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Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière, daté du mercredi 20 juin 2012

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

«BANQUES: OÙ SONT PASSÉS LES MILLIARDS?»

Il y a quelques semaines, la Commission européenne s’adressait aux banques centrales nationales de la zone euro (dont la Banque de France) pour leur demander de regarder à quoi avaient été utilisés les deux fois 500 milliards d’euros prêtés aux banques par la Banque centrale européenne.

Ce qui signifie clairement que ces dernières n’ont guère prêté aux États, aux entreprises ou aux particuliers.

Il y a quelques jours, à l’occasion d’un déplacement en Haute-Marne et d’une rencontre avec les employeurs d’entreprises artisanales de différents secteurs, ceux-ci m’expliquaient qu’il était de plus en plus difficile d’être épaulé par les banques et que les garanties exigées par ces dernières (y compris pour des investissements de quelques milliers d’euros) devenaient insupportables.

Ces deux exemples sont révélateurs de la situation de crise actuelle.

De fait, après avoir obtenu la déréglementation et la libéralisation, après avoir été à l’origine de l’éclatement de la crise des subprimes aux États-Unis, après avoir contribué, pour être sauvées et aidées, à accroître l’endettement public, les banques continuent à réclamer de l’aide. C’est par exemple le cas en Espagne aujourd’hui.

D’énormes moyens sont ainsi mobilisés pour soutenir le secteur bancaire, tout en imposant ici et là des plans d’austérité aux populations.

Tout cela justifie l’urgence à réglementer (ce que réclament aussi nos camarades du secteur bancaire), à revoir en Europe les traités, à permettre, par exemple, à la Banque centrale de prêter aux États, ce qui, dans un premier temps, permettrait de calmer le jeu pour entreprendre une véritable réorientation de la construction européenne.

Et syndicalement, il convient de combattre les politiques d’austérité dans tous les pays et sur le plan européen. C’est d’ailleurs en ce sens que le comité exécutif de la CES a décidé de marquer son opposition au traité sur la stabilité, la coopération et la gouvernance (TSCG).
FO Hebdo - Juin 2012

LE CHÈQUE: UNE ESPÈCE MENACÉE DE DISPARITION?

CONSOMMATION


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LE CHÈQUE: UNE ESPÈCE MENACÉE DE DISPARITION?

Il représente pas moins de 18% des paiements non effectués en espèces, mais les banques souhaitent s’en débarrasser, arguant d’un coût avoisinant les 2,5 milliards d’euros. Le chèque, bien que régulièrement attaqué dans des études inspirées par le lobby bancaire, reste très populaire en France, notamment pour la liberté qu’il permet mais aussi pour son côté pratique (caution, possibilité de payer sans être obligé de connaître des coordonnées bancaires...). Il devrait pourtant être progressivement retiré de la circulation. Du moins, c’est ce que préconise un rapport, dévoilé le 25 avril dernier. Proposant de diviser par deux leur nombre d’ici à 2017, au profit de moyens dits plus innovants, dont on ne sait pas encore quel sera le coût pour l’utilisateur, ce rapport «sur l’avenir des moyens de paiement» a été rédigé par Emmanuel Constans et Georges Pauget. Ce dernier n’étant autre que l’ancien patron du Crédit agricole ainsi que de la principale organisation professionnelle bancaire, la Fédération bancaire française (FBF), qui représente toutes les banques installées en France, il n’est guère surprenant que des lauriers leur y soient tressés. Une bonne part du rapport est consacrée à démontrer que les Français ne paient pas tant de frais bancaires que cela, même si la Commission européenne, pourtant plutôt complaisante à l’endroit de ce secteur, affirme le contraire.

