Le Figaro

Interview de Jean-Claude Mailly : « Valls a du mépris pour les syndicats »

Le Figaro

Interview de Jean-Claude Mailly :
« Valls a du mépris pour les syndicats »

Mailly 4Jean-Claude Mailly a qualifié de « diktat » la méthode de Manuel Valls et refuse de négocier sur les seuils « un pistolet sur la tempe ».

Le Figaro. - Allez-vous boycotter la conférence sociale ?
Jean-Claude Mailly. - Avant l’interview de Manuel Valls, j’avais dit que l’exercice était usé mais que nous irions pour porter nos revendications. La donne a changé depuis. Je viendrai lundi à la rencontre avec François Hollande. Mais pour notre participation aux tables rondes de mardi, nous prendrons une décision juste avant. Ce qui est sûr, c’est qu’on marquera le coup. On ne peut pas laisser passer cela ! Manuel Valls a fait ses annonces à quelques jours de la conférence, sans nous prévenir avant. C’est du mépris. Ce qui sort d’une conférence sociale, c’est la feuille de route gouvernementale. Nous ne nous sentons pas engagés par cela.

François Rebsamen invite les partenaires sociaux à « aller au-delà des postures ». Vous sentez-vous visé ?
Quand le gouvernement parle sans cesse du dialogue social et, dans les faits, ne dialogue pas avec les syndicats, il est dans la posture ! Ce n’est pas notre cas. Notre position n’a rien du caprice. Je suis en colère. Il y a un vrai problème de méthode : après l’affaire du pacte de responsabilité, où seul Pierre Gattaz avait été mis au courant, c’est la deuxième fois que nous ne sommes pas prévenus. Et nous sommes en désaccord avec son orientation économique. Nous étions conscients que l’application du compte pénibilité serait difficile pour les petites entreprises. Mais les annonces de Manuel Valls vont au-delà : attaques sur les seuils, le Code du travail, confirmation de la politique de l’offre, ajustement sur le temps partiel, ça fait beaucoup ! Nous sommes depuis le début opposés au pacte, qui va de pair avec la baisse des dépenses publiques. Nous étions pour une modification, voire une augmentation, du CICE pour qu’il soit conditionné à de l’investissement, qu’il aille davantage aux secteurs exposés à la concurrence internationale. Les contreparties au pacte, cela ne marchera jamais. Les entreprises ne peuvent pas prendre des engagements fermes d’embauche.

Participerez-vous à la négociation sur le dialogue social en entreprises, qui traitera des seuils ?
On verra. Manuel Valls déclare « nous allons demander aux partenaires sociaux d’engager des discussions ». Je réponds « on ira, si on veut ». Je ne veux pas que les seuils servent de contreparties à des avancées sur le parcours militant ou autres. Nous voulons garder la présence des délégués du personnel à 11 salariés, celle du comité d’entreprise à 50 et qu’un délégué syndical puisse être nommé quelle que soit la taille de l’entreprise. 63 % des établissements de 11 à 19 salariés n’ont pas de délégué, la loi n’étant pas respectée ou faute de candidat. Qu’on ne me dise pas que les seuils freinent l’emploi.

Est-ce la fin du dialogue social à la française ?
Ce mot est fourre-tout, puisqu’il va de la concertation à la gestion paritaire. Mais en France, comme dans tous les pays à orientation libérale, je constate un désengagement financier de l’État et en même temps, son plus grand interventionnisme dans les discussions du ressort des partenaires sociaux. Le syndicalisme est là pour défendre les intérêts des salariés. Ainsi comme exemple d’actualité dans la magistrature, il doit résoudre les problèmes professionnels des magistrats et rester sur ce terrain.

Par Cécile Crouzel | Publié le 06/07/2014 sur bourse.lefigaro.fr

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FRANCE-ALLEMAGNE: DRÔLE DE GUERRE

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FRANCE-ALLEMAGNE: DRÔLE DE GUERRE

Les attaques venues du sein de l’actuelle majorité française contre la politique  économique jugée trop rigoureuse, défendue par le gouvernement allemand, passent pour une bataille entre adversaires et partisans de l’austérité. Une représentation médiatique qui semble arranger bien des combattants, tandis que la presse évalue les forces en présence.

