réforme fiscale

RÉFORME FISCALE: BIEN FOL QUI S’Y FISC?

PRESSE - COMMUNICATION

Voix de presse

Une grande réforme fiscale a été annoncée par le chef du gouvernement le 19 novembre dernier, alors que les réactions à l’alourdissement fiscal se multiplient. La plupart des médias n’ont pas caché leur méfiance.

Le Monde
«À gauche, à droite et chez les partenaires sociaux, la nécessité d’une réforme fiscale n’est pas contestée. Mais chacun n’a pas la même priorité. La CGT souhaite, comme FO, un impôt sur le revenu plus progressif. Face au “ras-le-bol fiscal”, la CFDT juge urgent qu’on rappelle aux contribuables que l’impôt sert à financer les écoles, les hôpitaux, etc. Pour FO et la CFDT, le renforcement de l’impôt sur le revenu doit être “une colonne vertébrale de la réforme”. La CFE-CGC est hostile à la fusion IR-CSG, qui pénalisera avant tout “les classes moyennes”, souligne le syndicat de cadres. Côté patronal, le MEDEF demande une baisse générale du niveau des prélèvements obligatoires.»

La Voix du Nord
Chacun «aimerait croire que la réforme de la fiscalité accouchera d’un dispositif clair, simple, stable, équitable et efficient. On dira que c’est beaucoup; mais à quoi aurait servi de claironner une telle annonce si la réforme devait déboucher sur un arsenal fiscal obscur, compliqué, changeant, injuste et inefficace?».

Le Figaro
Une simplification complexe car «la fusion est très technique, rappelle Jérôme Fourquet, directeur du pôle opinions à l’IFOP. Il s’agit de faire se marier un impôt proportionnel avec un autre progressif. Cette complexité limite l’impact dans l’opinion». Le prélèvement à la source paraît majoritaire chez les Français (55%), mais «l’adhésion qu’il suscite est en net recul. En avril 2002, 64% le plébiscitaient, soit une baisse de 9 points en onze ans. “Sur une question aussi peu polémique que le prélèvement, cette chute résonne une nouvelle fois comme un rappel du ras-le-bol fiscal des Français”, explique Jérôme Fourquet. Même sur un sujet plutôt consensuel, l’heure est à la méfiance».

La Dépêche
D’autant plus que «le Premier ministre précise par ailleurs qu’il n’est “pas question” de revenir sur les hausses de TVA prévues au 1er janvier. Destinées à financer la baisse du coût du travail, ces mesures rencontrent une opposition grandissante de plusieurs professions et personnalités politiques».

L’Alsace
«Ce ne serait donc pas la grande réforme, mais la grande diversion.» Avec la «rigueur confirmée, le Premier ministre donne le cap des années à venir: priorité à la compétitivité des entreprises, par la baisse du coût du travail, financée par une diminution des dépenses de 15 milliards “au moins” chaque année. C’est même au nom de cela qu’il maintient, contre une partie de sa majorité, les hausses de TVA programmées au 1er janvier». Sous la mise à plat, les hausses de TVA...

FO Hebdo - Novembre 2013

Jean-Claude Mailly sur la réforme fiscale | www.metronews.fr du 25 novembre 2013

«SI AYRAULT A VOULU FAIRE UN “COUP”, IL Y AURA UN EFFET BOOMERANG»

Les consultations sur la «remise à plat» de la fiscalité, annoncée la semaine dernière par Jean-Marc Ayrault, démarrent lundi. Jean-Claude Mailly, le Secrétaire général de Force Ouvrière, livre à metronews sa position sur ce chantier aussi crucial qu'épineux.

Pour le secrétaire général de Force Ouvrière, «il faut avoir le courage de poser clairement les choses pour aboutir à un système beaucoup plus juste».Pour le secrétaire général de Force Ouvrière, «il faut avoir le courage de poser clairement les choses pour aboutir à un système beaucoup plus juste».


