conférence sociale

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly - 26/06/2013

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

LA GRAND-MESSE EST MAINTENANT TERMINÉE ET NOUS N’AVONS PAS COMMUNIÉ!

La «conférence sociale» s’est tenue à Paris les 20 et 21 juin.

L’ambiance était différente de l’année dernière, les tensions palpables. Quoi de plus étonnant quand, en un an, la récession s’est installée, le chômage a continué à augmenter, le pouvoir d’achat et la consommation ont officiellement diminué.

La première matinée fut consacrée à une rencontre avec le président de la République, le Premier ministre et plusieurs ministres. Ce fut l’occasion, pour nous, de rappeler nos positions et revendications. Nous avons en particulier souligné notre opposition à l’acceptation par la France du pacte budgétaire européen dont les conséquences sont socialement, économiquement et démocratiquement lourdes en France comme dans la zone euro.

Nous avons également dénoncé l’absence de table ronde sur le pouvoir d’achat et rappelé notre opposition à plusieurs pistes du rapport de la commission Moreau sur les retraites.

Pour FO, la lutte contre le chômage doit prioritairement passer par un changement de politique économique, en France comme en Europe. Sortir de l’austérité est une impérieuse nécessité.

Nous avons également défendu nos positions dans les différentes tables rondes. Nous avons ainsi à la fois fait de la résistance, défendu nos positions et promu certaines de nos revendications.

La feuille de route gouvernementale est bien celle du gouvernement, elle n’est pas de notre responsabilité dans l’écriture comme dans sa mise en œuvre.

Nous savons très bien que ce type d’exercice, pour un gouvernement, est aussi un exercice de communication: il s’agissait, cette année, de montrer que malgré les désaccords les discussions ont lieu. Au final, les tensions sont ressorties, notamment sur le pouvoir d’achat et les retraites, deux points clés.

La grand-messe est maintenant terminée et nous n’avons pas communié!

Et sur le dossier des retraites, nous avons notamment réaffirmé que 41,5 années en 2020, c’était pour nous déjà beaucoup trop long et que nous refusons de briser l’espoir des jeunes générations en leur imposant de devoir travailler jusqu’à 67 ans ou plus pour avoir une retraite à taux plein.

Sur ce dossier, nous serons reçus par le Premier ministre le 4 juillet.

CONFÉRENCE SOCIALE: UNE FEUILLE DE ROUTE TOUTE TRACÉE?

PRESSE - COMMUNICATION

Voix de presse

CONFÉRENCE SOCIALE:
UNE FEUILLE DE ROUTE TOUTE TRACÉE?

Au terme de la deuxième «grande conférence sociale» de l’actuel quinquennat, tenue les 20 et 21 juin à Paris, une «feuille de route sociale» a été établie et une concertation assurée. Comme un bon nombre de participants, la presse s’est montrée dubitative

Libération
«La grande conférence sociale a accouché d’une petite souris. C’était le sentiment, hier, des participants, après le discours du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui clôturait deux jours de débats au palais d’Iéna.» À moins que ce soit pour épater la galerie.

La Croix
«Tout ça pour ça, serait-on tenté de dire. La deuxième conférence sociale du mandat de François Hollande n’a pas vraiment permis de lancer de nouveaux chantiers significatifs, si ce n’est la réforme de la formation et des retraites.» Ou du moins son agenda.

Le Journal du Dimanche
«Jean-Marc Ayrault a confirmé le calendrier de deux réformes majeures du mandat, les retraites et la formation professionnelle, qui se feront en concertation avec les syndicats.» À ne pas confondre avec négociation...

Ouest-France
«Jean-Marc Ayrault s’est bien gardé d’entrer dans le détail, se bornant à annoncer qu’il lancerait lui-même la concertation avec les partenaires sociaux le 4 juillet. Une concertation qu’il espère “dense, riche et sincère”. De quoi mettre syndicats et patronat en colère quant à l’approche du gouvernement.»

Le Monde
Néanmoins, «la présidente du Medef, Laurence Parisot, a salué une conférence “très utile”, durant laquelle les échanges ont montré “que des convergences étaient possibles”. Elle a toutefois été très critique sur le dossier des retraites, appelant une nouvelle fois à un report de l’âge légal de départ et à un allongement de la durée de cotisation. Elle a aussi reproché au gouvernement de ne pas oser un rapprochement public-privé». Reproches et rapprochements ne sont pas incompatibles.