Le Figaro
L’art de la guerre? «Autre objectif: ressouder des troupes très déprimées. “Depuis un an, nous n’avons pas désigné d’adversaire politique. Nous avons essayé de nous mettre bien avec chacun. Résultat, on s’est mis tout le monde à dos, raconte un conseiller gouvernemental. Il était temps de désigner un adversaire pour ressouder les troupes.” La droite allemande de Merkel fait désormais figure d’ennemi commun de la gauche française. “C’est une unité de façade, décrypte un dirigeant PS. On tape sur Merkel tout en disant que ce qu’on fait en France, c’est bien. L’Europe sert de dérivatif. Ça arrange tout le monde et ça permet de gagner du temps...”.» Bref, la façade de la rigueur ne se fissure pas, c’est une craquelure de façade.

Les Échos
Et le président du Parlement européen, l’Allemand Martin Schulz, de souligner «que personne ne pouvait accuser Angela Merkel de décider seule, alors qu’il y a vingt-six autres dirigeants autour de la table du Conseil européen».

Libération
En effet, «dans l’UE, la rigueur reste d’actualité. Bruxelles relâche la pression, mais tient bon sur les réformes de fond.» Et soigne la forme.

Le Courrier Picard
Car, «au final, on n’est quand même pas en guerre. Le dialogue est musclé, mais les intérêts sont communs. La réussite économique de l’une des deux nations doit tirer celle de l’autre, pour peu que les deux pays forts sachent se mettre d’accord». Ils le sont peut-être sur le fond.

Le Parisien
En tout cas, communiqué de victoire sur le front allemand: «C’est déjà un succès, affirme le ministère allemand des Finances, chiffres à l’appui. Réponse du berger à la bergère: des économistes interrogés par l’AFP contestent le bien-fondé de ces choix. “Si l’objectif était de casser la croissance et d’augmenter de plusieurs millions le nombre de pauvres en Europe, alors c’est une réussite!”, ironise Philippe Askenazy, de l’École d’économie de Paris.»

L’Express
Certains sont même affamés: «Cinq tonnes de Nutella volées en Allemagne. Ce n’est pas la première fois qu’un vol d’une telle ampleur est commis sur ce parking. En mars 2012, c’est cinq tonnes de café, d’une valeur de 30.000 euros, qui avaient disparu. Quelques mois plus tard, en août, vingt palettes de boissons énergisantes –soit 34.000 cannettes – étaient également dérobées.» Des prises de guerre ou le prix de la guerre?

FO Hebdo - Mai 2013

 

CURE D’AMAIGRISSEMENT: LES CEINTURES SE SERRENT

PRESSE - COMMUNICATION

Voix de presse

CURE D’AMAIGRISSEMENT: LES CEINTURES SE SERRENT

Si la consommation en France a baissé en 2012, elle a carrément chuté au premier trimestre 2013 selon différentes études répercutées par une presse qui ne cache pas son inquiétude.

Les Échos
«Un smartphone et une tablette de chocolat. En cette période de crise, seuls quelques rares produits échappent aux restrictions que s’imposent les consommateurs français.» Résultat: «La consommation, dernier moteur de la croissance française, est tombée en panne. Derrière les inflexions macroéconomiques apparemment légères constatées par l’Insee, se cache un effondrement des ventes depuis le début de l’année pour de nombreux secteurs de consommation courante pour les ménages.»

Le Figaro
Et on se serre littéralement la ceinture puisque «si l’alimentaire a résisté à la crise l’an passé, il s’enfonce à son tour dans la récession depuis cet hiver. “Les hypers et supermarchés sont pour la première fois dans le rouge depuis 2008 avec un recul des volumes de 0,2% de décembre à fin février”, constate Jacques Dupré, directeur Insight chez IRI, qui analyse les tickets de caisses.

