grece

LA GRÈCE FACE À L’ÉCRAN NOIR DE L’AUSTÉRITÉ

PRESSE - COMMUNICATION

Voix de presse

LA GRÈCE FACE À L’ÉCRAN NOIR DE L’AUSTÉRITÉ

Le gouvernement grec a fermé brusquement et manu militari les chaînes publiques audiovisuelles du pays le mardi 11 juin, provoquant en Europe une onde de choc ressentie différemment, ainsi que l’a répercutée la presse.

Les Échos
«Les hauts responsables de la Troïka des bailleurs de fonds internationaux de la Grèce (UE-BCE-FMI) sont arrivés lundi à Athènes pour poursuivre le contrôle régulier des comptes grecs en vue de la poursuite du versement des prêts au pays. La réunion entre les Allemands Matthias Mors (Union européenne), Klaus Masuch (Banque centrale européenne), le Danois Poul Thomsen (Fonds monétaire international), et le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, a commencé à 8h GMT.» Le lendemain, un rideau de fer tombait sur les ondes grecques.

Ouest-France
«Vers 23h heure locale (22h en France), les chaînes d’ERT ont cessé d’émettre et les écrans sont devenus noirs. Cette fermeture a suscité une rupture dans la solidarité au sein de la coalition gouvernementale, dirigée par le Premier ministre conservateur Antonis Samaras: deux des trois partis de la coalition ont désapprouvé la fermeture et ont annoncé qu’ils ne voteraient pas cette mesure lorsque le décret serait présenté au Parlement pour validation.»

20 minutes
Décret peu validé par la population: «La Grèce tournait au ralenti jeudi matin (13 juin), après un appel à la grève générale lancé par les deux principaux syndicats du pays pour protester contre la fermeture de la radiotélévision publique ERT mardi soir. Cette fermeture, effectuée de manière autoritaire, a choqué l’opinion grecque et le reste de l’Europe.»

Le Parisien
L’Europe? Pas tout à fait: «La Commission européenne a pris note de la décision des autorités grecques de fermer la radiotélévision publique ERT. Il s’agit d’“une décision prise de façon pleinement autonome”, indique-t-elle dans un communiqué.» L’autonomie avec un pistolet sur la tempe?

Le Midi Libre
«Selon les syndicats, en fermant ERT, le gouvernement remplit d’un coup l’objectif assigné par les créanciers de la Grèce de supprimer 2.000 emplois publics d’ici à la fin juin.» Le compte est bon?

Libération
Apparemment non, puisque «Merkel incite Samaras à continuer les réformes». La chancelière «a manifesté dimanche (16 juin) au Premier ministre grec, Antonis Samaras, “son soutien” pour les réformes engagées et l’a incité à continuer, selon un communiqué du gouvernement allemand».

Courrier international
«Au-delà des 2.700 emplois touchés, c’est la symbolique de cette décision qui a ému: la suppression soudaine de l’information de service public, dans un pays déjà durement éprouvé par plusieurs années de crise, des mesures d’austérité drastiques, et un taux de chômage qui atteint 27,4% de la population et plus des deux tiers des jeunes de moins de 24 ans.» Plus que l’écran noir, c’est le black-out.

FO Hebdo - Juin 2013

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière, daté du mercredi 5 septembre 2012

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

RENTRÉE: TROIS DOSSIERS DÉTERMINANTS

Après un collectif budgétaire au début de l’été qui allait plutôt dans le bon sens en rééquilibrant notamment certaines dispositions fiscales, les choses se gâtent en cette rentrée 2012.

L’Europe est en récession, le chômage y augmente partout, les pays qui ont le plus imposé l’austérité (Grèce, Espagne, Italie, Portugal par exemple) sont les plus percutés.

En France le chômage s’accroît, le nombre de trois millions de personnes est officiellement atteint, les fins de CDD, d’intérim et les plans sociaux sont là.

Dans les mesures prises par le gouvernement, au-delà des emplois d’avenir et des contrats de génération, trois dossiers sont déterminants en cette rentrée.

Le premier est le dossier européen, avec le traité dit TSCG, qui doit être débattu au Parlement. Force Ouvrière, comme d’ailleurs la Confédération européenne des syndicats, confirme son opposition à un traité marqué par l’orthodoxie budgétaire et monétaire libérale, qui veut inscrire dans le marbre l’austérité.

