Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière (FO), a prévenu vendredi que son syndicat ne signerait pas un pacte de responsabilité qui «servirait à instrumentaliser les syndicats».

Jean-Claude Mailly le 25 novembre 2013 à Matignon à Paris (Photo Fred Dufour. AFP)«Si un des objectifs du pacte de responsabilité, c’est de dire +on va signer un grand compromis historique d’union nationale, patronat-syndicats-Parlement etc.+, moi je dis: Force Ouvrière gardera sa liberté», a déclaré M. Mailly sur RFI.

«Nous participerons aux discussions mais il n’est aucunement question qu’on soit signataires d’un pacte qui engagerait tout le monde, qui serait anesthésiant et qui servirait à instrumentaliser les syndicats», a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé jeudi qu’il recevrait les partenaires sociaux le 27 janvier dans le cadre de la mise en oeuvre du pacte de responsabilité développé par François Hollande mardi lors de sa conférence de presse.

M. Mailly s’est dit «plus que sceptique» sur la possibilité de baisser le coût du travail en contrepartie d’embauches. «Là tout est focalisé sur le coût du travail, cette logique là elle est dangereuse, c’est une logique de dumping social», a-t-il estimé.

«Comment voulez-vous qu’on puisse imposer à toute entreprise, quelle qu’elle soit, à partir d’un allègement de cotisations patronales, qu’elle doive embaucher? Ca n’existe pas, c’est un leurre, de la même manière qu’on ne peut pas les obliger à augmenter les rémunérations», a-t-il ajouté.

«Donc je n’y crois pas, c’est un signe donné aux marchés financiers plus qu’autre chose».

Selon lui, le président de la République «donne les clés du camion au patronat et il dit aux syndicats: +vous montez dans la remorque+». François Hollande est dans la «même logique économique, avec des nuances», que son prédécesseur Nicolas Sarkozy, a également estimé le numéro un de FO.

«On peut considérer qu’il va plus loin», a-t-il ajouté, soulignant que le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (Cice) était «financé en partie par une augmentation de la TVA, ce qu’ils ne voulaient pas quand ils étaient dans l’opposition, et (que) l’allègement du coût du travail était aussi dans le programme de l’autre candidat».

AFP