L’Usine Nouvelle
«2013 ne devrait pas être meilleure. L’ANIA (Association nationale des industries alimentaires) prévoit une stagnation du chiffre d’affaires, à +0,5%, un recul de la production industrielle de 1% et 5.000 suppressions de postes sur le premier semestre.» À trop amaigrir, à la fin les Caddie ne se remplissent plus.

Le Monde
Et là, on tape dans le dur: «En 2012, l’industrie agroalimentaire est restée le premier secteur industriel français avec un chiffre d’affaires total de 160,9 milliards d’euros, en progression de 2,3%, selon le bilan annuel publié mardi 16 avril par l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA). Son solde commercial atteint 9,2 milliards d’euros, porté par les vins et spiritueux.» En France, on n’a pas de pétrole mais...

Le Parisien
Reste que la voiture «est désormais le deuxième poste budgétaire du foyer, juste derrière le logement, et devant l’alimentation. D’après les données recueillies par l’association Automobile Club, le budget annuel consacré à la voiture a flambé en cinq ans, alors même que les Français roulent moins... pour faire des économies». Rouler moins pour payer plus.

Challenges
On peut choisir de rester chez soi, un endroit pas vraiment donné: «Les locataires considèrent que cette dépense pèse de plus en plus lourd sur leur budget. Ils sont effectivement 60% à considérer que la part des revenus du foyer consacrée au logement est trop importante. Ce chiffre était de 45% l’année dernière.»

20 minutes
Résultat: «Par rapport à 2012, les locataires accentuent les arbitrages au détriment de leur épargne (+11% par rapport à 2012), des dépenses de loisirs (+9%), des vacances (+6%) et des dépenses d’amélioration du logement (+11%). De plus, près des deux tiers des locataires déclarent que le budget logement a un impact important sur leurs dépenses alimentaires et sur celles consacrées à l’habillement.» Bref, ils se serrent la ceinture.

FO Hebdo - Avril 2013

RÉSURRECTION DES PARADIS FISCAUX?

PRESSE - COMMUNICATION

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RÉSURRECTION DES PARADIS FISCAUX?

Annoncés cliniquement morts en avril 2009, les paradis fiscaux viennent de faire un retour spectaculaire sur le devant de la scène médiatique à l’occasion de diverses affaires. Pas de miracle car pour ressusciter un réel décès eût été nécessaire, ce dont doute la presse.

Le Figaro
«Les Européens ont repris ces derniers jours le flambeau de la lutte contre l’évasion fiscale, à la faveur des révélations de Offshore Leaks et en France du scandale Cahuzac. Parmi les vilipendés se trouve “l’Autriche, dernier bastion européen du secret bancaire, seule parmi les Vingt-sept après le revirement du Luxembourg”. Mais sa ministre des Finances a réaffirmé qu’elle “tiendra bon sur son secret bancaire”, tout en montrant du doigt le Royaume-Uni et “ses nombreux paradis fiscaux”.»

Le Monde
Londres, la mère de tous les paradis? Selon Tax Justice Network, une ONG phare dans la lutte contre les paradis fiscaux, la City, «premier paradis fiscal au monde, se trouve au centre d’une toile d’araignée où rayonnent des paradis fiscaux “offshore” (extraterritoriaux), ces territoires de la Couronne ou anciennes colonies, dont le nom est passé dans l’histoire de la finance de l’ombre: îles Caïman, îles anglo-normandes, île de Man, îles Vierges britanniques, Gibraltar, les Bermudes, Hongkong, l’Irlande, Dubaï...». L’argent collecté est géré par les établissements financiers installés dans la capitale britannique. Ce qui totaliserait «3.200 milliards de dollars (2 456 milliards d’euros) de dépôts offshore, soit 55% du total mondial».

