président de la République

LA FERMETURE DE FESSENHEIM, UNE DÉCISION POLITIQUE

Nucléaire

 LA FERMETURE DE FESSENHEIM, UNE DÉCISION POLITIQUE


La Fédération FO de l’Énergie et des Mines condamne une absurdité sociale, économique, industrielle et environnementale.

NucléaireAnnoncée le 14 septembre par le président de la République dans le cadre de la conférence environnementale, la fermeture programmée de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), à la fin de l’année 2016, a suscité une vive réaction de la Fédération FO de l’Énergie et des Mines: «Fermer pour des raisons politiques une centrale qui a été payée par les Français à travers EDF, constitue une absurdité économique et un véritable gâchis pour la nation.» La décision a été prise sans aucune étude d’impact. Comme l’a indiqué le Premier ministre le 15 septembre, «une personnalité sera chargée d’engager la concertation sur la reconversion du site, les conséquences de la fermeture sur l’emploi, la création de nouvelles activités et la réponse aux besoins en électricité». Vaste programme…

Fessenheim –petit bourg de 2.300 âmes– vit de l’activité de la centrale, qui emploie 770 salariés  et  200 prestataires permanents,  sans compter les emplois locaux induits. Ces six dernières  années, EDF –dont l’État détient 85% du capital– y a investi 565 millions d’euros pour remplacer la plupart des gros composants, dont les générateurs à vapeur. C’est ainsi qu’en juillet 2011, la doyenne des centrales nucléaires a passé avec succès sa visite périodique, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) la jugeant apte à fonctionner dix ans de plus. «En matière de sûreté, il n’est pas nécessaire de fermer la centrale si EDF effectue les travaux et investissements qui s’imposent», a conclu l’ASN. En conséquence de quoi, EDF va investir 80 millions d’euros d’ici à la fin 2013 pour faire fonctionner la centrale jusqu’en 2016. À cette date, que deviendront les salariés? Le gouvernement compte sur les emplois dévolus au démantèlement de la centrale.

Sauf que produire de l’électricité ou démanteler un site nucléaire ne demande ni le même effectif ni les mêmes spécialités! Cent cinquante salariés suffiront mais ce ne seront pas ceux qui travaillent actuellement  à  la  centrale–  pour conduire la première phase du démantèlement de 2017 à 2022, puis une centaine seulement jusqu’en 2027.

TENSION SUR L’APPROVISIONNEMENT

Enfin, par quoi remplacer cette centrale de 1.800 MW qui contribue pour 70% à la consommation électrique alsacienne? RTE, la filiale d’EDF qui gère les lignes à haute tension, a prévenu, le 5 septembre, que les besoins en électricité du pays seront couverts jusqu’en 2015, mais qu’à partir de 2016 la sécurité de l’approvisionnement sera «tendue».

Des tensions dues à la fermeture programmée des centrales à charbon de la SNET–contre laquelle FO se bat actuellement– et à l’arrêt de Fessenheim, qui conduiraient à un déficit de capacité de production de 2,1 GW. «En guise de solution pour remplacer la centrale de Fessenheim, il est envisagé de construire des centrales au gaz. Outre que les procédures sont longues, qui va construire ces centrales dont le coût est estimé à 1,5 milliard d’euros? s’interroge Jacky Chorin, secrétaire fédéral FO de l’Énergie et des Mines, avant d’ajouter: «C’est tout de même étrange qu’un gouvernement ferme une centrale qui marche pour la remplacer par des centrales émettrices de CO2, alimentées par du gaz que nous n’avons pas, donc importé, ce qui va dégrader notre balance des paiements.»

FO Hebdo - Septembre 2012

ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 12 SEPTEMBRE 2012

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE N’EST PAS LE PRÉSIDENT DE LA COUR DES COMPTES

Depuis longtemps nous expliquons que la Banque centrale européenne (BCE) doit, pour calmer le jeu, être prêteur en dernier ressort, c’est-à-dire pouvoir acheter de la dette des pays de la zone euro. Dans la foulée, c’est ensuite à une réorientation profonde des modalités de la construction européenne qu’il faut s’attaquer.

La semaine dernière la BCE a annoncé qu’elle pouvait intervenir, via des intermédiaires, de manière illimitée, tout en conditionnant son intervention à des obligations de la part des pays. Et c’est là qu’il y a problème, car cela revient à dire: on vous aide si vous mettez en place une politique d’austérité! Ce qui est l’esprit et la logique en particulier du TSCG, auquel nous nous opposons.

Nous ne dirons jamais assez que l’austérité est socialement destructrice, que le libéralisme économique conduit à de l’autoritarisme social, que l’emploi, les salaires et les droits sociaux sont les variables d’ajustement.