Corse-Matin
Quant à eux, «les syndicats se sont dit pour la plupart insatisfaits, estimant notamment insuffisantes les mesures sur l’emploi. La conférence n’a pas permis un rapprochement des positions sur le dossier épineux des retraites».

La Dépêche
«Comme il fallait s’en douter, c’est sur les retraites que les débats ont été les plus âpres. Les partenaires sociaux ont défendu des positions opposées. Le gouvernement a lancé la concertation: les premières rencontres bilatérales auront lieu dès les 4 et 5 juillet. Au final, c’est lui qui décidera, dans le cadre d’un projet de loi qui devrait être prêt à l’automne.» Une saison où les feuilles de route pourraient se ramasser à la pelle.

FO Hebdo - Juin 2013

Conférence Sociale du 20 et 21 juin 2013

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Cher(e)s camarades,

La conférence sociale s'est ouverte ce matin même avec la réunion introductive en présence du Président de la République entouré du Premier ministre, de plusieurs ministres et des huit organisations syndicales de salariés et patronales.

L’objet de cette réunion était pour le Président, en amont de la conférence sociale, d’entendre les interlocuteurs sociaux sur trois sujets principaux ne faisant pas l'objet de tables rondes spécifiques à savoir :

- Le bilan de l’entre deux conférences ;
- Les aspects de politique économique européenne et nationale ;
- La démocratie sociale.

Au delà de ces trois sujets, FORCE OUVRIERE a voulu insister sur le pouvoir d'achat, grand absent de cette conférence sociale.

Vous trouverez, ci-joint, les trames de déclarations de FORCE OUVRIERE lors de cette séance introductive. Jean-Claude MAILLY, secrétaire général était accompagné de Stéphane LARDY et de Pascal PAVAGEAU, secrétaires confédéraux.

Cette séquence introductive a été suivie de l'ouverture officielle de la conférence par un discours du Président avant la réunion des six tables rondes thématiques en début d’après-midi.

Nous savons très bien que ce type de réunion a aussi pour les gouvernements, quels qu'ils soient, un rôle de communication.

Nous avons donc nous aussi communiqué sur le thème : « le climat est différent, les sujets de tension ne manquent pas ».

Une autre circulaire vous parviendra ultérieurement avec le résumé du déroulement des tables rondes et les positions et revendications développées par notre organisation.

Amitiés Syndicalistes.

Jean-Claude MAILLY

Secrétaire Général

Communiqué - Conférence sociale du 20 et 21 juin 2013

LE GOUVERNEMENT PRÉSENTE L’ORDRE DU JOUR DE LA CONFÉRENCE SOCIALE

Dialogue social

LE GOUVERNEMENT PRÉSENTE L’ORDRE DU JOUR DE LA CONFÉRENCE SOCIALE


Devant les organisations syndicales et le patronat, le Premier ministre vient de rendre public le déroulé de la conférence sociale qui se tiendra les 20 et 21 juin.

Les thèmes des six tables rondes de la conférence sociale qui se tiendra les 20 et 21 juin au Palais d’Iéna sont connus. Priorité sera donnée à l’emploi, à la formation professionnelle et à l’épineux dossier des retraites. En revanche, l’absence d’une négociation autour du pouvoir d’achat, «moteur de l’activité économique ainsi que de la consommation» et «l’une des préoccupations premières des salariés», selon Jean-Claude Mailly, est difficilement compréhensible.

Le 22 mai, l’ensemble des syndicats et du patronat étaient reçus à Matignon en présence de six ministres pour une «conférence de méthode», afin de préparer ce rendez-vous devenu annuel qui détermine le calendrier social de l’année à venir et les réformes à mener.

Les débats seront ouverts par François Hollande dans la matinée du 20 juin. Son intervention portera sur le bilan de la précédente conférence et de la feuille de route qui a suivi, sur la politique économique et sociale nationale et européenne et sur la démocratie dite sociale. FO se réjouit d’une rencontre plus longue avec le président. Jean-Claude Mailly en attend un temps de débat contradictoire sur les questions de politique économique et sociale, mais compte aussi aborder la question de l’introduction du dialogue social dans la Constitution.
Les tables rondes, détaillées ci-dessous, auront lieu dans l’après-midi du 20 et la matinée du 21. La conférence sera conclue par un discours du Premier ministre et donnera lieu, comme l’an dernier, à une feuille de route.

