Philippe PIHET

Actualité Retraites - FO n°69

Éditorial de Philippe Pihet

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En route vers le régime universel de retraite ?

Philippe pihetA l’occasion de la présentation des comptes de la Sécurité sociale par la Commission du même nom, Madame la Ministre a annoncé l’intégration du régime des indépendants (RSI) dans les comptes du régime général, maladie comme vieillesse.

Sur la forme, une première faute politique : le gouvernement ne manque jamais une occasion de mettre en avant le « dialogue social », pierre angulaire de la nouvelle mandature et, à l’en croire, valorisation des « partenaires sociaux ».

Cette décision a été prise sans aucune concertation. À ce propos, il est important de rappeler l’intervention de Madame Touraine qui, lors de la première conférence sociale, faisait bien la différence entre concertation et négociation. Nous n’avions pas manqué, à l’époque, de lui indiquer que la différence nous était connue depuis longtemps. Pour autant, dans concertation, il restait encore - au moins en apparence - un signe, sinon de respect, au moins de reconnaissance des interlocuteurs sociaux dont nous faisons partie.

Sur le fond, et je ne ferai allusion qu’aux régimes de retraite de base, nous assistons à la mise en place des fondations du régime universel. L’intégration des comptes du RSI dans ceux de la CNAV préfigure à l’évidence un changement de conception politique de notre système de protection sociale. Les puristes diraient que nous passons d’un régime « bismarckien » à un régime « beveridgien ». En fait, depuis de nombreuses années, le régime n’était plus financé uniquement par la cotisation : les différents mécanismes de solidarité mis en place au cours des décennies précédentes avaient amené, et c’est logique, des financements basés sur la solidarité nationale.

Mais ce qui est en cause aujourd’hui, c’est toute l’architecture de la protection sociale. Et l’origine de cette remise en cause est inacceptable : au nom de la compétitivité-coût, le MEDEF a obtenu la disparition d’une contribution payée par les plus grandes entreprises : la C3S. Ce nouveau cadeau déséquilibre de près de 15 % le RSI. La solution ? Facile : les salariés paieront !

Alors que la CNAV allait sortir d’un affichage déficitaire, qui peut faire semblant de croire que lui accoler un régime déficitaire ne va pas, in fine, créer les conditions ou conditionner l’opinion publique à l’idée que de nouveaux ajustements sont nécessaires ? En d’autres termes, ce gouvernement prépare une nouvelle « réforme » de la retraite. Les assurances données à ce jour, oralement, sur le fait que « tout sera compensé intégralement » ne peuvent être suffisantes pour contrer l’opposition de FO à cette manipulation. C’est, entre autres, ce que nous dirons à la conférence sociale, que ce soit ou non à l’ordre du jour, que cela plaise ou non.

C’est cela aussi l’indépendance syndicale, c’est Force Ouvrière.

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Actualité Retraites - FO n°69

Lettre Secteur Retraites n°55

Lettre Secteur Retraites n°55

RÉFORME DES RETRAITES

LE SÉNAT REJETTE LE PROJET DE LOI À L’UNANIMITÉ

Le projet de loi «garantissant l'avenir et la justice du système de retraites» a été rejeté à l'unanimité par les sénateurs le mardi 5 novembre 2013 (346 voix contre sur 346 votants). Ils délibéraient sur la version du projet de loi adoptée par l'Assemblée nationale le 15 octobre, la commission des Affaires sociales n'ayant pas adopté le texte. Droite et gauche ont voté contre ce projet qui avait été entièrement transformé au cours du débat, mais pour des raisons diamétralement opposées."Le texte, tel qu'il a été modifié par la droite du Sénat, était devenu inacceptable", a expliqué le président du groupe PS François Rebsamen. En effet, les sénateurs avaient rejeté par voie d'amendements des mesures-phare comme l'allongement de la durée de cotisation pour bénéficier d'une retraite à taux plein ou la mise en place d'un compte pénibilité. Ils avaient également adopté un amendement centriste créant un système de retraite par points. Une commission mixte paritaire devrait se réunir la semaine prochaine. Elle devrait, elle aussi, échouer, ouvrant la voie à une deuxième lecture à l'Assemblée le 19 novembre. Les députés pourront alors modifier le texte, en reprenant éventuellement des amendements qui étaient portés par les sénateurs socialistes. Ces modifications visent en particulier à simplifier la mise en oeuvre du compte pénibilité. Le vote définitif du texte est prévu en décembre. Pour Force Ouvrière, l’allongement de la durée de cotisation, c’est une forme de taxe pour les jeunes. Le gouvernement a reculé sur l’écotaxe, on lui demande de reculer sur cette taxe sur les jeunes. Tant que l’allongement de la durée de cotisation sera inscrit dans le texte, la réforme restera inacceptable et intolérable.

