CANADA

DU G20 À RIO+20 EN PASSANT PAR LE CESE…

Post-scriptum, par Yves Veyrier, Secrétaire confédéral

Le G20 désigne les vingt pays les plus importants sur le plan économique, réunis au niveau des chefs d’État et de gouvernement depuis novembre 2008 en réaction à la crise. Aux pays qui constituaient le G8 (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie, Chine et Russie) ont été associés les pays dits émergents (dont le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde, le Mexique …). Il avait lieu les 19 et 20 juin à Los Cabos (Mexique).

Rio+20 est, vingt ans après le Sommet de la Terre, qui avait déjà eu lieu à Rio (Brésil), la Conférence des Nations unies consacrée au «développement durable», qui se déroulera du 20 au 22 juin.

Le CESE, en France, est la suite du Conseil économique et social (CES) après que la dimension environnementale a été formellement ajoutée (d’où le deuxième E) et avec l’adjonction de représentants d’associations environnementales. FO, comme syndicat, y est représentée par dix-sept conseillers. On l’a compris, dans tous les cas, les organisations syndicales ont fait en sorte de faire valoir les analyses et revendications des travailleurs.

FO était présente avec la CSI (Confédération syndicale internationale) dès novembre 2008, à Washington, pour défendre auprès des chefs d’État du G20 une réforme radicale du système économique qui donne la primauté au progrès social et ne le considère pas comme, au mieux, élément subsidiaire de l’économie de marché.

Dès 1992, à Rio, les syndicats étaient aussi mobilisés avec la CISL (Confédé-ration internationale des syndicats libres, qui est devenue la CSI en 2006) pour que l’accent mis sur les enjeux environnementaux accompagne la priorité pour le social et que la notion de «durabilité économique» ne serve pas à justifier des reculs sociaux. FO est, cette semaine encore, représentée dans la délégation de la CSI à Rio.

Au sein du CESE, FO a fait entendre les mêmes préoccupations. D’abord en militant pour le maintien d’une section chargée des questions internationales, puis en obtenant de s’en voir confier la présidence. En faisant aussi en sorte que des avis soient produits et votés par le CESE sur les principaux enjeux sociaux et environnementaux. Un avis a été adopté en septembre dernier sur le G20 et plus récemment, le 22 mai, sur Rio+20.

À l’occasion des débats sur Rio+20 au CESE, FO apportait son soutien au projet d’avis, notant en particulier que ce dernier reprenait l’appel à «donner la primauté aux droits sociaux tels que définis par l’OIT», et à «définir de manière universelle des normes environnementales […] via la création d’une Organi-sation mondiale de l’environnement (OME)». Pour FO, la notion de développement durable ne peut se concevoir qu’au service du progrès –progrès des droits de l’homme et progrès social–, en préservant l’environnement aujourd’hui et demain pour tous les êtres humains.


FO Hebdo - Juin 2012

CANADA: POURQUOI LE SOUTIEN AUX ÉTUDIANTS QUÉBÉCOIS EN GRÈVE GRANDIT

PRESSE - COMMUNICATION

CANADA: POURQUOI LE SOUTIEN AUX ÉTUDIANTS QUÉBÉCOIS EN GRÈVE GRANDIT

CANADA

La «loi spéciale»,* visant à réprimer la révolte contre la hausse des droits universitaires, est la plus brutale d’une longue série.

Tous les soirs depuis plus d’un mois, de leurs fenêtres, dans la rue, par dizaines de milliers, les habitants de Montréal, toutes générations confondues, jouent de la casserole en guise de tambour. Ils expriment ainsi leur soutien aux étudiants en grève depuis plus de trois mois contre la hausse des frais universitaires, que le gouvernement québécois a prévu d’augmenter de 1.300 euros (82%) en sept ans, dont 75% sur les cinq premières années.

Cette décision a fait l’effet d’une bombe dans cette province francophone qui se distingue aussi des autres États fédérés du Canada par un modèle social beaucoup plus inspiré par la «vieille Europe» que par le libéralisme nord-américain, avec en particulier un accès à l’éducation beaucoup plus égalitaire. Cela date des années 1960, quand ce que l’on a appelé la «révolution tranquille» a notamment permis à l’État du Québec de libérer l’instruction scolaire de la mainmise de l’Église catholique et d’opter pour la gratuité de l’enseignement, tout au moins à long terme. Depuis cette gratuité n’a jamais été totale en réalité, mais les frais de scolarité à l’université ont été contenus, souvent gelés. Le soutien de la population aux étudiants n’a fait que croître quand, le 18 mai dernier, le Parlement québécois, à l’initiative du gouvernement, a adopté une «loi spéciale», restreignant considérablement le droit d’association et de manifestation.

LA «LOI MATRAQUE» CONCERNE AUSSI LES SYNDICATS DE SALARIÉS

Cette loi 78, très vite baptisée «loi matraque», vise les étudiants protestataires et leurs organisations ainsi que les syndicats de salariés. Résultat: le 22 mai, une manifestation d’une ampleur sans précédent a déferlé dans les rues de Montréal. Les organisations étudiantes et syndicales, ainsi que des associations communautaires (Fédération des femmes du Québec, Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail...) et environnementales ont déposé deux requêtes en justice: la première pour, dans l’urgence, suspendre l’application de certaines dispositions de la loi et la seconde pour que la loi soit déclarée nulle en totalité.

Quelques heures plus tard, pas moins de 650 personnes étaient arrêtées après des manifestations déclarées illégales. Mais la mobilisation n’a pas faibli et le 28 mai au soir le ministre de l’Éducation, Mme Michelle Courchesne, devait se résoudre à annoncer une reprise des négociations avec les étudiants. Mais celles-ci ont été rompues par le gouvernement trois jours après. Une attitude qui confirme, par-delà le conflit étudiant, l’autoritarisme du gouvernement et sa volonté de remettre en cause l’ensemble des acquis sociaux.

«On est en train d’enlever tout leur sens aux droits d’association, de négociation et de grève. Avec la loi 33 dans la construction, on est même allé jusqu’à interdire aux syndicats et aux employeurs de se parler. Il faut stopper la ronde des lois spéciales et réaffirmer les valeurs qui ont fait du Québec une société de droit, juste et démocratique», a déclaré Michel Arsenault, le président de la FTQ (Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec) le 18 mai. La FTQ dénonce également les lois spéciales imposées à toutes les provinces par l’État fédéral du Canada, comme celles qui ont bloqué la libre négociation et imposé la reprise du travail à des travailleurs en grève. Ce fut le cas pour les postiers à l’été 2011, pour le personnel d’Air Canada en mars dernier et maintenant pour les cheminots ce 28 mai. Et tout cela au moment où le gouvernement fédéral a aussi mis sur la table un méga-projet de loi (753 clauses modifiant 70 lois) qui, notamment, remet en cause les droits des chômeurs et reporte l’âge de la retraite.

*Loi d’urgence pour mettre un terme à un conflit social.


FO HEBDO - juin 2012

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