L'InFO des CE

L’InFO des CE - Bulletin n°17 - Juin 2015

Mercredi 10 juin 2015

L’InFO des CE - Bulletin n°17 - Juin 2015

CICE : flop ou encore ? - Une quasi-absence d’information des représentants du personnel

Info des ce

L’information-consultation des représentants du personnel sur l’utilisation du CICE par les entreprises, pourtant obligatoire, n’est effective que dans 20 % des entreprises concernées. C’est ce que FO a rappelé devant la mission d’information parlementaire sur le CICE en septembre dernier, démontrant ainsi qu’il n’était pas sérieux de confier le contrôle de son utilisation aux seuls salariés.

Pour mémoire, le CICE est né du « pacte de compétitivité » instauré par le gouvernement en octobre 2012. Applicable depuis le 1er janvier 2013, il concerne les entreprises imposables à l’impôt sur les sociétés (IS) ou à l’impôt sur le revenu (IR) et comptant des salariés. Le calcul du crédit d’impôt repose sur une assiette correspondant à la masse salariale des salariés dont les rémunérations brutes annuelles n’excèdent pas le seuil de 2,5 Smic.

Pour mesurer le « coût » fiscal réel de la mesure sur une année, le décalage est d’au moins 2 ans. En matière d’emplois, la mesure des effets du CICE ne pourra s’établir, pour 2013/2014, qu’à partir de 2016/2017 !

Déjà 110 Mds€ d’aides publiques aux entreprises en 2013, plus de 135 Mds € en 2017.

De longue date, FO revendique un suivi public des aides consenties aux entreprises, de façon à pouvoir disposer de données fiables sur leur montant et leur nature.

Après la mission parlementaire et le « comité de suivi du CICE » qui avait donné satisfaction, c’est le Comité de suivi des aides publiques aux entreprises qui a entamé ses travaux en décembre 2014. Nous avons obtenu d’une part, que ce comité ne soit pas lié au « Pacte de responsabilité » et d’autre part, qu’il soit adossé au Commissariat à la stratégie et à la prospective (CGSP). Celui-ci est chargé d’examiner les effets des diverses aides publiques aux entreprises et exonérations de cotisations sociales : crédit d’impôt recherche, CICE, etc.

Pour FO, cet examen doit pouvoir conduire à arrêter, réorienter ou mieux conditionner l’attribution des aides et à contrôler strictement leur utilisation.Il est utile que les syndicats, Unions départementales et Fédérations continuent de faire remonter à la Confédération (Secteur économie) les informations sur l’utilisation de l’ensemble de ces aides dans les entreprises.

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L'InFO des CE - n°14

L'InFO des CE - n°14

ÉDITORIAL DE MARIE-ALICE MEDEUF-ANDRIEU, SECRÉTAIRE CONFÉDÉRALE

Que faut-il retenir de l'année 2013? Une situation économique et sociale ravageuse des droits et des acquis sociaux, des réformes tournées vers un modèle économique pour répondre aux dictats de l'Union européenne, des marchés financiers mais également du patronat. Ceci au détriment du volet social.

Parmi les réformes survenues au cours de l'année 2013, plusieurs d'entre elles impactent directement, aussi bien les moyens d'action que les procédures d'information et de consultation des comités d'entreprise. Il s'agit principalement: de la loi du 11 janvier 2013 sur la sécurisation de l'emploi, de celle du 16 avril prévoyant un droit d'alerte santé environnement et l'accord national interprofessionnel sur la qualité de vie au travail...

Dans ce numéro, vous trouverez une explication synthétique des dispositions de la loi sur la sécurisation de l'emploi portant sur la base de données unique, les procédures d'information consultation des CE et les délais de consultation et d'expertise.

Bien évidemment tous ces sujets nécessitent que nous vous apportions des éléments et des outils pratico-pratique, afin de faciliter la compréhension et l'appropriation de ces bouleversements, truffés d'imprécisions et d'interprétations diverses.

Je vous souhaite à vous tous, un joyeux Noël et de bonnes fêtes de fin d'année des voeux de santé, de réussite pour vous et votre famille.

Souhaitons que 2014 nous permettra de continuer ensemble à oeuvrer pour la défense et l'amélioration des acquis sociaux.

 L'InFO des CE n°14 [PDF]

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L'InFO des CE - n°13

L'InFO des CE - n°13 - Juillet 2013

DOSSIER FERMETURE DE SITE ET RÔLE DU COMITÉ D'ENTREPRISE

Nouveauté: la législation impose la recherche active d'un repreneur en cas de fermeture de site, comment le Comité d'entreprise doit-il intervenir?

1) FERMETURE DE SITE ET RÔLE DU C.E DANS LA LOI DE SECURISATION DE L’EMPLOI

L’article 19 de la loi n°2013-504 du 14 juin 2013 sur la «sécurisation de l'emploi» impose une obligation de rechercher un repreneur en cas de fermeture de site dans le cadre d’une procédure de «grand» licenciement collectif (au moins 10 salariés sur un période de 30 jours)

Une entreprise ou groupe d'au moins 1.000 salariés a l'obligation de rechercher un repreneur lorsqu'elle envisage un projet de licenciement collectif ayant pour conséquence la fermeture d'un établissement, quel que soit l’effectif de l’établissement.

INFORMATION DU CE

Le CE doit être informé sur cette recherche dès l'ouverture de la procédure d'information consultation sur le projet de licenciement collectif.

EXTENSION DU CHAMP DE L’EXPERTISE de l’expert comptable désigné par le CE dans le cadre de la procédure de licenciement collectif, à l’analyse du processus de recherche d'un repreneur, à sa méthodologie et son champ, afin qu'il apprécie les informations mises à la disposition des repreneurs potentiels et qu'il étudie les projets de reprise.

