industrie agroalimentaire

SCANDALE DU CHEVAL: ŒILLÈRES ET TOURNE BRIDE

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SCANDALE DU CHEVAL: ŒILLÈRES ET TOURNE BRIDE

Écornant un peu plus l’image de l’industrie agroalimentaire, l’affaire de la viande de cheval, et même autre, vendue pour du bœuf, d’abord dans des lasagnes, puis des sauces bolognaises, fait tache d’huile. Devant l’ampleur du scandale, les autorités nationales concernées, tout comme les européennes, ont effectué une volte-face digne du Cadre Noir de Saumur. Et derechef remisé prestement leurs promotions de l’autocontrôle des industriels comme panacée de la sécurité alimentaire, tout en évitant d’aborder le problème des contrôles. Il existe bien des contrôles «inopinés», mais combien? L’autocontrôle coûte cher quand il faut vendre à des consommateurs aux budgets maigrelets et aux fiches de paye en berne. Les contrôles des autorités sanitaires? Le dogme assurant que le privé gère mieux que le public a entraîné des transferts vers le privé et transformé les services chargés d’effectuer les contrôles en peau de chagrin. Déjà en 2009, le syndicat FO du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation dénonçait le «transfert de missions d’inspection en abattoir aux industriels, avec la volonté exprimée par la Commission européenne d’aller encore plus loin (révision en cours du paquet hygiène)», et le non-remplacement, dans le cadre de la RGPP, des départs à la retraite dans les services d’inspection et de contrôle.

En Grande-Bretagne, directement concernée par le scandale, la même idéologie, encore plus appuyée ces dernières années, a amené le gouvernement à réduire le budget alloué aux autorités de contrôle alimentaire. En évoquant, pas plus tard qu’en janvier dernier, «le climat actuel de contraintes financières», et en jurant qu’il «souhaite rendre le système actuel complexe plus efficace tout en offrant la meilleure protection aux consommateurs». En France on appelle ça moderniser, mais, tout compte fait, littéralement, on en revient à l’attraction du cheval, peu coûteux. Et on carotte les consommateurs.
 
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FO Hebdo - Mars 2013

LES PAUVRES MANGENT TROP RICHE

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LES PAUVRES MANGENT TROP RICHE


Manger trop riche peut entamer votre capital santé... On a récemment croulé sous l’obésité dans les médias avec notamment les débats autour de la «taxe soda», partiellement destinée à l’amaigrissement de la dette publique. Le poids des mots, sans doute, mais il n’en reste pas moins que selon l’INSEE la corpulence des Français, des femmes comme des hommes, a considérablement pris de l’ampleur depuis 1981, et plus particulièrement depuis les années 1990. Un fardeau de plus en plus inégalement réparti selon le niveau de vie, ne serait-ce que parce que les produits les plus sains sont tout simplement plus chers. «Accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé», l’obésité (par exemple 90 kg et plus pour 1,70 m), reconnue en 1997 comme maladie par l’OMS (Organisation mondiale de la santé), touchait, en 2003, 10% des hommes et 13% des femmes appartenant au quart des ménages ayant le niveau de vie le plus faible, contre 9 et 6% dans le quart des plus aisés. Et l’INSEE de constater que, «de nos jours (2008), les plus pauvres et les moins diplômés sont les plus corpulents». La France, qui pourrait rattraper le taux des États-Unis d’ici à 2020, n’est pas la seule touchée, le phénomène explosant dans les pays pauvres.

Parmi les responsables de cette épidémie, l’industrie agroalimentaire porte une lourde part en tirant prix et qualité vers le bas. Pour l’universitaire américain Adam Drewnowski, les «contraintes économiques orientent les choix alimentaires vers des produits moins chers et plus denses en énergie», comme les céréales raffinées, graisses et sucreries, et les régimes énergétiquement denses et peu coûteux peuvent conduire à une surconsommation et un gain de poids. Comme quoi un portefeuille aminci peut ne pas être bon pour la ligne. Bref, «paradoxalement, dépenser moins peut signifier manger plus».

 

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