CRISE !

Les trente ans de privatisations qui ont rétréci l’État

Mardi 7 avril 2015

Les trente ans de privatisations qui ont rétréci l’État

Insee 1D’après l’Insee, l’État contrôle deux fois moins d’entreprises aujourd’hui qu’en 1984. Il détient, directement ou non, plus de la moitié du capital de 1 444 entreprises contre 3 500 alors.

Et ces entreprises comptent trois fois moins de salariés (801 000 au lieu de 2,5 millions). L’État s’est désengagé des secteurs de l’industrie manufacturière, du transport et de la finance.

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LE NOMBRE DE CHÔMEURS DANS LE MONDE BAT TOUS LES RECORDS

OIT

LE NOMBRE DE CHÔMEURS DANS LE MONDE BAT TOUS LES RECORDS

L’Organisation internationale du travail appelle les gouvernements à «augmenter le revenu disponible et alimenter une consommation plus soutenue».

Jamais le nombre de chômeurs dans le monde n’a été aussi élevé et cela ne fera qu’empirer si les politiques économiques ne changent pas, alerte l’OIT (Organisation internationale du travail) dans son rapport annuel sur les tendances mondiales de l’emploi publié le 22 janvier. Le chômage mondial va dépasser le seuil des 202 millions de personnes en 2013 et battre ainsi le record enregistré en 2009 de 199 millions de chômeurs. On compte aujourd’hui 28 millions de demandeurs d’emploi de plus qu’en 2007, au moment du déclenchement de la crise, et la moitié de ces 28 millions se trouve dans les pays les plus développés. Mais si l’épicentre de la crise se situe dans les économies avancées, celle-ci s’étend maintenant aux pays en voie de développement, souligne l’OIT, y compromettant l’émergence d’une classe moyenne de travailleurs apte à la consommation. La croissance s’est ainsi brutalement ralentie en Chine et en Inde. Sur les quatre millions de personnes qui ont perdu leur emploi en 2012, un quart se trouvait dans les économies avancées et trois quarts dans les autres régions, avec des effets visibles en Asie de l’Est, Asie du Sud et Afrique subsaharienne.

Et si de nombreux commentateurs s’attendent à un redémarrage de l’économie mondiale, insiste l’OIT, la croissance attendue ne sera pas suffisante pour faire rapidement baisser le chômage, d’autant qu’«après une crise bancaire, davantage d’emplois sont détruits et moins de postes créés parce que les mauvais placements d’avant la crise nécessitent du temps pour être corrigés».

«LE PROBLÈME EST PARTICULIÈREMENT GRAVE DANS L’UNION EUROPÉENNE»

La jeunesse est particulièrement affectée par la crise, confirme le rapport. Actuellement, 73,8 millions de jeunes sont demandeurs d’emploi et beaucoup d’entre eux connaissent le chômage de longue durée dès leur arrivée sur le marché du travail, ce qui ne s’était encore jamais produit, pas même lors des précédentes récessions. Aujourd’hui 35% des jeunes chômeurs n’ont pas d’emploi depuis six mois au moins dans les économies développées, contre 28,5% en 2007.

La pauvreté parmi les salariés diminue beaucoup plus lentement qu’avant la crise. Environ 397 millions de travailleurs en activité vivent aujourd’hui dans l’extrême pauvreté et 472 autres millions ne peuvent pas satisfaire régulièrement leurs besoins fondamentaux.

Le verdict de l’OIT est sans appel: «Affaibli par une consommation qui s’essouffle, le marché du travail a de nouveau été frappé par les programmes d’austérité budgétaire dans plusieurs pays, qui ont souvent entraîné des réductions directes en matière d’emploi et de salaires, avec un impact immédiat sur le marché du travail [...]. Le problème est particulièrement grave dans les économies avancées et l’Union européenne.»