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RETRAITE: LA DURÉE DE COTISATION POUR LA GÉNÉRATION 1957 DEVRAIT RESTER FIXÉE À 166 TRIMESTRES

Lettre Secteur Retraites n°54

RETRAITE

LA DURÉE DE COTISATION POUR LA GÉNÉRATION 1957 DEVRAIT RESTER FIXÉE À 166 TRIMESTRES

En application de la loi du 9 novembre 2010, le Conseil d'orientation des retraites (COR) doit rendre chaque année un avis technique pour déterminer la durée d’assurance nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein pour les assurés qui auront 60 ans dans quatre ans. Le COR a rendu son avis technique sur la durée d'assurance requise pour la génération 1957, une durée qui resterait inchangée, soit 41,5 ans (166 trimestres), par rapport à la génération 1955 et 1956. Le gouvernement a confirmé récemment ces chiffres. Il prendra un décret d’ici à la fin de l’année. A noter que le projet de réforme des retraites de 2013 prévoit de supprimer cette procédure puisque la loi fixerait directement cette durée à partir de la génération 1958.

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Lettre Secteur Retraites n°54

Lettre Secteur Retraites n°54

RÉFORME DES RETRAITES: FO MAINTIENT LA PRESSION.

Le 15 octobre 2013, les députés ont adopté en première lecture le projet de loi garantissant l'avenir et la justice du système de retraites, par 270 voix contre 249. L'UMP, l'UDI et le Front de gauche ont voté contre, tandis que les écologistes, les radicaux de gauche et 17 députés socialistes se sont abstenus. Dès le début des débats, FO lançait une adresse/pétition aux parlementaires pour rappeler son opposition au projet de loi sur les retraites. Le 15 octobre, 15.000 personnes dont plus de 8.000 militants de Force Ouvrière manifestaient à Paris, Place de la Concorde, pour dénoncer «la retraite au Flanby». Le texte sera discuté au Sénat à partir du 28 octobre. Un rassemblement aura lieu devant le sénat le mercredi 30 octobre 2013 à l’initiative de l’URIF-FO et de l’URIF-CGT.

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Lettre Secteur Retraites n°53

RÉFORME DES RETRAITES

À L’ASSEMBLÉE LE 15 OCTOBRE!

Le mardi 15 octobre 2013 aura lieu le vote solennel du projet de loi de réforme des retraites à l’Assemblée Nationale. C’est le jour qu’à choisi Force Ouvrière pour faire entendre aux députés les revendications des salariés sur les retraites. Cette action prendra la forme d'un rassemblement devant l'Assemblée Nationale et sera composée de délégations des unions départementales et des fédérations nationales. Le point de ralliement FO se fera près du camion «Podium» qui sera situé à l’entrée du pont de la Concorde (rive droite) près de la place de la Concorde (Paris VIIIe), au niveau des ballons de l’URIF-FO et des UDFO d’Ile-de-France. Ce rassemblement national, décidé par notre CCN doit être un succès pour montrer aux députés et au gouvernement la détermination des salariés à défendre leurs droits à la retraite.
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PHILIPPE PIHET: «LA SEULE VÉRITABLE SOLUTION, C’EST L’EMPLOI»

FGTA-FO Magazine n°87

PHILIPPE PIHET: «LA SEULE VÉRITABLE SOLUTION, C’EST L’EMPLOI»

Philippe Pihet est Secrétaire confédéral en charge du secteur retraites et protection sociale complémentaire à la Confédération FO. Il a bien voulu répondre aux questions du FGTA-FO Magazine.

FGTA-FO Magazine: Quels sont les points clefs du projet de réforme que FO rejette?
Philippe Pihet: FO refuse catégoriquement tout allongement de la durée d’activité. La réforme de 2003 étant prorogée, on aboutit à une durée de cotisation de 43 ans pour la génération 1989.
Autrement dit, la retraite, même à 62 ans, n’existe plus. Il y a un autre aspect qui n’est que rarement mis en avant, c’est le comportement «schizophrène» des pouvoirs publics qui d’un côté obligent à une durée d’activité plus longue et de l’autre, cherchent à faire valider des trimestres «gratuits» pour arriver à ces durées plus longues.

