Europe

Une Europe en miettes ?

Dimanche 2 octobre 2016

Une Europe en miettes ?

Europe en miettesUne crise protéiforme (crise économique, crise sociale, crise des réfugiés, crise politique, rejet des peuples) traverse l’Union européenne.

Les chemins pour en sortir semblent étroits, et pourtant, à défaut de pistes sérieuses pour repenser une véritable Europe sociale, c’est la désagrégation complète du projet européen qui risque de se profiler.

La construction européenne est largement désavouée par les citoyens et les travailleurs européens,souvent de manière légitime,alors qu’elle devrait être un formidable accélérateur de progrès social et de droits fondamentaux.

Une crise de légitimité politique et démocratique

L’absence de transparence des négociations sur le TTIP (TAFTA) ou le CETA, les différentes vagues de déréglementation, l’imposition bornée de mesures d’austérité ineptes sans aucun contrôle démocratique, le laisser-faire en matière de dumping social, ont miné le projet européen. Le mouvement syndical doit donc naturellement s’interroger sur le modèle institutionnel et démocratique actuel.

La crise politique européenne a connu son paroxysme le 24 juin dernier, avec le vote des britanniques en faveur du « Brexit », c’est-à-dire la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

FO avait alerté sur les risques qu’un Brexit ferait courir sur les droits sociaux existants dans et en dehors du Royaume-Uni. FO a également tiré la sonnette d’alarme sur la possibilité concrète d’une Europe fragmentée, avec des droits "à la carte" (accélérant le dumping), jouant sur un shopping social tiré vers le bas.
FO demande depuis longtemps une révision des modalités de la construction européenne, et notamment l’abandon du Pacte budgétaire (TSCG). FO exige le respect des articles 151 à 153 du TFUE, qui encadrent les politiques sociales. FO demande qu’un protocole de progrès social soit intégré aux Traités pour que les droits sociaux priment enfin sur les libertés économiques. Pour FO, dans les négociations sur le Brexit, il faut veiller à ce que le projet d’une Europe à la carte qui menacerait les droits sociaux et les droits des travailleurs ainsi que les principes et libertés fondamentaux de l’Union européenne ne voie pas le jour.

Une gouvernance économique à revoir de fond en comble

Depuis 2010 et la crise des dettes souveraines dans la zone euro, l’UE a renforcé sa gouvernance économique sur la base de nouveaux instruments de surveillance budgétaire et de coordination.

Alors que la crise trouve son origine dans la sphère financière, la priorité est allée à la lutte contre les déficits et les dettes publiques : on se souvient du TSCG qui n’a jamais été renégocié… Le tandem constitué d’une surveillance étroite des politiques budgétaires et de réformes structurelles socialement et économiquement destructrices n’a eu pour résultat que des performances économiques médiocres et des divergences croissantes. L

e plan d’investissement bien qu’insuffisant présenté par la commission Juncker est la seule inflexion à cette logique d’ensemble.

C’est pourquoi il est désormais urgent de repenser la gouvernance économique européenne.

FO porte au niveau européen une série de revendications pour une autre gouvernance économique pour favoriser une relance concertée, la création d’emplois de qualité, des hausses de salaires et un soutien aux investissements publics.

L’Europe du marché unique sans le social

L’Europe s’est construite sur des bases économiques, autour de l’idée qu’un marché unique prospère amènerait "naturellement" le progrès social. Secondaire donc, l’Europe sociale n’est pourtant pas restée lettre morte. L’acquis social européen d’une part (information consultation, conditions de travail, coordination des régimes de sécurité sociale, etc.), le développement d’un "modèle social européen" plus largement fondé sur le dialogue social et la négociation collective en Europe, avec des partenaires sociaux européens engagés pour le progrès social, ont bien vu le jour.

Mais aujourd’hui, dans un contexte d’austérité et de poly-crises, l’Europe sociale est en panne. La crise sociale reste bien présente : hausse du chômage de longue durée, précarité, emplois de faible qualité, inégalités croissantes, exclusion sociale, fragilisation des droits fondamentaux… Le dialogue social européen est à la peine (abandon de la révision de la directive congé maternité, accord tiques budgétaires et de réformes structurelles socialement et économiquement destructrices n’a eu pour résultat que des performances économiques médiocres et des divergences croissantes. Le plan d’investissement bien qu’insuffisant présenté par la commission Juncker est la seule inflexion à cette logique d’ensemble. C’est pourquoi il est désormais urgent de repenser la gouvernance économique européenne. sectoriel dans la coiffure…), le droit social communautaire aussi (détachement…) ce dernier passant bien trop souvent à la « moulinette » de la plateforme Refit et de la soit disant « meilleure régulation ».

