Organisation internationale du travail

LE NOMBRE DE CHÔMEURS DANS LE MONDE BAT TOUS LES RECORDS

OIT

LE NOMBRE DE CHÔMEURS DANS LE MONDE BAT TOUS LES RECORDS

L’Organisation internationale du travail appelle les gouvernements à «augmenter le revenu disponible et alimenter une consommation plus soutenue».

Jamais le nombre de chômeurs dans le monde n’a été aussi élevé et cela ne fera qu’empirer si les politiques économiques ne changent pas, alerte l’OIT (Organisation internationale du travail) dans son rapport annuel sur les tendances mondiales de l’emploi publié le 22 janvier. Le chômage mondial va dépasser le seuil des 202 millions de personnes en 2013 et battre ainsi le record enregistré en 2009 de 199 millions de chômeurs. On compte aujourd’hui 28 millions de demandeurs d’emploi de plus qu’en 2007, au moment du déclenchement de la crise, et la moitié de ces 28 millions se trouve dans les pays les plus développés. Mais si l’épicentre de la crise se situe dans les économies avancées, celle-ci s’étend maintenant aux pays en voie de développement, souligne l’OIT, y compromettant l’émergence d’une classe moyenne de travailleurs apte à la consommation. La croissance s’est ainsi brutalement ralentie en Chine et en Inde. Sur les quatre millions de personnes qui ont perdu leur emploi en 2012, un quart se trouvait dans les économies avancées et trois quarts dans les autres régions, avec des effets visibles en Asie de l’Est, Asie du Sud et Afrique subsaharienne.

Et si de nombreux commentateurs s’attendent à un redémarrage de l’économie mondiale, insiste l’OIT, la croissance attendue ne sera pas suffisante pour faire rapidement baisser le chômage, d’autant qu’«après une crise bancaire, davantage d’emplois sont détruits et moins de postes créés parce que les mauvais placements d’avant la crise nécessitent du temps pour être corrigés».

«LE PROBLÈME EST PARTICULIÈREMENT GRAVE DANS L’UNION EUROPÉENNE»

La jeunesse est particulièrement affectée par la crise, confirme le rapport. Actuellement, 73,8 millions de jeunes sont demandeurs d’emploi et beaucoup d’entre eux connaissent le chômage de longue durée dès leur arrivée sur le marché du travail, ce qui ne s’était encore jamais produit, pas même lors des précédentes récessions. Aujourd’hui 35% des jeunes chômeurs n’ont pas d’emploi depuis six mois au moins dans les économies développées, contre 28,5% en 2007.

La pauvreté parmi les salariés diminue beaucoup plus lentement qu’avant la crise. Environ 397 millions de travailleurs en activité vivent aujourd’hui dans l’extrême pauvreté et 472 autres millions ne peuvent pas satisfaire régulièrement leurs besoins fondamentaux.

Le verdict de l’OIT est sans appel: «Affaibli par une consommation qui s’essouffle, le marché du travail a de nouveau été frappé par les programmes d’austérité budgétaire dans plusieurs pays, qui ont souvent entraîné des réductions directes en matière d’emploi et de salaires, avec un impact immédiat sur le marché du travail [...]. Le problème est particulièrement grave dans les économies avancées et l’Union européenne.»

L’OIT appelle donc les responsables politiques à «proposer des plans stratégiques plus cohérents et plus prévisibles; des mesures pour augmenter le revenu disponible et alimenter une consommation plus soutenue; la mise en œuvre rapide des réformes financières pour restaurer le secteur bancaire dans ses fonctions premières de soutien à l’investissement et de distribution du crédit, en particulier aux PME qui sont les principaux pourvoyeurs d’emplois». Enfin, l’OIT prône une restructuration de la dette pour les pays les plus affectés par la crise.

FO Hebdo - Février 2013

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L'OIT s'inquiète du phénomène grandissant d' « abandon du marché du travail » par les jeunes (rapport 2012)

OITL'OIT s'inquiète du phénomène grandissant d' « abandon du marché du travail » par les jeunes (rapport 2012)




source : Agence de presse AEF.

