Circulaire confédérale

Concertation sur les retraites Bilatérale FO/Premier ministre

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Cher(e)s camarades,

Une délégation FO menée par le secrétaire général, Jean Claude MAILLY, accompagné de Philippe PIHET, secrétaire confédéral, Didier BERNUS et Christian GROLIER, secrétaires généraux de fédération, assistés de Cristelle GILLARD, assistante du secrétaire général, s’est rendue le 4 juillet à Matignon dans le cadre du démarrage de la concertation sur les retraites.

Etaient présents autour du Premier ministre, la ministre des Affaires sociales, Marisol TOURAINE, le ministre du Travail, Michel SAPIN et leurs conseillers.

Il était prévu, et ce depuis la conférence sociale des 20 et 21 juin derniers, que ces premières rencontres bilatérales permettent au Premier ministre de recueillir les positionnements de chacun.

Pour FO, ce fut l’occasion de rappeler fermement nos positions sur ce dossier et de poser nos « lignes rouges » à ne pas franchir, la principale étant l’allongement de la durée du travail.

Le Secrétaire Général a rappelé le contexte général de cette réforme, notamment une réponse à l’exigence issue du pacte budgétaire, ainsi que la méthode et l’agenda de la concertation.

Le Premier ministre a sur ce point rappelé le calendrier du gouvernement, à savoir :

- concertation et consultations durant juillet, avec deux réunions à priori en bilatérale avec le cabinet de Marisol TOURAINE,
- une reprise au mois d’août de la concertation avec une nouvelle bilatérale à Matignon,
- un projet de loi finalisé mi-septembre, un débat au Parlement qui pourrait s’étendre jusqu’à la fin de l’année.

FO est ensuite revenue sur l’annonce du gouvernement, la seule pour le moment, l’allongement de la durée de cotisation et a clairement exprimé son opposition.

FO en a profité pour rappeler quelques données, à savoir :

- une espérance de vie qui certes a augmenté de 60 ans en 1945 à 80 ans environ en 2000, mais une espérance de vie en bonne santé qui, elle, depuis la crise, a diminué d’un an,
- une durée d’activité moyenne qui s’élève à 151 trimestres.

FO a souligné également le fait :

- qu’un salarié sur deux qui demande la liquidation de sa retraite n’est plus en activité mais au chômage ou aux minima sociaux,
- que le chômage des seniors a augmenté plus que celui des jeunes (+ 17 % en un an),
- de plus, ce sont plus de 7 % des pensions qui sont liquidées le sont avec une décote,
- l’âge moyen de départ est actuellement de 62,2 ans.

Pour FO, on peut dire au vu de ces éléments que ce n’est pas un signe d’espoir vis-à-vis des jeunes de prendre leur retraite à 68 ou 69 ans, ou même 67 ans avec proratisation.

FO a interpellé le Premier ministre sur le fait que si les mesures sont prises pour après 2020, pourquoi les annoncer aujourd’hui ?

A l’argument de rassurer les jeunes générations évoqué par le Premier ministre, FO oppose celle de l’angoisse justement des jeunes générations face à des changements tous les 3 et 4 ans et à qui l’on dit à chaque fois que c’est « la der des ders ».

En outre, pourquoi donc prendre des décisions maintenant si ce n’est pour donner des signes au niveau européen ?

FO a donné d’autres éléments chiffrés, notamment financiers et a insisté sur les autres ressources envisageables.

Sur ce point, FO a rappelé qu’en matière de recettes, FO a toujours été prête à discuter de l’augmentation de la cotisation (salariale et patronale). A cet effet, FO a rappelé qu’un point de cotisation vieillesse équivaut à une recette entre 4,4 et 5,3 milliards d’euros.

Autre point important que FO a tenu à souligner, le montant des exonérations non compensées par l’Etat et la perte pour la branche vieillesse. Montant total des exonérations non compensées pour la CNAVTS : 1,1 milliard par an.

A titre d’exemple, la mesure d’exonération non compensée : les récents emplois d’avenir !

Autre élément : FO a indiqué en outre que l’allongement de la durée de cotisations avait pour conséquences d’alourdir le poids de la charge des transferts privés, des gardes d’enfants de 2 à 4 milliards d’euros, chiffre à mettre en regard avec les 12 milliards consacrés par la solidarité nationale à l’accueil de la petite enfance. En effet, si les grands parents doivent travailler plus longtemps, ils ne pourront plus garder leurs petits enfants.

L’ensemble de ces éléments montre qu’il est possible de trouver des ressources et recettes complémentaires.

Concernant les annonces de mesures relatives à la pénibilité, FO a indiqué que l’approche collective exposée dans le rapport Moreau allait dans le bon sens.

Sur les droits familiaux, FO s’est déclarée être ouverte à la discussion mais à périmètre constant, des choses peuvent être étudiées et ce afin de corriger des inégalités. Par ailleurs, FO s’oppose aux mesures qui amèneraient à faire baisser le pouvoir d’achat des retraités et des chômeurs.

Au final, à l’argument du Premier ministre de vouloir faire cette réforme maintenant alors même qu’elle n’interviendra que pour 2020, FO a répondu « qu’une réforme courageuse n’est pas forcément une réforme impopulaire » et que ce n’est pas rassurer les jeunes générations que d’effectuer des réformes successives qui les pénalisent !

D’autres réunions auront donc lieu courant juillet et août qui nous permettront une nouvelle fois d’exprimer nos positions.

Par ailleurs, la commission exécutive réunie spécialement sur le sujet du 5 juillet a mandaté le bureau confédéral pour développer et défendre largement les positions, arguments et revendications FO en matière de retraite, de pénibilité au travail, d’augmentation des salaires et de lutte pour l’emploi.

Elle a aussi décidé de mobiliser dès septembre et a mandaté le bureau confédéral pour contacter les autres organisations. Une réunion entre organisations aura lieu lundi 8 juillet au soir.

Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant et un tract argumentaire vous parviendra pendant l’été.

Amitiés syndicalistes.

Jean Claude MAILLY
Secrétaire général

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