L’OIT appelle donc les responsables politiques à «proposer des plans stratégiques plus cohérents et plus prévisibles; des mesures pour augmenter le revenu disponible et alimenter une consommation plus soutenue; la mise en œuvre rapide des réformes financières pour restaurer le secteur bancaire dans ses fonctions premières de soutien à l’investissement et de distribution du crédit, en particulier aux PME qui sont les principaux pourvoyeurs d’emplois». Enfin, l’OIT prône une restructuration de la dette pour les pays les plus affectés par la crise.

FO Hebdo - Février 2013

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IMPÔTS: LES MÉNAGES AISÉS ENTRENT DANS LA DANSE

Spécial budget


IMPÔTS: LES MÉNAGES AISÉS ENTRENT DANS LA DANSE

Le gouvernement demande un effort fiscal aux plus riches. Mais le gain de recettes obtenu ne profitera toutefois qu’à la réduction des déficits publics.

À travers le projet de loi de finances pour 2013, le gouvernement confirme son objectif de redressement rapide des comptes publics. Les déficits publics (État, collectivité, Sécurité sociale) devront être réduits à 3% du PIB en 2013 contre 4,5% actuellement. «La stratégie budgétaire du gouvernement va même au-delà de ce que prévoit la règle, qui autorise un ajustement des déficits publics en fonction des aléas conjoncturels», souligne la confédération FO. Ce sont 15,8 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires qui devraient donc parvenir dans les caisses de l’État, cela par une hausse de la fiscalité appliquée aux entreprises et aux ménages. Pour ces derniers, l’effort serait de 6,2 milliards. Les ménages aisés, voire richissimes, sont directement dans le collimateur de l’État qui affiche sa volonté de donner à l’impôt sur le revenu (IR) une meilleure progressivité, malheureusement sans procéder, toutefois pour l’instant, à une réforme fiscale de fond.

À travers notamment une modification de son périmètre d’application, la collecte de l’impôt sur le revenu –dont le barème sera gelé– devrait quoi qu’il en soit apporter 72,6 milliards d’euros de recettes en 2013, contre 59 milliards cette année.

Réajustements

Le gouvernement propose de taxer à 75% les revenus (par part) supérieurs à un million d’euros par an. Ces richissimes contribuables devraient payer cette taxation exceptionnelle le temps que durera le redressement des comptes publics, soit pendant deux ans estime pour l’instant le gouvernement, qui espère de cette mesure 210 millions de recettes fiscales supplémentaires en 2013.

Exclus de ce niveau de taxation, les revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values mobilières) seront en revanche taxés comme les revenus du travail, suivant le barème de l’impôt sur le revenu et non plus sur le mode d’un prélèvement forfaitaire. Cette mesure devrait apporter trois milliards de recettes en plus. Celles-ci s’ajouteront aux 320 millions recettes attendues aussi de la création de la nouvelle tranche d’imposition à 45% sur les revenus supérieurs à 150.000 euros (par part). La réforme de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) devrait elle rapporter un milliard d’euros supplémentaires à l’État en 2013. Le gouvernement a en effet décidé d’alourdir le niveau d’imposition en rétablissant l’ancien barème. Le gouvernement précédent l’avait tellement allégé qu’il aurait rapporté deux milliards d’euros de moins. Le gouvernement compte aussi mettre fin au régime dérogatoire appliqué aux stock-options (actions gratuites attribuées aux cadres dirigeants d’entreprise). Ces actions seront désormais taxées comme des revenus du travail. Le projet de loi prévoit encore d’abaisser le niveau maximum de réduction d’impôts au titre des niches fiscales. Toutefois, seules une vingtaine de niches (sur 433) sont visées par ce nouveau plafonnement à 10.000 euros (contre 18.000 euros actuellement) des avantages fiscaux. Or, si en 2012 les niches fiscales, qui profitent en majorité aux ménages aisés, induisent un manque à gagner de recettes fiscales à hauteur de 70,9 milliards pour le budget de l’État, ce manque à gagner s’élèvera encore à 70,8 milliards en 2013... soit pas beaucoup moins.
FO Hebdo - Octobre 2012
 
 
 

2012: CAP SUR LA RÉCESSION!