L'OIT (Organisation internationale du travail), dans son édition 2012 du « Rapport sur les tendances mondiales de l'emploi des jeunes » publié mardi 22 mai 2012, s'inquiète de l'augmentation du nombre de jeunes sans emploi qui ont « renoncé au marché du travail » et ont « pratiquement cessé de chercher un emploi ». « Découragés par les taux de chômage élevés qui les affectent, de nombreux jeunes ont abandonné leur recherche d'emploi ou ont décidé de la remettre à plus tard, en rallongeant la durée de leurs études », souligne l'OIT, qui organise du 23 au 25 mai à Genève son Forum mondial sur l'emploi des jeunes. Selon l'organisation, « le taux de chômage des jeunes serait d'un point de pourcentage plus élevé s'il intégrait les nombreux jeunes gens qui ont renoncé au marché du travail » : il passerait de 12,6 % au niveau mondial en 2011 à 13,6 %.

« L'abandon du marché du travail provoqué par la crise économique concerne en effet 6,4 millions de jeunes et cela touche plus particulièrement les économies développées et l'Union européenne », ajoute l'OIT. Elle s'inquiète des effets à long terme de cette tendance : « La pression sur les jeunes demandeurs d'emploi va augmenter encore davantage lorsque ces jeunes, qui auront tardé à faire leur entrée sur le marché du travail, redeviendront actifs et recommenceront à chercher un emploi. »


JEUNES « NI AU TRAVAIL NI EN FORMATION »

« Particulièrement préoccupante » est la situation des jeunes qui ne sont « ni au travail ni en formation », poursuit l'OIT. « Cette catégorie a pris de l'ampleur depuis que la crise a éclaté, illustrant le détachement grandissant de la jeunesse vis-à-vis du marché du travail. » Ce groupe, qu'on appelle en anglais les « NEET » (pour « Not in education, employement or training », « ni à l'école, ni en emploi, ni en formation »), « constitue souvent au moins 10 % de la population des jeunes ». Ainsi dans l'Union européenne, 10,9 % des jeunes appartenaient à cette catégorie avant 2008, et ce taux a augmenté de 1,9 point par rapport à son niveau d'avant crise. Ce taux dépasse notamment les 15 % en Bulgarie, Espagne, Irlande, Italie, Lettonie et Roumanie.


Dans les économies développées, ces jeunes « ont tendance à avoir un faible niveau d'instruction, un faible revenu familial ou des origines immigrées », précise le rapport de l'OIT. Par contraste, « les jeunes gens qui reportent leur recherche d'emploi en se maintenant dans le système éducatif, ont tendance à avoir un niveau d'instruction initial plus élevé ».


POLITIQUES PRIORITAIRES

L'OIT comptabilise au total près de 75 millions de jeunes au chômage dans le monde en 2012, soit une augmentation de plus de quatre millions depuis 2007. Dans ce contexte, et alors que « les projections à moyen terme (2012-2016) indiquent peu d'amélioration pour les jeunes sur les marchés du travail », l'organisation internationale estime qu'il faut donner la priorité aux politiques d'emploi des jeunes. L'OITpréconise notamment des « politiques macroéconomiques et de croissance » afin de « contribuer à la création d'emplois », ainsi que des « mesures actives du marché du travail ». Notamment le développement de services publics de l'emploi, de subventions en faveur des salaires et de la formation, ou encore des réductions d'impôts, afin « d'inciter les employeurs à embaucher des jeunes et à remédier à l'excès d'offre de jeunes travailleurs en période de crise ».


Elle invite aussi les pays à développer des programmes visant à « compenser la disparité des compétences techniques chez les jeunes », comme les programmes de formation professionnelle, de réorientation des jeunes « découragés ou sans emploi », la formation sur le lieu de travail, l'amélioration des systèmes d'apprentissage ou encore la formation à l'entrepreneuriat. L'OIT recommande aussi le lancement de « partenariats de grand ampleur » en faveur de l'emploi des jeunes entre les gouvernements, les organisations syndicales et patronales.


L'édition 2012 du « Rapport sur les tendances mondiales de l'emploi des jeunes » est consultable sur le site de l'OIT




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