pouvoirs publics

«REPENSER LES MODES D'HABILLEMENT ET INTERDIRE LES PRODUITS TOXIQUES»

Vincent Blanchez de l'Association FO des Consommateurs (AFOC)

«REPENSER LES MODES D'HABILLEMENT ET INTERDIRE LES PRODUITS TOXIQUES»

FO Hebdo: L’AFOC est engagée dans la lutte contre les dégâts sanitaires et environnementaux que provoque l’utilisation de substances chimiques toxiques dans les vêtements et le cuir. Que préconise l’association au niveau des pouvoirs publics?

Vincent Blanchez: Nous demandons un accroissement des contrôles aux frontières pour les produits en provenance de pays extérieurs à l’Union européenne, en donnant aux autorités de contrôle les moyens humains et matériels nécessaires à l’exercice de leurs missions. Nous souhaitons aussi une révision de la législation européenne REACH, afin d’abaisser les seuils de tolérance à la présence de substances chimiques nocives, voire les interdire, notamment les perturbateurs endocriniens qui sont les plus problématiques.

FO Hebdo: Est-il possible d’agir au niveau des entreprises?

Vincent Blanchez: Certaines marques, comme Benetton, Esprit, ou Levis, se sont engagées sur des échéanciers précis pour éliminer les produits incriminés ou pour interdire ou améliorer des pratiques toxiques comme le sablage de jeans, mais ces efforts sont insuffisants et limités au volontariat. Aussi faut-il inscrire ces initiatives dans des dispositifs de certification par une tierce partie indépendante. Il conviendrait aussi de rendre responsables les importateurs et les distributeurs du manquement des productions extra-européennes.

FO Hebdo: Quelles sont les recommandations de l’AFOC en direction des consommateurs?

Vincent Blanchez: Nous leur recommandons de laver systématiquement les vêtements neufs avant usage pour éviter les risques d’irritation liés aux résidus chimiques présents dans les textiles. En cas d’irritation ou de réaction allergique, il convient de se rapprocher de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) et éventuellement du centre antipoison le plus proche du domicile. Il faut aussi adresser un courrier recommandé au magasin ou à la marque responsable de vos ennuis. Plus largement, il convient de repenser les modes d’habillement. Il s’agit de valoriser les filières textiles éthiques et sans produits chimiques, via des labels de qualité –tels que l’Ecolabel européen, Oeko-Tex ou Demeter– et de privilégier les circuits d’échange court. L’AFOC milite pour une relocalisation de la fabrication en France.

                                      FO Hebdo - Juin 2013

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière, daté du mercredi 7 mars 2012

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

DEUX TRAITÉS GIGOGNES, NI AMENDABLES NI AMÉNAGEABLES


Lorsqu’un traité international ou européen conduit à modifier la Constitution française, son adoption nécessite une réunion du Congrès (Assemblée nationale et Sénat) ou un référendum.

S’agissant de la mise en place du Mécanisme européen de stabilité (MES), les pouvoirs publics ont considéré qu’une loi permettait de l’adopter, estimant qu’il ne modifiait pas la Constitution.

Pour Force Ouvrière cela n’est pas évident dans la mesure où ce nouveau mécanisme, générant la création d’une nouvelle institution internationale, conduit à un transfert de souveraineté.

Par ailleurs, pour qu’un pays puisse avoir recours demain au MES il faudra qu’il accepte en contrepartie les conditions économiques et sociales imposées et qu’il ait avalisé un second traité, à venir, instaurant notamment le principe de la règle d’or (le TSCG: traité de stabilité, de coordination et de gouvernance).

Traité qui, lui, est reconnu comme devant modifier la Constitution et devant donc faire l’objet d’une ratification par référendum ou au Congrès.

Le premier traité sert en quelque sorte de marchepied au second ou, pour prendre une autre image, c’est le système des tables gigognes.

De fil en aiguille on est en train d’imposer, au nom du dogmatisme budgétaire et du capitalisme libéral, l’austérité partout en Europe avec toutes les conséquences dévastatrices sur le plan économique et social: récession, chômage, accroissement des inégalités et de la pauvreté, remise en cause des droits sociaux et des services publics.

Certains considèrent qu’il faudrait accompagner ces traités (ou les modifier) en y ajoutant des mécanismes de relance. Mais de quoi s’agit-il? Comment peut-on faire de la relance tout en serrant les boulons avec l’austérité? C’est contradictoire, sauf à considérer, comme le dit M. Draghi, président de la BCE, que le modèle social européen est condamné.

Dans cette logique, ce qu’ils appellent mesures pour la relance risque de signifier: déréglementation du marché du travail, remise en cause du CDI, des droits à la retraite, ce qui commence à se pratiquer, au-delà de la Grèce, en Italie, en Espagne ou au Portugal.

Il faut être clair: ces deux traités gigognes ne sont pas amendables ou aménageables: ils doivent être rejetés. C’est pourquoi, s’agissant du MES, nous avons écrit aux parlementaires pour leur demander de ne pas le voter.

C’est pourquoi sur le deuxième traité instaurant l’austérité et la «règle d’or», nous appellerons à voter non en cas de référendum.

Accepter une telle logique, c’est d’ores et déjà annoncer, en France, un super plan d’austérité.

Nous ne l’accepterons pas.

 

FO Hebdo - Mars 2012

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