ECONOMIQUE - JEUDI 16 FÉVRIER 2012

InFOéco 38 – 16 février 2012

cap-sur-la-recession.jpgLes cérémonies officielles des voeux sont à peine terminées que les perspectives sombres sur le plan économique sont d’ores et déjà largement engagées en ce début 2012.

 

Baisse du pouvoir d'achat, hausse importante du chômage, chute de l'investissement, dégradation du commerce extérieur, etc. Tous les indicateurs sont mal en point.

Dans ce contexte, l’annonce de la dégradation de la note française par l’agence Standard & Poor’s, avec toute la dramaturgie associée au choix d’un vendredi 13, n’a pas franchement constitué une surprise après la mise sous haute surveillance de nos finances publiques quelques mois plus tôt. Plus récemment, l’agence Moody’s, l’autre grande prêtresse du monde financier, a confirmé le triple A mais avec perspective négative.

Les agences de notation continuent donc d’exercer une pression incroyable sur les Etats avec un degré d’ingérence inédit dans leurs orientations politiques. Il s’agit clairement d’une forme de prise d’otage et on peut s’étonner que certains commentateurs qui n’hésitent pas à qualifier les salariés grévistes de preneurs d’otages, soient assez peu prolixes pour dénoncer le chantage exercé par ces agences, au nom des marchés financiers.

Pour satisfaire aux exigences de l’orthodoxie financière, l’unique voie explorée reste la rigueur, censée restaurer les conditions de « la compétitivité », sans que personne ne se donne plus la peine de définir ce concept attrape-tout mais bien obscur dès qu’il s’agit de l’appliquer à un pays.

A partir du moment où tous les pays européens mènent des politiques d’austérité, la croissance ne peut évidemment pas être au rendez-vous et les objectifs annoncés de réduction des déficits non plus*. Contre toute logique, cela conduit pourtant les gouvernements concernés à renforcer l’austérité, comme on l’observe en Grèce, en Italie, en Espagne, au Portugal et en France, même si la rigueur n’y est toujours pas assumée comme telle.

Dans un mouvement schizophrénique les agences de notations réclament des « réponses » structurelles et s’inquiètent des conséquences de l’austérité.

Dans une conjoncture dégradée, dès lors que les dépenses publiques progressent moins vite que l’inflation et le PIB, donc que le poids des dépenses publiques dans le PIB se réduit, et que les prélèvements obligatoires augmentent malgré tout, l’impulsion budgétaire et fiscale ne peut être que négative. Autrement dit la politique budgétaire agit négativement sur l’activité.

Aussi, en préconisant une baisse des dépenses publiques dans son rapport annuel du 8 février, la Cour des comptes ne fait pas que sortir de son rôle. Elle fait erreur, car ses préconisations (véritable plan d’austérité d’une ampleur inégalée) auraient un effet récessif sur l'activité et empêcheraient de mettre en oeuvre les politiques sociales dont la France a pourtant cruellement besoin.

Cette mécanique absurde concerne aujourd’hui l’essentiel de la zone euro. Et l’impact des politiques de rigueur y est naturellement dramatique : 23% de chômage en Espagne et 17% en Grèce où des indicateurs font état d’une dégradation rapide de la santé de la population.

En l’absence de pare-feu institutionnel en zone euro, rôle traditionnellement dévolu à la banque centrale, les Etats sont tenus par les instances européennes et le FMI d’accentuer la rigueur et cassent ainsi encore plus la faible croissance potentielle. Comme les dirigeants Allemands persistent à craindre en priorité des effets inflationnistes alors que la menace d’une déflation paraît beaucoup plus à l’ordre du jour, sous l’effet d’un processus de déflation salariale qu’ils ne sont d’ailleurs pas les derniers à avoir initié, aucune alternative ne semble se dessiner pour desserrer l’étau. Le pacte budgétaire négocié lors du sommet européen fin janvier témoigne une nouvelle fois de cet aveuglement persistant face aux conséquences sociales et à l’impasse économique pourtant un peu plus évidente chaque jour.