AVIS DU CE

L'employeur est tenu d'informer le CE des offres de reprise formalisées, les informations communiquées à ce titre sont légalement réputées confidentielles. Le comité d'entreprise peut émettre un avis et formuler des propositions, dans les nouveaux délais de consultation du CE en matière de licenciements économiques:

- 2 mois lorsque le nombre des licenciements est inférieur à 100;

- 3 mois lorsque ce nombre est au moins égal à 100 et inférieur à 250;

- 4 mois lorsque ce nombre est au moins égal à 250

Ces dispositions nouvelles sont applicables aux procédures de licenciements collectifs engagées à compter du 1er juillet 2013.

La loi précise qu’une procédure de licenciement collectif est réputée engagée à compter de la date d'envoi de la convocation à la première réunion du comité d'entreprise.

2) PROPOSITION DE LOI VISANT A REDONNER DES PERSPECTIVES A L’ECONOMIE REELLE ET A L’EMPLOI INDUSTRIEL: QUELLE INTERVENTION POSSIBLE DU C.E?

Une proposition de loi «visant à redonner des perspectives à l’économie réelle et à l’emploi industriel» a été déposée à l’Assemblée Nationale le 30 avril 2013; Elle entend imposer des obligations similaires à celles de l’article 19 de la Loi de sécurisation de l’emploi, en dehors de toute procédure de licenciements collectifs.

Seraient visés les entreprises ou groupes de plus de 1.000 salariés souhaitant fermer un ou plusieurs établissements employant au moins 50 salariés.

Dans un premier temps, l’entreprise serait tenue d'informer le comité d'entreprise ou les délégués du personnel à défaut, ainsi que l'administration, de son intention de fermer un ou plusieurs sites.

INFORMATION DE LA POSSIBILITE DE REPRISE PAR LES SALARIÉS

Afin de favoriser une éventuelle reprise du site par les salariés, la proposition de loi prévoit qu’ils soient tenus informés le plus tôt possible de la possibilité qui leur est offerte, comme à tout tiers, de déposer une offre de reprise totale ou partielle de l'entreprise (notamment sous forme de SCOP).

TROIS MOIS POUR LA RECHERCHE DE REPRENEURS POTENTIELS: INFORMATION OU PARTICIPATION DU C.E

L’entreprise disposerait alors d'un délai de trois mois pour rechercher activement un repreneur. Dans ce cadre, le dirigeant devrait notamment réaliser un bilan économique, social et environnemental de l'établissement, communiquer toute information utile aux repreneurs potentiels, examiner les offres reçues et y apporter une réponse motivée. Le comité d'entreprise, informé des offres de reprise, devrait formuler un avis ou des propositions. Il aurait droit de recourir à un expert rémunéré par l’employeur. Il pourrait également participer à la recherche d'un repreneur, l’employeur devant apporter une réponse motivée à ses propositions.

REDACTION ET REMISE D’UN RAPPORT AU C.E SUR LES RECHERCHES ENGAGEES

À l'issue d'un délai maximum de trois mois, si aucun repreneur ne s'est manifesté, ou si le dirigeant n'a souhaité donner suite à aucune offre, il remettrait aux représentants du personnel et à l'administration un rapport récapitulant les actions entreprises en vue de trouver un repreneur.

SAISINE DU TRIBUNAL DE COMMERCE PAR LE COMITE D’ENTREPRISE

Dans un délai de quinze jours suivant la remise de ce rapport, si le comité d'entreprise considérait que l'employeur n'a pas respecté ses obligations de bonne foi, il pourrait saisir le tribunal de commerce afin que celui-ci vérifie la réalité et le sérieux des recherches conduites et détermine si l'employeur a refusé des offres de reprise pourtant crédibles.

SANCTION

Si le tribunal juge que l'employeur n'a pas respecté ses obligations, il pourrait décider le versement d'une pénalité d’au maximum 20 fois le SMIC par emploi supprimé.

Par ailleurs, un nouveau cas de consultation du Comité d’entreprise serait introduit en cas d’O.P.A (offre publique d’achat) et soumettrait l'avis du conseil d'administration de la société faisant l’objet de l’offre à une procédure préalable d'information et de consultation du comité d'entreprise, lequel devrait émettre un avis (et n’aurait plus seulement la possibilité de faire des observations). Cet avis serait reproduit dans la note d’information obligatoire remise à l’Autorité des Marchés Financiers. En cas d’OPA jugée hostile par le CE, une procédure de médiation serait également instaurée.

Ce texte doit être examiné par l’Assemblée nationale en session extraordinaire à partir du 1er juillet 2013.

FERMETURE DE SITE ET CONSULTATION DU C.E: POINT DE JURISPRUDENCE

CONSULTATION TARDIVE DU C.E SUR UNE FERMETURE DE SITE: LA JURISPRUDENCE RECONNAIT LE DROIT DES SALARIES A ETRE INDEMNISES


Une entreprise avait décidé d’une restructuration entraînant la construction d’un nouveau site et la fermeture d’un établissement, mais n’avait engagé que deux ans plus tard l’information et la consultation du CCE et du comité de l’établissement appelé à être fermé.

Des salariés candidats au plan de départs volontaires avaient réclamé des dommages et intérêts en raison de la consultation tardive des IRP, ce que la direction de l’entreprise avait contesté.

Outre les atteintes aux intérêts propres des IRP, leur saisine étant intervenue tardivement au regard de l’état d’avancement du projet, la Cour de cassation a fait droit aux demandes des salariés jugeant que «ce manquement entraîne nécessairement pour le salarié un préjudice qui peut se cumuler avec celui né du licenciement sans cause réelle et sérieuse».

Cass.soc. 23 avril 2013, n°12-15, 221.
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