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LA FRANCE, MALADE DE LA PESTE DES PESTICIDES?

CONSOMMATION

LA FRANCE, MALADE DE LA PESTE DES PESTICIDES?

Devançant l’Allemagne et l’Amérique du Nord, alors qu’Américains et Canadiens sont réputés peu regardants,
la France affiche un taux alarmant d’exposition de sa population aux pesticides, dont elle est le premier consommateur en Europe. Et elle les a dans la peau. En témoignent une augmentation de 2,5% de leur utilisation en 2011 et une étude, dont les conclusions détaillées ont été présentées le 29 avril dernier par l’Institut de veille sanitaire (InVS), organisme rattaché au ministère de la Santé. Intitulée «Exposition de la population française aux substances chimiques de l’environnement», elle a été menée en 2006 et 2007 sur des personnes âgées de 3 à 74 ans, ciblant plusieurs pesticides et les polychlorobiphényles (PCB-NDL). Interdits en 1987, ces derniers, plus connus sous l’appellation impropre de «pyralènes» et autrefois utilisés dans les encres, peintures et transformateurs électriques, n’en restent pas moins bien ancrés et inquiétants: quelque 13% des femmes entre 18 et 45 ans, c’est-à-dire en âge d’être enceintes, possèdent une concentration en PCB supérieure aux seuils critiques fixés par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Quant aux pesticides, accusés d’être à l’origine de cancers et, entre autres, de troubles endocriniens, trois familles ont été recherchées: les pyréthrinoïdes, les organophosphorés et les organochlorés, dont faisait partie le DDT, interdit depuis 1972. Très utilisés par les professionnels de l’agriculture, les pesticides le sont également, dans une moindre mesure, par les particuliers, que ce soit pour les jardins, les logements et les animaux domestiques, sous forme par exemple d’anti-puces. Selon l’étude de l’InVS, il n’est pas vraiment recommandé d’habiter près de surfaces consacrées à la viniculture. Et ainsi, dans cette douce France, caresser son chat au milieu des vignes peut nuire à la santé. Et même cultiver son jardin…
 FO Hebdo - Mai 2013
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Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière, daté du mercredi 5 septembre 2012

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

RENTRÉE: TROIS DOSSIERS DÉTERMINANTS

Après un collectif budgétaire au début de l’été qui allait plutôt dans le bon sens en rééquilibrant notamment certaines dispositions fiscales, les choses se gâtent en cette rentrée 2012.

L’Europe est en récession, le chômage y augmente partout, les pays qui ont le plus imposé l’austérité (Grèce, Espagne, Italie, Portugal par exemple) sont les plus percutés.

En France le chômage s’accroît, le nombre de trois millions de personnes est officiellement atteint, les fins de CDD, d’intérim et les plans sociaux sont là.

Dans les mesures prises par le gouvernement, au-delà des emplois d’avenir et des contrats de génération, trois dossiers sont déterminants en cette rentrée.

Le premier est le dossier européen, avec le traité dit TSCG, qui doit être débattu au Parlement. Force Ouvrière, comme d’ailleurs la Confédération européenne des syndicats, confirme son opposition à un traité marqué par l’orthodoxie budgétaire et monétaire libérale, qui veut inscrire dans le marbre l’austérité.

Dans une telle logique, comme on le voit déjà, les marges de manœuvre qui restent visent à remettre en cause les services publics, les régimes sociaux, le droit du travail. La rigidité économique libérale s’affronte à la république sociale.

Force Ouvrière, comme nous l’expliquons depuis plusieurs mois, s’adressera aux parlementaires pour leur demander de ne pas ratifier ce texte.

Le second est une négociation sur l’emploi. Alors qu’à l’issue de la conférence sociale le Premier ministre avait retoqué les accords compétitivité-emploi, ils semblent revenir sous la pression du patronat et l’acquiescement de la CFDT.

Le Secrétaire général de la CFDT, qui s’inscrit dans l’inéluctabilité du système et pour qui il ne doit y avoir qu’une logique économique possible (celle en vigueur) qu’on ne peut qu’amender, endosse les thèmes de l’adaptabilité ou de l’allégement du coût du travail.

Ce que veut le patronat, c’est supprimer la possibilité pour un salarié de s’opposer à une modification substantielle de son contrat de travail –ce qui peut conduire à un licenciement économique. Et surtout, si au moins 10 salariés s’y opposent, c’est l’obligation de mettre en place un plan social avec toutes les obligations qui en découlent.

