François Hollande

LE GOUVERNEMENT PRÉSENTE L’ORDRE DU JOUR DE LA CONFÉRENCE SOCIALE

Dialogue social

LE GOUVERNEMENT PRÉSENTE L’ORDRE DU JOUR DE LA CONFÉRENCE SOCIALE


Devant les organisations syndicales et le patronat, le Premier ministre vient de rendre public le déroulé de la conférence sociale qui se tiendra les 20 et 21 juin.

Les thèmes des six tables rondes de la conférence sociale qui se tiendra les 20 et 21 juin au Palais d’Iéna sont connus. Priorité sera donnée à l’emploi, à la formation professionnelle et à l’épineux dossier des retraites. En revanche, l’absence d’une négociation autour du pouvoir d’achat, «moteur de l’activité économique ainsi que de la consommation» et «l’une des préoccupations premières des salariés», selon Jean-Claude Mailly, est difficilement compréhensible.

Le 22 mai, l’ensemble des syndicats et du patronat étaient reçus à Matignon en présence de six ministres pour une «conférence de méthode», afin de préparer ce rendez-vous devenu annuel qui détermine le calendrier social de l’année à venir et les réformes à mener.

Les débats seront ouverts par François Hollande dans la matinée du 20 juin. Son intervention portera sur le bilan de la précédente conférence et de la feuille de route qui a suivi, sur la politique économique et sociale nationale et européenne et sur la démocratie dite sociale. FO se réjouit d’une rencontre plus longue avec le président. Jean-Claude Mailly en attend un temps de débat contradictoire sur les questions de politique économique et sociale, mais compte aussi aborder la question de l’introduction du dialogue social dans la Constitution.
Les tables rondes, détaillées ci-dessous, auront lieu dans l’après-midi du 20 et la matinée du 21. La conférence sera conclue par un discours du Premier ministre et donnera lieu, comme l’an dernier, à une feuille de route.

Emploi et formation professionnelle: c’est le thème majeur de ce rendez-vous, rebaptisé «Grande conférence sociale pour l’emploi». Le gouvernement entend lancer une négociation sur la formation professionnelle. François Hollande souhaite une loi avant la fin de l’année pour compléter celle sur la sécurisation de l’emploi.

FO insiste sur la distinction à apporter entre ce qui relève de la concertation, notamment avec l’État et les Régions, et de la négociation entre partenaires sociaux.

L’avenir des retraites: ce sera l’un des «débats tendus et anxiogènes», selon FO. Les modalités d’approche et les analyses divergent fortement. Le gouvernement veut aller vite pour résorber un besoin de financement estimé à près de 21 milliards d’euros à l’horizon 2020. Le rapport Moreau, qui liste les pistes de réforme possibles, sera rendu public avant la table ronde et lancera la concertation. Le débat sera mené jusqu’au 21 septembre, puis le gouvernement présentera son projet. FO est foncièrement opposée à un allongement de la durée de cotisation comme de l’âge légal de départ. FO refuse aussi une réforme systémique, qui supprimerait le régime par répartition au profit d’un régime par points. FO est contre une désindexation vis-à-vis de l’inflation qui frapperait les petites retraites. Le meilleur levier serait une augmentation des cotisations.

Travail et santé au travail: ce vaste intitulé ne doit pas recouper la négociation interprofessionnelle en cours, ni faire doublon avec les travaux du comité d’orientation des conditions de travail (COCT) qui s’est réuni le 14 mai. En revanche, FO souhaite aborder la prévention de la pénibilité voire la mise en place de dispositifs de retraite anticipée. La question pourrait aussi être abordée sous l’angle de l’organisation du travail.

Rôle des filières industrielles et emploi de demain: FO veillera à ce que cette table ronde ne refasse pas les travaux de la Conférence nationale de l’industrie (CNI). En revanche, deux points sont essentiels: les relations entre les donneurs d’ordre et les sous-traitants, ainsi que les relations entre la recherche, l’innovation et le développement.

L’Europe sociale: FO tient à rester sur des actions concrètes, avec par exemple deux thèmes à aborder. Le premier serait la mise en place d’un protocole social de droit primaire qui conduirait à réviser les traités. Le second serait comment mettre fin au dumping social inhérent à la directive
détachement.