Emploi et formation professionnelle: c’est le thème majeur de ce rendez-vous, rebaptisé «Grande conférence sociale pour l’emploi». Le gouvernement entend lancer une négociation sur la formation professionnelle. François Hollande souhaite une loi avant la fin de l’année pour compléter celle sur la sécurisation de l’emploi.

FO insiste sur la distinction à apporter entre ce qui relève de la concertation, notamment avec l’État et les Régions, et de la négociation entre partenaires sociaux.

L’avenir des retraites: ce sera l’un des «débats tendus et anxiogènes», selon FO. Les modalités d’approche et les analyses divergent fortement. Le gouvernement veut aller vite pour résorber un besoin de financement estimé à près de 21 milliards d’euros à l’horizon 2020. Le rapport Moreau, qui liste les pistes de réforme possibles, sera rendu public avant la table ronde et lancera la concertation. Le débat sera mené jusqu’au 21 septembre, puis le gouvernement présentera son projet. FO est foncièrement opposée à un allongement de la durée de cotisation comme de l’âge légal de départ. FO refuse aussi une réforme systémique, qui supprimerait le régime par répartition au profit d’un régime par points. FO est contre une désindexation vis-à-vis de l’inflation qui frapperait les petites retraites. Le meilleur levier serait une augmentation des cotisations.

Travail et santé au travail: ce vaste intitulé ne doit pas recouper la négociation interprofessionnelle en cours, ni faire doublon avec les travaux du comité d’orientation des conditions de travail (COCT) qui s’est réuni le 14 mai. En revanche, FO souhaite aborder la prévention de la pénibilité voire la mise en place de dispositifs de retraite anticipée. La question pourrait aussi être abordée sous l’angle de l’organisation du travail.

Rôle des filières industrielles et emploi de demain: FO veillera à ce que cette table ronde ne refasse pas les travaux de la Conférence nationale de l’industrie (CNI). En revanche, deux points sont essentiels: les relations entre les donneurs d’ordre et les sous-traitants, ainsi que les relations entre la recherche, l’innovation et le développement.

L’Europe sociale: FO tient à rester sur des actions concrètes, avec par exemple deux thèmes à aborder. Le premier serait la mise en place d’un protocole social de droit primaire qui conduirait à réviser les traités. Le second serait comment mettre fin au dumping social inhérent à la directive
détachement.

Avenir des services publics républicains: FO se félicite que ce débat, qu’elle réclame depuis 2007, puisse enfin s’ouvrir. Il doit porter sur le rôle et les missions du service public dans la République et permettre d’aborder les réformes d’austérité que sont la RGPP, la MAP, la Réate et l’acte 3 de décentralisation.

http://www.force-ouvriere.fr

Ambiance


ÉDITORIAL DATÉ DU MERCREDI 15 MAI 2013

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

À MATIGNON, FO FIDÈLE À SES POSITIONS

Nous avons été reçus lundi 13 mai par le Premier ministre et quatre ministres pour préparer la conférence sociale des 20 et 21 juin 2013.

À cette occasion, nous avons réaffirmé nos analyses et revendications. Nous avons ainsi rappelé que l’adoption du TSCG et du pacte budgétaire européen enfermait la France dans la seringue de l’austérité.

Quand l’économie est considérée comme une donnée rigide, le social est victime de la flexibilité imposée. C’est le cas avec l’ANI du 11 janvier, les pressions sur le pouvoir d’achat ou la réduction des dépenses publiques et sociales. Nous avons ainsi rappelé les lignes rouges en matière de retraite (durée de cotisation, âge, désindexation, réforme systémique), nous avons également souligné les freins mis par le gouvernement en matière de pouvoir d’achat vis-à-vis de ses agents ou du SMIC.

Nous avons abordé les remises en cause du service public républicain avec la MAP, la REATE 2 et l’acte 3 de décentralisation.

