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Voix De Presse

Samedi 1er septembre 2018

PRESSE - COMMUNICATION

Voixdepresse

Voix de presse

Prestations sociales

Le gouvernement réinvente la peau de chagrin

L’annonce par le Premier ministre de l’aide personnalisée au logement (APL) ainsi que des allocations familiales et des pensions de retraite ne seraient plus indexés sur l’inflation, a immédiatement fait réagir dans les médias. Aperçus dans la presse.

Marianne
Les familles et les retraités vont bien voir leur pouvoir d’achat diminuer. Sont touchées : les allocations familiales, l’allocation de rentrée scolaire, la prime de naissance, le complément de libre choix de mode de garde, les pensions de retraite, les pensions d’invalidité et les rentes accident du travail-maladie professionnelle et les aides au logement (APL). […] Elles n’augmenteront donc que de 0,3% par an en 2019 et 2020. Une mesure qui se traduira par une baisse du pouvoir d’achat pour les Français concernés puisque la hausse moyenne des prix pour 2018 est estimée à 1,6% par l’Insee !

Le Parisien
Déjà que remplir son réservoir et son réfrigérateur coûte plus cher. Le détail des chiffres de l’Insee fait frémir les porte-monnaie. Les prix de l’énergie ont bondi de 14,3 % sur un an, celui du gaz de 17,3 % et ceux des produits pétroliers de 21,8 %. Et la facture grimpe également lorsqu’il s’agit de se nourrir, avec des produits frais en hausse de 6,4 %. Autre étude, même punition pour le budget des ménages. Le baromètre annuel de l’association Familles rurales, publié la semaine dernière, enregistre une montée sévère des prix des fruits (+ 4 % en moyenne) et légumes (+ 5 %). Le prix au kilo de fruits bon marché comme les pêches (3,30 euros, + 18 %) ou les nectarines (3,39 euros, + 17 %) a flambé. Les fruits d’une certaine politique…

Les Dernières Nouvelles d’Alsace
En s’en prenant à leur porte-monnaie, Emmanuel Macron prend le risque de mécontenter une partie des Français, alors que sa cote de popularité est déjà tombée au plus bas. Le président ne compte plus que 34 % d’opinions positives selon le dernier baromètre Ifop-JDD. Outre l’affaire Benalla, le ressentiment de l’opinion porte surtout sur le manque de résultats de sa politique économique mais aussi sur une suspicion de politique antisociale. Peut-être même plus qu’une suspicion…

Les Echos
Surtout de la part des retraités. Comme après la polémique sur la hausse de la CSG, ce sont encore les retraités qui sont en première ligne. Ces derniers ont déjà dû encaisser une non-revalorisation de leurs retraites en 2018, du fait d’une décision prise l’an dernier et instituant un décalage d’octobre à janvier 2019 de la date de revalorisation. L’annonce d’Édouard Philippe constitue du coup une double peine : après ce décalage, les retraités verront leurs pensions augmenter en janvier bien moins vite que l’inflation (+0,3 % contre +1,7 %), et le régime sera le même en 2020. La dernière revalorisation remonte à octobre 2017, à 0,8 %, après des années de vaches maigres. Une anorexie programmée pour des « vaches à lait » ?

La Provence
En tous cas déniée. Le ministre de l’Economie Bruno le Maire a assuré lundi que les retraités ne seraient pas perdants malgré la faible hausse des prestations sociales prévue dans le budget 2019, notamment celle des pensions de retraite. Aucune prestation sociale ne sera réduite. (Les retraités) ne seront pas perdants, leur pension de retraite sera revalorisée moins vite mais elle continuera à être revalorisée, a déclaré M. le Maire au micro de RTL. Nous ne leur prenons pas d’argent. Nous faisons attention aux Français qui sont le plus en difficulté, mais nous voulons aussi rétablir les équilibres des finances publiques, a-t-il ajouté. Mais qui les déséquilibrent ? Et au profit de qui ?

