Retraites complémentaires : FO dénonce un marché de dupes

Mardi 3 novembre 2015

Retraites complémentaires 
FO dénonce un marché de dupes

Philippe pihetPhilippe Pihet conduisait la délégation FO lors des négociations sur les retraites complémentaires.

C’est un accord qui se fait sur le dos des salariés, a déploré Philippe Pihet, le négociateur FO, au sortir de l’ultime réunion sur l’avenir des retraites complémentaires le 30 octobre. Ce rendez-vous était consacré aux derniers détails d’un accord de principe conclu le 16 octobre entre le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats (CFDT, CFTC, CGC). Il n’aura fait que confirmer les grandes lignes d’un texte que Force Ouvrière a décidé de ne pas signer. En premier lieu parce qu’il se traduit dans les faits par un recul de l’âge de la retraite.

Le patronat et la CFDT signent le recul de l’âge de la retraite

L’accord prévoit, à partir de 2019, la mise en place de « coefficients de solidarité », en réalité un abattement sur la pension complémentaire qui s’appliquera aux personnes ayant toutes leurs annuités, l’âge légal et qui remplissent donc les conditions du taux plein.

Celles-ci devront attendre un an de plus pour prendre leur retraite, sous peine de subir 10 % d’abattement pendant trois ans.

À l’inverse, les personnes restant deux, trois ou quatre ans de plus en activité obtiendront un bonus. « Les futurs retraités n’auront pas vraiment le choix. Plus de 50 % de ceux qui sont en droit de liquider leur retraite n’ont plus de travail à ce moment-là, le malus va s’imposer. Les femmes, aux carrières globalement moins complètes que les hommes, seront aussi les premières victimes de cette décote. Et les salariés aux carrières longues ne seront pas épargnés », énumère Philippe Pihet.

Les futurs retraités exonérés de CSG ne seront pas soumis aux abattements. Si la CFDT s’en félicite, FO s’oppose à une mesure qui signe « un changement structurel » des retraites complémentaires avec l’introduction d’une référence fiscale. Ce n’est pas la pension qui sera prise en compte mais le revenu fiscal du foyer. Une mesure injuste puisqu’un retraité modeste au sein d’un foyer acquittant la CSG serait soumis à l’abattement.

Au-delà de cette mesure politique très pénalisante pour les futurs retraités, qui engage seulement un dixième des 6,2 milliards d’économies visées à l’horizon 2020, FO dénonce un accord globalement « déséquilibré » : « Les efforts pèsent à 90 % sur les salariés et les retraités. Et le peu de choses concédé par le patronat sera compensé par une baisse des cotisations patronales à la branche des accidents du travail-maladies professionnelles, c’est le patron des patrons, Pierre Gattaz, qui l’a dit », rappelle Philippe Pihet.

Par Françoise Lambert

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