Sur le plan macro-économique, la récession pointe à nouveau en ce début 2012 alors que les effets de la crise financière sont loin d’avoir été amortis, en particulier en matière d’emplois. L’annexe à cette circulaire de conjoncture donne un aperçu de la tendance récessionniste qui s’installe aujourd’hui.

 

Suite....




QUE RETENIR DU «SOMMET SOCIAL» DE L’ÉLYSÉE?

Crise

 

QUE RETENIR DU «SOMMET SOCIAL» DE L’ÉLYSÉE?

sommet-social-force-ouvriere-sante.jpgLors de sa réunion avec le patronat et les syndicats, le Chef de l’état a présenté quelques mesures censées lutter contre l’hémorragie de l’emploi. Reste à savoir si elles seront efficaces vu que sa politique budgétaire et économique ne change pas.

Hier, lors de son «sommet social», Nicolas Sarkozy s’est contenté de présenter quelques mesures immédiates pour tenter d'endiguer l’envolée du chômage, en insistant sur leur montant total qui s’élèverait à environ 430 millions d'euros… par redéploiement de crédits publics existants.

La plus importante doit permettre d’ici fin janvier d’augmenter l’effort financier de l’Etat en faveur du chômage partiel à hauteur de 100 millions, auxquels s’ajouteront 40 millions dédiés aux formations de ces salariés placés momentanément en activité partielle. Il a indiqué que cette enveloppe pourrait être abondée par les fonds paritaires de gestion de la formation professionnelle. Une avancée timide par rapport aux demandes exprimées par les syndicats, en particulier par FO, qui lui a fait remarquer qu’un pays comme l’Allemagne consacre dix fois plus d'argent public à ce genre de dispositif (6 milliards contre 600 millions en France). La deuxième mesure repose sur l’exonération totale de cotisations patronales pendant les six premiers mois d’embauche d’un jeune par les très petites entreprises (100 millions). Ce type de dispositif avait été déjà mis en place en 2009 avant d’être abandonné du fait de son coût très élevé.

Pour les chômeurs sans aucune activité depuis au moins deux ans (environ 250.000 personnes), Pôle Emploi est appelé à leur consacrer toute l’attention nécessaire afin de leur trouver au plus vite soit un emploi, soit une formation (150 millions d’euros). L’engagement d’aider les chômeurs de longue durée à retrouver une activité professionnelle n’a rien de nouveau puisque le Chef de l’Etat l’avait déjà promu en février 2011… avec les résultats que l’on connaît vu le manque de moyens et l’absence d’une politique de relance économique digne de ce nom. Le service public de l’emploi pourra par ailleurs disposer de 39 millions d'euros supplémentaires devant lui permettre de recruter mille agents contractuels en CDD et de faire ponctuellement face à l’afflux de chômeurs. Au-delà de leurs caractères précaires, ces embauches risquent encore d’être en deçà des besoins de l’organisme où chaque agent doit suivre aujourd’hui plus de 150 chômeurs.

Pour le reste, M. Sarkozy s’est bien gardé d’évoquer frontalement les sujets qui fâchent les syndicats. «S’agissant de la "TVA sociale", si le président s’est refusé à utiliser la formule, il n’a pas renoncé à cette idée d’une réduction partielle de la cotisation patronale "Allocations familiales" qui devra être financièrement compensée par l’impôt. Les parlementaires seront consultés sur cette "réforme" par le Premier Ministre dans les prochains jours», a précisé la délégation FO conduite par Jean-Claude Mailly, à l’issue de la réunion. Quant aux «pactes compétitivité-emploi», il n’a pas du tout abordé la question.

 

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