FGTA-FO Magazine: L’inégalité entre les régimes de retraites privé/public est-elle un mythe?
Philippe Pihet: Les différents régimes de retraite n’ont pas les mêmes règles de liquidation, et il faut bien reconnaître que la complexité en la matière ne facilite pas l’appropriation par tous de la connaissance sur le sujet. Aujourd’hui, quel que soit le régime de retraite, les durées d’activité sont les mêmes, ainsi que les taux de cotisations salariales. Et les régimes spéciaux sont en phase de rattrapage du régime général. À partir de 2017, tout le monde sera à 41,5 ans, si bien que les âges de départ «anticipé» qui font tant parler seront de plus en plus fictifs. Pour me faire comprendre, il me suffit de poser la question suivante: comment faire pour partir à 57 ans quand il faut 41,5 ans de cotisations?

FGTA-FO Magazine: Dès qu’il s’agit de réformer le système de retraite, on impose la même solution aux français: l’allongement de la durée de cotisation. Cette option est-elle la seule crédible? Quelles alternatives FO peut-elle proposer?
Philippe Pihet: Depuis les mesures de convergence européennes, les gouvernements n’ont plus la liberté de manoeuvre dont ils disposaient auparavant. Cet état a été conforté par la ratification par le Parlement du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, entérinant l’austérité dans la vie de tous les jours, y compris la retraite. L’allongement de la durée de cotisation n’est pas la seule solution «crédible»: la seule véritable solution c’est l’emploi. Avec des carrières moins hachées et un fort taux d’emploi des seniors, une réforme des retraites serait inutile.

FGTA-FO Magazine: Un sondage CSA indique que les français qui soutiennent l’allongement de la durée de cotisation sont les retraités et les jeunes. Avez-vous un message à leur faire passer?
Philippe Pihet: Je reste toujours prudent sur les analyses réalisées à partir des sondages. Un sondage est toujours commandé par quelqu’un, c’est un produit et le client est roi… Il faut avoir à l’esprit que l’échantillon qui a composé ce sondage comportait des personnes de tous âges, donc des retraités, ce qui veut dire que les résultats sont à manipuler avec précaution. J’observe par ailleurs qu’il y a un risque, sur des sujets aussi sensibles, de «monter» les catégories de populations les unes contre les autres.
Je crois que le premier message à faire passer aux jeunes générations, c’est que la retraite par répartition fait partie de l’équilibre social de notre Pays. À FO, nous évoquons la République sociale, la retraite en est un des fleurons.

Propos recueillis par
Carole Desiano et Alexandre Rault

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Actualité Retraites - FO n°66

Actualité Retraites - FO n°66

ON NE PREND PAS LES MÊMES, MAIS ON RECOMMENCE!

Éditorial de Philippe Pihet, Secrétaire confédéral

L'actualité sociale est évidemment tournée vers la «réforme» des retraites: la sixième en vingt ans! Le principal enseignement pourrait se révéler dangereux, à terme, pour la démocratie. Quel que soit le Gouvernement issu des urnes, la recette est la même: allongement de la durée d'activité.

Démocratiquement dangereux, socialement dévastateur, le projet de loi propose aux jeunes générations une durée de cotisations de 43 ans. La justesse de la réforme, comme son équité vantée nous échappent...

Nous vous présentons dans les pages qui suivent l'analyse de la Confédération, je ne développe pas plus avant dans cet éditorial. Les sujets de mécontentement ne manquent malheureusement pas dans notre secteur d'activité confédérale. Le mot fiscalisation est à lui seul révélateur, qu'il s'agisse de la majoration familiale pour avoir élevé trois enfants et plus ou de la contribution patronale au financement des contrats collectifs de complémentaire santé.

Sur ce dernier point, nous avons un différent avec la FNMF qui considère que cela va dans le bon sens. Nous n'avons aucune espèce d'illusion sur la redistribution de cette nouvelle ponction en direction des salariés qui ne sont pas couverts par un contrat collectif. Il ne s'agit que de recettes fiscales supplémentaires dans le cadre de la politique d'austérité suivie par le Gouvernement, dès lors que le Parlement a ratifié le traité européen.

Enfin, dernier sujet de mécontentement, la disparition de la pratique de la désignation dans les accords collectifs, que ce soit en santé ou en prévoyance. La responsabilité finale est bien sûr celle du Conseil Constitutionnel dans sa décision du 13 juin dernier, mais force est de constater que les signataires de l'ANI du 11 janvier 2013 ont ouvert la brèche!