Par  Michel Pourcelot

Communiqué de l’AFOC

Vendredi 20 juillet 2018

Communiqué de l’AFOC

Nouveau projet de réforme des APL

Le gouvernement invente la « Redistribution inversée »

Alloc

Après la baisse et la non-revalorisation des APL, le gouvernement s’attaque maintenant au mode de calcul des aides personnalisées au logement.

En effet, jusqu’à présent, le mode de calcul des aides personnalisées au logement est établi sur la base des revenus de l’année N-2. Ce qui veut dire que les aides perçues en 2018 sont calculées en fonction des ressources de l’année 2016.

En prenant en compte les revenus perçus au cours de l’année par l’allocataire en lieu et place de ceux perçus deux ans auparavant, l’État entend confisquer à son profit le peu de gains de pouvoir d’achat acquis par le locataire en réduisant à due concurrence le montant de son APL, voire en la supprimant purement.

Rappelons que le barème de ressources permettant l’ouverture du droit aux APL a été déjà considérablement baissé, tout comme leur montant, ce qui pour de nombreux ménages à revenus modestes constitue un effort sans précédent aux fameuses économies budgétaires.

Au final, par cette nouvelle réforme des APL, le gouvernement instaure une redistribution inversée, sorte de nouvelle théorie du ruissellement pour financer les cadeaux qu’il octroie aux riches en essorant les poches des pauvres !

Pour l’AFOC, l’autre danger qui se cache derrière ce projet de réforme de l’APL est l’acquisition des données auprès de tiers de confiance (ex : Direction générale des finances publiques). En effet, cette réforme marquera la fin d’une logique déclarative et mettra en place une logique d’acquisition automatique des données utiles au calcul des droits aux prestations auprès de tiers, qui in fine permettra l’automatisation des prestations sociales. L’AFOC condamne ces choix politiques inefficaces qui coupent le lien entre les usagers et les agents des services publics et feront porter par les usagers la facture de ces échecs futurs.

Comme elle l’avait fait suite aux décisions du gouvernement de baisser et de non-revaloriser l’APL, l’AFOC rappelle sa totale opposition à cette nouvelle mesure qui fragilise encore plus les plus modestes.

Associations FO
consommateurs

 http://www.force-ouvriere.fr

Communiqué de FO

Jeudi 12 juillet 2018

Communiqué de FO

La protection sociale

Un gâteau que l’Etat a hâte de digérer !

Protection sociale 4

Un nouvel amendement au projet de loi constitutionnelle sur la Sécurité sociale vient d’être déposé. Il confirme les intentions du gouvernement : mettre la main sur tous les régimes obligatoires qui ne sont pas directement au sein de la Sécurité sociale, en particulier les retraites complémentaires (Agirc-Arrco) et l’assurance chômage.

Un nouvel amendement au projet de loi constitutionnelle sur la Sécurité sociale vient d’être déposé. Il confirme les intentions du gouvernement : mettre la main sur tous les régimes obligatoires qui ne sont pas directement au sein de la Sécurité sociale, en particulier les retraites complémentaires (Agirc-Arrco) et l’assurance chômage.

L’argument est pernicieux : « la logique sous-jacente à chacune de nos politiques sociales est restée la même depuis la création de la Sécurité sociale ». Oui, car il s’agit de la logique fondamentale d’égalité et de solidarité, mise en œuvre par des assurances sociales sous gestion paritaire. Et pourtant, aussitôt de balayer : « les défis sociaux et sanitaires auxquels nous sommes confrontés ne sont plus ceux de l’après-guerre ». Ces principes fondamentaux doivent-ils alors changer ?!

Encore une fois, sous couvert de « modernité », de dualité « ancien monde / nouveau monde », l’État veut nous faire croire qu’un changement constitutionnel est nécessaire pour améliorer la prise en charge des risques sociaux, notamment de la dépendance. C’est faux. La Sécurité sociale a été créée par ordonnance en 1945, et c’est une autre ordonnance, en 1967, qui a créé ses branches actuelles (Maladie, Famille, Vieillesse, Recouvrement des cotisations). Il n’y a pas eu besoin de modifications constitutionnelles.

