représentativité

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière, daté du jeudi 4 avril 2013

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

REPRÉSENTATIVITÉ SYNDICALE: TOUT ÇA POUR ÇA!

Les résultats, selon le ministère du Travail, de la représentativité dans le secteur privé ont été rendus publics le 29 mars dernier.

Force Ouvrière confirme nettement sa position de troisième confédération syndicale avec 15,94% des suffrages exprimés. Les cinq confédérations jusqu’alors représentatives ont toutes dépassé le cap des 8%.

Ce qui signifie qu’au niveau interprofessionnel privé, le paysage syndical demeure inchangé; on a envie de dire ironiquement: tout ça pour ça! Tout ce maelström sur la démocratie sociale, la représentativité, les millions d’euros que cela a coûté, était-ce nécessaire?

Sauf à justifier des calculs de poids relatif des organisations pour mesurer la barre des 30% pour les accords!

Quand le doigt montre la lune, l’imbécile regarde le doigt...

Ces résultats ne changent rien quant à notre appréciation sur la position commune et la loi de 2008, qui accentuent la dérive vers le système anglo-saxon et remettent en cause la liberté syndicale. Nous venons d’ailleurs de ressaisir le comité de liberté syndicale de l’Organisation internationale du travail sur ce sujet, faute de réponse du gouvernement français.

Il va nous falloir rappeler également qu’une confédération représente les salariés du privé et du public, que leur solidarité est indispensable et que le poids d’une confédération syndicale doit aussi s’examiner en tenant compte du privé et du public. Il est vrai que le sens du syndicalisme et son rôle ne sont pas des éléments connus de tous, y compris dans les sphères dites dirigeantes.

Quoi qu’il en soit, et tout en rappelant nos positions sur la loi de 2008, il nous faut poursuivre notre développement et, s’agissant du privé, réduire l’écart dans le nombre de nos implantations. Cela s’appelle le développement et la syndicalisation.

Revendiquer, négocier, contracter et agir, tel est notre comportement syndical. Celui de la liberté et de l’indépendance.

C’est aussi ce que nous ferons le 9 avril, pendant la transcription de l’ANI du 11 janvier 2013 au Parlement, au travers de manifestations et rassemblements sur l’ensemble du territoire.

Même si le projet de loi commence à rectifier l’ANI sur certains points, il n’en reste pas moins que sur la flexibilité il demeure pour le moins rigide! C’est pourquoi nous revendiquons son retrait.

S’il est voté demain, les travailleurs confrontés à des plans sociaux ou des accords dits de maintien de l’emploi mesureront sa nocivité. Et c’est la loi votée qu’ils retiendront.

representativite-syndicale-interprofessionnelle.jpg

FO Hebdo - Avril 2013

REPRÉSENTATIVITÉ

COMMUNIQUÉ DATÉ DU VENDREDI 29 MARS 2013

REPRÉSENTATIVITÉ

Les résultats de la représentativité dans le privé confirment nettement la troisième place de Force Ouvrière avec 15,94% en bruts et 18,23% en poids relatifs.

Ils confirment également le pluralisme syndical auquel Force Ouvrière a toujours marqué son attachement.

Force Ouvrière rappelle que son opposition à la loi de 2008, toujours intacte, est liée à une conception du syndicalisme et de la liberté syndicale.

Au passage, et de manière ironique, on est tenté de dire: «tout ça pour ça» avec une position commune et une loi de 2008 qui font pschitt.

Il va falloir maintenant vérifier ces résultats qui seront l’objet, à n’en pas douter, de contentieux.

Enfin, une confédération regroupant le privé et le public, son poids global doit intégrer l’ensemble.


http://www.force-ouvriere.fr

ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU VENDREDI 13 JUILLET 2012

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

CONFÉRENCE SOCIALE: LE DÉBUT D’UN PROCESSUS DE DISCUSSION

La «grande conférence sociale» s’est tenue comme prévu les 9 et 10 juillet au Conseil économique, social et environnemental. Une vingtaine de militants Force Ouvrière y ont participé sur la base de nos positions et revendications.

Rien de précis n’a été décidé, comme prévu, c’est le début d’un processus de discussion.

À la suite de nos interventions, y compris en préalable à ces deux jours de réunion, il ne s’agit ni d’un diagnostic partagé, ni d’un relevé de décisions, le gouvernement fixant ses orientations, ce qui est de sa responsabilité.

Nous avons été entendus sur plusieurs points:

– bilan en 2013 sur la représentativité, point sur lequel nous avons réaffirmé nos positions;

– pas de colégislation ou de confusion entre contrat et loi, mais obligation de consultations sur les projets ou propositions de loi;

– diverses pistes en matière d’emploi et de précarité, le Premier ministre marquant son opposition à la logique des accords compétitivité-emploi ou à celle d’une globalisation du marché du travail;

– primauté aux salaires, renégociation des minima conventionnels de branches;

– arrêt de la RGPP et évaluation de la situation du service public au 25 septembre;

– recréation de l’équivalent d’un Commissariat au Plan;

– mise en œuvre d’une stratégie industrielle.

Bien entendu, il conviendra d’être plus que vigilant pour la suite.