Les Échos
Mais pas besoin d’avoir la City dans la manche: «À côté de quelques archipels exotiques, on trouve bien souvent des pays européens. Nombre de montages passent par exemple par la Belgique, notamment pour des opérations de financement. Parfois, les entreprises cherchent un régime juridique qui n’existe pas dans le pays de leur siège. Ainsi, pendant longtemps, la France n’avait pas de fiducie et les entreprises créaient des trusts au Liechtenstein.» «Dans un monde ouvert, la fiscalité est un enjeu, mais ce n’est pas le seul, poursuit le directeur fiscal. La logique est toujours celle de rester compétitif. Toutes les grandes entreprises d’un même secteur finissent par afficher des taux effectifs d’imposition globale à peu près comparables.» À cet égard, la France n’est d’ailleurs pas forcément toujours la moins-disante. «Il est par exemple plus facile de liquider une société en France qu’ailleurs», constate un expert. Au Paradis, on vous entend moins crier.

Le Nouvel Économiste
Pour gagner le paradis est nécessaire «une vision sans foi ni loi, aux antipodes du sacro-saint consentement à l’impôt –gage d’un vivre-ensemble civilisé. Et une approche totalement cynique que les libéraux les plus conséquents –ceux qui n’entendent pas faire fi de la réalité des comportements d’agents économiques guidés par la recherche de leurs intérêts– assument complètement. Sur une telle ligne d’optimisation fiscale, le fil est tout tracé». La formule magique: «Travailler à Londres, préparer sa succession en Belgique, mourir en Suisse.» Un destin européen?

FO Hebdo - Avril 2013

RETRAITE, LE PEU D’AVENIR DE LA FEMME

PRESSE - COMMUNICATION

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RETRAITE, LE PEU D’AVENIR DE LA FEMME

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a installé, le 27 février, la commission

chargée de réfléchir, d’ici au mois de juin, à l’élaboration d’une nouvelle réforme du système des retraites, alors que l’Insee vient de publier son bilan démographique 2012, révélant une baisse de l’espérance de vie des femmes. Peu avant la Journée de la femme…

La Gazette des communes
«Les femmes sont majoritaires parmi les allocataires du revenu de solidarité active (RSA), dont elles représentent 57% des bénéficiaires en 2010. Ces situations précaires, qui se pérennisent, accentuent les écarts entre les pensions de retraite des femmes et des hommes.»

Challenges
«Cinq femmes et cinq hommes qui ont une centaine de jours pour plancher sur l’avenir de notre système de retraites. Un scénario de téléréalité pour Arte? Non, la nouvelle commission installée mercredi 27 février par le Premier ministre pour formuler des pistes de réforme. La moitié sont des hauts fonctionnaires experts de la protection sociale.» La commission affiche sa parité, mais est-elle dans la réalité?

Le Figaro
Un député de la majorité présidentielle a «reconnu la semaine dernière, dans les couloirs de l’Assemblée, que la “biologie” incitait à “se poser la question de la durée de cotisation. Je vois des gens qui auront passé plus de temps en retraite que dans la vie active. C’est une situation qui ne peut pas perdurer”, ajoutait-il». Quant au ministre du Budget, il “a enfoncé le clou” (du cercueil?) le lendemain, «parlant même de “consensus”: “L’allongement de l’espérance de vie doit se partager entre temps travaillé et temps retraité.” Un député PS influent estime que la réforme des retraites, même si elle est “brutale”, pourrait néanmoins être approuvée sans trop de heurts». Dans la tombe, on ne vous entend pas crier.

Le Télégramme
«Le grand nombre de décès observé l’an dernier explique qu’en 2012 l’espérance de vie a stagné pour les hommes (78,4 ans) et même diminué de deux mois pour les femmes (84,8 ans). Comme avec la canicule en 2003, c’est un accident, pas une rupture de tendance, assure toutefois Pascale Breuil, chef de l’unité des études démographiques et sociales de l’Insee.» Il y en a quand même beaucoup qui sont au bord de la rupture.