Pour Force Ouvrière, il est évident que cette modification ne vise pas la Sécurité sociale directement, mais tous les cadres collectifs qui ont été créés. Non pas pour améliorer la prise en charge ou « créer » le nouveau risque Dépendance, mais bien pour casser ces constructions paritaires. Cette modification constitutionnelle serait lourde de sens pour les réformes des retraites et de l’assurance chômage à venir, en privant notamment les interlocuteurs sociaux de leur liberté de négocier.

Il restera les soi-disant droits universels a minima pour les plus démunis, et la soi-disant liberté, de fait imposée, de se protéger comme chacun le peut … Arbitrer entre s’acheter des « points » retraite ou des « points » santé ? Exit la solidarité collective, faites place à la « débrouille » individuelle au nom de la « solidarité » nationale !

Pour Force Ouvrière, l’émancipation de chacun, c’est ce que permettent justement nos institutions collectives de protection sociale. Ce serait une erreur historique de vouloir les détruire.

Communique fo protection sociale 


Voix De Presse

Jeudi 12 juillet 2018

PRESSE - COMMUNICATION

Voixdepresse

Voix de presse

Macron au Congrès

Le Versaillais vs la Sociale ?

Presse 1

Les Echos

Le chef de l’exécutif n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en argent : « Devant le Congrès, Macron propose un nouveau "contrat social" ». Signé librement entre le pot de terre et le pot de fer ? En tous cas, s’il y en avait, « ceux qui attendaient un virage à gauche d’Emmanuel Macron à l’occasion de sa deuxième intervention devant le Parlement réuni en Congrès ce lundi à Versailles en sont pour leurs frais. Revenant longuement sur ce qui a été fait depuis un an , le chef de l’État a totalement assumé la politique économique mise en œuvre depuis son élection, de la réforme de l’ISF à celle du Code du travail, sans oublier celle de la SNCF ».

L’Alsace

« Le nouveau contrat social, celui du XXIe siècle, voilà donc le nouvel objectif du président de la République tel qu’il l’a exposé lundi devant le Congrès. NCS ! Le titre est aussi prometteur que ronflant. (...) Il convient surtout de savoir ce que le chef de l’État entend mettre dans la corbeille, lui qui a toujours considéré qu’il peut y avoir concertation avec les syndicats mais pas négociation. L’acte fondateur du NCS voulu par Emmanuel Macron est le "sommet social" programmé mardi prochain avec tous les partenaires sociaux. Le danger d’une telle rencontre est qu’elle accouche d’une souris. Un risque d’autant plus grand que le chef de l’État n’a pas montré, depuis son arrivée à l’Élysée, une grande considération pour les corps intermédiaires en particulier, et les syndicats en général. Le rendez-vous du 17 juillet est une réponse à l’initiative des syndicats, des salariés comme des patrons, de se rencontrer aujourd’hui [11 juillet] à Paris ».

L’Obs

Du haut se sa tribune versaillaise, le président de la République a « affirmé que les Français commençaient à voir "les premiers fruits" des réformes "à l’école, sur leur feuille de paie, sur le marché du travail" : "Ce sont seulement les premiers fruits. (...) Il faut du temps", a-t-il plaidé ». A moins que les Français ne voient surtout le montant de leurs factures grimper.

Le Monde

Si l’on manque de temps, on peut trouver « le discours de Macron devant le Congrès résumé en 4 minutes ». « Après avoir tracé un rapide bilan de la première année de son quinquennat, le chef de l’État a déroulé ses ambitions fiscales (baisse des dépenses publiques, aides à l’investissement) et fait quelques annonces de réformes à venir (retraites, formation professionnelle, encadrement de l’islam, plan pauvreté, …) ».

Libération

En fait, depuis les hauteurs versaillaises, « Macron théorise un social très libéral ». Et « le chef de l’État n’a pas renoncé à s’attaquer, comme promis dans sa campagne, à la baisse de la dépense publique. Le Premier ministre "présentera dans les prochaines semaines les nouvelles décisions permettant de tenir les engagements de baisse de nos dépenses" ».

