Protection sociale

LA PROTECTION SOCIALE EST UNE QUESTION DE VOLONTÉ POLITIQUE, PAS DE MOYENS

Questions à... Helen Kelly, Présidente de la Confédération syndicale Néo Zélandaise CTU

«LA PROTECTION SOCIALE EST UNE QUESTION DE VOLONTÉ POLITIQUE, PAS DE MOYENS»

L’OIT (Organisation internationale du travail) vient d’adopter une nouvelle recommandation qui «appelle à fournir aux populations l’accès à des prestations et à des soins essentiels en matière de santé ainsi qu’à une sécurité élémentaire de revenu».

Helen Kelly, présidente de la confédération syndicale néo-zélandaise CTU (Council of Trade Unions), est aussi porte- parole du groupe des travailleurs dans la commission chargée d’élaborer cette recommandation. Nous l’avons rencontrée lors de la session de l’OIT de juin, elle nous livre ici le contenu et les enjeux de cette recommandation.


FO Hebdo: Quel est aujourd’hui l’état de la protection sociale dans le monde?

Helen Kelly: Un rapport très complet a été publié sur le sujet en 2011, en préparation à la discussion sur la recommandation sur les socles de protection sociale. La protection sociale varie d’un État à un autre. Il y a de très bons modèles dans les pays développés, notamment en Europe, qui sont malheureusement aujourd’hui attaqués. Les pays en développement essaient par ailleurs de mettre des systèmes en route. C’est vrai pour des pays comme le Brésil, l’Inde ou encore la Chine. Enfin, il y a des pays où aucune protection sociale n’existe, notamment dans certains pays africains. Rien même n’existe au niveau formel. Il y a aujourd’hui 80% de la population mondiale qui ne bénéficie d’aucune protection sociale.

FO Hebdo: Il existe déjà une norme minimale sur la sécurité sociale: la convention 102. Pourquoi élaborer une nouvelle recommandation sur les socles de protection sociale?

Helen Kelly: Cette nouvelle recommandation n’existe pas sans la convention 102. Dans les temps de crise actuels, il a été constaté que les pays qui avaient mis en place des systèmes de protection sociale s’en sortaient mieux que les autres. La convention 102 n’est pas un socle et met en œuvre des niveaux élevés de protection sociale. Certains pays ne peuvent pas y parvenir tout de suite. La recommandation offre des garanties de base pour aller vers la ratification de la convention 102.

FO Hebdo: Qu’entend-on par «socles de protection sociale»? Pourquoi employer le pluriel?

Helen Kelly: La recommandation met en œuvre quatre garanties de base: une pour les actifs dont les revenus sont insuffisants, une pour les retraités, une pour les enfants et enfin une pour les services de santé essentiels. Ces quatre garanties ne sont pas négociables et doivent apporter la sécurité de revenus et l’accès à l’éducation et aux services de santé. Mais leur application peut varier, ce qui explique le pluriel. Par exemple, au Brésil les familles dont les enfants vont à l’école reçoivent de l’argent.

FO Hebdo: Quelles ont été les principales questions soulevées dans la commission chargée de rédiger la recommandation?

Helen Kelly: Premièrement, la question des quatre garanties et une plus grande couverture à la lumière des droits humains. Le rôle des salaires décents a été largement abordé également: ils réduisent en effet la demande sur les États et rendent les socles plus durables, par l’augmentation de ressources sous forme de taxes. Enfin, les membres de la commission ont beaucoup échangé sur la question de la négociation collective. Le message de tout cela, c’est que si l’Inde parvient à mettre en place des mesures de protection sociale, alors tout le monde peut le faire. C’est une question de volonté politique, pas de moyens.

FO Hebdo: Cette recommandation peut-elle apporter quelque chose dans les pays développés?

Helen Kelly: On constate aujourd’hui de plus en plus d’inégalités au sein des systèmes de protection sociale. La recommandation présente invite à identifier ces inégalités et à y remédier. On assiste dans certains pays à de nombreuses restrictions à l’assurances-chômage et de nombreux revenus sont insuffisants. Ces pays seront maintenant en contradiction avec cette nouvelle recommandation. Qui plus est, de nombreux États veulent aussi servir d’exemple aux pays les plus pauvres.

FO Hebdo - Décembre 2012

 
 
 

PLUS DE 3 MILLIONS DE CHÔMEURS: HALTE AUX POLITIQUES D'AUSTÉRITÉ!

Communiqué de Force Ouvrière

PLUS DE 3 MILLIONS DE CHÔMEURS !

HALTE AUX POLITIQUES D'AUSTÉRITÉ!

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La barre symbolique, pour certains, des 3 millions de chômeurs de catégorie A vient d'être franchie (+0,8 -3.011.000) fin août 2012 revenant au niveau de 1997.

Alors que les logiques austéritaires s'imposent dans toute l'Europe provoquant des dégâts économiques et sociaux considérables, alors que le Parlement français s'apprête à voter le Pacte budgétaire, c'est bien d'une autre politique économique et sociale dont l'Europe et la France ont besoin.

Faire reculer le chômage c’est s'opposer aux ravages des politiques libérales et aux diktats des marchés qui imposent leur loi depuis bientôt 30 ans.