C’est cela que nous n’acceptons pas. Quand une entreprise a réellement des difficultés, nos syndicats peuvent négocier –et nous les soutenons– des accords prévoyant, par exemple, une modération des salaires contre un maintien de l’emploi. Mais nous ne voulons pas que les dispositions précitées disparaissent car c’est une arme en moins dans les négociations.

C’est une question de cohérence entre nos positions et analyses économiques et sociales. On ne sortira pas de la crise en flexibilisant le droit du travail ou en le précarisant davantage.

Enfin, les inquiétudes demeurent lourdes sur l’avenir du service public. Si la méthode RGPP semble abandonnée, ce n’est pas le cas pour ses finalités.

En la matière, on a de plus en plus le sentiment que la distinction s’apparente à celle existant entre Coca et Pepsi.

Il va donc falloir confirmer nos positions et revendications en gardant l’essentiel et en prenant garde à ce qu’un dialogue social normal ne se transforme pas en réunionite anesthésiante.

FO Hebdo - Septembre 2012

DU G20 À RIO+20 EN PASSANT PAR LE CESE…

Post-scriptum, par Yves Veyrier, Secrétaire confédéral

Le G20 désigne les vingt pays les plus importants sur le plan économique, réunis au niveau des chefs d’État et de gouvernement depuis novembre 2008 en réaction à la crise. Aux pays qui constituaient le G8 (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie, Chine et Russie) ont été associés les pays dits émergents (dont le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde, le Mexique …). Il avait lieu les 19 et 20 juin à Los Cabos (Mexique).

Rio+20 est, vingt ans après le Sommet de la Terre, qui avait déjà eu lieu à Rio (Brésil), la Conférence des Nations unies consacrée au «développement durable», qui se déroulera du 20 au 22 juin.

Le CESE, en France, est la suite du Conseil économique et social (CES) après que la dimension environnementale a été formellement ajoutée (d’où le deuxième E) et avec l’adjonction de représentants d’associations environnementales. FO, comme syndicat, y est représentée par dix-sept conseillers. On l’a compris, dans tous les cas, les organisations syndicales ont fait en sorte de faire valoir les analyses et revendications des travailleurs.

FO était présente avec la CSI (Confédération syndicale internationale) dès novembre 2008, à Washington, pour défendre auprès des chefs d’État du G20 une réforme radicale du système économique qui donne la primauté au progrès social et ne le considère pas comme, au mieux, élément subsidiaire de l’économie de marché.

Dès 1992, à Rio, les syndicats étaient aussi mobilisés avec la CISL (Confédé-ration internationale des syndicats libres, qui est devenue la CSI en 2006) pour que l’accent mis sur les enjeux environnementaux accompagne la priorité pour le social et que la notion de «durabilité économique» ne serve pas à justifier des reculs sociaux. FO est, cette semaine encore, représentée dans la délégation de la CSI à Rio.

Au sein du CESE, FO a fait entendre les mêmes préoccupations. D’abord en militant pour le maintien d’une section chargée des questions internationales, puis en obtenant de s’en voir confier la présidence. En faisant aussi en sorte que des avis soient produits et votés par le CESE sur les principaux enjeux sociaux et environnementaux. Un avis a été adopté en septembre dernier sur le G20 et plus récemment, le 22 mai, sur Rio+20.

À l’occasion des débats sur Rio+20 au CESE, FO apportait son soutien au projet d’avis, notant en particulier que ce dernier reprenait l’appel à «donner la primauté aux droits sociaux tels que définis par l’OIT», et à «définir de manière universelle des normes environnementales […] via la création d’une Organi-sation mondiale de l’environnement (OME)». Pour FO, la notion de développement durable ne peut se concevoir qu’au service du progrès –progrès des droits de l’homme et progrès social–, en préservant l’environnement aujourd’hui et demain pour tous les êtres humains.


FO Hebdo - Juin 2012

Le Portugal passe sous les fourches d'or

Voix de presse

 PRESSE - COMMUNICATION

Voix de presse

Le Portugal passe sous les fourches d'or


Le pacte budgétaire européen ou Traité de stabililé, de coordination et de gouvernance (TSCG) a été ratifié, vendredi 13 avril, par le Parlement portugais, qui a également avalisé le Mécanisme européen de stabilité (MES), fonds financier de soutien aux pays de la zone euro en difficulté.

LIBÉRATION

Il faut dire que le Portugal n’est guère en mesure de refuser après avoir « dû demanderer mai 2011, après la Grèce et l’Irlande, une aide exceptionnelle de l’UE et du FMI, en échange d’un prêt sur trois ans de 78 milliards d’euros, il s’est engagé à mettre en œuvre un vaste plan de réformes, marqué par une austérité sans précédent ».