Sud-Ouest
Ce qui ne manque pas de sel sur les brioches : « réunir ainsi l’ensemble des parlementaires, soit 577 députés et 348 sénateurs, a un prix. D’après une information du Parisien, le coût de ce rassemblement se chiffre cette année à 286 000 euros ». Qu’importe le prix, pourvu qu’on ait le dogme.

 

Par  Michel Pourcelot

Communiqué de FO

Mardi 10 juillet 2018

Communiqué de FO

Intervention présidentielle devant le congrès

Une recette de gâteau bien indigeste !

Intervention presidentielle devant le congres « Si l’on veut partager un gâteau, il faut qu’il y ait un gâteau ».

INTERVENTION PRESIDENTIELLE DEVANT LE CONGRES : UNE RECETTE DE GATEAU BIEN INDIGESTE !

« Si l’on veut partager un gâteau, il faut qu’il y ait un gâteau ». Par ces mots, le Président de la République assume le choix d’une domination de l’économique sur le social. Alors qu’il y a un an il s’était engagé à marcher sur deux jambes – flexibilité et sécurité – il affiche que le volet social pourra attendre encore longtemps avant d’avoir voix au chapitre.

Se défendant de mener une politique non pas pour les riches mais pour les entreprises, le chef de l’État va jusqu’à conditionner un projet de société à la « force de l’économie française ». Pour cela, la recette est simple : libérer les freins à la croissance dans les entreprises, délivrer ces dernières de toute règlementation contraignante, et sans une dose de social dans la défense des salariés.

Alors que dans la cinquième puissance économique du monde, la valeur du patrimoine des milliardaires atteint un record jamais égalé avec une explosion de 13% sur la première année du quinquennat, c’est d’un cynisme absolu que de sous-entendre qu’il n’y aurait pas de gâteau : il y en a un, et c’est visiblement l’anniversaire des plus riches tous les jours !

La théorie des 10% de premiers de cordée que Force Ouvrière n’a eu de cesse de condamner est érigée en modèle de société où il ressort de la responsabilité de chacun de s’en sortir seul par « son talent, ses efforts, son mérite ». Au prétexte de liberté et d’émancipation, est instauré le règne de l’individualisation et de la responsabilisation, avec pour seule protection un filet minimal de sécurité censé lutter contre les « inégalités de destin ».

A vouloir gérer la France comme une entreprise, le Président de la République est cohérent avec sa vision en souhaitant conclure avec les interlocuteurs sociaux un « nouveau contrat social ». Force Ouvrière sera présente le 17 juillet, pas pour contractualiser mais pour rappeler les principes mêmes de la démocratie sociale ainsi que le rôle des organisations syndicales, et surtout continuer à revendiquer pour que, du gâteau, il ne reste pas que le noyau de la cerise sur lequel les travailleurs se casseront les dents.

Paris, le 9 juillet 2018
Pascal Pavageau
Secrétaire général

Communique fo 10 juillet 2018

 

 

RFI le 10/07/2018

Mardi 10 juillet 2018

RFI le 10/07/2018

Pascal Pavageau, Secrétaire général de FO, interviewé par Frédéric Rivière sur RFI

Pascal Pavageau, Secrétaire général de Force Ouvrière, était l’invité de Frédéric Rivière sur RFI.

L’« illectronisme », c’est grave docteur ?

Lundi 9 juillet 2018

L’« illectronisme », c’est grave docteur ?

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Une nouvelle étude vient de mettre en lumière une véritable fracture numérique, qui, à l’heure des profits générés par la dématérialisation, met à l’écart des franges entières de la population.

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C’est l’objectif de dématérialisation des démarches administratives d’ici à 2022 fixé par l’exécutif.

Les Français sont connectés, mais plus d’un tiers des 70 ans et plus ne disposent pas de connexion Internet, constate une récente étude sur la problématique de l’illectronisme, transposition du concept d’illettrisme dans le domaine de l’information électronique.

