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FLORANGE: LA «STÈLE DE LA TRAHISON» RETIRÉE DE LA VENTE SUR EBAY

Enchères

FLORANGE:

LA «STÈLE DE LA TRAHISON» RETIRÉE DE LA VENTE SUR EBAY

La plaque rappelant les promesses non tenues de François Hollande sur le dossier de Florange, en Moselle, était proposée aux enchères sur le site de vente eBay depuis le 20 août, et ce, jusqu’au 30 août. Mais le 28 au matin, elle disparaissait de la toile. Indignation de Walter Broccoli, Secrétaire général du syndicat FO d’ArcelorMittal: «On est franchement écœurés. Si c’est ça la démocratie!»

C’est fin avril, quand les hauts-fourneaux sont mis à l’arrêt que ce syndicat décide la fabrication d’une stèle en marbre portant ces mots: «Ici reposent les promesses de changement de François Hollande faites aux ouvriers et à leurs familles à Florange», et ils étaient précédés, en lettres capitales, du mot «trahison». Déjà à l’époque, sitôt apposée, elle avait été immédiatement retirée par la mairie de Hayange, ville voisine du site. «Puisque personne ne voulait qu’on l’installe quelque part, explique Walter Broccoli, on s’est dit qu’il valait mieux la vendre pour qu’elle serve à quelque chose d’utile.»

ANNONCE NON CONFORME CAR SANS OBJET À VENDRE…

Quand, le 28 août, eBay la retire de son site, la mise s’élève à 5.100 euros, elle était même montée à 6.550 euros deux jours auparavavant. Interrogé par le syndicat FO, le service clients d’eBay commence par prétendre que l’annonce était «non conforme» car sans objet à vendre. Faux, évidemment. Deuxième explication: «l’erreur humaine», le groupe présentant alors ses excuses et offrant une nouvelle possibilité de mise en ligne, les enchères repartant de zéro. Walter Broccoli, persuadé que «le gouvernement a tout fait» pour faire retirer cette vente, n’a «plus confiance» dans eBay.

FO cherche maintenant à prendre contact avec ceux qui ont participé aux enchères afin de finaliser la vente. L’objectif ne change pas: redistribuer l’argent, une moitié aux Restos du cœur, l’autre au fonds d’aide sociale du syndicat.
FO Hebdo - Septembre 2013

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière, daté du mercredi 12 décembre 2012

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

LE SPARADRAP DU CAPITAINE HADDOCK

De conflits en promesses et déclarations, le dossier ArcelorMittal de Florange dure depuis dix-huit mois.

En jeu, l’avenir d’un site industriel sidérurgique alliant deux filières: la chaude (les hauts-fourneaux) et la froide (le laminage). Donc l’avenir également des emplois concernés.

Un industriel, Mittal, lourdement endetté et dont les résultats financiers priment sur l’activité industrielle. Il faut d’ailleurs noter ici que lorsque les hauts-fourneaux ne fonctionnent pas, Mittal gagne de l’argent sur les marchés financiers en revendant les quotas de CO2 non utilisés! Un industriel peu réputé par ailleurs pour tenir ses engagements et qui raisonne mondialement, au-delà des gouvernements qui ne semblent guère l’impressionner.

Ainsi, quand il a fermé Gandrange, il s’était engagé à investir 320 millions d’euros sur Florange, ce qui n’a pas été fait.

Il y a moins d’un mois, à l’occasion d’un déplacement en Moselle, je m’étais prononcé, en accord avec la Fédération des Métaux, l’Union départementale et notre syndicat, pour une réquisition du site. En effet, Mittal ne veut plus des hauts-fourneaux mais veut conserver la filière froide, et les repreneurs éventuels sont intéressés par l’ensemble du site.

Nous rappelions, ce faisant, que la loi annoncée comme pouvant obliger un industriel à vendre un site et non à le fermer était toujours attendue. Il est vrai que le projet était prêt, mais que l’ex-Secrétaire général de la CFDT voulait le négocier avec le patronat!

Aussi, lorsque le ministre du Redressement productif annonce une nationalisation temporaire et l’existence d’un repreneur pour l’ensemble du site, nous appuyons publiquement ce choix.

Soyons clairs: nous ne pouvons penser un seul instant que cette annonce ne soit qu’une déclaration sur un coup de tête. Elle a été travaillée financièrement et juridiquement compte tenu du contexte, un dossier était prêt. Il s’agit là d’une réponse stratégique et industrielle relevant du rôle des pouvoirs publics s’ils veulent effectivement reprendre la main sur les marchés. D’où l’espoir qu’elle a suscité chez les salariés concernés.

Ajoutons encore que pour qu’une telle annonce soit faite, on suppose aisément qu’aucun feu rouge n’avait été allumé ou brandi «au-dessus» du ministère concerné. Patatras! Matignon annonce qu’il n’y aura pas de nationalisation temporaire et qu’un accord a été trouvé, vite fait bien fait, avec Mittal.

Un accord qui fut rendu difficilement public et qui a reçu une volée de bois vert de la part des salariés et des syndicats notamment, dont Force Ouvrière, le secrétaire du syndicat et Walter Broccoli l’ayant qualifié, en disant que c’était du vent, de coquille vide.

