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EN ALLEMAGNE, DES CRÉATIONS D’EMPLOIS QUI N’EN SONT PAS

Arnaque

EN ALLEMAGNE, DES CRÉATIONS D’EMPLOIS QUI N’EN SONT PAS

Encore une fois l’Allemagne est présentée comme le bon élève de l’Europe pour avoir créé 232 000 emplois en 2013.
Le nombre de personnes occupant un emploi en 2013 est un nouveau record pour la septième année consécutive, a annoncé Destatis, équivalent de l’INSEE outre-Rhin, le 2 janvier. En réalité, explique la confédération syndicale DGB, ces chiffres englobent toute personne à partir de quinze ans ayant travaillé au moins une heure contre un salaire, durant une période d’une semaine. Ces statistiques incluent donc, outre les travailleurs indépendants, tous les «mini-jobs», ceux payés un euro l’heure, ou encore les contrats à temps partiel très réduit occupés par des retraités. Pas moins de 4,9 millions de travailleurs n’ont rien de plus qu’un mini-job à l’heure actuelle, soit un tiers de plus qu’en 1999. En revanche, le volume horaire de travail a diminué de 10% depuis 1991.

Résultat: la part de la population active occupant un emploi assujetti aux cotisations sociales obligatoires a chuté à 69,5%, contre 76,8% il y a vingt ans.
 FO Hebdo - Janvier 2014

L’ALLEMAGNE, CHAMPIONNE DES BAS SALAIRES ET DES EMPLOIS PRÉCAIRES

Artifice

L’ALLEMAGNE, CHAMPIONNE DES BAS SALAIRES ET DES EMPLOIS PRÉCAIRES

La chancelière Angela Merkel, en campagne pour les élections législatives du 22 septembre, a beau se vanter d’un des taux de chômage les plus faibles d’Europe (6,8%), l’évidence est de plus en plus difficile à cacher. Ce résultat n’est qu’un artifice, reposant sur une précarisation extrême de l’emploi.

Contrats à durée déterminée, temps partiels, intérim et minijobs dispensés de cotisations sociales et dont la rémunération est plafonnée à 450 euros par mois... En 2012, environ 8 millions d’Allemands, soit près de deux fois plus qu’il y a vingt ans, étaient concernés par ces formes d’emploi, selon l’office allemand des statistiques (DESTATIS).

Plus d’un salarié sur cinq (20,5%), soit près de sept millions de personnes, gagnait moins de 8,50 euros l’heure (brut) en 2011 (en France le salaire minimum atteint près de 9,50 euros).

Première économie européenne, l’Allemagne n’en est pas moins «le pays de l’Union européenne où la proportion de bas salaires est la plus élevée, derrière la Hongrie et le Royaume-Uni», souligne Andreas Kappeler, économiste spécialiste de l’Allemagne pour l’OCDE, interviewé par l’AFP.

Creusement des inégalités

«Entre 1985 et 2008, l’écart entre les hauts et les bas revenus a augmenté en Allemagne plus vite que dans la plupart des autres pays de l’OCDE», ajoute-t-il. Dans ce contexte, tout comme en 2009, la confédération syndicale DGB a certes appelé ses adhérents à voter massivement le 22 septembre prochain, mais n’a donné formellement aucune consigne de vote précise. Et pour cause. Personne ne peut oublier que c’est un chancelier social-démocrate, Gerhard Schroëder, qui, en 2003, a lancé un train de réformes (lois Hartz) qui se sont notamment traduites par une remise en cause de l’assurance-chômage et la multiplication des emplois précaires.
FO Hebdo - Septembre 2013


DU G20 À RIO+20 EN PASSANT PAR LE CESE…

Post-scriptum, par Yves Veyrier, Secrétaire confédéral

Le G20 désigne les vingt pays les plus importants sur le plan économique, réunis au niveau des chefs d’État et de gouvernement depuis novembre 2008 en réaction à la crise. Aux pays qui constituaient le G8 (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie, Chine et Russie) ont été associés les pays dits émergents (dont le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde, le Mexique …). Il avait lieu les 19 et 20 juin à Los Cabos (Mexique).

Rio+20 est, vingt ans après le Sommet de la Terre, qui avait déjà eu lieu à Rio (Brésil), la Conférence des Nations unies consacrée au «développement durable», qui se déroulera du 20 au 22 juin.

Le CESE, en France, est la suite du Conseil économique et social (CES) après que la dimension environnementale a été formellement ajoutée (d’où le deuxième E) et avec l’adjonction de représentants d’associations environnementales. FO, comme syndicat, y est représentée par dix-sept conseillers. On l’a compris, dans tous les cas, les organisations syndicales ont fait en sorte de faire valoir les analyses et revendications des travailleurs.

FO était présente avec la CSI (Confédération syndicale internationale) dès novembre 2008, à Washington, pour défendre auprès des chefs d’État du G20 une réforme radicale du système économique qui donne la primauté au progrès social et ne le considère pas comme, au mieux, élément subsidiaire de l’économie de marché.