Selon cette étude, publiée le 25 juin 2018, 89 % des personnes interrogées possèdent au moins l’un des équipements permettant de se rendre sur Internet, contre 67 % des 70 ans et plus. Menée en février dernier par l’Institut CSA (Consumer Science & Analytics), appartenant au groupe Havas, elle a été réalisée pour le Syndicat de la presse sociale (SPS), justement connu pour s’être engagé contre l’illettrisme.

Elle apparaît axée sur le gap générationnel, donnant l’impression que l’illectronisme est une maladie sénile à soigner car compromettant la rentabilité de l’e-commerce et la très profitable dématérialisation à tous crins. Ce qui semble laisser entendre que ceux qui n’utilisent pas Internet pour le moindre de leurs besoins sont en retard d’une génération.

La valeur et le nombre d’années

À la lecture de cette étude, les chiffres ont de quoi contrarier les fervents laudateurs de la dématérialisation et du e-commerce.

À la question Au cours des douze derniers mois, avez-vous déjà renoncé à faire quelque chose parce qu’il fallait utiliser Internet et que vous ne pouviez/vouliez pas ?, 32 % du panel dit grand public a répondu oui.

Ce n’est pas une question de génération puisque les 70 ans et plus sont même légèrement moins représentés : 31 %. La question suivante s’intéresse aux raisons de ceux qui n’utilisent pas Internet : pour 34 % d’entre eux cela revient trop cher (coût de l’équipement et de l’abonnement), les 70 ans et plus n’étant que 28 % à avancer ce motif.

L’étude affirme que trois quarts des Français utilisent Internet quotidiennement, contre 43 % des 70 ans et plus. Mais il s’agit en fait d’une moyenne incluant une utilisation plusieurs fois par jour.

Quand il s’agit d’une utilisation une fois par jour, par semaine ou par mois, les chiffres sont quasiment les mêmes.

 

[Zoom] L’abandonniste peut être récupérable
Selon cette étude, les abandonnistes sont des Français qui, au cours des douze derniers mois, ont renoncé à faire quelque chose parce qu’il fallait utiliser Internet et qu’ils ne le pouvaient pas. Heureusement, 54 % sont enclins à se perfectionner, et 55 % cherchent à se faire accompagner (essentiellement par leur famille).

Par  Michel Pourcelot

L'Éditorial de Pascal Pavageau du mercredi 4 juillet 2018

Mercredi 4 juillet 2018

L'Éditorial de Pascal Pavageau
 

 

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Pascal Pavageau

« Loi Pacte, le marché conclut ! »

Déréglementation, simplification et libéralisation sont les maître-mots du projet de loi Pacte, officialisé par le gouvernement le 18 juin dernier. Une orientation claire pour un texte fourre-tout : 71 mesures pour réjouir le patronat, que le gouvernement a choisi d’associer largement à leur élaboration, se dispensant par là même de toute concertation avec les organisations syndicales.

En somme, un pacte scellé avec les employeurs et sans les travailleurs, dont il résulte un nouveau détricotage des droits pour les salariés.

Exauçant une revendication portée de longue date par le Medef – ce que son nouveau président pourra apprécier dès son arrivée –, les seuils sociaux, vus comme des freins à l’emploi, sont relevés, « déchargeant » toujours davantage les entreprises des obligations qui sont les leurs, comme par exemple celle d’avoir un local syndical. Les exonérations de forfait social sont multipliées, accentuant le manque à gagner de recettes pour la Sécurité sociale. L’intéressement et la participation, dont sont exclus la majorité des salariés, sont préférés à une redistribution par le salaire. L’épargne retraite est encouragée et avec elle des garanties individuelles au détriment de garanties collectives, confirmant l’entreprise de démolition de nos régimes de retraite, charge à chacun de se constituer un supplément sous forme de rente. Il est d’ailleurs édifiant de prendre connaissance de ces éléments, déjà actés sans même avoir été discutés dans la concertation en cours liée à la réforme des retraites.

Comme le craignait Force Ouvrière, le projet de loi Pacte semble faire figure de « 7e ordonnance », au service d’une logique qui est toujours la même : faire primer le « tout-entreprise » selon la seule vision patronale et détruire les cadres collectifs pour toujours plus d’individualisation.