Depuis cette décision, la Confédération travaille au rétablissement du principe essentiel que sous-tendaient ces clauses de désignation: la solidarité entre salariés, autrement dit la mutualisation des risques couverts au niveau de la branche. Selon l'expression, il nous reste de longs et pénibles efforts, mais personne à FO n'aspire au repos en la matière! Avec le concours de nos Fédérations, nous avons pris les contacts pour rétablir les salariés dans leurs droits, au prix le plus ajusté à travers cette mutualisation.

Nous savons qu'en agissant ainsi, nous sommes dans notre rôle de syndicat : défendre les intérêts matériels et moraux de nos mandants, quels que soient les gouvernements en place.
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RÉFORME DES RETRAITES: L'HEURE EST À LA MOBILISATION

Actualité Retraites - FO n°64

RÉFORME DES RETRAITES: L'HEURE EST À LA MOBILISATION

Éditorial de Philippe Pihet, Secrétaire confédéral

Le bouclage de ce 65ème numéro de FO Actualité Retraites intervient au moment où la concertation sur la «réforme» des retraites va prendre forme à travers des rendez vous techniques avec le ministère des affaires sociales. Les mots ont une importance, et il convient de rappeler que concertation n’est pas négociation. Même Madame la Ministre nous l’a rappelé lord de la conférence sociale du mois dernier.

S’il est un point que nous partageons avec le Gouvernement, c’est bien celui là: au syndicat de défendre les intérêts de ses mandants, au politique d’arrêter les mesures qu’il juge devoir prendre.

Nous ne dérogerons pas à nos principes, ni à nos revendications quelle que soit la majorité parlementaire en place. Ainsi nous restons opposés à l’allongement de la durée d’activité. Nous l’avons dit, nous continuerons à le dire et à argumenter, particulièrement en reprenant les statistiques disponibles du régime général. Les salariés qui ont fait liquider leur pension en 2012 ont une durée d’activité de 151 trimestres, en moyenne. Nous ne sommes pas dans le dogmatisme, nous sommes dans la réalité.

Augmenter encore et encore la durée d’activité revient à priver les salariés - et particulièrement les femmes - de la possibilité de demander une liquidation à l’âge légal. Cet allongement revient à augmenter l’âge légal sans le dire. Nous ne laisserons pas faire.

D’autres mesures devraient aussi être retenues, choisies parmi les pistes du rapport de la Commission pour l’avenir des retraites. Parmi celles-ci, des mesures qui n’ont rien à voir avec ladite réforme, je veux parler des mesures fiscales concernant les retraités. Au delà de notre refus de les envisager, il n’y a aucune certitude quant à leur affectation sur les régimes de retraites. La lettre de l’UCR FO reprend en détail nos positions.

Pour l’heure, quatre organisations syndicales, dont FO bien sûr, ont décidé d’une journée nationale d’action interprofessionnelle avec grèves et manifestations le 10 septembre prochain.

Actifs, Chômeurs ou Retraités, cette crise n’est pas la nôtre, ce n’est pas à nous de la payer! Avec nos Unions Départementales et nos Fédérations, mobilisons nous pour refuser ce nouveau versant de l’austérité.

Dans la rue le 10 septembre

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PRÉSIDENT FO DE LA CAISSE DE RETRAITE ARRCO, IL EXPLIQUE POURQUOI SA CONFÉDÉRATION VA SE MOBILISER LE 10 SEPTEMBRE

Retraites - Fausse concertation

PRÉSIDENT FO DE LA CAISSE DE RETRAITE ARRCO, IL EXPLIQUE POURQUOI SA CONFÉDÉRATION VA SE MOBILISER LE 10 SEPTEMBRE

Sud Ouest du 9 juillet 2013 | Interview de Philippe Pihet, Secrétaire confédéral de Force Ouvrière - Secteur Retraites

Que pensez-vous de la concertation qui vient de débuter avec le gouvernement au sujet de la réforme des retraites?
Philippe Pihet: Nous avons dénoncé cette fausse concertation qui commence par l’affirmation qu’il faudra, de toute façon, allonger la durée de cotisation, puisque le gouvernement l’avait déjà décidé et écrit en rédigeant la lettre de mission où il demandait à Yannick Moreau son rapport sur l’avenir des retraites.