Avenir des services publics républicains: FO se félicite que ce débat, qu’elle réclame depuis 2007, puisse enfin s’ouvrir. Il doit porter sur le rôle et les missions du service public dans la République et permettre d’aborder les réformes d’austérité que sont la RGPP, la MAP, la Réate et l’acte 3 de décentralisation.

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Ambiance


JEAN-CLAUDE MAILLY :"LE DIALOGUE NORMAL NE SUFFIT PAS"

jc-ldialogue-social-ne-suffit-pas-le-monde.jpg JEAN-CLAUDE MAILLY :"LE DIALOGUE NORMAL NE SUFFIT PAS"


Jean-Claude Mailly demande au gouvernement de faire davantage pour le pouvoir d'achat.

« Le Monde » Que vous inspire la stagnation de l'économie française depuis trois trimestres ?

Nous sommes dans une situation de pré-récession, avec les conséquences que l'on sait en matière d'emploi. La politique menée au niveau européen enfonce l'économie dans la récession. Par exemple, si l'on fait le total des plans d'austérité menés dans les différents pays d'Europe, leur montant équivaut largement aux 120 milliards d'euros du plan de relance européen.

Vous n'êtes pas convaincu par le pacte budgétaire européen ?

Ce traité, par les contraintes qu'il impose et les sanctions automatiques qu'il prévoit, enfonce le clou de l'austérité. Nous allons nous adresser aux députés pour leur demander de ne pas le ratifier.

Vous portez ce message depuis longtemps. N'est-ce pas un constat d'échec pour le syndicalisme européen ?

C'est vrai, mais je ne dis pas que c'est un constat d'échec. Nous vivons une situation de crise inédite, et les choses ne sont pas faciles dans de nombreux pays. La Confédération européenne des syndicats (CES) a par ailleurs pris pour la première fois une position d'opposition par rapport au traité européen.

Comment jugez-vous les 100 premiers jours de François Hollande ?

Sur la méthode, c'est plus sain qu'auparavant. Nous avons un président qui préside et un gouvernement qui gouverne, qui prend ses responsabilités. Il y a une restauration d'un dialogue normal.
Mais cela ne suffit pas. Certes, dans le collectif budgétaire, il y a des mesures qui vont dans le bon sens, comme le rééquilibrage sur l'ISF, mais je crains que le projet de budget pour 2013 n'aille pas dans la même direction, avec notamment des réductions de la dépense publique.
Les lettres plafond prévoient des baisses d'effectifs dans de nombreux ministères. Le gouvernement s'est engagé à mener un audit de la Révision générale des politiques publiques [RGPP – non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite] mais, sans en attendre le résultat, il annonce des décisions.

Etes-vous prêt à accepter la stabilisation des effectifs dans la fonction publique contre une modération salariale ?

Non. Si, pour 2012, les jeux sont faits, avec un gel des rémunérations, nous attendons de voir pour 2013. Il y a une demande de pouvoir d'achat des fonctionnaires.

Les décisions sur le smic ou sur la création de 150 000 emplois d'avenir ne trouvent-elles pas grâce à vos yeux ?

Sur le smic, c'est insuffisant. Quant aux emplois d'avenir, je ne veux pas qu'ils servent de période d'essai pour une embauche de jeune, afin de vérifier son potentiel avant un recrutement, ce qui reviendrait à un contrat première embauche[CPE].
Il faut que, dès le départ, il y ait une formation avec ces contrats et qu'on ne les installe pas seulement pour dégonfler les statistiques du chômage. Pas question non plus qu'ils soient déversés dans l'administration alors que l'on va y supprimerdes postes.

Le principe des accords compétitivité-emploi, auquel vous êtes opposé, devrait être inclus dans la négociation en septembre. Qu'allez-vous faire ?