S’agissant de la protection sociale collective, une discussion va s’engager sur son financement. Nous réaffirmerons nos positions, notre attachement à la cotisation et notre opposition à la TVA et à l’utilisation de la CSG (qui pèse essentiellement sur les salaires) pour faire un choc de compétitivité.

Sur les retraites, l’an prochain, le débat sera conflictuel, là encore nous avons réaffirmé et réaffirmerons nos positions.

À la fin de ces deux jours, il s’agit plus, pour le gouvernement, d’orientations que de décisions.

Nous avons aussi noté des contradictions. Par exemple, c’est bien d’annoncer la fin de la RGPP et son évaluation, mais il conviendrait de tout geler en matière d’effectif d’ici là.

Par ailleurs, l’intervention de l’État nécessite des moyens et le contexte budgétaire apparaît volontairement contraint.

De fait, un thème n’était pas à l’ordre du jour: la situation internationale et européenne.

En particulier, le pacte budgétaire d’austérité perdure avec toutes ses applications en matière d’austérité et de récession.

Pour la suite, il convient de rester fidèle – ce qui est notre mandat – à nos positions, de continuer à affirmer nos revendications en toute liberté et indépendance, tant dans les consultations que les négociations.

Cela s’appelle tout simplement le maintien du rapport de force.

 
FO Hebdo - Juillet 2012

ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 30 NOVEMBRE 2011

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

LE GOUVERNEMENT JOUE AVEC LE FEU


Comme nous ne cessons de le dire depuis que la crise a éclaté il y a quatre ans, sortir de cette crise du système capitaliste impose des ruptures à trois niveaux: international, européen et national.

On en est loin. Pire, sur le plan européen, toute modification du rôle de la Banque centrale semble conditionnée par une constitutionnalisation de l’austérité: ce qui serait tout simplement intolérable.

En France, le gouvernement joue avec le feu. Non seulement il accentue de semaine en semaine l’austérité au détriment des salariés, mais il les stigmatise (un arrêt de travail est suspecté de fraude) et tente de les opposer entre eux, notamment entre public et privé (cf. les débats hallucinants sur les jours de carence). La réduction accentuée des dépenses publiques et sociales continue à fragiliser ou remettre en cause le service public républicain.

Pour ne prendre qu’un exemple, la réduction d’un quart du budget des voies navigables va empêcher les travaux nécessaires sur certains barrages ou écluses, par exemple en amont de la Seine. En quelque sorte, la vie des citoyens passe derrière la satisfaction des marchés financiers et l’étiquette AAA.

S’agissant de la fonction publique d’État, le travail fait sur le terrain et notre attachement au service public républicain nous placent maintenant – c’est historique – en première position syndicale. Visiblement, en fin de semaine dernière, le gouvernement avait du mal à confirmer la chose. Ne lui en déplaise, c’est la réalité.

Au titre des bonnes nouvelles, notons aussi le vote du Bureau international du travail sur notre plainte relative à la loi du 20 août 2008 sur la représentativité. Cette plainte, déposée en fonction du contenu des conventions internationales du travail et de la jurisprudence du comité des libertés syndicales, ne demandait pas l’abrogation de la loi. Elle pointait certains éléments, selon nous contraires aux conventions internationales. Dans ses conclusions, le BIT invite ainsi le gouvernement à examiner avec les interlocuteurs sociaux la possibilité de réviser la loi pour qu’elle soit effectivement conforme à la liberté syndicale, s’agissant notamment des délégués syndicaux. C’est une victoire politique pour FO. D’ailleurs le gouvernement s’est exprimé publiquement avant le vote, ne respectant d’ailleurs pas les procédures, pour communiquer «à sa sauce».

Certes, l’avis du BIT n’est pas celui d’un tribunal. Il n’a pas d’effet concret immédiat, mais il nous donne la possibilité de maintenir la pression, ce qui est loin d’être anodin.

Au passage – pour le «fun» –, on notera que les observations de la CGT et de la CFDT sont incluses dans la réponse du gouvernement. En quelque sorte, elles sont «embedded» par le gouvernement, comme l’étaient les journalistes par l’armée américaine pendant la guerre du Golfe.

À la lumière de tout cela, on comprend encore mieux le caractère quelque peu hypocrite du «syndicalisme rassemblé» et de l’intersyndicale, raison supplémentaire pour que nous conservions mordicus notre liberté.

Oui à l’action commune quand nous sommes d’accord, non quand nous ne le sommes pas et nous disons pourquoi.

S’agissant du 13 décembre, il appartiendra aux unions départementales de se déterminer en fonction du contexte local et de la nature des actions envisagées. Mais Force Ouvrière doit garder et gardera ses positions et revendications. Par exemple, nous n’avons toujours pas avalé la contre-réforme des retraites de 2010 et sa récente aggravation, nous demandons l’abandon de l’austérité et nous nous prononçons pour la préparation d’un appel commun à 24 heures de grève interprofessionnelle.

C’est notre détermination, c’est notre cohérence, c’est notre indépendance.

Libres, indépendants, déterminés; tels nous sommes, tels nous resterons.

 

FO Hebdomadaire - Novembre 2011

Vous disposez d'un droit d'accès, de rectificat ion, de modification et de suppression des données qui vous concernent (Art. 34 de la loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978) sur l'ensemble du site. Pour l'exercer, Cliquez sur cette bannière pour contacter le webmaster