Ouest-France
«En Bretagne, les femmes représentent 57% des personnes seules vivant sous le seuil de pauvreté et 84% des parents de familles monoparentales.» Et quand sonnera l’heure de la retraite?

Le Nouvel Observateur
«En 2008, la retraite moyenne mensuelle des femmes s’élevait à 833 euros (hors pensions de réversion versées aux veuves) contre 1.743 euros pour les hommes. Les femmes partent à la retraite en moyenne plus tard que les hommes (61,8 ans pour les femmes, contre 61,4 ans pour les hommes en 2009).» L’avenir ne s’annonce pas rose.

FO Hebdo - Mars 2013

LE G20 DEVISE, LA FRANCE DÉVISSE

PRESSE - COMMUNICATION

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Le sommet des ministres des Finances et des gouverneurs de banque centrale du G20, soit les vingt puissances économiques les plus «avancées» du monde, s’est tenu à Moscou, les 15 et 16 février derniers, sur fond d’inquiétude des pays émergents soucieux des ralentissements économiques dans les pays de l’Union européenne, dont la France, qui a enregistré une croissance nulle en 2012. Un zéro pointé par les médias.

Paris-Match
«La panne est plus importante que prévu. Alors que le gouvernement tablait sur une croissance de 0,3% pour l’année 2012, les chiffres de l’Insee publiés jeudi (14 février) sont venus mettre à mal ses espérances. Selon l’Institut, la croissance française en 2012 a été en moyenne nulle.» Le zéro est arrivé...

Le Républicain Lorrain
Bref, «notre économie est à l’arrêt, très loin donc de l’accélération espérée. Mais elle n’est pas seule dans ce cas. L’économie allemande ralentit, reculant même au dernier trimestre (-0,6%). Les Pays-Bas sont en récession (les deux derniers trimestres en négatif), l’Italie ne va pas mieux (-0,9%)». En voyant le bon côté des choses «ce peut être aussi une bonne nouvelle, si l’Allemagne et les Pays-Bas, volontiers donneurs de leçons de rigueur aux autres pays, en subissent à leur tour les atteintes, et en viennent à amender leur politique économique».

Le Figaro
«Car, dans une économie mondialisée, la croissance négative qu’ont connue au dernier trimestre 2012 le Japon, les États-Unis et l’Union européenne freine celle des grands pays émergents, Brésil, Russie, Inde, Indonésie, Chine et Afrique du Sud, tous membres du club du G20. Dans ce contexte, l’orthodoxie budgétaire défendue par l’Allemagne compte de moins en moins de gardiens zélés.» Moins zélés peut-être, mais gardiens toujours.

Nord-Éclair
En effet, «dans une lettre adressée aux ministres des Finances de l’UE, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a rappelé qu’un délai pouvait être accordé à un pays pour corriger son déficit excessif en cas de détérioration de la croissance». «À condition qu’il ait fourni comme convenu les efforts budgétaires demandés, a-t-il cependant ajouté.»

Les Échos
«Or en révisant aussi la prévision d’une croissance à 2% pour 2014 (Bruxelles table sur 1,2%), atteindre la cible des 3% de déficit, même avec un an de retard, pourrait impliquer de durcir le plan de redressement prévu jusque-là. La France n’en a pas fini avec les 3%.» Toujours ce fameux chiffre de rigueur...

Le Progrès
Et «c’est ainsi que pourrait être accélérée la réforme des retraites, engagée la réforme des allocations familiales, durcie la réforme de la formation professionnelle, voire ouverte la réforme de l’assurance-maladie –toujours, bien sûr, avec l’objectif de réduire les dépenses. Moralité: l’objectif bouge, la rigueur demeure». Et l’on sait qu’il peut y avoir péril en la demeure.

FO Hebdo - Février 2013

 

LE PÈRE AUSTÈRE S’INVITE À NOËL

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LE PÈRE AUSTÈRE S’INVITE À NOËL

Malgré les annonces optimistes de spécialistes du marketing, le Noël 2012 des Français s’annonce sous le signe de la rigueur. La presse a noté le couvercle pesant de l’austérité sur la période qui précède les fêtes de cette fin d’année 2012.