Tout dépend de ce qui prime dans le document d'orientation que prépare le gouvernement. A l'issue de la conférence sociale, le premier ministre avait dit que la négociation compétitivité-emploi était terminée. La feuille de route publiée juste après était plus ambiguë et nous est restée en travers de la gorge.
J'ai bien vu que Laurence Parisot [La présidente du Medef] avait menacé de ne pas négocier pour obtenir ce qu'elle souhaitait. Si le gouvernement lui donne satisfaction, je me poserai de mon côté la question de notre participation. Le salaire est la contrepartie de la vente de la force de travail ; je refuse qu'il fluctue en fonction de la situation de l'entreprise.

Comment éviter, alors, les plans sociaux qui se multiplient ?

J'en ai assez des donneurs de leçons, qui disent que, pour sortir de la crise, il faut plus de flexibilité. Cela n'a pas empêché la Grèce et l'Espagne d'entrer en récession. En France, il y a déjà de la flexibilité, y compris depuis les 35 heures.
Le gouverneur de la banque de France [Christian Noyer] qui vit dans les salons de la Banque centrale européenne et veut plus de flexibilité, ne doit pas se rendrecompte de ce que c'est que de vivre au smic.

Voyez-vous des mesures d'urgence qu'il faudrait prendre ?

D'abord, il faut soutenir la demande interne. Ensuite, la mise en place de la banque publique d'investissement est une urgence, car les TPE-PME rencontrent trop de difficultés pour emprunter. Il faut aussi aller vite, pour empêcher lesentreprises de fermer un site qu'elles pourraient revendre. Quant à l'allocation équivalent-retraite, elle doit être rétablie. Tout cela suppose de sortir des clous budgétaires, mais il faut savoir ce que l'on veut.

L'automne risque d'être fort peu propice à un mouvement d'ampleur...

Il est difficile de dire ce qui va se passer dans les prochaines semaines. Nous sommes dans une phase où nous attendons que les choses soient éclaircies. Nous allons aussi réaffirmer nos positions.


« Le Monde » Que vous inspire la stagnation de l'économie française depuis trois trimestres ?

Nous sommes dans une situation de pré-récession, avec les conséquences que l'on sait en matière d'emploi. La politique menée au niveau européen enfonce l'économie dans la récession. Par exemple, si l'on fait le total des plans d'austérité menés dans les différents pays d'Europe, leur montant équivaut largement aux 120 milliards d'euros du plan de relance européen.

Vous n'êtes pas convaincu par le pacte budgétaire européen ?

Ce traité, par les contraintes qu'il impose et les sanctions automatiques qu'il prévoit, enfonce le clou de l'austérité. Nous allons nous adresser aux députés pour leur demander de ne pas le ratifier.

Vous portez ce message depuis longtemps. N'est-ce pas un constat d'échec pour le syndicalisme européen ?

C'est vrai, mais je ne dis pas que c'est un constat d'échec. Nous vivons une situation de crise inédite, et les choses ne sont pas faciles dans de nombreux pays. La Confédération européenne des syndicats (CES) a par ailleurs pris pour la première fois une position d'opposition par rapport au traité européen.

Comment jugez-vous les 100 premiers jours de François Hollande ?

Sur la méthode, c'est plus sain qu'auparavant. Nous avons un président qui préside et un gouvernement qui gouverne, qui prend ses responsabilités. Il y a une restauration d'un dialogue normal.
Mais cela ne suffit pas. Certes, dans le collectif budgétaire, il y a des mesures qui vont dans le bon sens, comme le rééquilibrage sur l'ISF, mais je crains que le projet de budget pour 2013 n'aille pas dans la même direction, avec notamment des réductions de la dépense publique.
Les lettres plafond prévoient des baisses d'effectifs dans de nombreux ministères. Le gouvernement s'est engagé à mener un audit de la Révision générale des politiques publiques [RGPP – non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite] mais, sans en attendre le résultat, il annonce des décisions.

Etes-vous prêt à accepter la stabilisation des effectifs dans la fonction publique contre une modération salariale ?

Non. Si, pour 2012, les jeux sont faits, avec un gel des rémunérations, nous attendons de voir pour 2013. Il y a une demande de pouvoir d'achat des fonctionnaires.

Les décisions sur le smic ou sur la création de 150 000 emplois d'avenir ne trouvent-elles pas grâce à vos yeux ?