L’incohérence des politiques communautaires est flagrante, entre d’une part des discours tentés de social et de l’autre des libertés économiques prédominantes (interprétation libérale de la CJUE) ainsi qu’un carcan budgétaire très étroit qui de fait bride l’Europe sociale. En outre, le manque d’initiative en matière sociale – qui relève d’abord de la compétence des États membres – pose la question de la relance concrète de l’Europe sociale : c’est à chaque gouvernement de jouer « le jeu » du social.

FO demande, avec la CES le rééquilibrage du « projet » européen, en faveur du social (meilleure application des droits sociaux, imposition d’une « conditionnait sociale » au projet européen, à la gouvernance économique en particulier). La reconquête qui ne peut pas se faire sans les partenaires sociaux européens et sans une véritable relance du dialogue social à tous les niveaux.

Les grands chantiers sociaux européens de la rentrée 2016

L’agenda européen de la rentrée est dominé par les négociations sur le Brexit, qui prendront au minimum deux ans… Dans ce cadre, le 16 septembre, les 27 États membres se sont réunis pour un sommet européen extraordinaire à 27 (sans le Royaume-Uni) à Bratislava, avec pour objectif de montrer une unité politique après le Brexit et dégager une « feuille de route ». Deux jours plus tôt, le 14 septembre, le président de la Commission a prononcé son discours sur l’état de l’Union devant le Parlement européen.

La feuille de route de Bratislava donne la priorité à la défense et à la sécurité en appliquant les récentes propositions franco-allemandes (sécurisation des frontières, coopération plus étroite, mutualisation des moyens…) Quasiment rien sur l’économie, pas de relance budgétaire… La question migratoire apparait secondaire, le mécanisme de relocalisation des réfugiés, décrié à l’Est, n’apparaît pas dans les conclusions du Sommet. Il faut souligner la position italienne en porte à faux. Le Premier ministre italien Mattéo Renzi s’est dit insatisfait des conclusions du sommet sur la question des réfugiés et sur la relance de la croissance. Un prochain sommet de ce type sera réuni à Malte le 3 février prochain.

Quelques jours avant le sommet de Bratislava, les dirigeants des pays du Sud s’étaient réunis à Athènes. L’objectif affiché était de développer une vision commune sur l’avenir de l’UE et renforcer la coopération entre ces pays. Une déclaration d’Athènes a été adoptée : la sécurité et la question migratoire y occupent une place importante mais la croissance et l’investissement y figurent aussi. Bien que cette déclaration ne contienne rien de très nouveau sur ce point, elle soutient néanmoins le doublement du plan d’investissement et mentionne sans précision que « de nouvelles mesures doivent être prises pour améliorer la croissance, la convergence et la stabilité dans la zone euro ». Cette initiative intervient alors qu’un bloc de l’est tend à se renforcer (le groupe du Visegrad ou V4, Pologne, République Tchèque, Hongrie, Slovaquie) autour de positions communes (refus des quotas de migrants, renforcement du rôle des Etats nationaux dans l’UE contre une intégration approfondie).

Outre les négociations sur le Brexit, l’agenda politique européen est dominé en matière sociale par plusieurs dossiers :

- La révision de la directive détachement : la Commission a décidé de maintenir sa proposition malgré la procédure du carton jaune déclenchée par plusieurs Etats membres.

- La négociation du reste du pack mobilité dans lequel elle est insérée, ensuite, avec à la clé une révision du règlement 883/2004 qui règle la coordination des différents systèmes de protection sociale en Europe. Cette révision ne peut pas être dissociée des débats sur le détachement : le différentiel de cotisations sociales est le nerf principal du dumping social dans les cas de détachement.

- La mise en place d’un « pilier social » ou « socle social », dont le contenu, les objectifs et la réalité sont plus que critiquables (voir Lettre électronique n°33). Cette initiative lancée en mars censée « rééquilibrer l’UEM » englobe l’ensemble de l’acquis social communautaire, en particulier en ce qui concerne les droits des travailleurs, pour que ceux-ci soient « adaptés pour l’avenir ». Le texte couvre l’ensemble de la relation de travail (entrée et sortie dans l’emploi, conditions d’emploi et protection sociale) et semble agréger un ensemble de lignes directrices pour l’emploi, non contraignantes, lacunaires (absence de droits collectifs, des congés payés, des IRP…) et souvent d’inspiration libérale (promotion de la flexicurité par exemple).