Le Figaro
Même le Téléthon fait grise mine. «La courbe des audiences du Téléthon épouse malheureusement celle de la baisse des dons. Cette année, un peu plus de 80 millions d’euros ont été récoltés, contre 85 millions l’an dernier et 84 millions d’euros l’année précédente.» À quand un Téléthon pour aider les donateurs?

Ouest-France
Deux jours avant le marathon caritatif télévisé, on sait déjà que «53% des donateurs prévoient de donner moins ou plus du tout. C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé en octobre: 31% envisageraient de diminuer leurs dons et 22% projetteraient de ne plus en faire». Un bon nombre de Français n’ayant plus les moyens de se soigner eux-mêmes, la baisse des dons était un peu à prévoir.

20 minutes
Inversement, «la Bourse de Paris s’oriente vers une belle fin d’année». Après avoir «établi un nouveau record de l’année, elle devrait poursuivre sur cette tendance à l’approche de la fin d’année, grâce à des investisseurs qui retrouvent le goût du risque». Pour ceux qu’elle a précipités dans l’austérité, ça ne risque pas de s’orienter au beau fixe...

Le Monde
«Semaine après semaine, les professionnels scrutent les chiffres, et ils s’inquiètent. Les Français auraient dû commencer leurs achats de jouets pour Noël et, jusqu’à présent, c’est loin d’être la ruée.» Comme une atmosphère austère dans l’air...

L’Indépendant
Inversement, les foires aux jouets et autres brocantes et trocs se multiplient; Ainsi à Mirepeisset (Aude): «Une nouvelle fois, la 4e bourse aux jouets a tenu toutes ses promesses. Comme d’habitude, les parents d’élèves de l’école publique Condorcet avaient bien préparé ce marché.»
Système D contre système capitaliste.

Le Journal de Saône-et-Loire
«Depuis plusieurs années, la tendance est à la seconde vie du jouet. Attirés par des prix très réduits permettant de diversifier les jeux d’éveil, certains parents sont également motivés par le développement durable.» D’une pierre deux coups.

La République du Centre
Question empreinte carbone, on laisse les gondoles à Venise: «D’après un sondage Ipsos pour Femme Actuelle, à paraître dans le prochain numéro du magazine, 84% des Français célébreront Noël en famille. Pas question de faire l’impasse sur Noël et le réveillon du nouvel an, pour 88% de Français. Cette époque de l’année s’affirme toujours comme un moment propice aux retrouvailles avec la famille. Cela dit, 39% de sondés se passeraient bien de revoir certains invités, particulièrement les cousins et cousines, oncles et tantes (16%).» Malheureusement, le père austère, lui, sera de la partie: il s’est invité en force.

FO Hebdo - Décembre 2012

UNION EUROPÉENNE CONTRE L’AUSTÉRITÉ

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UNION EUROPÉENNE CONTRE L’AUSTÉRITÉ


Pour dénoncer les politiques d’austérité appliquées dans l’Union européenne, manifestations, grèves et mobilisations diverses ont eu lieu dans plusieurs pays d’Europe, le même jour, 14 novembre, mobilisant quelques colonnes dans la presse française.

Les Échos
«Ce 14 novembre, décrété journée européenne contre l’austérité, a fédéré les mécontentements en Europe: grèves générales en Espagne et au Portugal, arrêts de travail en Italie et en Grèce, manifestations dans d’autres pays comme la France ou l’Allemagne. Des manifestations qui ont parfois donné lieu à des débordements.» La coupe est-elle pleine?