Sur le smic, c'est insuffisant. Quant aux emplois d'avenir, je ne veux pas qu'ils servent de période d'essai pour une embauche de jeune, afin de vérifier son potentiel avant un recrutement, ce qui reviendrait à un contrat première embauche[CPE].
Il faut que, dès le départ, il y ait une formation avec ces contrats et qu'on ne les installe pas seulement pour dégonfler les statistiques du chômage. Pas question non plus qu'ils soient déversés dans l'administration alors que l'on va y supprimerdes postes.

Le principe des accords compétitivité-emploi, auquel vous êtes opposé, devrait être inclus dans la négociation en septembre. Qu'allez-vous faire ?

Tout dépend de ce qui prime dans le document d'orientation que prépare le gouvernement. A l'issue de la conférence sociale, le premier ministre avait dit que la négociation compétitivité-emploi était terminée. La feuille de route publiée juste après était plus ambiguë et nous est restée en travers de la gorge.
J'ai bien vu que Laurence Parisot [La présidente du Medef] avait menacé de ne pas négocier pour obtenir ce qu'elle souhaitait. Si le gouvernement lui donne satisfaction, je me poserai de mon côté la question de notre participation. Le salaire est la contrepartie de la vente de la force de travail ; je refuse qu'il fluctue en fonction de la situation de l'entreprise.

Comment éviter, alors, les plans sociaux qui se multiplient ?

J'en ai assez des donneurs de leçons, qui disent que, pour sortir de la crise, il faut plus de flexibilité. Cela n'a pas empêché la Grèce et l'Espagne d'entrer en récession. En France, il y a déjà de la flexibilité, y compris depuis les 35 heures.
Le gouverneur de la banque de France [Christian Noyer] qui vit dans les salons de la Banque centrale européenne et veut plus de flexibilité, ne doit pas se rendrecompte de ce que c'est que de vivre au smic.

Voyez-vous des mesures d'urgence qu'il faudrait prendre ?

D'abord, il faut soutenir la demande interne. Ensuite, la mise en place de la banque publique d'investissement est une urgence, car les TPE-PME rencontrent trop de difficultés pour emprunter. Il faut aussi aller vite, pour empêcher lesentreprises de fermer un site qu'elles pourraient revendre. Quant à l'allocation équivalent-retraite, elle doit être rétablie. Tout cela suppose de sortir des clous budgétaires, mais il faut savoir ce que l'on veut.

L'automne risque d'être fort peu propice à un mouvement d'ampleur...

Il est difficile de dire ce qui va se passer dans les prochaines semaines. Nous sommes dans une phase où nous attendons que les choses soient éclaircies. Nous allons aussi réaffirmer nos positions.

Anne Eveno et Jean-Baptiste Chastand (Propos recueillis)

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Le Monde

JEAN-CLAUDE MAILLY SUR PUBLIC SÉNAT - Preuves par 3 | 15 mai 2012

PRESSE - COMMUNICATION


Preuves par 3JEAN-CLAUDE MAILLY SUR PUBLIC SÉNAT

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, était l'invité de Michel Grossiord dans Preuves par 3. Le syndicaliste a été invité lors de la cérémonie d'investiture de François Hollande, nouveau président de la République.

Questions d'actualité, réformes et dossier sociaux, puis parcours syndical... En trois temps, Jean-Claude Mailly a trois fois l'occasion de faire ses preuves face à Michel Grossiord, rejoint par Bruno Franceschi, de l'AFP, et Perrine Tarneaud, de Public Sénat.



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ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 16 MAI 2012

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

RETRAITES: FO PRESSE FRANÇOIS HOLLANDE DE TENIR SES PROMESSES


Le Parisien – Interview de Jean-Claude Mailly du 10 mai 2012.

François Hollande a promis aux syndicats d’inscrire dans la Constitution l’obligation de les consulter avant tout projet de loi. Y voyez-vous un gage de confiance?
Jean-Claude Mailly: Je n’en vois pas l’utilité. Le PS a-t-il peur de ne pas être à l’écoute des syndicats? Hormis certains domaines déjà délimités, le rôle des syndicats n’est pas d’être législateur à la place des parlementaires. Sinon cela s’appelle du corporatisme. Nous attendons surtout un dialogue social normal. Qu’on soit d’accord ou pas, il faut que ce soit plus serein qu’avec le président sortant. Autre erreur à éviter: avec Nicolas Sarkozy tout se traitait à l’Élysée, ce n’est pas bon, y compris en termes de démocratie. Il faut un Premier ministre avec de réels pouvoirs et un gouvernement avec qui l’on discute. Ce sont les deux points clés de la méthode de travail.