Dans ces conditions, la négociation sur la «sécurisation de l’emploi» qui va s’ouvrir sera particulièrement dure.

Le document d’orientation adressé par le gouvernement et confirmé par le président de la République aborde moult thèmes (précarité, sécurité des parcours, adaptation, temps partiel, etc.).

Il y a par définition un côté usine à gaz. Les mots qui fâchent (par exemple: flexibilité) n’ont pas été utilisés, mais comme le disait Jaurès, quand les hommes ne peuvent pas changer les choses, ils changent les mots.

Comme nous le disons depuis plusieurs mois, nous n’accepterons pas, par exemple, qu’un accord d’entreprise conduisant à des modifications substantielles du contrat de travail dispense l’employeur, si nécessaire, de l’obligation de faire un PSE au nom d’une conception de la liberté de licencier.

Cette négociation sera donc tendue et nous ne pouvons pas accepter de servir de caution pour justifier ou accompagner l’austérité.

Nous aurons aussi nos revendications, dont le retour à la hiérarchie des normes.

À la différence d’autres, nous savons que tout est lié et nous n’avons jamais accepté que l’économie soit une science exacte qui s’imposerait à tous. Élu par les citoyens au suffrage universel, le président de la République n’est pas le président de la Cour des comptes.

 FO Hebdo - Septembre 2012

JEAN-CLAUDE MAILLY SUR PUBLIC SÉNAT - Preuves par 3 | 15 mai 2012

PRESSE - COMMUNICATION


Preuves par 3JEAN-CLAUDE MAILLY SUR PUBLIC SÉNAT

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, était l'invité de Michel Grossiord dans Preuves par 3. Le syndicaliste a été invité lors de la cérémonie d'investiture de François Hollande, nouveau président de la République.

Questions d'actualité, réformes et dossier sociaux, puis parcours syndical... En trois temps, Jean-Claude Mailly a trois fois l'occasion de faire ses preuves face à Michel Grossiord, rejoint par Bruno Franceschi, de l'AFP, et Perrine Tarneaud, de Public Sénat.



 http://www.force-ouvriere.fr
 
 

ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 25 JANVIER 2012

 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

L’AUSTÉRITÉ CONDUIT AU PRÉCIPICE, LE SOMMET N’Y A PAS RÉPONDU

Le sommet dit «social ou de crise» s’est donc tenu à l’Élysée le 18 janvier dernier. Visiblement, le président de la République ne voulait pas aller «au clash» dans la limite où, sur deux points durs (TVA sociale et accords compétitivité-emploi), rien n’a été annoncé. Ces deux questions ont été effleurées, tout en précisant que rien n’était encore arrêté. Il faudra donc attendre son intervention télévisée à la fin du mois pour en savoir plus.

Cela ne nous a pas empêchés, de rappeler notre opposition et de la motiver, sur ces deux points, en soulignant qu’il s’agissait d’une erreur économique et d’un danger social. On ne sort pas d’une crise du capitalisme libéral en faisant plus de libéralisme économique et de flexibilité sociale – quand la maladie est grave, l’homéopathie (soigner le mal par le mal) est inefficace.

Sur le reste (les mesures dites d’urgence), nous avons quelques réponses. Certaines, même insuffisantes ou partielles, vont dans le bon sens. Si nécessaire, le chômage partiel est mieux qu’un licenciement ou qu’un accord compétitivité-emploi (travailler moins et gagner moins). La prolongation de la R2F (allocation pour demandeurs d’emploi en formation longue), l’extension du contrat de sécurisation professionnelle relèvent aussi de cette catégorie.

L’annonce de la mise en place d’une «banque nationale pour l’industrie» répond à une vieille demande de FO. En revanche, 1.000 CDD pour Pôle emploi c’est insuffisant et ce sont des contrats précaires.

La prolongation du zéro charge pour l’embauche de jeunes constitue un effet d’aubaine, un coût budgétaire et une perte de recettes pour la Sécurité sociale.

Enfin d’autres revendications restent entières (arrêt de la RGPP, augmentation des salaires, remise en place de l’AER, par exemple).

Sur le fond, il est clair que cela ne changera pas les choses, ni le glissement accentué vers la récession et l’explosion du chômage, comme l’a exprimé la Commission exécutive confédérale.

À nouveau, nous nous sommes comportés comme un syndicat libre et indépendant, contestant ce que nous devions contester et engrangeant ce que nous devions engranger.

Comme tout le monde peut le constater, non seulement la crise perdure mais elle s’aggrave. Sortir de la logique du capitalisme libéral est une urgence, tant sur le plan national qu’européen.

L’austérité conduit au précipice, le sommet n’y a pas répondu.

 

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