FO très prudente travaille étroitement avec la CES sur ce dossier.

- Les débats sont en cours sur la mise en place d’un statut européen du lanceur d’alerte. Le sujet, technique et politique, fait suite à l’adoption en mai dernier par le parlement européen, de la directive "Secret des affaires" dont FO a dénoncé la dangerosité à de nombreuses reprises (voir lettre électronique n°35).

FO demande avec la CES une révision ambitieuse de la directive détachement, qui permette notamment de renforcer le socle de droits applicable au travailleur détaché, le contrôle des abus et une limitation de la durée de détachement.

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Europe : Cancers professionnels

Lundi 13 juin 2016

Europe

Cancers professionnels

Enfin une avancée dans les limites d’exposition aux produits dangereux

Cancer professionnel 1

Le cancer est la première cause de décès d’origine professionnelle dans l’Union européenne : chaque année dans l’UE, 100 000 personnes décèdent des suites de cancers professionnels, pendant qu’un cinquième des travailleurs européens sont exposés à des agents cancérigènes.

Malgré ces chiffres alarmants, la législation qui permettrait d’éviter cette hécatombe n’avance pas. La révision de la directive « cancérigènes-mutagènes » (qui définit des valeurs limites contraignantes d’exposition professionnelle, mais pour seulement 3 substances) est en chantier depuis douze ans, sans résultat jusqu’ici. En cause notamment : le programme « Mieux légiférer » et sa plateforme « REFIT », au nom duquel la Commission avait cessé, en 2013, de travailler sur des limites d’exposition aux substances chimiques cancérigènes (remettant le dossier à 2020).

De son côté, la présidence néerlandaise du Conseil qui court jusqu’en juin 2016, souhaite avancer sur le dossier. La Confédération européenne des syndicats plaide depuis le départ pour une extension des limites d’exposition professionnelle, pour 50 substances nouvelles, de manière à ce que soit assurée une meilleure protection des travailleurs contre les cancers liés au travail.

Le 13 mai, la Commission européenne a fait un pas dans la bonne direction en annonçant de nouvelles limites d’exposition pour 13 substances tenues pour responsables de cancers. De nouvelles substances font désormais l’objet de limites d’exposition (c’est le cas des fibres de céramique ou de la silice cristalline, qui touche 70% des travailleurs de la construction par exemple).

Ces limites s’ajoutent à l’obligation dont sont débiteurs les employeurs, d’éliminer et remplacer les substances toxiques sur les lieux de travail.

Parce que de nouveaux risques naissent de nouvelles procédures, substances et objets (nano-matériaux par exemple) et parce que les limites d’exposition varient fortement d’un pays à l’autre, la solution de la directive européenne doit être privilégiée pour protéger efficacement tous les travailleurs européens, au moyen de dispositions ambitieuses et contraignantes pour les employeurs.

Dans ce cadre, l’effort de la Commission constitue un petit pas en avant.

Pour la CES, « c’est une nouvelle importante pour la santé des travailleurs partout en Europe », même si elle estime que certaines de ces limites d’exposition ne sont « pas suffisantes » et qu’elle regrette que certaines autres substances ne soient pas reprises.

Elle souhaite que la Commission européenne présente des limites d’exposition pour au moins 15 substances supplémentaires d’ici la fin 2016. Elle demande également à ce q u e les travailleurs exposés aux substances ou processus cancérigènes soient régulièrement soumis à des examens de santé, durant et après leur période d’emploi.

Car l’objectif, comme le souligne Esther Lynch, Secrétaire Confédérale de la CES doit être « zéro cancer professionnel ».

 

 


 

La lettre électronique @ ctualités Europe

La lettre électronique @ ctualités Europe – International n°11

GRÈVE GÉNÉRALE AU CHILI

C’est à la grève générale que la première confédération syndicale chilienne, la Centrale syndicale unitaire des travailleurs (CUT), soutenue par les étudiants (la Confech), a appelé ce 11 juillet. Ils se sont réunis sous le slogan «Les travailleurs maintenant pour la Justice et l’Egalité au Chili». Cela faisait plusieurs années que l’insatisfaction se faisait grandissante; ce jour-là, 150.000 Chiliens demandaient des comptes aux politiques.

Les protestations sont nées dans les régions rurales, pour demander une politique des prix adaptée – notamment concernant l’électricité, en Patagonie – et contre une série de mesures allant de quotas favorisant la pêche industrielle au mépris de la pêche artisanale, aux projets pharaoniques détruisant l’environnement et aggravant la qualité de vie des locaux.