Le 23 mai, le nouveau président a rendez-vous à Bruxelles avec tous les dirigeants européens. Qu’en attend FO?
Nous verrons quelle sera la position de la France. Il y a deux options. Soit François Hollande tape du poing sur la table et demande de renégocier les traités européens. C’est la position que nous défendons. Soit, au nom de je ne sais quel réalisme, il accepte l’idée de faire quelques compléments au traité et inscrit de fait dans le marbre la politique d’austérité. Ça va être un événement clé. De ce qui va se décider le 23 mai à Bruxelles va découler ce qui se décidera après, pour la France notamment. J’annonce qu’en cas de référendum sur le traité tel qu’il est aujourd’hui, FO appellera à voter non.

L’état de grâce est-il terminé?
Oui, à cause du contexte général de crise. Il y a à la fois les attentes des salariés et les enjeux au niveau européen. Sur les marges de manœuvre budgétaires, c’est là que François Hollande va devoir faire des choix. Si l’on reste dans une logique de réduction des dépenses, ça risque de se tendre socialement. La fonction publique est à bout. Le 10 mai, les policiers FO doivent manifester. L’arrêt de la Révision générale des politiques publiques [NDLR: réduction des effectifs via le non-remplacement d’un agent sur deux, fusion des services, etc.] qu’a promis Hollande est une attente très forte de FO.

Avez-vous rencontré le président?
Non. Le plus tôt sera le mieux, car il y a toute une série de décisions qui vont être prises par le futur gouvernement par décret. Il faut des consultations assez rapidement, des réunions en face à face avec le président ou un émissaire, le temps qu’il y ait un gouvernement.

Que comptez-vous lui dire vis-à-vis des mesures d’urgence?
Concernant la retraite, il a été dit pendant la campagne que le droit à la retraite à 60 ans serait rétabli pour ceux ayant cotisé 41 ans. Comment va être calculée cette durée de cotisation? Avant d’être élu, François Hollande a indiqué que seules les périodes «cotisées», c’est-à-dire 41 ans travaillés effectivement, seraient retenues, excluant ainsi les périodes «validées». FO n’est pas d’accord. Quatre catégories de salariés vont être pénalisées: les femmes du secteur privé ayant élevé un ou plusieurs enfants et bénéficiant d’une bonification de deux ans; toutes les personnes ayant connu des périodes de chômage; tous les hommes ou femmes ayant eu un congé parental d’éducation; toutes celles qui ont eu un congé maladie ou un accident du travail de plus d’un an. Autrement dit, tous ceux qui ont eu des périodes heurtées ne seront pas retenus. Ce serait discriminant et injuste. Et cela pourrait être un des premiers accrochages avec le gouvernement.

Quelles sont les qualités requises pour le prochain ministre du Travail?
La fibre sociale, une bonne connaissance et une vision des syndicats et du patronat. Et pas que des contacts. Sinon, il va perdre du temps à comprendre. Quelqu’un sachant pratiquer le dialogue et respectueux de ses interlocuteurs. Capable aussi de résister aux pressions de Bercy. Une qualité que devra aussi avoir le ministre de l’Industrie, si l’on veut une vraie stratégie industrielle.

Allez-vous signer l’accord de compétitivité-emploi?
Non. Nous refusons de rentrer dans une logique obligeant les salariés à travailler moins et à gagner moins en cas de difficultés, avec à la clé une rupture du contrat de travail. S’il devait y avoir un tel accord, nous porterions plainte devant le Bureau international du travail. Comme pour le contrat nouvelles embauches (CNE). Le gouvernement devra trancher très vite. Pendant la campagne, le candidat Hollande n’y était pas favorable.

FO est restée à l’écart pendant la campagne. Pourquoi?
Pour être libre et indépendant, il faut l’avoir été pendant la campagne. FO n’a rien coproduit avec Sarkozy, ce sera pareil avec Hollande.