Nous avons également rappelé nos analyses en matière de RSE.

Le Premier ministre nous a écoutés, ce qui ne veut pas dire entendus.

Un débat sur le service public républicain devrait enfin avoir lieu à la conférence; si tel est le cas on est tenté de dire, enfin!

Fidèles à notre comportement, nous avons dit clairement les choses. Y compris que l’ambiance de la conférence n’aurait rien à voir avec celle de l’an dernier et que nous ne tairons pas nos revendications.

Le Premier ministre nous a interrogés sur la représentativité patronale. Nous avons indiqué qu’à partir du moment où des élections étaient exigées pour les salariés, on ne voyait pas comment le patronat pourrait y échapper.

Enfin, sur la représentativité, nous avons informé le gouvernement que Force Ouvrière ferait du contentieux.

Il faut toujours rester fidèle à ses positions, dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit.

Autrement dit: à bon entendeur, salut!

 
FO Hebdo - Mai 2013

Égalité et qualité de vie au travail

PRESSE - COMMUNICATION

FO ENTENDUE SUR L’ÉGALITÉ SALARIALE ET LE TEMPS PARTIEL


La conférence sociale des 9 et 10 juillet

«La réécriture du décret de 2011 sur l’égalité salariale entre hommes et femmes pour rendre les sanctions effectives, c’est une victoire pour FO», s’est félicitée Anne Baltazar, Secrétaire confédérale FO, à la sortie de la table ronde sur l’égalité professionnelle et la qualité de vie au travail. Depuis le 1er janvier 2012, les entreprises sont obligées de négocier un accord ou un plan sur l’égalité. Mais les sanctions étaient jusqu’à présent restreintes et peu dissuasives, une situation dénoncée par FO. La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a promis une discussion à l’automne pour une mise en application des nouveaux textes dès 2013.

FO se félicite aussi du lancement en septembre d’un comité de pilotage tripartite pour accompagner les entreprises dans la mise en place de l’égalité, même si Anne Baltazar rappelle que la priorité doit être laissée à la loi et à la norme.

Négociationn dès septembre

L’autre revendication primordiale de FO portait sur le temps partiel, «véritable fléau du travail féminin». La question sera abordée dans le cadre de la négociation interprofessionnelle du 21 septembre prochain sur la qualité de vie au travail et l’égalité professionnelle. «Le gouvernement veut laisser la négociation se dérouler, mais nous avons été entendus sur les temps partiels de très courte durée, qui excluent les salariés de l’accès à la protection sociale, ainsi que sur une majoration des heures complémentaires», poursuit Anne Baltazar.

Sur l’articulation vie privée/vie professionnelle, FO a trouvé une oreille attentive sur un accompagnement financier des aidants familiaux, alors que le MEDEF a été écarté sur un raccourcissement du congé maternité. Quant à la question de la santé au travail, elle a été peu abordée, même si des CHS-CT pourraient être expérimentés à l’échelle des branches ou des secteurs qui en sont dépourvus.
FO Hebdo - juillet 2012

 

DES DÉBATS PARFOIS LABORIEUX

La conférence sociale des 9 et 10 juillet

DES DÉBATS PARFOIS LABORIEUX
Réunir les conditions du redressement productif». Avec un intitulé aussi vaste, la table ronde numéro 4 courait le risque d’aborder des sujets confiés à d’autres tables rondes. Sous la houlette du ministre Arnaud Montebourg et de Louis Gallois dans le rôle du «facilitateur», les interventions ont rapidement tourné autour de la question de la productivité des entreprises françaises. Il n’en fallait pas plus pour que certains participants s’engouffrent dans la brèche et détournent le débat en le focalisant sur le coût du travail. Le refrain est connu: les salariés français coûtent trop cher, les entreprises croulent sous les charges –en fait, les cotisations sociales–, etc. De même, la table ronde a cru bon de s’aventurer sur le terrain des prérogatives des Institutions représentatives du personnel. Un thème bien éloigné du redressement productif et qui, de surcroît, fait déjà l’objet d’une délibération sociale.