Vous y êtes vraiment très opposés?
Philippe Pihet: Elle a évoqué le chiffre de 44 années de cotisation, en appuyant une solution d’accélération de ce qui avait été prévu par la réforme Fillon. Une étude publiée cette année par la Drees [Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques] indique que l’âge moyen de première validation de quatre trimestres, qui marque la véritable entrée dans la vie active, était de 20,8 ans pour la génération née en 1954, et qu’il est passé à 23 ans pour celle qui est née en 1974.
Cela voudrait dire que si le gouvernement retenait la proposition de Mme Moreau qui propose que la génération née en 1975 soit obligée de cotiser quarante-quatre ans, celle-ci serait obligée d’attendre 67 ans pour partir à la retraite avec un taux plein. C’est une manière hypocrite de relever l’âge de la retraite.

Que pensez-vous de la désindexation des pensions évoquée dans le rapport Moreau, alors que vous l’avez acceptée pour les retraites complémentaires?
Philippe Pihet: En signant cet accord au mois de mars, nous avions prévenu le gouvernement que cela ne pouvait pas lui servir d’alibi pour faire de même avec le régime général. Par définition, c’est lui qui sert les plus petites retraites. Aujourd’hui, un salarié qui a cotisé au plafond pendant les vingt-cinq meilleures années de sa carrière touche 1 250 euros de pension mensuelle de base. C’est seulement avec les régimes complémentaires que certains retraités ont pu avoir des revenus qui les ont mis au-dessus du seuil de pauvreté.

Quels sont les points sur lesquels vous ne voulez pas céder?
Philippe Pihet: Il n’est pas question de rapprocher la fonction publique du régime général pour la validation des cotisations. Par exemple, dans la fonction publique territoriale et dans la fonction hospitalière, où les pensions sont servies par la CNRACL, la moitié des retraités touchent entre 700 et 900 euros par mois.
Par ailleurs, Mme Moreau elle-même a reconnu que le taux de remplacement est presque le même entre le secteur privé et la fonction publique.

Êtes-vous favorables à une hausse des cotisations?
Philippe Pihet: Puisque nous sommes dans la seringue de l’austérité, c’est une solution que nous sommes prêts à étudier. Actuellement, le financement des retraites représente 14 points de PIB, alors qu’il en était à quatre points à la fin des années 1960. On sait qu’il manquera 20 milliards en 2020, c’est justement la somme que le gouvernement a accepté de lâcher pour les charges des entreprises.

Qu’a décidé votre conseil exécutif confédéral?
Philippe Pihet: Il a donné mandat à notre bureau pour mobiliser avec les autres syndicats. Hier, nous avons décidé avec la CGT, la FSU et Solidaires de manifester le 10 septembre avant que le projet de loi ne soit finalisé.

Par J.-P. Deroudille (Sud Ouest)
 
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GUIDE CONNAÎTRE SA RETRAITE - FO

RETRAITES

Éditorial de Philippe Pihet, Secrétaire confédéral, Secteur Retraite et Prévoyance sociale

GUIDE CONNAÎTRE SA RETRAITE - FO

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Chers(es) Camarades, la retraite des travailleurs salariés est en constante évolution et les interrogations dont nous sommes et vous êtes l’objet sont nombreuses. Depuis la réforme Balladur de 1993 à la réforme de 2010 en passant par la réforme Fillon de 2003, les textes législatifs et réglementaires se sont succédés et ont bouleversé le paysage.

Du côté des régimes complémentaires ARRCO et AGIRC, des adaptations ont été rendues indispensables pour accompagner ces évolutions ; certaines ont été souhaitées par les partenaires sociaux mais d’autres se sont imposées à eux.

Alors que de nouvelles concertations sur les retraites s’ouvriront en 2013, d’ores et déjà des modifications sont intervenues, tel l’allongement de la durée d’assurance qui a été portée à 166 trimestres en 2017 ou le dispositif de retraite anticipé pour carrière longue assoupli par le décret «Hollande» du 2 juillet 2012. Dans ce paysage mouvementé, il devenait impératif que vous disposiez d’un outil. C’est désormais chose faite.

Ainsi ce fascicule, dont les informations proviennent du GIP Info-Retraite, n’a pas la prétention de figurer au rang des «guides techniques de la retraite» déjà nombreux sur le marché. Notre ambition est de fournir à tous les syndicats un outil retraite, aussi didactique que possible leur permettant de répondre aux préoccupations quotidiennes des salariés. C’est pourquoi vous y trouverez, aussi souvent que nécessaire, des exemples pratiques illustrant les principales règles de droit.

Mieux informés, les militants - et au-delà les travailleurs en général - sauront se mobiliser le moment venu pour sauvegarder les régimes de retraite par répartition, solidaires et égalitaires qu’ils ont contribué à édifier et consolider.

Nous savons pouvoir compter sur votre soutien actif.

 Guide Connaître sa retraite - FO [Lien Direct format PDF]

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