Propos recueillis par Catherine Gasté

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RETRAITES: FO PRESSE FRANÇOIS HOLLANDE DE TENIR SES PROMESSES

PRESSE - COMMUNICATION


restructurations.jpgLe Parisien | Interview de Jean-Claude Mailly

RETRAITES: FO PRESSE FRANÇOIS HOLLANDE DE TENIR SES PROMESSES

Retraites, politique d’austérité, réforme de la fonction publique, flexibilité du travail… Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, prévient qu’il ne fera aucun cadeau si le nouveau président ne tient pas ses promesses...




François Hollande a promis aux syndicats d’inscrire dans la Constitution l’obligation de les consulter avant tout projet de loi. Y voyez-vous un gage de confiance?
Jean-Claude Mailly: Je n’en vois pas l’utilité. Le PS a-t-il peur de ne pas être à l’écoute des syndicats? Hormis certains domaines déjà délimités, le rôle des syndicats n’est pas d’être législateur à la place des parlementaires. Sinon cela s’appelle du corporatisme. Nous attendons surtout un dialogue social normal. Qu’on soit d’accord ou pas, il faut que ce soit plus serein qu’avec le président sortant. Autre erreur à éviter : avec Nicolas Sarkozy tout se traitait à l’Elysée, ce n’est pas bon, y compris en termes de démocratie. Il faut un Premier ministre avec de réels pouvoirs et un gouvernement avec qui l’on discute. Ce sont les deux points clefs de la méthode de travail.

Le 23 mai, le nouveau président a rendez-vous à Bruxelles avec tous les dirigeants européens. Qu’en attend FO?
Nous verrons quelle sera la position de la France. Il y a deux options. Soit François Hollande tape du poing sur la table et demande de renégocier les traités européens. C’est la position que nous défendons. Soit, au nom de je ne sais quel réalisme, il accepte l’idée de faire quelques compléments au traité et inscrit de fait dans le marbre la politique d’austérité. Ça va être un événement clé. De ce qui va se décider le 23 mai à Bruxelles va découler ce qui se décidera après pour la France notamment. J’annonce qu’en cas de référendum sur le traité tel qu’il est aujourd’hui, FO appellera à voter non.

L’état de grâce est-il terminé?
Oui, à cause du contexte général de crise. Il y a à la fois les attentes des salariés et les enjeux au niveau européen. Sur les marges de manœuvre budgétaire, c’est là que François Hollande va devoir faire des choix. Si l’on reste dans une logique de réduction des dépenses, ça risque de se tendre socialement. La fonction publique est à bout. Le 10 mai, les policiers FO doivent manifester. L’arrêt de la revue générale des politiques publiques (NDLR : réduction des effectifs via le non-remplacement d’un agent sur deux, fusion des services, etc.) qu’a promis Hollande est une attente très forte de FO.

Avez-vous rencontré le président?
Non. Le plus tôt sera le mieux. Car il y a toute une série de décisions qui vont être prises par le futur gouvernement par décret. Il faut des consultations assez rapidement, des réunions en face à face avec le président ou un émissaire, le temps qu’il y ait un gouvernement.

Que comptez-vous lui dire vis-à-vis des mesures d’urgence?
Concernant la retraite, il a été dit pendant la campagne que le droit à la retraite à 60 ans serait rétabli pour ceux ayant cotisé 41 ans. Comment va être calculée cette durée de cotisation? Avant d’être élu, François Hollande a indiqué que seules les périodes « cotisées » c’est-à-dire 41 ans travaillés effectivement seraient retenues, excluant ainsi les périodes « validées ». FO n’est pas d’accord. Quatre catégories de salariés vont être pénalisées : les femmes du secteur privé ayant élevé un ou plusieurs enfants et bénéficiant d’une bonification de deux ans; toutes les personnes ayant connu des périodes de chômage; tous les hommes ou femmes ayant eu un congé parental d’éducation; toutes celles qui ont eu un congé maladie ou un accident du travail de plus d’un an. Autrement dit, tous ceux qui ont eu des périodes heurtées ne seront pas retenus. Ce serait discriminant et injuste. Et cela pourrait être un des premiers accrochages avec le gouvernement.