La colère s’est répandu chez les chiliens à mesure que les étudiants et tous les travailleurs ont rejoint le mouvement social. Les demandes sont transversales : contre des services publics anémiques, une gestion du territoire défaillante, des universités rares et trop chères, des aides sociales qui n’arrivent jamais à destination, la cherté des produits de première nécessité dans les régions – ainsi de l’accès à l’eau potable, une flexibilisation du droit du travail au détriment des travailleurs, la déficience de la négociation collective, la faiblesse des pensions de retraites (environ 300 dollars par mois pour plus de 60% des retraités)…

La grève générale du 11 juillet s’est focalisée sur la demande de véritables droits au travail, tels que formulés dans les revendications de la CUT: réforme du code du travail, amélioration du salaire minimum (à 490 dollars par mois, contre 380 actuellement) et remplacement du système des retraites privé par un système public cofinancé par les salariés et les employeurs. La CUT avait joué un rôle pivot contre les projets de privatisation du système de retraites.

La colère populaire gronde dans un pays marqué par la dictature d’Augusto Pinochet, et laissant encore peu de place aux partenaires sociaux. Le gouvernement de Sebastián Piñera a fait la sourde oreille – se contenant d’émettre des jugements moraux sur les manifestants et d’engager une violente répression. Alors qu’une loi a été promulguée pour limiter le droit de manifester, c’est le syndicalisme chilien et international qui doit soutenir un mouvement social juste et nécessaire.

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La lettre électronique @ ctualités Europe – International n°11

La lettre électronique @ ctualités Europe – International n°11

CONTRE - SOMMET EUROPÉEN SUR L’EMPLOI DES JEUNES

Le 3 juillet, une conférence réunissant une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernements européens s’est tenue à Berlin sur la question de l’emploi des jeunes. Il s’agit de mettre en œuvre les décisions du Conseil européen de fin juin, en particulier l’enveloppe de 6 milliards d'euros pour la mise en œuvre de la «garantie jeunes» dans les régions où le chômage des jeunes actifs est le plus élevé. Dans le cadre de cette «garantie jeunes», chaque jeune au chômage doit se voir proposer dans un délai de quatre mois après sa sortie du système scolaire un stage, une formation ou un emploi.

L'enveloppe pour la France pourrait s'élever à 600 millions d'euros et concerner 300.000 jeunes. 8 régions métropolitaines françaises pourraient être éligibles: Champagne-Ardennes, Picardie, Haute-Normandie, Centre, Nord-Pas-de-Calais, Aquitaine, Auvergne et Languedoc-Roussillon, auxquelles s'ajoutent la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Réunion.

Un contre-sommet syndical s’est tenu le même jour à Berlin à l’initiative du DGB allemand avec les organisations françaises, pour souligner que malgré l’augmentation du chômage des jeunes, les mesures annoncées n’avancent pratiquement pas. L’enveloppe de 6 milliards est nettement insuffisante pour répondre à l’enjeu de l’emploi des jeunes. Une délégation de jeunes syndicalistes européens à laquelle FO jeunes participait a été reçue par la chancelière Angela Merkel.

FO jeunes a rappelé à cette occasion les difficultés croissantes des jeunes à l’insertion professionnelle… En France aujourd’hui, près d’un jeune actif sur quatre est au chômage. Les moins de 25 ans représentent 40% de l’ensemble des chômeurs. Cette situation touche particulièrement les jeunes sans formation (46% de chômage) mais n’épargne pas non plus les jeunes diplômés (15% pour les titulaires d’un bac). Le taux de pauvreté chez les jeunes sans diplôme atteint 30% en 2013.

Cela est préoccupant à court terme bien sûr, mais a aussi un impact important sur le long terme: la part des jeunes qui connaissent un chômage de longue durée augmente et dépend fortement des conditions de l’insertion professionnelle. C’est l’effet cicatrice.

Dès lors pour FO, il est urgent que des moyens nécessaires soient déployés pour permettre la poursuite d’une formation et une insertion stable à la sortie des études.

Cette situation est aussi le résultat de la dégradation des conditions de travail et de l’accès à la formation. Parce que le diplôme (professionnel et universitaire) protège - à l’insertion comme tout au long de la vie - il doit demeurer la référence. L’apprentissage, encore est toujours, doit être favorisé: ce 2 juillet, l’Union européenne a à ce titre lancé «l’Alliance européenne pour l’apprentissage», qui développera notamment des partenariats entre employeurs, partenaires sociaux, organismes de formation services d’emplois et représentants de la jeunesse. L’ensemble des mesures seront financées par le FSE, Erasmus et l’Initiative pour l’emploi des jeunes. Dans le même temps l’enseignement professionnel doit être garanti et consolidé.