De fait, Mittal a obtenu ce qu’il voulait, c’est «Mittal gagnant», comme le disent les Guignols de l’info.

Les hauts-fourneaux ne redémarrent pas, le projet Ulcos est repoussé, les sommes annoncées correspondent pour l’essentiel à de l’entretien, d’autres sites sont touchés, tel Basse-Indre.

Si le gouvernement pense que, ce faisant, il échappera à d’autres demandes de nationalisation, il se trompe.

Le choix gouvernemental est une erreur.

Que représente le 1 milliard d’euros annoncé par rapport aux 20 milliards d’euros accordés aux entreprises sans contrepartie?

Pour toutes ces raisons, nous considérons que le dossier est loin d’être clos, ainsi que la nationalisation temporaire. Le fait qu’il n’y ait pas de plan social, mais des départs en retraite et des départs «volontaires», est loin d’être suffisant.

Une stratégie industrielle publique, indispensable, implique une volonté publique et des actes. Ce qui n’est pas le cas et cela risque d’être, pour le gouvernement, le sparadrap du capitaine Haddock, celui dont on n’arrive pas à se débarrasser. La vigilance, comme la résistance s’imposent donc.

C’est aussi, par exemple, le cas sur un autre dossier industriel, celui d’EADS, où le gouvernement vient d’accepter de réduire le poids de l’État français de 15% à 12% à la demande du gouvernement allemand, EADS devenant de fait plus dépendante des marchés financiers.

Nous aurons l’occasion d’y revenir.

FO Hebdo - Décembre 2012

JEAN-CLAUDE MAILLY: «ON NOUS A BANANÉS» (FLORANGE)

BFM Business le 6 décembre 2012

JEAN-CLAUDE MAILLY: «ON NOUS A BANANÉS» (FLORANGE)

Le secrétaire général de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly, invité d’Hedwige Chevrillon à 18h30 sur BFM Business le 6 décembre 2012, a estimé jeudi sur BFM Business que les syndicats avaient été «bananés» dans le dossier ArcelorMittal, ajoutant: «Si ça continue comme ça, on va faire une fermeture des hauts fourneaux».




http://www.force-ouvriere.fr

ARCELORMITTAL: «LE GOUVERNEMENT N'A PAS TENU SA PROMESSE»

Europe 1 matin - Bruce Toussaint 06/12/2012 | Jean-Claude Mailly

ARCELORMITTAL: «LE GOUVERNEMENT N'A PAS TENU SA PROMESSE»

Jean-Marc Ayrault a reçu mercredi 5 décembre 2012 au soir l'intersyndicale du site sidérurgique de Florange pour s'expliquer sur l'accord passé vendredi avec ArcelorMittal. Réaction de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, sur Europe 1 le jeudi 6 décembre 2012.


JEAN-CLAUDE MAILLY: «POUR UNE RÉQUISITION DE L’USINE DE FLORANGE»

PRESSE - COMMUNICATION

JEAN-CLAUDE MAILLY: «POUR UNE RÉQUISITION DE L’USINE DE FLORANGE»

Jean-Claude Mailly, présent samedi 17 novembre 2012 au congrès départemental de FO à Maizières-lès-Metz, refuse l’idée d’une disparition de la sidérurgie.

mailly-19-11-2012.jpgVotre position sur la possibilité de reprise des hauts fourneaux de Florange?
Jean-Claude Mailly: «Ce qui m’importe, c’est comment cela va se terminer. S’il n’y a pas de reprise, ce qu’on ne peut pas exclure aujourd’hui, alors, nous considérons que la France ne peut pas se permettre d’être absente de la sidérurgie et on réclamera une réquisition par le gouvernement. On ne peut pas dire: "Bon, on n’a pas de repreneur alors on ferme"».

Une réquisition des hauts fourneaux?
«Non, de l’ensemble de l’usine. Cette loi, annoncée pendant la campagne électorale, n’est toujours pas là et ce n’est pas de la responsabilité de la négociation collective. Mais le gouvernement peut très vite la mettre sur la table.

Un grand projet avec des PME Chinoises est en chantier en Moselle, avec 3 000 emplois à la clé. Vous adhérez?
«Globalement, sur les questions d’investissements étrangers, on est confronté à un problème de clause de réciprocité avec des pays comme la Chine, et d’autres d’ailleurs, ce ne sont pas les seuls.»

Apparemment, elle est garantie…
«Dans les négociations internationales, elle n’est toujours pas garantie. Il faut faire attention, car la volonté de la Chine est bien de pénétrer toute une série de marchés, c’est la mise en place de têtes de pont. Que des emplois soient créés, OK, mais cela ne remplace pas tout.»

Quel regard portez-vous sur les six mois de François Hollande à l’Elysée?
«Sur le plan de la méthode, c’est plus simple. Les contacts sont plus faciles, plus réguliers, parfois même un peu trop, cela frise la réunionite. On retrouve un fonctionnement plus conforme à la V e République. Sur le fond, c’est plus compliqué, car à partir du moment où la France a accepté le traité européen et que ce texte est ratifié, on rentre dans une logique d’austérité, car tout le reste découle de cela. Le pacte de croissance, c’est 10 milliards d’euros. Au niveau de l’Europe ce n’est rien, donc c’est plus de la com’ qu’autre chose».

