Mais quelles conséquences pour les communes ? À Dunkerque, la note se chiffre en millions [...]. L’équipe municipale s’inquiète de l’effet cumulatif de plusieurs annonces : fin des contrats aidés, poursuite de la baisse des dotations de l’État et suppression de la taxe d’habitation. Un véritable assèchement lancé pendant l’été qui épuise les ressources humaines. La fin des contrats aidés représentera déjà la perte de 22 agents au 1er janvier 2018 dans les écoles (surtout pour les fonctions de nettoyage et pour le plan de déplacement scolaire). Heureusement l’Éducation nationale a été « sanctuarisée ».

Le Dauphiné
Pourtant le blé en herbe est menacé dans sa croissance. À Sainte-Croix, dans la Drôme, l’école de la petite commune de 100 habitants du Diois en danger à cause de la suppression de ses deux emplois aidés est toujours bloquée. Ces deux personnes assistaient l’instituteur de cette école à classe unique (dix-huit élèves de la grande section de maternelle au CM2) et assuraient surtout la garderie le matin et le soir et géraient les repas du midi. La commune n’a pas les moyens de financer seule ces deux emplois. Il nous faudrait 30 000 euros, c’est impossible, déplore la maire Claude Poncet. Depuis lundi, l’instituteur de l’école de Sainte-Croix est présent mais sa classe est vide. Heureusement le gouvernement n’a pas encore appliqué le dédoublement de classe.

La Dépêche
Dans le Tarn-et-Garonne, les questions ont laissé place à une forte inquiétude et à des premières décisions douloureuses dans le dossier de la baisse des contrats aidés décidée par le gouvernement. Communes, associations et même commerçants sont déjà touchés. C’est une quasi levée de boucliers qui se fait jour en cette rentrée. L’affaire n’est pas neutre. Selon nos informations, la création d’emplois aidés dans le Tarn-et-Garonne a été de 2218 en 2016, et de 884 pour le seul premier semestre 2017. Autour de 600 emplois seraient ainsi sur la sellette. Les communes sont inquiètes. Heureusement, le chef de l’État a assuré être à l’écoute de la sensibilité territoriale et vouloir préserver l’unité de la République lors de la récente conférence des territoires sise en cet été si sec.

Challenges
L’assèchement attire les pyromanes : les maires accusent Macron de mettre “le feu” aux collectivités territoriales. La baisse des dotations publiques, combinée à la taille dans les effectifs des contrats aidés, crée des situations “insoutenables” selon les représentants des maires et des communes de France. De quoi réduire en cendres une bonne part du tissu social. Heureusement le chef de l’État a affirmé sa solidarité aux pompiers.

Par  Michel Pourcelot

 

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