chômage des jeunes

EMPLOIS D’AVENIR: UN DISPOSITIF ET DES INTERROGATIONS

Chômage des jeunes

EMPLOIS D’AVENIR: UN DISPOSITIF ET DES INTERROGATIONS

Le grand défi de ce type de contrats subventionnés par l’État reste leur pérennisation lorsque l’aide des pouvoirs publics prend fin.

Cent mille emplois d’avenir en 2013, cent cinquante mille en 2014. Présenté au Conseil des ministres du 29 août par le gouvernement comme une première mesure d’urgence face au chômage des jeunes, le projet de loi sera soumis aux députés, en accéléré, le 10 septembre. L’objectif du ministre du Travail, Michel Sapin, consiste à signer les premiers contrats avant même le 1er janvier.

Les contrats d’avenir s’adressent à des jeunes de 16 à 25 ans, peu ou pas qualifiés, issus des ZUS, zones urbaines sensibles, ou de zones rurales où le chômage des jeunes est supérieur à la moyenne. Une dérogation est prévue pour l’Éducation nationale, qui pourra embaucher en «emplois d’avenir professeur» 18.000 étudiants, boursiers, avec le niveau bac+2 (Lire: Emploi «d’avenir professeur»: enseignant de droit privé).

Pour les jeunes non qualifiés il s’agira de CDI ou CDD d’un an, renouvelable trois fois et à plein temps. L’aide financière de l’État atteindra 75% de la rémunération brute –à hauteur du SMIC– dans les secteurs non marchands, et 35% pour les employeurs du secteur marchand. Après avoir qualifié le projet de «pas terrible», Mme Laurence Parisot (MEDEF) a regretté qu’il «ne soit pas plus ouvert au secteur marchand».

DES EMPLOIS PORTEURS D’AVENIR?

À l’inverse, FO a mis en garde contre les effets d’aubaine, dans ce secteur notamment, insistant sur «l’accompagnement social et professionnel du jeune, les actions de formation devant être qualifiantes ou diplômantes». La question de la pérennisation de l’emploi lorsque l’aide de l’État prend fin reste également entière. À ce titre, l’expérience des emplois jeunes en 1997 n’incite guère à l’optimisme.

Pour Génération précaire, «les emplois d’avenir sont le sparadrap d’un marché du travail où la rémunération et le CDI ne sont plus la norme». Le porte-parole de e mouvement créé en 2005 contre les stages à répétition, pas ou peu rémunérés malgré les diplômes, ajoute: «Une jeunesse autonome a besoin d’emplois viables et dûment rémunérés.»

Si FO a jugé intéressante la démarche qui consiste à cibler les jeunes en grande difficulté, elle a rappelé que «ces contrats aidés ne pourront être, à eux seuls, la solution au chômage des jeunes». D’autres revendications: l’allégement des conditions d’accès au RSA jeunes, l’augmentation des bourses étudiantes, l’aide financière pour accéder au premier emploi «passent inévitablement par un changement de politique macro-économique, remettant au “cœur de la machine”, la relance par la consommation et l’investissement».

FO Hebdo - Septembre 2012

L'OIT s'inquiète du phénomène grandissant d' « abandon du marché du travail » par les jeunes (rapport 2012)

OITL'OIT s'inquiète du phénomène grandissant d' « abandon du marché du travail » par les jeunes (rapport 2012)




source : Agence de presse AEF.

L'OIT (Organisation internationale du travail), dans son édition 2012 du « Rapport sur les tendances mondiales de l'emploi des jeunes » publié mardi 22 mai 2012, s'inquiète de l'augmentation du nombre de jeunes sans emploi qui ont « renoncé au marché du travail » et ont « pratiquement cessé de chercher un emploi ». « Découragés par les taux de chômage élevés qui les affectent, de nombreux jeunes ont abandonné leur recherche d'emploi ou ont décidé de la remettre à plus tard, en rallongeant la durée de leurs études », souligne l'OIT, qui organise du 23 au 25 mai à Genève son Forum mondial sur l'emploi des jeunes. Selon l'organisation, « le taux de chômage des jeunes serait d'un point de pourcentage plus élevé s'il intégrait les nombreux jeunes gens qui ont renoncé au marché du travail » : il passerait de 12,6 % au niveau mondial en 2011 à 13,6 %.

« L'abandon du marché du travail provoqué par la crise économique concerne en effet 6,4 millions de jeunes et cela touche plus particulièrement les économies développées et l'Union européenne », ajoute l'OIT. Elle s'inquiète des effets à long terme de cette tendance : « La pression sur les jeunes demandeurs d'emploi va augmenter encore davantage lorsque ces jeunes, qui auront tardé à faire leur entrée sur le marché du travail, redeviendront actifs et recommenceront à chercher un emploi. »


JEUNES « NI AU TRAVAIL NI EN FORMATION »

« Particulièrement préoccupante » est la situation des jeunes qui ne sont « ni au travail ni en formation », poursuit l'OIT. « Cette catégorie a pris de l'ampleur depuis que la crise a éclaté, illustrant le détachement grandissant de la jeunesse vis-à-vis du marché du travail. » Ce groupe, qu'on appelle en anglais les « NEET » (pour « Not in education, employement or training », « ni à l'école, ni en emploi, ni en formation »), « constitue souvent au moins 10 % de la population des jeunes ». Ainsi dans l'Union européenne, 10,9 % des jeunes appartenaient à cette catégorie avant 2008, et ce taux a augmenté de 1,9 point par rapport à son niveau d'avant crise. Ce taux dépasse notamment les 15 % en Bulgarie, Espagne, Irlande, Italie, Lettonie et Roumanie.


Dans les économies développées, ces jeunes « ont tendance à avoir un faible niveau d'instruction, un faible revenu familial ou des origines immigrées », précise le rapport de l'OIT. Par contraste, « les jeunes gens qui reportent leur recherche d'emploi en se maintenant dans le système éducatif, ont tendance à avoir un niveau d'instruction initial plus élevé ».


POLITIQUES PRIORITAIRES

L'OIT comptabilise au total près de 75 millions de jeunes au chômage dans le monde en 2012, soit une augmentation de plus de quatre millions depuis 2007. Dans ce contexte, et alors que « les projections à moyen terme (2012-2016) indiquent peu d'amélioration pour les jeunes sur les marchés du travail », l'organisation internationale estime qu'il faut donner la priorité aux politiques d'emploi des jeunes. L'OITpréconise notamment des « politiques macroéconomiques et de croissance » afin de « contribuer à la création d'emplois », ainsi que des « mesures actives du marché du travail ». Notamment le développement de services publics de l'emploi, de subventions en faveur des salaires et de la formation, ou encore des réductions d'impôts, afin « d'inciter les employeurs à embaucher des jeunes et à remédier à l'excès d'offre de jeunes travailleurs en période de crise ».


Elle invite aussi les pays à développer des programmes visant à « compenser la disparité des compétences techniques chez les jeunes », comme les programmes de formation professionnelle, de réorientation des jeunes « découragés ou sans emploi », la formation sur le lieu de travail, l'amélioration des systèmes d'apprentissage ou encore la formation à l'entrepreneuriat. L'OIT recommande aussi le lancement de « partenariats de grand ampleur » en faveur de l'emploi des jeunes entre les gouvernements, les organisations syndicales et patronales.


L'édition 2012 du « Rapport sur les tendances mondiales de l'emploi des jeunes » est consultable sur le site de l'OIT




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