Lutter pour une formation de qualité devra s’accompagner d’une lutte contre les sorties du système scolaire sans diplôme. Actuellement, plus de 250.000 départs prématurés du système scolaire (décrochage) ont lieu par an, dont 180.000 définitivement. L’insertion professionnelle s’avère difficile pour ces jeunes dont plus de 40% bénéficient d’un emploi aidé. Or, les emplois aidés, à durée déterminée et sans garantie de passage en CDI ne constituent pas une politique de l’emploi. Les études pointent les effets d’aubaine et le manque de création d’emplois. Il s’agit d’une protection sociale pour des travailleurs éloignés de l’emploi qui doit être accompagnée d’une vraie politique créatrice d’emploi.

Cela doit commencer par la régularisation des formes atypiques de travail, les CDD et l’intérim, vers le CDI. Aujourd’hui, 55% des jeunes sont en CDD ou en intérim. Quant aux stagiaires, leur nombre ne cesse d’augmenter (de 600.000 en 2006 à 1,6 million en 2012). Cette situation entraîne la précarité, repousse l’âge de l’autonomie et la création d’un foyer, alors que partout en Europe la population vieillit. Sans réglementation stricte des conditions d’emploi et de travail, les jeunes sont directement exposés aux aléas économiques.

Précaires sur le marché de l’emploi, les jeunes sont confrontés à un parc de logement inadapté et hostile. Public non prioritaire pour des logements sociaux inadaptés à leur besoins (peu de studios), les jeunes paient leur logement plus cher au m², avec un taux d’effort supérieur à 22% pour se loger. Cette situation s’avère souvent décourageante pour les jeunes apprentis, dont l’organisation de la formation nécessite parfois deux logements.

Pour toutes ces raisons, les jeunes français attendent une Europe qui protège, une Europe réellement sociale. Ils attendent de l’Europe un renforcement du droit du travail, une protection sur le marché de l’emploi avec la fin des contrats précaires mais aussi des ambitions qui se traduisent par une vraie politique de croissance et des projets pourvoyeurs d’emploi, à l’opposé d’une austérité qui asphyxie des pays entiers comme la Grèce ou l’Espagne.

Les jeunes français veulent une politique qui sache créer des perspectives d’emploi. Cela nécessitera des moyens, comme pour la garantie jeune, qui ne fonctionnera qu’à la condition d’y mettre la volonté: en constatant les situations au plus près des jeunes et en déployant des moyens financiers mais aussi humains pour en assurer l’application dans les meilleures conditions.

Enfin, l’Europe parle de mobilité. Les jeunes français sont attachés à l’Europe, et ils le montrent à travers le programme ERASMUS. Pour des raisons budgétaires, ce programme a pourtant fait l’objet de remise en cause début 2013. En revanche, FO se méfie d’une mobilité qui n’existerait que pour favoriser le dumping social et dégrader les conditions de travail de toute l’Europe. La mobilité doit s’envisager encadrée, dans une Europe qui harmoniserait les systèmes de protection sociale par le haut.

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• Contre-sommet européen sur l’emploi des jeunes
• Grève générale au Chili
• Le syndicalisme brésilien s’engage dans le mouvement social
• Début des négociations de l’accord transatlantique : vers une dilution de l’Union dans un grand marché libéral
• Pressions commerciales et nouvel accord collectif pour une amélioration des droits du travail au Bangladesh
• Privatisation de la Royal Mail : entrée en bourse du service public, grève des salariés
• Le projet de taxe sur les transactions financières « raboté » par la France
• Grève générale en Grèce : « nous ne sommes pas des numéros, nous sommes des travailleurs »


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FEDECHIMIE CGTFO - Semaine 28 du 08 au 13-07-2013

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Revue De Presse FEDECHIMIE - Semaine 28 2013 - Michel Decayeux

Réalisée par Michel DECAYEUX pour le compte de la FEDECHIMIE CGTFO

FEDECHIMIE CGTFO - Semaine 27 du 01 au 06-07-2013

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Revue De Presse FEDECHIMIE - Semaine 27 2013 - Michel Decayeux