LES MISSIONS ET LES MOYENS DE REDRESSEMENT PRODUCTIF

Cette tournure prise par les discussions a amené la délégation FO, constituée de Pascal Pavageau, Secrétaire confédéral, et Frédéric Homez, Secrétaire général de la Fédération des Métaux, à recadrer les choses et à aborder d’autres problématiques plus importantes et moins farfelues. Ainsi, les contours, les missions et les moyens dont disposera la future Banque publique d’investissement méritent d’être précisés.

De même, les relations entre donneurs d’ordres et sous-traitants méritent d’être améliorées, car il n’est pas rare de voir des donneurs d’ordres inciter au dumping social tout en étant exonérés de toute responsabilité.
FO Hebdo - juillet 2012

 


CONFÉRENCE SOCIALE: FO RAPPELLE SES REVENDICATIONS SUR LES RETRAITES

RETRAITES

CONFÉRENCE SOCIALE: FO RAPPELLE SES REVENDICATIONS SUR LES RETRAITES

Force Ouvrière a saisi l’occasion de la Conférence sociale des 9 et 10 juillet pour rappeler nombre de points fondamentaux sur les retraites. Citons notamment:

- Le rétablissement du dispositif de l'allocation équivalent retraite (AER).
- Le retour de l’âge légal de départ à la retraite pour tous à 60 ans et la réduction du nombre de trimestres requis.
- La clarification des modes de financement entre la solidarité entre salariés et la solidarité nationale. La première relève du contributif, la seconde de l’impôt. A titre d’exemple, les mécanismes de compensation entre régimes de salariés et régimes de non-salariés doivent être revus.
- La pénibilité : véritable prise en compte des métiers pénibles et prise en charge de la pénibilité à travers un dispositif mutualisé, accessible à tous ceux qui exercent le métier en question.
- Le maintien, dans le privé, d’un régime de base et de régimes complémentaires avec une gouvernance paritaire.

A l’issue des deux journées d’échange avec les partenaires sociaux, la ministre des Affaires sociales et de la Santé a annoncé la mise en place d’une commission à la rentrée 2012 pour travailler sur des scénarios de réforme des retraites en s'appuyant notamment sur les travaux du COR (Conseil d'orientation pour les retraites). Composée d'experts indépendants, elle devra formuler différentes pistes de réforme au début de l’année 2013. L’une d’entre elles concernera l’évolution de notre système de retraites à long terme, en répondant notamment aux questions suivantes : quelles solidarités mettre en œuvre, comment simplifier le système, comment améliorer la situation des poly-pensionnés, comment prendre enfin en compte la pénibilité ? Sur la base des conclusions de cette commission, une phase de concertation sur les évolutions souhaitables de notre système de retraite sera engagée à partir du printemps 2013. Là encore, le débat sera conflictuel mais nous réaffirmerons nos positions. Nous notons pour le moment que le gouvernement réaffirme l’attachement à la répartition.
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LA CONFÉRENCE SOCIALE ACCOUCHE D’UN AGENDA CHARGÉ

Dialogue social

LA CONFÉRENCE SOCIALE ACCOUCHE D’UN AGENDA CHARGÉ


Il est encore trop tôt pour savoir si la grande conférence sociale restera dans l’histoire des relations sociales, mais il est déjà acquis qu’il ne s’agissait pas d’un simple exercice de communication gouvernementale. Certes, cette dimension était présente: ouverture des travaux par le président de la République, conclusion par le Premier ministre et pas moins de huit ministres mobilisés pour animer sept tables rondes thématiques. Durant deux demi-journées, celles-ci auront rassemblé syndicats de salariés et organisations patronales avec pour objectif d’échanger constats, analyses et propositions, à charge pour le gouvernement d’en retirer une méthode et un échéancier. Lors de son discours, François Hollande a d’ailleurs indiqué que la démarche était nouvelle et que la France n’avait pas de «vraie culture de la négociation sociale». Le risque était donc réel de voir la montagne accoucher d’une souris.

Discours de la méthode

Un autre risque existait potentiellement: mettre en scène un simulacre de dialogue avant de rendre publiques des mesures déjà décidées avant et ailleurs, comme ce fut le cas en 1997 à propos des 35 heures. Tel ne fut pas le cas.