Bon nombre de ses propositions se retrouvant dans les vingt émises dans ce rapport, l’AFOC, l’association de consommateurs Force Ouvrière, s’en est félicitée. S’exprimant, après avoir attendu sa présentation, le 10 mai dernier, devant le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), instance de coordination chargée d’étudier les questions liées aux relations entre les établissements financiers et leurs clientèles, l’AFOC précise néanmoins que la «diminution de l’utilisation du chèque n’est envisageable» qu’à certaines conditions: le développement d’un «ou plusieurs moyens de paiement modernes et sûrs, qui puissent couvrir tous les usages actuels du chèque (transfert d’argent entre particuliers, paiement de gros montants…), mais aussi et surtout «que ces moyens de paiement de substitution présentent les caractéristiques du chèque jugées essentielles par les consommateurs»: la «maîtrise du paiement par le débiteur (date, montant et ordre sont à sa main) et bien entendu la gratuité». Qui n’est pas ce à quoi tendent principalement les banques.

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LES SYNDICATS ALLEMANDS PASSENT À L’OFFENSIVE

syndicat-allemands-fo-sante-chauny.jpgLES SYNDICATS ALLEMANDS PASSENT À L’OFFENSIVE


«On a dépensé des milliards pour les banques, les prochains seront pour nous!», a lancé Frank Bsirske, le dirigeant du syndicat des services publics Verdi.

Après une décennie de modération salariale, les syndicats allemands ont visiblement décidé que le temps des sacrifices n’avait que trop duré. Et l’argument de la crise ne porte plus. «On a dépensé des milliards pour le sauvetage des banques, les prochains milliards seront pour nous!», a lancé Frank Bsirske, le dirigeant du syndicat des services publics Verdi, affilié à la confédération DGB.

Alors que l’économie allemande vient d’enregistrer deux années de forte croissance (+3,6% en 2010 et + 3% en 2011), le pouvoir d’achat des ménages décline. Selon l’institut Destatis, l’équivalent de l’INSEE, les salaires réels brut des travailleurs allemands à temps plein n’ont augmenté que de 1% en 2011, contre 1,5% en 2010. En dix ans, entre 2000 et 2010, les salaires allemands n’ont progressé que de 1,7% par an, contre 3,3% dans le reste de l’Union européenne et 2,8% dans la zone euro, indique de son côté l’Institut de recherche en macroéconomie et en conjoncture (IMK). Les dépenses des consommateurs allemands ont commencé à reculer en 2011, confirme également Destatis. À cette baisse de la demande interne, risque fort de s’ajouter celle des exportations, du fait de la crise qui frappe les pays principaux clients de l’Allemagne. Du coup, le taux de croissance pourrait bien s’effondrer dès 2012, au point que le pays éviterait de justesse la récession, estiment les économistes. La menace est telle que même le ministre allemand du Travail, Ursula von der Leyen, a dû se prononcer, le 12 février, pour une hausse sensible des salaires.

Les fonctionnaires et les métallos revendiquent 6,5% d’augmentation

Verdi et la fédération DBB (autonome) revendiquent 6,5% d’augmentation pour les fonctionnaires de l’État fédéral et des communes. Verdi, qui chiffre désormais l’écart de revenus entre secteur public et privé à 9 points, veut obtenir au minimum 200 euros de plus par mois pour chaque agent. Les premières grèves d’avertissement, les 5 et 6 mars, ont été suivies par 17 000 fonctionnaires dans plusieurs Länder de l’ouest du pays. Le 7 mars, les arrêts de travail se sont étendus à l’est du pays, rassemblant cette fois quelque 70.000 fonctionnaires. «C’est un signal net envoyé à l’État fédéral et aux communes de prendre au sérieux les revendications de leurs salariés et de leur accorder l’estime due à leur travail», a déclaré Frank Bsirske.

Dans la métallurgie, les négociations ont commencé le 6 mars. Le syndicat IG Metall revendique lui aussi 6,5% d’augmentation pour les 3,4 millions de salariés de la branche, tandis que la fédération patronale Gesamtmetall oppose un maximum de 3%. «Les salariés allemands ont été patients, en partie parce que nous avions spéculé sur une crise de plus longue durée lors des dernières négociations en 2008. Mais les entreprises ont réalisé en 2010 et 2011 des bénéfices records et les salariés veulent maintenant leur part du gâteau!», explique Berthold Huber, le président d’IG Metall. L’issue des négociations dans la métallurgie sera déterminante dans la mesure où les salaires de ce secteur ont toujours servi d’étalon pour les autres branches.

 

FO Hebdo - Mars 2012

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