Dans une telle logique, comme on le voit déjà, les marges de manœuvre qui restent visent à remettre en cause les services publics, les régimes sociaux, le droit du travail. La rigidité économique libérale s’affronte à la république sociale.

Force Ouvrière, comme nous l’expliquons depuis plusieurs mois, s’adressera aux parlementaires pour leur demander de ne pas ratifier ce texte.

Le second est une négociation sur l’emploi. Alors qu’à l’issue de la conférence sociale le Premier ministre avait retoqué les accords compétitivité-emploi, ils semblent revenir sous la pression du patronat et l’acquiescement de la CFDT.

Le Secrétaire général de la CFDT, qui s’inscrit dans l’inéluctabilité du système et pour qui il ne doit y avoir qu’une logique économique possible (celle en vigueur) qu’on ne peut qu’amender, endosse les thèmes de l’adaptabilité ou de l’allégement du coût du travail.

Ce que veut le patronat, c’est supprimer la possibilité pour un salarié de s’opposer à une modification substantielle de son contrat de travail –ce qui peut conduire à un licenciement économique. Et surtout, si au moins 10 salariés s’y opposent, c’est l’obligation de mettre en place un plan social avec toutes les obligations qui en découlent.

C’est cela que nous n’acceptons pas. Quand une entreprise a réellement des difficultés, nos syndicats peuvent négocier –et nous les soutenons– des accords prévoyant, par exemple, une modération des salaires contre un maintien de l’emploi. Mais nous ne voulons pas que les dispositions précitées disparaissent car c’est une arme en moins dans les négociations.

C’est une question de cohérence entre nos positions et analyses économiques et sociales. On ne sortira pas de la crise en flexibilisant le droit du travail ou en le précarisant davantage.

Enfin, les inquiétudes demeurent lourdes sur l’avenir du service public. Si la méthode RGPP semble abandonnée, ce n’est pas le cas pour ses finalités.

En la matière, on a de plus en plus le sentiment que la distinction s’apparente à celle existant entre Coca et Pepsi.

Il va donc falloir confirmer nos positions et revendications en gardant l’essentiel et en prenant garde à ce qu’un dialogue social normal ne se transforme pas en réunionite anesthésiante.

FO Hebdo - Septembre 2012

Le Portugal passe sous les fourches d'or

Voix de presse

 PRESSE - COMMUNICATION

Voix de presse

Le Portugal passe sous les fourches d'or


Le pacte budgétaire européen ou Traité de stabililé, de coordination et de gouvernance (TSCG) a été ratifié, vendredi 13 avril, par le Parlement portugais, qui a également avalisé le Mécanisme européen de stabilité (MES), fonds financier de soutien aux pays de la zone euro en difficulté.

LIBÉRATION

Il faut dire que le Portugal n’est guère en mesure de refuser après avoir « dû demanderer mai 2011, après la Grèce et l’Irlande, une aide exceptionnelle de l’UE et du FMI, en échange d’un prêt sur trois ans de 78 milliards d’euros, il s’est engagé à mettre en œuvre un vaste plan de réformes, marqué par une austérité sans précédent ».

Le Nouvel Observateur

« La mise en oeuvre de reformes dites « structurelles », notamment celles destinées à améliorer la compétitivité du marché du travail, a valu au Portugal des éloges de I'UE et du FMI », et un résultat immédiat : « Les mesures d'austérité ont en effet plongé le pays dans la récession et, selon les prévisions, l'économie portugaise devrait se contracter cette année de plus de 3% du PIB tandis que le chômage devrait dépasser le taux de 14%. »

Le Républicain Lorrain

Des recettes éprouvées en Grèce: « Le taux de chômage de la Grèce a atteint 21,8% en janvier,, a annoncé, le 12 avril, l'Autorité grecque des statistiques. « Quelque 345000 personnes ont perdu leur emploi entre janvier 2011 et janvier 2012, soit près de 1 000 par jour. » Et « la Grèce reste engluée dans la récession pour la cinquième année consécutive, une situation largement imputable à la cure d'austérité draconienne imposée en contrepartie des plans d'aide internationaux accordés au pays ».