Quelles sont les qualités requises pour le prochain ministre du Travail?
La fibre sociale, une bonne connaissance et une vision des syndicats et du patronat. Et pas que des contacts. Sinon, il va perdre du temps à comprendre. Quelqu’un sachant pratiquer le dialogue et respectueux de ses interlocuteurs. Capable aussi de résister aux pressions de Bercy. Une qualité que devra aussi avoir le ministre de l’Industrie, si l’on veut une vraie stratégie industrielle.

Allez-vous signer l’accord de compétitivité-emploi?
Non. Nous refusons de rentrer dans une logique obligeant les salariés à travailler moins et gagner moins en cas de difficultés, avec à la clé, une rupture du contrat de travail. S’il devait y avoir un tel accord, nous porterons plainte devant le Bureau international du travail. Comme pour le contrat nouvelle embauche (CNE). Le gouvernement devra trancher très vite. Pendant la campagne, le candidat Hollande n’y était pas favorable.

FO est restée à l’écart pendant la campagne. Pourquoi?
Pour être libre et indépendant il faut l’avoir été pendant la campagne. FO n’a rien coproduit avec Sarkozy, ce sera pareil avec Hollande.

Propos recueillis par Catherine Gasté

Presse



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JEAN-CLAUDE MAILLY SUR FRANCE 2

PRESSE - COMMUNICATION

jeanclaude-mailly-france2.jpg
Invité des 4 Vérités sur France 2, le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly a indiqué, mercredi 9 mai, se sentir «complètement libre» vis à vis du président élu, n'ayant donné aucun consigne de vote pour la présidentielle.

Libre et bien décidé à se faire entendre.

Moins de trois jours après l'élection de François Hollande à la présidence de la république, et bien qu'il ne soit pas encore entré en fonction, le patron de Force ouvrière (FO) a fait passer le message mercredi sur France 2. Il n'a pas l'intention de baisser la garde sous prétexte de l'étiquette socialiste du nouvel élu.

S'il espère avoir un dialogue social normal, dans le respect du rôle des interlocuteurs, allusion aux relations parfois tendues avec le président sortant, Jean-Claude Mailly entend bien cependant peser sur tous les dossiers notamment les retraites et les salaires.

Trimestres cotisé ou validé ?

Premier sujet de discussion, les pensions des retraites. François Hollande a prévu, dans son "agenda du changement", de rétablir par décret le "droit de partir en retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités".

Mais un point reste à éclaircir : s'agit-il de trimestres cotisés ou validés ? Autrement dit, les périodes pendant lesquelles le salarié n'a pas cotisé mais qui rentrent dans le calcul de ses annuités, comme les congés parentaux ou le chômage, seront-elles aussi prises en compte ?

"La différence est de taille", a-t-il souligné.

"L'ambigüité a été un peu levée la semaine dernière mais pas dans le bon sens puisque je l'ai entendu dire (François Hollande) que ce serait du 'cotisé' puis qu'on verrait plus tard pour le 'validé'", a déclaré M. Mailly, laissant entendre qu'il serait particulièrement vigilant sur ce point.

Sur le SMIC et les écarts de salaire

Concernant les salaires, et au-delà du coup de pouce annoncé au SMIC annoncé par M. Hollande, M. Mailly souhaite "que le gouvernement ouvre des négociations dans les branches où il y a des premiers niveaux de salaire inférieurs au Smic".

Concernant les prochains mois, le secrétaire général de FO a dit s'attendre à des "plans sociaux importants" notamment dans les secteurs de la métallurgie et de la finance.

Il a aussi rappelé que la proposition de François Hollande de limiter l'écart des salaires de 1 à 20 allait "dans le bon sens" mais a rappelé que cette revendication était porté depuis des années par la confédération européenne des syndicats (CES).

L'austérité conduit dans le mur

Enfin sur le plan européen, M. Mailly a insisté sur la nécessité de "renégocier" le pacte de stabilité budgétaire.

"Si on ne sort pas de cette logique d'austérité, on va dans le mur", a-t-il affirmé.

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