AAA

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière, daté du mercredi 11 janvier 2012

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

SOMMET... SOCIAL

 

Face à la remontée importante du chômage, toutes catégories confondues, le président de la République organise ce qu’on appelle un sommet ou une grand-messe dite sociale le 18 janvier.

De fait, il est malheureusement plus que probable que le taux de chômage repassera officiellement la barre des 10% courant 2012.

Or la question de l’emploi et du chômage sera à coup sûr au centre des débats de l’élection présidentielle.

Dès lors, il y a quelque opportunité politique à organiser une telle réunion.

C’est d’ailleurs pourquoi, dès son annonce, nous avons indiqué que ceux qui voudraient tenter de nous instrumentaliser ne sont pas encore nés. Et la meilleure façon de ne pas l’être c’est de rester fidèles à ce que nous sommes, libres et indépendants, et de faire connaître nos analyses et revendications.

D’autres contacts sont d’ailleurs prévus avec au moins un candidat déclaré à l’élection présidentielle.

Dans tous les cas, ce sont nos positions que nous défendrons.

La cause essentielle de la forte remontée du chômage réside dans la politique économique menée en France comme en Europe.

L’augmentation des dettes publiques décidée pour venir en aide aux banques et institutions financières, le dogmatisme monétaire, l’impossibilité de dévaluer, l’absence d’émancipation des gouvernements face aux marchés financiers conduisent à la mise en place de politiques d’austérité.

Ces politiques, faites de réduction des dépenses publiques et sociales, de pressions sur le pouvoir d’achat des salariés, de réduction des droits sociaux, installent la récession, donc l’explosion du chômage.

Cela signifie qu’on fait payer aux travailleurs et à leurs familles, à des degrés divers selon les pays, la crise et sa persistance, l’austérité amenant l’austérité dans un mouvement de siphon.

C’est pourquoi nous n’accepterons pas toute mesure qui viserait à remettre en cause les droits sociaux et les principes républicains.

Ce qui serait par exemple le cas avec des accords compétitivité/emploi, visant à baisser la durée du travail et les salaires en contrepartie d’engagements (?) sur l’emploi ou l’investissement.

De tels mécanismes non seulement ont souvent échoué, mais ils font porter le risque sur le salarié et ne visent à rien d’autre que d’imposer un temps partiel contraint.

Ils sont d’ailleurs contraires au chômage partiel où la perte de salaire est en grande partie compensée. Mais encore faut-il que le gouvernement accepte de mettre de l’argent sur la table.

D’autres revendications seront rappelées (AER, préretraites, Allocation de solidarité intergénérationnelle, accessibilité du CSP aux CDD notamment). Ce n’est pas en poursuivant, voire en accentuant la politique économique à l’origine de la crise qu’on sortira de la crise, ce qui nécessiterait une vraie rupture aux niveaux national et européen.

«Perseverare diabolicum», disaient les latins ou, comme Albert Einstein, «la folie c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent».

Autant nous sommes prêts à discuter de toute une série de mesures ponctuelles face à la crise, autant nous n’acceptons pas l’idée subreptice de TVA sociale, parce que c’est économiquement inefficace et socialement dangereux.

Quand on fait une erreur de diagnostic économique on prescrit un mauvais médicament qui, en plus, peut avoir des effets secondaires néfastes.

Cela étant, bonne année à toutes et à tous. Restons nous-mêmes, soyons rebelles!

 

http://www.force-ouvriere.fr/

FEDECHIMIE - Semaine 01 du 02 au 07 - 12 - 2011

banniere-fedechimie-cgtfo.jpgSemaine 01 du 02 au 07 - 01 - 2012



LE MODÈLE SOCIAL DANS LA SERINGUE DES AGENCES DE NOTATION

Économie


LE MODÈLE SOCIAL DANS LA SERINGUE DES AGENCES DE NOTATION


modelesocialdenotation.jpgDes paramètres tels que la croissance, l’emploi, les droits sociaux les services publics sont autant d’éléments défavorables dans les critères d’évaluation de ces boussoles préférées des marchés financiers.

 

La France va probablement perdre son triple A après son placement sous «surveillance négative» par les trois agences de notation (Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch). Plus personne ne se fait guère d’illusion sur le sort de ce «trésor national» pour reprendre les termes d’Alain Minc, conseiller officieux de l’Elysée.

La dégradation possible de la note attribuée à la dette française entraînerait dès lors une hausse des taux d'intérêt d’emprunt de l’Etat mais aussi de tous les organismes publics ou sociaux dont il serait le garant implicite. Car, les trois agences ont placé mécaniquement «sous perspective négative» des institutions telles que des collectivités locales, la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades), l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), l’Assurance Chômage (UNEDIC). Seraient également concernées toutes les entreprises où l’Etat est peu ou prou actionnaire (EDF, Aéroports de Paris, GDF Suez, Renault...).

Elles se sont ainsi bien gardé d’étudier la valeur intrinsèque de ces entités. «Quelle crédibilité peut-on donner à des agences, qui ne prennent même pas le soin d’analyser les bons fondamentaux de l’UNEDIC?», demande Stéphane Lardy, secrétaire confédéral, chargé à FO de l’Assurance chômage. Pour son homologue chargé à FO du secteur Economie, Pascal Pavageau, «elles auraient dû être discréditées au moins depuis le déclenchement de la crise financière en vigueur depuis 2008 et dont elles sont en partie à l’origine. Ce sont en effet elles qui avaient attribué des notes maximales à des établissements financiers gavés de produits toxiques (Subprimes) ayant conduit au chaos actuel». Des établissements que les Etats ont dû sauver de la faillite par l’injection massive d’argents publics. «Alors que ce type de notations de pays ou d’entreprises ne devrait pas susciter davantage d’intérêt que les opinions exprimées par toute une série d’analystes officiels ou autoproclamés», FO s’interroge sur «la fonction centrale qui leur a été dévolue par les autorités publiques et les spéculateurs (qui sont parfois leurs clients)»

Bien qu’illégitime sur le plan démocratique, un tel pouvoir ne sert en fait qu’à justifier les logiques de l’ultralibéralisme à l’œuvre dans le monde et singulièrement dans les pays européens où subsiste encore un modèle social. Leurs évaluations sont plus idéologiques que techniques. Dans ces conditions, qu’ils soient bien notés ou pas, les Etats seront toujours poussés à conduire des politiques de rigueur budgétaire au détriment de la croissance, de l’emploi, des services publics ou de la protection sociale des salariés et des citoyens.

Pour preuve, quelques jours après la dégradation de la dette américaine, Standard & Poor’s estimait en août dernier que la France avait une «politique budgétaire bien conçue» qui justifiait le maintien de son triple A… avec une perspective «stable». Autrement dit, sans risque de dégradation à moyen terme de sa note. Elle avait alors jugé positivement l’arrêt la politique de relance budgétaire et qualifié la réforme des retraites de 2010 de «mesure intelligente», notamment parce que «le gouvernement (était) resté droit dans ses bottes» alors qu’il avait «connu beaucoup de contestation de la rue». Trois mois et deux plans de rigueur plus tard, le pays était placé sous «surveillance négative»…

 

http://www.force-ouvriere.fr

Vous disposez d'un droit d'accès, de rectificat ion, de modification et de suppression des données qui vous concernent (Art. 34 de la loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978) sur l'ensemble du site. Pour l'exercer, Cliquez sur cette bannière pour contacter le webmaster