emplois

FO Métaux n°511

PRESSE - COMMUNICATION

PSA RENNES: 4 000 PERSONNES MANIFESTENT POUR DÉFENDRE L’EMPLOI


Plusieurs milliers de salariés et leurs familles ont défilé dans Rennes le 15 septembre pour manifester leur refus de voir supprimer 1.400 emplois sur le site PSA de La Janais.

Une manifestation a rassemblé près de 4.000 personnes –salariés, retraités, familles– le 15 septembre à Rennes pour la sauvegarde de l’emploi sur le site de l’usine PSA de Rennes-La Janais, où 1.400 emplois sont menacés par le plan dévoilé par le groupe au début de l’été. La manifestation, rythmée par des tambours africains, est partie de la place de la gare de Rennes pour ensuite défiler dans le centre-ville et se disperser peu après midi.

«C’est la première fois qu’en intersyndicale on appelle les salariés à se mobiliser, c’est une journée symbolique», a souligné la secrétaire du syndicat FO PSA Rennes La Janais Nadine Cormier. «C’est la journée du patrimoine et PSA La Janais, c’est le patrimoine industriel», a pour sa part estimé le secrétaire de l’USM du Morbihan Pierre Contesse. A noter que c’était également la première fois que l’ensemble des Unions Départementales des différentes organisations syndicales faisaient cause commune. Cette manifestation a mobilisé au-delà des salariés de La Janais, avec, présents dans le cortège, des militants venus du site PSA d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et des équipementiers automobiles du bassin d’emploi rennais. Le secrétaire fédéral Jean-Yves Sabot était présent au nom de la Fédération FO de la métallurgie, la seule organisation syndicale à avoir envoyé un représentant sur place. Les manifestants étaient nombreux à demander, outre le maintien des emplois, l’attribution d’une nouvelle voiture à produire sur le site avant 2016 pour pérenniser l’activité.

Cette journée de mobilisation s’inscrivait dans une semaine particulièrement chargée pour les métallos de Rennes. Le 11 septembre, alors qu’était remis le rapport Sartorius, ils étaient reçus par le président de la République. Dans la foulée, les conseillers de la présidence ont vu une délégation interprofessionnelle rassemblant des représentants de PSA et du groupe Doux afin de discuter de la nécessaire revitalisation des bassins d’emploi dans la région. Le 13 septembre, ils ont participé à une réunion sur la filière automobile avec le préfet de région, puis ont rencontré le lendemain des responsables de Rennes Metrople, du Conseil général et du Conseil régional. Juste après la manifestation, ils ont été reçus par le préfet. Le 18 septembre, ils ont eu une audience avec le ministre du Travail et devaient rencontrer le Premier ministre dans les jours à venir. « Nous nous mobilisons et agissons à tous les niveaux pour garantir l’avenir des emplois et du site », résume Pierre Contesse.
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EMPLOIS D’AVENIR: UN DISPOSITIF ET DES INTERROGATIONS

Chômage des jeunes

EMPLOIS D’AVENIR: UN DISPOSITIF ET DES INTERROGATIONS

Le grand défi de ce type de contrats subventionnés par l’État reste leur pérennisation lorsque l’aide des pouvoirs publics prend fin.

Cent mille emplois d’avenir en 2013, cent cinquante mille en 2014. Présenté au Conseil des ministres du 29 août par le gouvernement comme une première mesure d’urgence face au chômage des jeunes, le projet de loi sera soumis aux députés, en accéléré, le 10 septembre. L’objectif du ministre du Travail, Michel Sapin, consiste à signer les premiers contrats avant même le 1er janvier.

Les contrats d’avenir s’adressent à des jeunes de 16 à 25 ans, peu ou pas qualifiés, issus des ZUS, zones urbaines sensibles, ou de zones rurales où le chômage des jeunes est supérieur à la moyenne. Une dérogation est prévue pour l’Éducation nationale, qui pourra embaucher en «emplois d’avenir professeur» 18.000 étudiants, boursiers, avec le niveau bac+2 (Lire: Emploi «d’avenir professeur»: enseignant de droit privé).