Mais si les annonces contenues dans le discours de clôture de Jean-Marc Ayrault se concrétisent, il est clair que la pratique de la négociation va redevenir d’actualité. Pas moins de six négociations interprofessionnelles sont programmées, complétées par des consultations sur des sujets de première importance, tels que les retraites ou le financement de la protection sociale. À cela s’ajoutent des groupes de travail, réflexions et autres rendez-vous qui constituent la feuille de route sociale du gouvernement pour les douze prochains mois, étant entendu qu’un bilan global de sa mise en route sera fait dans un an.

Par ailleurs, sur le modèle du Commissariat général au Plan, un organisme rattaché à Matignon sera créé et aura pour objet d’être un espace permanent de dialogue social, d’expertise et de prospective. C’était une revendication de FO.

Quel sera le résultat concret de ces négociations et de ces concertations? Nul ne le sait, mais la démarche adoptée durant deux jours constitue un socle méthodologique plutôt favorable après plusieurs années sur le mode «c’est à prendre ou à laisser», voire de négociations menées au pas de charge avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Au passage, seul le MEDEF semblait contrarié lorsque Jean-Marc Ayrault a annoncé l’abandon de la négociation «compétitivité-emploi». De même, le patronat a mal digéré la perspective d’une future loi visant «à empêcher la pratique des rémunérations abusives [...] notamment par la participation des représentants de salariés au comité de rémunération». Mais l’amertume affichée des représentants patronaux peut paraître un peu surjouée et destinée à essayer de peser dès la rentrée sur la suite des événements.
FO Hebdo - Juillet 2012
 



ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU VENDREDI 13 JUILLET 2012

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

CONFÉRENCE SOCIALE: LE DÉBUT D’UN PROCESSUS DE DISCUSSION

La «grande conférence sociale» s’est tenue comme prévu les 9 et 10 juillet au Conseil économique, social et environnemental. Une vingtaine de militants Force Ouvrière y ont participé sur la base de nos positions et revendications.

Rien de précis n’a été décidé, comme prévu, c’est le début d’un processus de discussion.

À la suite de nos interventions, y compris en préalable à ces deux jours de réunion, il ne s’agit ni d’un diagnostic partagé, ni d’un relevé de décisions, le gouvernement fixant ses orientations, ce qui est de sa responsabilité.

Nous avons été entendus sur plusieurs points:

– bilan en 2013 sur la représentativité, point sur lequel nous avons réaffirmé nos positions;

– pas de colégislation ou de confusion entre contrat et loi, mais obligation de consultations sur les projets ou propositions de loi;

– diverses pistes en matière d’emploi et de précarité, le Premier ministre marquant son opposition à la logique des accords compétitivité-emploi ou à celle d’une globalisation du marché du travail;

– primauté aux salaires, renégociation des minima conventionnels de branches;

– arrêt de la RGPP et évaluation de la situation du service public au 25 septembre;

– recréation de l’équivalent d’un Commissariat au Plan;

– mise en œuvre d’une stratégie industrielle.

Bien entendu, il conviendra d’être plus que vigilant pour la suite.

S’agissant de la protection sociale collective, une discussion va s’engager sur son financement. Nous réaffirmerons nos positions, notre attachement à la cotisation et notre opposition à la TVA et à l’utilisation de la CSG (qui pèse essentiellement sur les salaires) pour faire un choc de compétitivité.

Sur les retraites, l’an prochain, le débat sera conflictuel, là encore nous avons réaffirmé et réaffirmerons nos positions.

À la fin de ces deux jours, il s’agit plus, pour le gouvernement, d’orientations que de décisions.

Nous avons aussi noté des contradictions. Par exemple, c’est bien d’annoncer la fin de la RGPP et son évaluation, mais il conviendrait de tout geler en matière d’effectif d’ici là.

Par ailleurs, l’intervention de l’État nécessite des moyens et le contexte budgétaire apparaît volontairement contraint.

De fait, un thème n’était pas à l’ordre du jour: la situation internationale et européenne.

En particulier, le pacte budgétaire d’austérité perdure avec toutes ses applications en matière d’austérité et de récession.

Pour la suite, il convient de rester fidèle – ce qui est notre mandat – à nos positions, de continuer à affirmer nos revendications en toute liberté et indépendance, tant dans les consultations que les négociations.

Cela s’appelle tout simplement le maintien du rapport de force.

 
FO Hebdo - Juillet 2012

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