Dès 1992, à Rio, les syndicats étaient aussi mobilisés avec la CISL (Confédé-ration internationale des syndicats libres, qui est devenue la CSI en 2006) pour que l’accent mis sur les enjeux environnementaux accompagne la priorité pour le social et que la notion de «durabilité économique» ne serve pas à justifier des reculs sociaux. FO est, cette semaine encore, représentée dans la délégation de la CSI à Rio.

Au sein du CESE, FO a fait entendre les mêmes préoccupations. D’abord en militant pour le maintien d’une section chargée des questions internationales, puis en obtenant de s’en voir confier la présidence. En faisant aussi en sorte que des avis soient produits et votés par le CESE sur les principaux enjeux sociaux et environnementaux. Un avis a été adopté en septembre dernier sur le G20 et plus récemment, le 22 mai, sur Rio+20.

À l’occasion des débats sur Rio+20 au CESE, FO apportait son soutien au projet d’avis, notant en particulier que ce dernier reprenait l’appel à «donner la primauté aux droits sociaux tels que définis par l’OIT», et à «définir de manière universelle des normes environnementales […] via la création d’une Organi-sation mondiale de l’environnement (OME)». Pour FO, la notion de développement durable ne peut se concevoir qu’au service du progrès –progrès des droits de l’homme et progrès social–, en préservant l’environnement aujourd’hui et demain pour tous les êtres humains.


FO Hebdo - Juin 2012

LES SYNDICATS ALLEMANDS PASSENT À L’OFFENSIVE

syndicat-allemands-fo-sante-chauny.jpgLES SYNDICATS ALLEMANDS PASSENT À L’OFFENSIVE


«On a dépensé des milliards pour les banques, les prochains seront pour nous!», a lancé Frank Bsirske, le dirigeant du syndicat des services publics Verdi.

Après une décennie de modération salariale, les syndicats allemands ont visiblement décidé que le temps des sacrifices n’avait que trop duré. Et l’argument de la crise ne porte plus. «On a dépensé des milliards pour le sauvetage des banques, les prochains milliards seront pour nous!», a lancé Frank Bsirske, le dirigeant du syndicat des services publics Verdi, affilié à la confédération DGB.

Alors que l’économie allemande vient d’enregistrer deux années de forte croissance (+3,6% en 2010 et + 3% en 2011), le pouvoir d’achat des ménages décline. Selon l’institut Destatis, l’équivalent de l’INSEE, les salaires réels brut des travailleurs allemands à temps plein n’ont augmenté que de 1% en 2011, contre 1,5% en 2010. En dix ans, entre 2000 et 2010, les salaires allemands n’ont progressé que de 1,7% par an, contre 3,3% dans le reste de l’Union européenne et 2,8% dans la zone euro, indique de son côté l’Institut de recherche en macroéconomie et en conjoncture (IMK). Les dépenses des consommateurs allemands ont commencé à reculer en 2011, confirme également Destatis. À cette baisse de la demande interne, risque fort de s’ajouter celle des exportations, du fait de la crise qui frappe les pays principaux clients de l’Allemagne. Du coup, le taux de croissance pourrait bien s’effondrer dès 2012, au point que le pays éviterait de justesse la récession, estiment les économistes. La menace est telle que même le ministre allemand du Travail, Ursula von der Leyen, a dû se prononcer, le 12 février, pour une hausse sensible des salaires.

Les fonctionnaires et les métallos revendiquent 6,5% d’augmentation

Verdi et la fédération DBB (autonome) revendiquent 6,5% d’augmentation pour les fonctionnaires de l’État fédéral et des communes. Verdi, qui chiffre désormais l’écart de revenus entre secteur public et privé à 9 points, veut obtenir au minimum 200 euros de plus par mois pour chaque agent. Les premières grèves d’avertissement, les 5 et 6 mars, ont été suivies par 17 000 fonctionnaires dans plusieurs Länder de l’ouest du pays. Le 7 mars, les arrêts de travail se sont étendus à l’est du pays, rassemblant cette fois quelque 70.000 fonctionnaires. «C’est un signal net envoyé à l’État fédéral et aux communes de prendre au sérieux les revendications de leurs salariés et de leur accorder l’estime due à leur travail», a déclaré Frank Bsirske.

Dans la métallurgie, les négociations ont commencé le 6 mars. Le syndicat IG Metall revendique lui aussi 6,5% d’augmentation pour les 3,4 millions de salariés de la branche, tandis que la fédération patronale Gesamtmetall oppose un maximum de 3%. «Les salariés allemands ont été patients, en partie parce que nous avions spéculé sur une crise de plus longue durée lors des dernières négociations en 2008. Mais les entreprises ont réalisé en 2010 et 2011 des bénéfices records et les salariés veulent maintenant leur part du gâteau!», explique Berthold Huber, le président d’IG Metall. L’issue des négociations dans la métallurgie sera déterminante dans la mesure où les salaires de ce secteur ont toujours servi d’étalon pour les autres branches.

 

FO Hebdo - Mars 2012

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