Réorienter la politique européenne contre le dumping social et fiscal, renforcer les services publics, sécuriser l'emploi, c'est ce que défend Force Ouvrière. C'est bien une conception de la République fondée sur une protection sociale collective, des services publics renforcés, la liberté de négociation et basée sur l'égalité des droits et la solidarité intergénérationnelle.

http://www.force-ouvriere.fr

RÉFORMES EN VUE

Retraites et Protection sociale

RÉFORMES EN VUE

Déficit de la Sécurité sociale de 17,4 mil-liards d’euros en 2011 et de 14,7 milliards en 2012 selon les prévisions, contre-réforme des retraites pas financée après 2017, revendication de FO d’un retour effectif au droit à la retraite à 60 ans avec réduction de la durée de cotisation: la table ronde de la conférence sociale sur l’avenir des retraites et de la protection sociale figurait parmi les travaux dont les résultats étaient fort attendus. Concernant les retraites, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé la mise en place d’une commission ad hoc chargée de formuler «différentes pistes de réformes» au début de l’année 2013, puis une concertation avec les interlocuteurs sociaux à partir du printemps 2013. Réforme des paramètres (âge, montant des cotisations) ou réforme systémique aboutissant à un système moins solidaire? Jean-Claude Mailly a prévenu: le consensus «n’existait pas avant, je ne vois pas pourquoi il existerait demain», a-t-il déclaré.

retraites: pas de consensus

Sur la protection sociale, Jean-Marc Bilquez et Philippe Pihet, secrétaires confédéraux FO respectivement chargés de la Protection sociale et des Retraites, ont demandé à l’État d’assurer la compensation intégrale des exonérations de cotisations sociales. «Ce qui n’est pas compensé doit être déduit immédiatement des exonérations», a indiqué Jean-Marc Bilquez. Le Premier ministre, qui n’a pas fait dans l’immédiat de déclarations en ce sens, a annoncé une réforme législative du financement de la protection sociale en 2013, qui sera elle aussi précédée d’une concertation avec les partenaires sociaux et d’un diagnostic du Haut Conseil du financement de la protection sociale. Celui-ci, qui sera saisi dès septembre, précisera notamment «le partage entre les besoins de protection sociale relevant d’une approche contributive et ceux qui relèvent d’une approche non contributive». Alors qu’une éventuelle hausse de la CSG a été évoquée par certains, dont le patronat, à l’occasion de la conférence sociale, le Premier ministre a indiqué, mardi soir sur France 3, qu’elle constituait une piste de financement parmi d’autres. FO y est opposée, car «il n’est pas question d’accepter un transfert d’une cotisation patronale vers une CSG payée par les salariés et retraités».
FO Hebdo - Juillet 2012

 




Protection sociale

Protection sociale

LE GOUVERNEMENT TAPE ENCORE SUR LES MALADES

 

La liste de restrictions aux soins s’allonge avec un projet de décret visant à diminuer le montant des indemnités d'arrêt maladie. Ce qui se traduirait par une baisse de l'ordre de 40 euros par mois pour un smicard et jusqu’à 85 euros pour un cadre.

Le gouvernement est prêt à tout pour conserver son triple A des agences de notation financière. Quitte à tailler dans les droits à la protection sociale des salariés! En marge de l’examen du projet de loi de finances sur la sécurité sociale (PLFSS), il a présenté un projet de décret prévoyant de baisser le montant des indemnités d'arrêt maladie. À partir du 1er janvier 2012, la mesure prévoit de calculer ces indemnités journalières versées par l'assurance maladie sur la base de 60% du salaire net et non plus sur la base de 50% du salaire brut, comme c’est le cas aujourd’hui. Le changement de calcul se traduirait par une baisse desdites indemnités de l'ordre de 40 euros par mois pour un salarié au SMIC et jusqu’à 85 euros pour un cadre.

«Si nous ne savons pas intervenir sur les dépenses, nous ne saurons pas garantir un objectif de dépenses d'assurance maladie (Ondam) à 2,8%!», a justifié Xavier Bertrand, ministre du Travail. Le gouvernement entend économiser ainsi 220 millions d’euros sur les dépenses de santé pour juguler le déficit de la Sécu qui souffre, rappelons-le, d’abord du manque récurent de recettes (exonération cotisations patronale en tout genre) sur lequel il ne s’attarde jamais. Sept millions de salariés sont potentiellement concernés chaque année par ce nouveau coup de canif au contrat social. Certes, les salariés bénéficiant de contrats collectifs de prévoyance dans leur entreprise verront ce manque à gagner compensé. Pour les autres, la perte devrait plus se faire sentir, notamment pour ceux qui ont des revenus faibles.

Cette mesure vient s’ajouter au doublement - de 3,5% à 7% - de la taxe sur les mutuelles dans le cadre de l’autre plan de rigueur budgétaire dévoilé le 24 août dernier. Une ponction inique de 1,1 milliard d’euros devant entraîner une hausse des tarifs des complémentaires de 4,7% en moyenne en 2012. Avec les déremboursements de médicaments, la multiplication des vignettes orange (médicaments remboursés seulement à hauteur 15%) ou le retrait récent de l'hypertension artérielle sévère de la liste des Affections Longue Durée (maladies prises en charge à 100%), l'accès aux soins devient de plus en plus coûteux et restrictif… au point que les médecins s’alarment du nombre croissant de salariés modestes qui renoncent carrément à se soigner.

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