Réalisée par Michel DECAYEUX pour le compte de la FEDECHIMIE CGTFO

FEDECHIMIE CGTFO - Semaine 26 du 24 au 29-06-2013

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Revue De Presse FEDECHIMIE - Semaine 26 2013 Michel Decayeux

Réalisée par Michel DECAYEUX pour le compte de la FEDECHIMIE CGTFO

AU BANGLADESH COMME AILLEURS: ON N’EXTERNALISE PAS LES DROITS HUMAINS

La lettre électronique @ ctualités Europe – International n°10

AU BANGLADESH COMME AILLEURS: ON N’EXTERNALISE PAS LES DROITS HUMAINS

Le 24 avril, l’immeuble Rana Plaza qui employait plus de 3.000 personnes dans la production textile, s’est effondré, causant la mort de 1127 personnes. C’est la pire catastrophe industrielle qu’ait jamais connu le pays, deuxième pays exportateur au monde de vêtements en raison de la modicité des salaires, d'une main-d'œuvre abondante et mobile, et d’une industrie intensive, et pourtant, l’un des plus pauvres au monde.

Le Bangladesh, comme d’autres pays dont la Chine (un accident industriel dans une usine de dynamite a récemment fait une quinzaine de morts et autant de blessés), souffre du non-respect des normes de santé et sécurité au travail. Les bengalais ont soufferts de plus de 31 accidents meurtriers depuis 1990, généralement dus à l’enchaînement des négligences à la sécurité des bâtiments. Plus encore, la corruption endémique qui gangrène les éventuelles commissions qui voient a posteriori le jour, empêche de véritablement sanctionner les responsables.

En réaction à l’effondrement du Rana Plaza, l'Association bangladaise des fabricants et exportateurs de textile (BGMEA) a annoncé la fermeture d'usines travaillant notamment pour Walmart, H&M, Zara ou Carrefour, au motif de troubles au sein de la main d'œuvre. Des débrayages d’ouvriers ont lieu dans 80% des usines de la zone industrielle, pour demander des hausses de salaires et réclamer l'exécution du propriétaire de l'immeuble qui s'est effondré.

Quelques jours plus tard, un accord contraignant a été signé par 31 marques occidentales d’habillement, pour renforcer la sécurité des usines textiles au Bangladesh. Pour le BIT, «cet accord est un pas positif et une grande amélioration de la situation». L’accord institue un inspecteur en chef indépendant des entreprises et des syndicats, chargé d'un programme d'inspection de la sécurité incendie. Il prévoit également un ou plusieurs experts qualifiés devant mener un examen «complet et rigoureux» des normes et règlements actuels dans le bâtiment pour les entreprises de prêt-à-porter au Bangladesh. IndustriALL, qui revendique 50 millions de travailleurs dans 140 pays, et UNI Global Union (20 millions de travailleurs) ont été à l'origine dès 2012 de cet accord. Reste à en assurer l’effectivité et à étendre son application.

Cet évènement dramatique a aussi révélé, de la plus cruelle des manières, que la consommation ne peut pas se faire à tout prix – certainement pas au prix des droits les plus élémentaires de l’humain. Il a rappelé que la lutte contre le dumping social, pour la mise en place de planchers universels et pour l’effectivité des droits, canaux d’une véritable responsabilisation des employeurs, à tous les échelons de la production, étaient des impératifs internationaux.

Cet événement dramatique a mis en lumière le caractère «marketing» de la RSE à la différence de la pratique contractuelle. Les syndicalistes savent déjà quels outils peuvent être revendiqués pour combattre la mise en danger consciente sur les lieux de travail: clause sociale dans les accords commerciaux visant à l’exportation-importation de biens en provenance de telle région; mais aussi la valorisation de la négociation collective comme canal d’une amélioration des conditions de travail, et plus largement, la protection du droit syndical dans son ensemble. L’accident du Rana Plaza confirme enfin que seuls la solidarité internationale et le soutien renforcé à un syndicalisme indépendant et fort dans les pays producteurs pourra asseoir une véritable protection des travailleurs.
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FEDECHIMIE CGTFO - Semaine 25 du 17 au 22-06-2013

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REVUE DE PRESSE - FEDECHIMIE CGTFO - Semaine 25 2013

Réalisée par Michel DECAYEUX pour le compte de la FEDECHIMIE CGTFO

FEDECHIMIE CGTFO - Semaine 24 du 10 au 15-06-2013

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FEDECHIMIE - Semaine 24 - 2013

Réalisée par Michel DECAYEUX pour le compte de la FEDECHIMIE CGTFO

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