Le Républicain Lorrain
En tout cas, ça bout: «Élan européen contre l’austérité. De Rome à Londres, plusieurs millions d’Européens sont descendus dans la rue à l’occasion de la journée européenne contre l’austérité. Le mouvement a été particulièrement suivi dans les pays du Sud, soumis depuis plusieurs mois à des cures de rigueur sans précédent.» Un élan important «selon les syndicats espagnols, le mouvement a été suivi par plus de trois salariés sur quatre et le Portugal n’avait quasiment pas connu une mobilisation aussi massive depuis la révolution des Œillets».

La Voix du Nord
Les forces de l’ordre n’ont lancé ni œillets ni autres fleurs: «Dans le centre de Madrid, la police anti-émeutes a dispersé des centaines de manifestants à coups de matraque, tirant en l’air des balles en caoutchouc», tandis qu’au Portugal elle «a chargé à coups de matraque devant le Parlement à Lisbonne».

Le Figaro
Trois jours après, des policiers ont battu le pavé à Madrid avec des intentions autres: «Venus de toute l’Espagne en cars, environ 5 000 policiers ont défilé au centre de Madrid pour dénoncer les baisses de salaires et d’effectifs dans la police, comme dans l’éducation et la santé. “Citoyens, nous vous demandons pardon pour ne pas arrêter les vrais responsables de cette crise: les banquiers et les politiques”, proclamait une banderole.»

Le Parisien
Si eux vont bien, ce n’est pas le cas de la Santé: «Contre les privatisations et les coupes budgétaires, une “marée blanche” de dizaines de milliers de médecins, infirmières et personnels des hôpitaux a envahi dimanche les rues de Madrid», aux cris de «santé publique», «la santé est un droit, nous allons lutter».

L’Express
Et certains Diafoirus de s’inquiéter des doses de cheval: «Même les experts du FMI, habitués à proposer une dose d’austérité en guise de remède, admettent que l’Europe va trop loin. Dans un rapport récent, l’institution redoute que l’austérité en cours dans les pays de la périphérie de la zone euro (Grèce, Portugal, Espagne)» ne devienne «politiquement et socialement intenable». Difficile de pratiquer des saignées sur des anémiés.

FO Hebdo - Novembre 2012

IBÈRES CONTRE AUSTÈRES

PRESSE - COMMUNICATION

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IBÈRES CONTRE AUSTÈRES


Au Portugal et en Espagne, les manifestations se poursuivent contre les politiques gouvernementales d’austérité particulièrement drastiques.

Le Figaro
«Les mesures de rigueur suscitent des protestations massives dans la péninsule ibérique.» Ainsi, en «Espagne et au Portugal, des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi soir (29 septembre) pour dénoncer les coupes budgétaires». Au Portugal, à Lisbonne, «une marée humaine a envahi la place Terreiro do Paço. Les organisateurs ont dénoncé «le vol des salaires, des retraites et les réformes». Le leader de la CGTP, la première centrale du pays, a annoncé «une grande grève générale avant la fin de l’année», tandis qu’en Espagne, les grands syndicats espagnols, UGT et CCOO, «envisagent à présent une journée de grève générale pour le 14 novembre, qui pourrait coïncider avec une action semblable au Portugal».

20 minutes
«Dans le cortège aussi, des jeunes avec une pancarte “J’ai un emploi poubelle”: ils sont parmi les premières victimes de la crise, avec un chômage à plus de 53% chez les moins de 25 ans. “La situation des jeunes en Espagne est terrible, pour une seule raison: ici, il n’y a aucun avenir pour nous, nous sommes obligés d’émigrer, de quitter l’Espagne pour trouver du travail”, explique Alex Martin, 27 ans, responsable de la jeunesse du syndicat UGT.»

Le Parisien
Du travail autre que le plus vieux métier du monde. Pourtant, il existe des cours de formation professionnelle à la prostitution: «Alors que le pays affiche 25% de chômage, ces formations d’un genre nouveau apparaissent, avec à la clé de l’argent facile et immédiat. Pour 100 euros, hommes et femmes reçoivent deux heures par jour de cours théoriques et pratiques pendant une semaine par des professionnels. Seuls prérequis: être majeur, ne pas être timide et avoir une bonne prestance. Dans ce cas, l’affiche promet “une insertion immédiate”.»