La Nouvelle République

« Signé le 2 mars à Bruxelles par 25 pays membres de l'Union européenne, le pacte commencera à s'appliquer dès que douze Etats l'auront ratifié. Témoins de la controverse qu'il a suscitée, la Grande-Bretagne et la République tchèque ont choisi de rester en dehors, tandis que l'Irlande a décidé de le soumettre à un référendum. »

Le figaro

D'où un geste de Bruxelles: l’Irlande « devait rembourser 3,06 milliards d'euros à la fin mars. Mais elle a obtenu de l'Europe le report de cette échéance ». D'autant que « le pays est d'ailleurs retombé en récession: le PIB a reculé de 0,2% au quatrième trimestre après un troisième trimestre aussi dans le rouge. La dette du pays s'élève encore à 108% du PIB. Le taux de chômage affiche 15% de la population active ».

Le Point

« Le traité européen de discipline budgétaire ne va pas résoudre les problèmes, il va les amplifier » a déclaré, à Berlin, Michael Sommer, président de la confédération syndicale allemande (DGB), « en compagnie de dirigeants syndicaux de Belgique, Espagne, France, Grèce, Irlande, Italie, République tchèque et Suède ». lls ont « réclamé un pacte social et de croissance », car « le modèle social européen, élément identitaire indispensable de l'Union européenne, est de plus en plus vidé de sa substance,. Le poids d'une règle d'or gravée dans le marbre pourrait finir de l'écraser.

FO Hebdo – Avril 2012

PRESSE - COMMUNICATION : LA MÉCANIQUE D’AUSTÉRITÉ EST SUICIDAIRE!

PRESSE - COMMUNICATION

Gérard béranger

Interview de Jean-Claude Mailly

 

Est Républicain du samedi 5 novembre 2011

 

Avec les syndicalistes du L20 (Labour20) qui se tenait en parallèle au G20, le leader de Force Ouvrière a rencontré plusieurs chefs d’État et de gouvernement, ainsi que le secrétaire général de l’ONU.

Quel bilan dressez-vous du sommet de Cannes?
Nous avons notamment obtenu la pérennisation d’un groupe de travail sur l’emploi, l’emploi qui est souvent mis de côté. Il y aura également un socle minimal de protection sociale.

N’est-ce pas utopique, sachant l’abysse qui existe entre l’Europe et la Chine?
Quand on sollicite la Chine sur le plan financier et qu’on exige d’elle parallèlement qu’elle respecte toutes les normes internationales du travail, ça devient compliqué, c’est évident. Il faut savoir que d’autres pays du G20 ne sont pas non plus signataires des conventions, les États-Unis par exemple pour des raisons différentes.

La Grèce n’a-t-elle pas obnubilé les dirigeants au détriment du reste?
Le cas grec est inquiétant. Au-delà du jeu politique dans le pays, je sais que les travailleurs grecs n’en peuvent plus. Pendant combien de temps l’incendie sera-t-il éteint ? Le fait que la France colle comme elle le fait avec l’Allemagne signifie-t-il que l’on va avoir la semaine prochaine un plan d’austérité. Ce serait inacceptable. La mécanique d’austérité est suicidaire. Elle fait chuter la croissance et les recettes fiscales, elle aggrave les déficits et le chômage.

Vous pensez que l’on prend le problème à l’envers?
On n’a pas, selon moi, tiré les erreurs commises dans les modalités de la construction européenne depuis le traité de Maastricht. L’image qui est donnée, c’est celle d’une Europe autoritaire vis-à-vis de la Grèce comme de l’Italie. Elle est plus perçue par les salariés comme une contrainte que comme un espoir.

Les engagements pris à Cannes peuvent-ils être tenus?
Nous y veillerons. Les engagements de Londres (2009) n’ont pas été suivis d’effet. Et à Toronto (2010), on est revenu en arrière sur certains d’entre eux. On ne se fait pas d’illusions mais on a réussi à faire passer à Cannes nos idées.

Propos recueillis par M. V.
Cliquez sur la bannière pour voir l'article dans sont contexte
Hebdomadaire L'Aisne Nouvelle

Vous disposez d'un droit d'accès, de rectificat ion, de modification et de suppression des données qui vous concernent (Art. 34 de la loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978) sur l'ensemble du site. Pour l'exercer, Cliquez sur cette bannière pour contacter le webmaster