Maire de Chauny

Marcel Lalonde, Maire de Chauny - Arkema, hôpital : « Il faut se battre »

Arkema, hôpital : « Il faut se battre »

marcel-lalonde-septembre-2013-aisne-nouvelle.jpgCHAUNY - Fermeture annoncée d’Arkema, difficultés financières du centre hospitalier, élections municipales : Marcel Lalonde nous livre ses sentiments sur les sujets brûlants de la rentrée. Entretien sans langue de bois avec le maire de Chauny.

Il y a une semaine, nous apprenions la fermeture prochaine du site Arkema. Comment avez-vous réagi à cette décision ?
Il y a quelques années, on aurait peut-être été moins surpris car le site a connu une baisse importante de ses effectifs ; on avait l'impression que ça s'était stabilisé… Mais là, personne ne s'y attendait vraiment. C'est dramatique pour les salariés.

Dans quel état d'esprit êtes-vous ?
Je veux rester serein dans les mots surtout quand on voit ce qui s'est passé avec la réindustrialisation du site Nexans : pour l'instant, il n'y a rien. Je ne sais pas ce qui va être dit au comité d'entreprise d'Arkema mais je pense que le groupe va proposer un reclassement à tout le monde ; après, chacun se positionnera. J'ai plus confiance au groupe Arkema qu'en celui de Nexans. Ce n'est pas la même approche.

Qu'attendez-vous des pouvoirs publics ?
Je suppose qu'il y aura la même procédure qu'avec Nexans. Dès que j'ai eu connaissance de la fermeture du site de Chauny, j'ai écrit au nouveau préfet de l'Aisne pour lui demander la tenue d'une réunion associant les différents acteurs et partenaires afin que des mesures sociales en adéquation avec les difficultés du bassin d'emploi soient mises en place.
J'ai aussi adressé un courrier à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement, et Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, pour solliciter leur soutien et leur appui.

Votre quatrième mandat en tant que maire va être marqué par les fermetures d'Essex, Nexans et Arkema. Quelle est votre responsabilité ?
Si un député ou un conseiller général ne peuvent pas empêcher des fermetures, c'est la même chose pour un maire. Et puis, la politique des grands groupes ne se décide pas ici. Le rôle du maire est de donner tous les moyens pour que des gens viennent s'installer sur son territoire. Transformer la ville, c'est la responsabilité du maire ; au niveau des emplois industriels, c'est autre chose.

Vos moyens d'action sont donc limités…
Si le maire avait des pouvoirs, il n'accepterait pas ça, des suppressions d'emploi sur sa ville. Je me répète mais pour moi, une municipalité ou une communauté de communes, quand elle a la compétence économique (ce qui est le cas pour Chauny-Tergnier), doit donner des éléments de possibilité.

L'autre sujet préoccupant concerne les finances du centre hospitalier. Quelle est votre opinion ?
Par rapport à Arkema, c'est tout à fait différent. En fait, c'est l'histoire des hôpitaux, la grande majorité étant déficitaire. Il faut bien se mettre dans la tête que Chauny ne peut être qu'un hôpital complémentaire à celui de Saint-Quentin. En tant qu'ancien président du conseil d'administration et actuel président du conseil de surveillance, je n'ai jamais cherché autre chose.
Il faut parvenir à trouver des accords sur des spécialités, avoir des docteurs de Saint-Quentin qui viennent quelques heures à Chauny, et inversement.

Des syndicalistes attribuent la perte d'activités de l'hôpital de Chauny à une image ternie. Qu'en pensez-vous ?
L'image de marque d'un hôpital se fait par la qualité des praticiens d'où la nécessité d'avoir de bons docteurs. A Chauny, nous avons la chance d'avoir un personnel de qualité. Pour tout vous dire, je ne suis pas pessimiste concernant le centre hospitalier. Les problèmes de trésorerie ce n'est pas nouveau, il y en avait déjà à l'époque de mon prédécesseur (Ndlr. : Yves Brinon, avant 1989).

Toujours est-il que la situation sociale a de quoi inquiéter. Que répondez-vous à ceux qui pensent que Chauny est ou va devenir une ville morte ?
Ce n'est pas l'impression que j'ai. Et ce n'est pas ce qu'on me dit. Si Chauny est une ville morte, que dire de Tergnier et La Fère… Le contexte économique est difficile mais il y a tout le reste : nous avons de nombreuses PME, notre milieu associatif est riche. Je rappelle aussi que Chauny dispose d'installations sportives et culturelles de qualité, dignes d'une ville de 30 000/40 000 habitants.
Cela ne sert à rien de pleurer éternellement. Après, il faut se réveiller, agir et se battre. Ce qu'on perd d'un côté, il faut le regagner de l'autre.

Existe-t-il encore, selon vous, des raisons d'espérer même si le taux de chômage du bassin d'emploi avoisine les 16 % ?
Dans la vie, il y a toujours des raisons d'espérer. Il faut faire face aux difficultés. On parle des suppressions mais il y a aussi des créations. Regardez notre zone nord - la ZAC l'Univers -, elle est pratiquement remplie.

Est-ce que ces difficultés pourraient vous inciter à renoncer aux municipales de mars 2014 ?
Au contraire, ça me donne envie de faire un dernier combat. Arrêter, ce serait une fuite en avant.

Ludovic QUILLET

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