Le Nouvel Observateur

« La mise en oeuvre de reformes dites « structurelles », notamment celles destinées à améliorer la compétitivité du marché du travail, a valu au Portugal des éloges de I'UE et du FMI », et un résultat immédiat : « Les mesures d'austérité ont en effet plongé le pays dans la récession et, selon les prévisions, l'économie portugaise devrait se contracter cette année de plus de 3% du PIB tandis que le chômage devrait dépasser le taux de 14%. »

Le Républicain Lorrain

Des recettes éprouvées en Grèce: « Le taux de chômage de la Grèce a atteint 21,8% en janvier,, a annoncé, le 12 avril, l'Autorité grecque des statistiques. « Quelque 345000 personnes ont perdu leur emploi entre janvier 2011 et janvier 2012, soit près de 1 000 par jour. » Et « la Grèce reste engluée dans la récession pour la cinquième année consécutive, une situation largement imputable à la cure d'austérité draconienne imposée en contrepartie des plans d'aide internationaux accordés au pays ».

La Nouvelle République

« Signé le 2 mars à Bruxelles par 25 pays membres de l'Union européenne, le pacte commencera à s'appliquer dès que douze Etats l'auront ratifié. Témoins de la controverse qu'il a suscitée, la Grande-Bretagne et la République tchèque ont choisi de rester en dehors, tandis que l'Irlande a décidé de le soumettre à un référendum. »

Le figaro

D'où un geste de Bruxelles: l’Irlande « devait rembourser 3,06 milliards d'euros à la fin mars. Mais elle a obtenu de l'Europe le report de cette échéance ». D'autant que « le pays est d'ailleurs retombé en récession: le PIB a reculé de 0,2% au quatrième trimestre après un troisième trimestre aussi dans le rouge. La dette du pays s'élève encore à 108% du PIB. Le taux de chômage affiche 15% de la population active ».

Le Point

« Le traité européen de discipline budgétaire ne va pas résoudre les problèmes, il va les amplifier » a déclaré, à Berlin, Michael Sommer, président de la confédération syndicale allemande (DGB), « en compagnie de dirigeants syndicaux de Belgique, Espagne, France, Grèce, Irlande, Italie, République tchèque et Suède ». lls ont « réclamé un pacte social et de croissance », car « le modèle social européen, élément identitaire indispensable de l'Union européenne, est de plus en plus vidé de sa substance,. Le poids d'une règle d'or gravée dans le marbre pourrait finir de l'écraser.

FO Hebdo – Avril 2012

LE MODÈLE SOCIAL DANS LA SERINGUE DES AGENCES DE NOTATION

Économie


LE MODÈLE SOCIAL DANS LA SERINGUE DES AGENCES DE NOTATION


modelesocialdenotation.jpgDes paramètres tels que la croissance, l’emploi, les droits sociaux les services publics sont autant d’éléments défavorables dans les critères d’évaluation de ces boussoles préférées des marchés financiers.

 

La France va probablement perdre son triple A après son placement sous «surveillance négative» par les trois agences de notation (Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch). Plus personne ne se fait guère d’illusion sur le sort de ce «trésor national» pour reprendre les termes d’Alain Minc, conseiller officieux de l’Elysée.

La dégradation possible de la note attribuée à la dette française entraînerait dès lors une hausse des taux d'intérêt d’emprunt de l’Etat mais aussi de tous les organismes publics ou sociaux dont il serait le garant implicite. Car, les trois agences ont placé mécaniquement «sous perspective négative» des institutions telles que des collectivités locales, la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades), l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), l’Assurance Chômage (UNEDIC). Seraient également concernées toutes les entreprises où l’Etat est peu ou prou actionnaire (EDF, Aéroports de Paris, GDF Suez, Renault...).

Elles se sont ainsi bien gardé d’étudier la valeur intrinsèque de ces entités. «Quelle crédibilité peut-on donner à des agences, qui ne prennent même pas le soin d’analyser les bons fondamentaux de l’UNEDIC?», demande Stéphane Lardy, secrétaire confédéral, chargé à FO de l’Assurance chômage. Pour son homologue chargé à FO du secteur Economie, Pascal Pavageau, «elles auraient dû être discréditées au moins depuis le déclenchement de la crise financière en vigueur depuis 2008 et dont elles sont en partie à l’origine. Ce sont en effet elles qui avaient attribué des notes maximales à des établissements financiers gavés de produits toxiques (Subprimes) ayant conduit au chaos actuel». Des établissements que les Etats ont dû sauver de la faillite par l’injection massive d’argents publics. «Alors que ce type de notations de pays ou d’entreprises ne devrait pas susciter davantage d’intérêt que les opinions exprimées par toute une série d’analystes officiels ou autoproclamés», FO s’interroge sur «la fonction centrale qui leur a été dévolue par les autorités publiques et les spéculateurs (qui sont parfois leurs clients)»