Cela conduit également à déréglementer sur des sujets sociaux majeurs en renvoyant à une hypothétique autorégulation des entreprises, renforçant ainsi les disparités dans le mépris le plus total de l’égalité de droits.

Preuve s’il le fallait encore que l’objectif affiché d’une meilleure prise en compte du social trouve entre les mains du gouvernement une traduction résolument bien restrictive. Force Ouvrière défend comme préalable indispensable un meilleur partage des richesses privilégiant, à la distribution de dividendes, les salaires puis l’investissement. Si l’entreprise doit être « libérée », c’est de l’emprise des actionnaires et des loups de la rentabilité ; si elle doit être « délivrée », c’est de la domination du capital.

Si elle doit être transformée, c’est pour redistribuer et redonner du sens social et de la valeur au travail.

Edito 3 juillet 2018 

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franceinfo le 28 juin 2018

Vendredi 29 juin 2018

franceinfo le 28 juin 2018

Pascal Pavageau, Secrétaire général de FO, était l’invité de Jean-Michel Aphatie et de Bruce Toussaint

Pascal Pavageau, Secrétaire général de Force Ouvrière, était l’invité de Jean-Michel Aphatie et de Bruce Toussaint sur France Info dans le « 8h30 politique » en direct.  

Communiqués

Jeudi 28 juin 2018

Communiqués

Augmentation des indemnités journalières

L’arbre qui cache la forêt des dégradations des conditions de vie et de travail

Il est désormais de tradition de constater dans les comptes de l’Assurance maladie une augmentation soutenue des « dépenses d’IJ », c’est-à-dire le maintien du salaire lors d’un arrêt maladie. Car oui, ce n’est pas nécessairement l’employeur qui paie un salarié malade, mais toujours la Sécurité sociale pour moitié !

Un droit acquis de longue lutte par les organisations syndicales, dans l’« ancien monde ». Mais dans le « nouveau monde », ce maintien des salaires pourrait ne pas tarder à tomber dans la logorrhée du « pognon de dingue » puisqu’il est récurrent de viser à tout prix à diminuer ces dépenses. Or, c’est ignorer les deux causes principales de leur forte augmentation.

D’une part, le recul de l’âge de départ à la retraite. Comme le constatent les colonnes de chiffres de l’Assurance maladie, les travailleurs de 65 ans et plus sont plus fréquemment en arrêt maladie pour longue durée. La conséquence d’une politique dite « sociale » qui recule l’âge de départ à la retraite pour éviter d’avoir à payer des pensions. Ainsi ces travailleurs, plus vraiment en âge ou en état de travailler, sont mis en arrêt maladie au lieu d’être mis en retraite. On conserve encore un peu d’humanité : dans l’ancien monde de l’ancien monde, on laissait mourir les gens sur leur lieu de travail…

D’autre part, l’explosion des burn-out ou autres arrêts que l’on met sous le vocable de « risques psycho-sociaux » (RPS). Aux médecins qui constatent cette explosion, la politique dite « sociale » répond : prescrivez moins d’arrêts ! Tout simplement ! Ainsi les méchants médecins qui alourdissent les dépenses de l’Assurance maladie seront convoqués pour rappel à l’ordre sinon même mis sous objectifs de prescriptions ! Des procès sont en cours car, en dépit de ces injonctions absurdes, les médecins ont un code de déontologie, qu’ils respectent, fort heureusement.

Les causes de l’explosion des RPS sont bien connues : dégradation continue des conditions de travail, faible reconnaissance du travail notamment par la rémunération, accroissement des tâches, missions, et horaires de travail. Aussi, le véritable progrès social serait de reconnaitre les RPS comme maladie professionnelle, afin que ce ne soit pas l’Assurance maladie qui paie le maintien des salaires mais uniquement l’employeur. Ce serait le responsabiliser sur les conditions de travail qu’il impose à ses salariés.

Mais dans le « nouveau monde », la politique « sociale » c’est un PACTE avec l’entreprise, pas avec les salariés !

 

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