carrières longues

Retraite

PRESSE - COMMUNICATION

CARRIÈRES LONGUES ET CHIFFRAGES GOUVERNEMENTAUX AU DOIGT MOUILLÉ


Le gouvernement promet que 100.000 salariés bénéficieraient d’une retraite anticipée à 60 ans dans le régime général en 2013, alors que la CNAV estime leur nombre à 60.000 au maximum.

Le nouveau gouvernement sera allé jusqu’au bout dans l’incapacité de fournir des chiffres viables concernant sa mesure phare relative au droit à la retraite anticipée à 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler tôt (avant 20 ans). Selon lui, tous régimes confondus, la disposition touchera 110.000 personnes en 2013, et non plus les 150.000 bénéficiaires avancés lors de la campagne présidentielle. Quant à son coût, il est désormais estimé à 1,1 milliard d’euros en 2013 (et à 3 milliards en 2017 contre les 5 milliards prévus par le candidat Hollande). Du coup, la hausse des recettes visant à financer la «nouvelle dépense» a été sévèrement revue à la baisse. En effet, les cotisations salariales comme les cotisations patronales ne seront à terme (janvier 2016) relevées que de 0,25 point chacune (moitié moins qu’annoncé initialement: 0,5 point pour chacune).

«TOUT CE QUI PEUT ENFONCER UN COIN DANS LA RETRAITE À 62 ANS EST BON À PRENDRE»

In fine, il aura fallu attendre les calculs de la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV) pour en avoir le cœur net. Pour le seul régime général, le coût de la mesure est évalué en 2013 à 448 millions d’euros compte tenu de la rentrée de cotisations supplémentaire (un milliard), soit une économie de 600 millions d’euros, a précisé la CNAV. En 2017, elle devrait coûter moins de 1,7 milliard d’euros, soit une économie d’environ un milliard. Il en est de même du nombre de salariés concernés. On ne voit pas comment le chiffre de 110.000 pourrait être atteint en 2013, même si la mesure profitera également à tous les régimes de retraite (fonction publique, artisans, commerçants...). D’ailleurs, sachant que plus de 70% des actifs dépendent du régime général, le gouvernement a fini par avancer le départ anticipé de 100.000 personnes en 2013 pour la CNAV. Or, selon la Caisse de retraite, leur nombre ne devrait pas dépasser les 60.000 en 2013 et 91.000 en 2017.

«C’est la première fois depuis longtemps qu’une nouvelle mesure est financée par une nouvelle recette et qui se révélera peut- être même supérieure à la dépense attendue», souligne Philippe Pihet (FO). À cet égard, on peut noter que la manne prévue au départ aurait permis d’accéder à certaines revendications de l’organisation syndicale visant à élargir l’éligibilité au dispositif, comme la prise en compte de toutes les périodes validées (chômage ou maladie, invalidité...). FO avait également «demandé qu’on laisse partir à la retraite les chômeurs en fin de droits qui justifient du nombre de trimestres d’assurance-vieillesse suffisant pour bénéficier d’une retraite à taux plein, mais qui n’ont pas encore atteint l’âge légal de départ à la retraite (62 ans), ou, à tout le moins, que l’on rétablisse l’allocation équivalent retraite (AER)». Quoi qu’il en soit, «tout ce qui peut enfoncer un coin dans la retraite à 62 ans est bon à prendre», estime Philippe Pihet, avant de rappeler que la principale revendication de FO demeure «l’abrogation de la loi de 2010 et le retour de la retraite à 60 ans pour tous».

FO Hebdo - juillet 2012

ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 13 JUIN 2012

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

SORTIR DE L’AUSTÉRITÉ EST UNE NÉCESSITÉ ÉCONOMIQUE ET DÉMOCRATIQUE


Le projet de décret sur ce qu’on appelle «les carrières longues», présenté la semaine dernière par le gouvernement, va dans le bon sens, mais le pas franchi est un petit pas.

En effet, par rapport à la vision stricte Raffarin-Fillon-CFDT de 2003 (dispositif mis en place en contrepartie d’un allongement de la durée de cotisation), la principale nouveauté est l’ajout de deux trimestres au titre de la maternité et de deux trimestres au titre du chômage.

Toutes les périodes validées sont loin d’être prises en compte et cela augure d’un débat qui sera conflictuel, y compris entre organisations syndicales, quand on rediscutera globalement du dossier retraites.

Quand on voit la forte augmentation des inégalités, y compris dans la répartition des richesses, les sommes importantes engagées depuis quelques années pour aider ou sauver les banques, on mesure encore mieux qu’hier l’ineptie selon laquelle plus on vieillit plus on devrait obligatoirement travailler longtemps! jean-claude-mailly-juin-2012.jpg

La semaine dernière s’est tenue à Matignon une réunion avec les organisations représentatives (syndicales et patronales) pour discuter de la méthode et des thèmes à l’ordre du jour de la conférence sociale des 9 et 10 juillet.

Seront ainsi abordées les questions liées à l’emploi, au chômage, à la stratégie industrielle, à la formation professionnelle, au secteur public, à la retraite et au financement de la protection sociale collective.

Compte tenu de ces thèmes, j’ai à nouveau suggéré la remise sur pied du Commissariat au Plan, qui était l’organisme idoine pour discuter de toutes ces questions.

L’organisation précise de cette conférence sera connue d’ici à quelques jours, après d’autres consultations. Elle ne sera pas un lieu de décisions, mais constituera plutôt le lancement d’un processus de concertation.

La délégation Force Ouvrière, contrairement à d’autres*, s’est opposée à une modification de la Constitution pour y constitutionnaliser la «démocratie sociale». Là encore, de beaux débats en perspective.

Pour le reste, au-delà des réunions dans lesquelles nous garderons notre liberté et notre indépendance, ce qui est attendu ce sont des actes concrets. Le décret sur les retraites est plus que timide, on verra ce qu’il en sera pour le SMIC, point sur lequel nous avons également rappelé nos positions.

Sortir de l’austérité est une nécessité économique, sociale et démocratique.

* Medef et CFDT.

FO Hebdo - Juin 2012

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