Vous avez reçu les propositions du patronat sur le projet de sécurisation de l’emploi?
«Oui, on n’est pas d’accord et on n’est pas surpris. Il y a des choses qu’on ne peut pas accepter comme l’histoire du CDI de mission qui n’est plus un CDI mais un CDD prolongé. C’est comme les contrats de chantier dans le bâtiment, vous êtes embauchés pour la durée du chantier. Si vous voulez qu’on embauche demain, il faut nous laisser licencier, c’est ce que veulent les patrons et cela, il n’en n’est pas question. On parle de compromis historique, je vous assure qu’il n’est pas gagné.»

On vante beaucoup les relations syndicats-patrons en Allemagne. C’est pour quand en France?
«Je ne dis pas qu’il y a un modèle français, je n’ai pas de leçon à donner. Mais je n’accepte pas qu’il y ait un modèle allemand. La précarité et la pauvreté sont plus fortes en Allemagne que chez nous, le droit à l’assurance chômage est moins élevé qu’en France. Ce n’est pas une référence.»

Propos recueillis par P. R.

Voir l'article sur site du Républicain Lorrain

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L’ÉLYSÉE N’EST PAS SANS SOLUTION POUR LES HAUTS-FOURNEAUX

PRESSE - COMMUNICATION

Florange


3036L’ÉLYSÉE N’EST PAS SANS SOLUTION POUR LES HAUTS-FOURNEAUX


Pendant une heure et quart, l’exécutif et les syndicats d’ArcelorMittal ont étudié situation et remèdes. Quoi qu’il advienne, pour FO l’État doit assumer ses responsabilités.

Comme promis pendant la campagne aux salariés de Florange, en Moselle, les représentants syndicaux FO, CGT et CFDT d’ArcelorMittal ont été reçus le 4 juin à l’Élysée, par François Hollande et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, pour évoquer l’avenir des hauts-fourneaux mosellans. Alors que beaucoup des 2.500 salariés sont en chômage partiel, le 1er juin, le groupe indien ArcelorMittal a annoncé que l’arrêt de l’activité de Florange allait se poursuivre encore pendant les six prochains mois.

Le chef de l’État et son ministre ont décidé de nommer un expert indépendant, chargé d’analyser l’évolution du marché de l’acier, et son rapport devra être rendu le 30 juillet prochain. Il devra également envisager «toutes les perspectives industrielles envisageables sur le site de Florange, notamment le projet ULCOS». Ce dernier, pour lequel un cofinancement européen a été demandé, pourrait faire de Florange un site pilote de captage-stockage de C02, afin de «produire l’acier en respectant l’environnement», pour reprendre la formule du Premier ministre. Fred Souillot, qui, avec Walter Brocoli, représentait FO à l’Élysée le 4 juin, a approuvé le projet, tout en précisant: «Si cela ne devait pas se faire, que l’État impulse, afin que nous fassions nous-mêmes de l’énergie propre.»

MITTAL CASSE LES PRIX ET LES USINES

Secrétaire fédéral chargé de la sidérurgie et de la transformation des métaux, il suit le dossier ArcelorMittal. «La rencontre a duré une heure et quart», relate-t-il en marge du XXIe congrès de FO Métaux, réuni à Montpellier du 6 au 8 juin, avant de résumer les «pistes» proposées à Paris par FO. «Trouver un équilibre entre les productions des différents sites» fut la première. La seconde découle d’une éventualité: que Mittal ne veuille plus faire d’acier à Florange. FO demanderait alors que l’État intervienne. S’il doit y avoir des aides financières, il faut que «cela passe» par la Banque publique d’investissement. Notons que la création de celle-ci –revendication portée par FO depuis plusieurs années– a été annoncée par Bercy le 6 juin, et ce pour 2013.

Fred Souillot résume la stratégie de Mittal, numéro un mondial de l’acier, qui casse les prix à l’échelle de la planète et fait le tri sur le thème: «Les clients en dessous de 50.000 tonnes, je ne les sers plus.» Cela met les petites entreprises en péril. Au-delà des hauts-fourneaux mosellans, que veut-il? La liquidation de Florange? Le désengagement de la France? Un projet de loi est bien en préparation pour obliger les industriels voulant fermer un site à le vendre, mais le responsable de FO Métaux met en garde: «Attention de ne pas racheter les dettes.»

Vu le contexte et les plans sociaux annoncés, partout, l’État doit en effet s’engager et, comme le dit la résolution du dernier Comité confédéral national, prendre «la majorité du capital, y compris intégrale, et le contrôle de l’entreprise quand la situation l’exige». S’agissant d’ArcelorMittal, l’enjeu est considérable. «La sidérurgie est la colonne vertébrale de la métallurgie et de l’industrie, rappelle Fred Souillot. Sans elle, il n’y a plus d’industrie automobile.»
FO Hebdo - Juin 2012
 

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