Bien qu’illégitime sur le plan démocratique, un tel pouvoir ne sert en fait qu’à justifier les logiques de l’ultralibéralisme à l’œuvre dans le monde et singulièrement dans les pays européens où subsiste encore un modèle social. Leurs évaluations sont plus idéologiques que techniques. Dans ces conditions, qu’ils soient bien notés ou pas, les Etats seront toujours poussés à conduire des politiques de rigueur budgétaire au détriment de la croissance, de l’emploi, des services publics ou de la protection sociale des salariés et des citoyens.

Pour preuve, quelques jours après la dégradation de la dette américaine, Standard & Poor’s estimait en août dernier que la France avait une «politique budgétaire bien conçue» qui justifiait le maintien de son triple A… avec une perspective «stable». Autrement dit, sans risque de dégradation à moyen terme de sa note. Elle avait alors jugé positivement l’arrêt la politique de relance budgétaire et qualifié la réforme des retraites de 2010 de «mesure intelligente», notamment parce que «le gouvernement (était) resté droit dans ses bottes» alors qu’il avait «connu beaucoup de contestation de la rue». Trois mois et deux plans de rigueur plus tard, le pays était placé sous «surveillance négative»…

 

http://www.force-ouvriere.fr

L’Europe se dérègle d’or

PRESSE - COMMUNICATION

Voix de presse

 

L’Europe se dérègle d’or


Faute d’entente sur un traité, un « accord intergouvernemental », qui vise à la mise en place d’une « règle d’or » renforçant la discipline budgétaire dans les pays européens, a été signé vendredi 9 décembre, à Bruxelles, laissant perplexes bien des médias.

 

 

 

La Tribune

« Au terme de leur seizième sommet depuis le début de la crise fin 2009 et après plus de 10 heures d’intenses tractations, il se sont entendus sur ce nouveau « pacte », qui repose notamment sur un contrôle plus strict des budgets nationaux, ainsi que sur une réforme limitée du futur mécanisme européen de stabilité. »

Le Journal du Dimanche

La stabilité, c’est à voir et quant à la solidarité… au moment où « les chefs d’État interrompent leurs négociations sur la réforme de la zone euro « il y avait du sang sur le projet d’accord », s’amuse un diplomate européen. Le Premier ministre anglais, David Cameron, est en rupture avec ses partenaires ». Peut-être suit-il une autre règle, mais du même or…

L’Est Républicain

Car l’Europe file à l’anglaise », David Cameron étant « allé au clash pour défendre ses intérêts et surtout ceux de la City de Londres, refusant le contrôle européen sur les opérations financières ». On se défile aussi ailleurs : « Dans la foulée, on apprend que la Hongrie n’a pas souhaité s’associer, pour l’instant, au nouveau pacte de stabilité européen proposé par Paris et Berlin. La Suède et la République tchèque ont dit leur volonté de soumettre le projet à leur Parlement respectif ». Europe à 27 ?, ou « Europe à 17 ? Europe à 23 ? », ou…. Les rangs s’éclaircissent quand les bourses se dégarnissent.

L’Alsace

A moins que ce soit « une Europe à deux, voire trois vitesses »… « Une solution qui n’impliquerait pas tous les États membres de l’UE enverrait le message que l’Europe est divisée », a confié juste avant le sommet un responsable européen, s’exprimant sous couvert de l’anonymat. « Ce ne serait pas un bon signal », selon lui.

Le Parisien

De plus, tout le monde n’est pas convaincu par ce « Meccano qui doit sauver l’euro » : « cet accord (le troisième en un peu plus de quatre mois) suffira-t-il à éteindre l’incendie qui embrase l’Europe depuis le printemps 2010 ? ». D’autant qu’il constitue « un pari risqué à l’heure où la crise frappe déjà durement les Européens et où la récession menace ».

La Dépêche

D’où ce 13 décembre en France, où la « mobilisation vise à [interpeller] le gouvernement et les élus pour leur dire que l’austérité « n’est pas la solution à la crise » et que ces nouvelles mesures risquent « d’entraîner la récession », car elles « font porter les efforts aux salariés » en creusant les inégalités ». Une analyse partagée par près d’un Français sur deux (44%) selon un sondage Ipsos Logica réalisé début décembre ».



FO Hebdomadaire – Décembre 2011

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