Le Nouvel Observateur
Les grandes sociétés espagnoles sont, elles, déjà à l’étranger: «En 2010, 30 des 35 sociétés de l’indice phare de la Bourse de Madrid avaient des filiales dans des pays considérés comme des paradis fiscaux, selon le dernier rapport de l’Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises.» Le courant des «eaux glacées du calcul égoïste» mène à des destinations exotiques... Bref, «l’optimisation fiscale des entreprises plombe le budget». Pourtant «les grandes entreprises paient de moins en moins d’impôts. Leurs bénéfices n’ont pas diminué au même rythme que leurs contributions fiscales», constate Carlos Cruzado, président du syndicat GESTHA du Trésor espagnol. Résultat, selon les chiffres 2011 du fisc espagnol, «les sociétés paient proportionnellement moins d’impôts en Espagne que les particuliers, soit 11,6% du total de leurs bénéfices contre 12,4% pour les ménages». Le soleil de plomb ne brille pas de la même façon pour tout le monde.

FO Hebdo - Octobre 2012

SOUS LE BUDGET, LA DISCIPLINE

PRESSE - COMMUNICATION

Voix de presse

SOUS LE BUDGET, LA DISCIPLINE


L’objectif de réduction du déficit public à 3% du PIB, pour satisfaire au pacte européen de stabilité, a été fixé à fin 2013, a annoncé le chef de l’État lors d’une interview télévisée, dimanche 9 septembre. Il confirme ce qu’il avait annoncé 48 heures auparavant devant la Cour des comptes et présente un «agenda de redressement». Rigoureux, estime la presse:

20 minutes
«Le chef de l’État s’est donné deux ans pour redresser la France et a détaillé plusieurs mesures fiscales lors du JT de 20h de TF1, dimanche soir.» Au programme, «le plus important effort depuis trente ans. Le président de la République avait annoncé la couleur dès vendredi. Après son intervention de vingt-cinq minutes, dimanche soir sur TF1, les Français savent désormais à quoi s’attendre pour 2013».

Le Figaro
Rien de moins qu’un effort de 30 milliards d’euros «dont 10 milliards de réduction des dépenses publiques», car «François Hollande maintient, malgré la crise, le cap de la rigueur budgétaire». Mais qui est à la barre?

Les Échos
«Les magistrats de la Cour des comptes n’ont pas boudé leur plaisir» en voyant leurs «prérogatives élargies. Avec la création du Haut Conseil des finances publiques, d’abord, qui sera adossé à la Cour (Les Échos du 7 septembre). Avec des missions de certification des comptes élargies aux hôpitaux et aux collectivités ensuite». Si ce n’est pas une mise sous tutelle comptable du pays, cela y ressemble...

La Voix du Nord
Devant la Cour des comptes, «son corps d’origine», le chef de l’État a souligné que ce Haut Conseil serait créé «pour “assurer le suivi” de la politique budgétaire du gouvernement», et que «cette autorité incontestable est prévue par le traité européen de discipline budgétaire». Incontestable?

Journal du Dimanche
D’ailleurs, «cette nouvelle institution ne fait pas l’unanimité». On pointe que, déjà, «l’Assemblée nationale et le Sénat ont, entre autres, pour mission d’étudier, d’amender et de voter le projet de loi de finances présenté chaque année par l’exécutif». Et certains de souligner que «cette nouvelle instance symbolise la dépossession du Parlement de sa souveraineté budgétaire voulue par l’Europe».

Libération
Ainsi, «cette institution parfaitement indépendante aura la possibilité de rendre de facto inconstitutionnels les budgets préparés par le gouvernement s’ils lui paraissent non conformes à la situation économique et s’écartent des objectifs de réduction du déficit public votés par le Parlement». Et on peut légitimement se poser la question: «La Cour plus puissante que le Parlement?» Et qui est souverain?

FO Hebdo - Septembre 2012

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