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Le Portugal passe sous les fourches d'or

Voix de presse

 PRESSE - COMMUNICATION

Voix de presse

Le Portugal passe sous les fourches d'or


Le pacte budgétaire européen ou Traité de stabililé, de coordination et de gouvernance (TSCG) a été ratifié, vendredi 13 avril, par le Parlement portugais, qui a également avalisé le Mécanisme européen de stabilité (MES), fonds financier de soutien aux pays de la zone euro en difficulté.

LIBÉRATION

Il faut dire que le Portugal n’est guère en mesure de refuser après avoir « dû demanderer mai 2011, après la Grèce et l’Irlande, une aide exceptionnelle de l’UE et du FMI, en échange d’un prêt sur trois ans de 78 milliards d’euros, il s’est engagé à mettre en œuvre un vaste plan de réformes, marqué par une austérité sans précédent ».

Le Nouvel Observateur

« La mise en oeuvre de reformes dites « structurelles », notamment celles destinées à améliorer la compétitivité du marché du travail, a valu au Portugal des éloges de I'UE et du FMI », et un résultat immédiat : « Les mesures d'austérité ont en effet plongé le pays dans la récession et, selon les prévisions, l'économie portugaise devrait se contracter cette année de plus de 3% du PIB tandis que le chômage devrait dépasser le taux de 14%. »

Le Républicain Lorrain

Des recettes éprouvées en Grèce: « Le taux de chômage de la Grèce a atteint 21,8% en janvier,, a annoncé, le 12 avril, l'Autorité grecque des statistiques. « Quelque 345000 personnes ont perdu leur emploi entre janvier 2011 et janvier 2012, soit près de 1 000 par jour. » Et « la Grèce reste engluée dans la récession pour la cinquième année consécutive, une situation largement imputable à la cure d'austérité draconienne imposée en contrepartie des plans d'aide internationaux accordés au pays ».

La Nouvelle République

« Signé le 2 mars à Bruxelles par 25 pays membres de l'Union européenne, le pacte commencera à s'appliquer dès que douze Etats l'auront ratifié. Témoins de la controverse qu'il a suscitée, la Grande-Bretagne et la République tchèque ont choisi de rester en dehors, tandis que l'Irlande a décidé de le soumettre à un référendum. »

Le figaro

D'où un geste de Bruxelles: l’Irlande « devait rembourser 3,06 milliards d'euros à la fin mars. Mais elle a obtenu de l'Europe le report de cette échéance ». D'autant que « le pays est d'ailleurs retombé en récession: le PIB a reculé de 0,2% au quatrième trimestre après un troisième trimestre aussi dans le rouge. La dette du pays s'élève encore à 108% du PIB. Le taux de chômage affiche 15% de la population active ».

Le Point

« Le traité européen de discipline budgétaire ne va pas résoudre les problèmes, il va les amplifier » a déclaré, à Berlin, Michael Sommer, président de la confédération syndicale allemande (DGB), « en compagnie de dirigeants syndicaux de Belgique, Espagne, France, Grèce, Irlande, Italie, République tchèque et Suède ». lls ont « réclamé un pacte social et de croissance », car « le modèle social européen, élément identitaire indispensable de l'Union européenne, est de plus en plus vidé de sa substance,. Le poids d'une règle d'or gravée dans le marbre pourrait finir de l'écraser.

FO Hebdo – Avril 2012

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière, daté du mercredi 7 mars 2012

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

DEUX TRAITÉS GIGOGNES, NI AMENDABLES NI AMÉNAGEABLES


Lorsqu’un traité international ou européen conduit à modifier la Constitution française, son adoption nécessite une réunion du Congrès (Assemblée nationale et Sénat) ou un référendum.

S’agissant de la mise en place du Mécanisme européen de stabilité (MES), les pouvoirs publics ont considéré qu’une loi permettait de l’adopter, estimant qu’il ne modifiait pas la Constitution.

Pour Force Ouvrière cela n’est pas évident dans la mesure où ce nouveau mécanisme, générant la création d’une nouvelle institution internationale, conduit à un transfert de souveraineté.

Par ailleurs, pour qu’un pays puisse avoir recours demain au MES il faudra qu’il accepte en contrepartie les conditions économiques et sociales imposées et qu’il ait avalisé un second traité, à venir, instaurant notamment le principe de la règle d’or (le TSCG: traité de stabilité, de coordination et de gouvernance).

Traité qui, lui, est reconnu comme devant modifier la Constitution et devant donc faire l’objet d’une ratification par référendum ou au Congrès.

Le premier traité sert en quelque sorte de marchepied au second ou, pour prendre une autre image, c’est le système des tables gigognes.

De fil en aiguille on est en train d’imposer, au nom du dogmatisme budgétaire et du capitalisme libéral, l’austérité partout en Europe avec toutes les conséquences dévastatrices sur le plan économique et social: récession, chômage, accroissement des inégalités et de la pauvreté, remise en cause des droits sociaux et des services publics.

Certains considèrent qu’il faudrait accompagner ces traités (ou les modifier) en y ajoutant des mécanismes de relance. Mais de quoi s’agit-il? Comment peut-on faire de la relance tout en serrant les boulons avec l’austérité? C’est contradictoire, sauf à considérer, comme le dit M. Draghi, président de la BCE, que le modèle social européen est condamné.

Dans cette logique, ce qu’ils appellent mesures pour la relance risque de signifier: déréglementation du marché du travail, remise en cause du CDI, des droits à la retraite, ce qui commence à se pratiquer, au-delà de la Grèce, en Italie, en Espagne ou au Portugal.

Il faut être clair: ces deux traités gigognes ne sont pas amendables ou aménageables: ils doivent être rejetés. C’est pourquoi, s’agissant du MES, nous avons écrit aux parlementaires pour leur demander de ne pas le voter.

C’est pourquoi sur le deuxième traité instaurant l’austérité et la «règle d’or», nous appellerons à voter non en cas de référendum.

Accepter une telle logique, c’est d’ores et déjà annoncer, en France, un super plan d’austérité.

Nous ne l’accepterons pas.

 

FO Hebdo - Mars 2012

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