Pour les jeunes non qualifiés il s’agira de CDI ou CDD d’un an, renouvelable trois fois et à plein temps. L’aide financière de l’État atteindra 75% de la rémunération brute –à hauteur du SMIC– dans les secteurs non marchands, et 35% pour les employeurs du secteur marchand. Après avoir qualifié le projet de «pas terrible», Mme Laurence Parisot (MEDEF) a regretté qu’il «ne soit pas plus ouvert au secteur marchand».

DES EMPLOIS PORTEURS D’AVENIR?

À l’inverse, FO a mis en garde contre les effets d’aubaine, dans ce secteur notamment, insistant sur «l’accompagnement social et professionnel du jeune, les actions de formation devant être qualifiantes ou diplômantes». La question de la pérennisation de l’emploi lorsque l’aide de l’État prend fin reste également entière. À ce titre, l’expérience des emplois jeunes en 1997 n’incite guère à l’optimisme.

Pour Génération précaire, «les emplois d’avenir sont le sparadrap d’un marché du travail où la rémunération et le CDI ne sont plus la norme». Le porte-parole de e mouvement créé en 2005 contre les stages à répétition, pas ou peu rémunérés malgré les diplômes, ajoute: «Une jeunesse autonome a besoin d’emplois viables et dûment rémunérés.»

Si FO a jugé intéressante la démarche qui consiste à cibler les jeunes en grande difficulté, elle a rappelé que «ces contrats aidés ne pourront être, à eux seuls, la solution au chômage des jeunes». D’autres revendications: l’allégement des conditions d’accès au RSA jeunes, l’augmentation des bourses étudiantes, l’aide financière pour accéder au premier emploi «passent inévitablement par un changement de politique macro-économique, remettant au “cœur de la machine”, la relance par la consommation et l’investissement».

FO Hebdo - Septembre 2012

Des emplois porteurs d’avenir ?

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C’est aujourd’hui que le Conseil des ministres adopte le projet de loi sur les emplois d’avenir. Si Force ouvrière se préoccupe depuis de nombreuses années de l’emploi des jeunes, elle s’interroge sur le dispositif qui sera présenté au Parlement à la mi-septembre. Au-delà du ciblage intéressant centré sur les jeunes de 16 à 25 ans en grande difficulté, la Confédération, lors des consultations d’avant l’été, a fait part de ces interrogations et sera très exigeante sur les secteurs qui pourront bénéficier du dispositif, notamment pour le secteur marchand qui profiterait d’un effet d’aubaine, ainsi que sur l’accompagnement social et professionnel du jeune dans l’emploi (les actions de formation devant être qualifiantes ou diplômantes).

Le grand défi de ce type de contrat reste la pérennisation de l’emploi du jeune lorsque l’aide de l’Etat prendra fin. L’expérience des emplois jeunes en 1997 n’incitant pas à l’optimisme surtout dans un contexte économique de crise.

Par ailleurs, Force ouvrière est critique quant à l’utilisation de ce dispositif des politiques publiques d’emploi au sein de l’éducation nationale alors que FO demande le retour à une véritable formation au métier d’enseignement impliquant l’abrogation de la mastérisation.

Face à la dégradation de la situation de l’emploi, notamment des jeunes de moins de 25 ans, il est clair que ces contrats aidés ne pourront être, à eux seuls, la solution au chômage des jeunes. C’est pourquoi, Force ouvrière revendique, notamment, un contrôle accru des entreprises abusant des stages à répétition, un allègement des conditions d’accès au RSA jeunes (- de 25 ans), une augmentation du nombre des bourses étudiantes et une véritable politique concertée entre l’ensemble des acteurs permettant aux jeunes de faire face aux freins qui les empêchent souvent d’accéder au premier emploi (logement, restauration, transport).

Toutes ces revendications passent inévitablement par un changement de politique macro-économique, remettant au « coeur de la machine économique », la relance par la consommation et l’investissement.



Paris, le 29 août 2012

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