Vous serez le premier reçu par le Premier ministre lundi matin. Qu'allez-vous lui dire?
Je vais bien sûr lui parler de la réforme fiscale, mais auparavant j'insisterai sur le fait que les questions de fiscalité, comme d'emploi, sont très liées à la politique économique menée en France et en Europe. Je m'appuierai notamment sur une toute récente étude de la Commission européenne : elle montre qu'entre 2011 et 2013, l'austérité en France a conduit à une baisse de la croissance de 4,8%. Ça cadre tout le reste.

En matière de réforme fiscale, pour quelle mesure plaidez-vous en priorité?
Le renforcement de l'impôt sur le revenu. On doit le rendre plus progressif, avec un rendement beaucoup plus important. Cela signifie peu de possibilités d'y échapper, y compris de manière légale à travers les niches fiscales. Et nous ne sommes pas contre une augmentation du nombre de tranches. Il faut également que ceux qui aujourd'hui ne paient pas l'impôt sur le revenu car ils ne gagnent pas assez le fassent, même symboliquement : c'est ce qui fait que l'on est citoyen. De manière générale, l'impôt est indispensable, mais il faut qu'il soit équitablement perçu et correctement redistribué. Ce sentiment n'existe plus aujourd'hui.

La fusion de l'impôt sur le revenu et de la Contribution sociale généralisée a été évoquée par Jean-Marc Ayrault. Qu'en pensez-vous?
C'est un débat très compliqué. Si on intègre la CSG à l'impôt sur le revenu, comment garantit-on qu'il y aura encore les sommes nécessaires pour le financement de la protection sociale? Je préfère que l'on recrée un vrai impôt sur le revenu et que l'on discute en parallèle du financement de la protection sociale. D'autant que ce rapprochement pourrait conduire à mettre en place une retenue à la source, qui aurait beaucoup d'inconvénients. On peut notamment se demander si le fait de transmettre sa situation fiscale à son employeur serait une bonne chose.

François Hollande a temporisé en assurant que cette réforme s'étalerait jusqu'à 2017. A-t-il raison de ne pas précipiter les choses?
On est bien conscient qu'une telle réforme ne se fait pas en un mois. Mais le plus vite sera le mieux. Les lignes de conduite doivent en tout cas être fixées assez rapidement. Il ne faut pas donner le sentiment que tout est jeté aux oubliettes.

L'opposition accuse Jean-Marc Ayrault d'avoir voulu faire un "coup politique". Quel est votre sentiment?
Je ne veux pas rentrer dans ce débat et je n'ai pas de raison de douter du Premier ministre, qui répond à une ancienne demande syndicale en annonçant cette remise à plat. Maintenant, si c'est pour faire un coup, il y a aura des effets boomerang, d'une manière ou d'une autre. Nous allons pousser pour que cette refonte se fasse. Trop souvent les gouvernements, quels qu'ils soient, annoncent des réformes et les enterrent ensuite, notamment en matière fiscale. Il faut avoir le courage de poser clairement les choses pour aboutir à un système beaucoup plus juste.

Vous avez rejeté l'initiative de la CGT et de la CFDT, qui appelaient à un front syndical uni face "à la gravité de la situation" du pays. Pourquoi ce refus?
Il y a d'abord une raison de méthode. Quand on envisage de faire une réunion, la moindre des choses est de prévenir les intéressés. Là, on n'appelle personne et on envoie une convocation par mail. Je trouve cela curieux. D'autre part sur le fond, je crois qu'il faut se garder de jouer les faux-semblants. On se verrait pour parler de quoi? Nous avons vu sur les retraites ou sur la sécurisation de l'emploi qu'il y avait des désaccords de fond entre organisations syndicales. On ne peut pas faire croire qu'on est d'accord alors qu'on ne l'est pas. Ce serait de la com'.
Propos Recueillis Par Gilles Daniel
 

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