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LES HOSPITALIERS ET LES TERRITORIAUX MANIFESTENT LEUR DÉTERMINATION

Austérité

LES HOSPITALIERS ET LES TERRITORIAUX MANIFESTENT LEUR DÉTERMINATION

À l’appel de la Fédération FO des Services publics et de Santé, les fonctionnaires hospitaliers et territoriaux étaient en grève le 4 avril. Une manifestation nationale a rassemblé plus de 6.000 personnes à Paris.

Dire stop à l’austérité: tel était le fil rouge de la mobilisation organisée par la Fédération FO des Services publics et de Santé (SPS FO) le 4 avril.
Une journée qui s’est traduite par la grève dans les secteurs des collectivités territoriales et de la santé, et par une manifestation nationale à Paris qui s’est achevée par un meeting en plein air. Plus de 6.000 fonctionnaires hospitaliers et territoriaux ont défilé dans les rues de la capitale pour dénoncer la mise à mal du service public, les réductions d’effectifs et le gel de leurs salaires. Autant d’éléments qui découlent des politiques d’austérité. «Ces politiques se déclinent selon deux axes, celui des restrictions budgétaires, avec par exemple le gel depuis 2010 des dotations de l’État aux collectivités territoriale et leur réduction envisagée de 4,5 milliards d’euros en 2014 et 2015. Du côté de la santé, l’enveloppe allouée chaque année aux hôpitaux ne permet pas aux établissements de répondre aux besoins de la population», indique Didier Bernus. Le Secrétaire général de la fédération FO a notamment cité le nouveau centre des grands brûlés des hôpitaux de Marseille, qui «n’a pas les moyens de tourner à plein régime». «À côté de ces pressions budgétaires très fortes, les gouvernements successifs mettent en place des réformes structurelles qui détricotent le service public, comme la loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST) ou la loi de décentralisation de novembre 2010, qui commence à se mettre en place», explique-t-il.

Yves Kottelat, secrétaire adjoint de la fédération SPS FO, chargé de la branche des collectivités territoriales, renchérit: «La réforme de 2010 regroupe des services publics entre collectivités territoriales. Pour donner un exemple, le ramassage journalier des ordures va se transformer dans certains endroits en un passage hebdomadaire. Des agents vont changer d’employeur et il y aura un recours accru à des recrutements contractuels de droit privé.»

Autre inquiétude et opposition de FO: le projet de création d’une collectivité unique en Alsace, le Conseil d’Alsace, qui prévoit la fusion des départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et la Région Alsace et «qui à terme se traduira par une diminution de 40% des personnels».

Contre la casse du service public, maintien des effectifs

Mardi 4 avril, les personnels territoriaux et hospitaliers et leurs représentants syndicaux FO ont donc fait valoir leurs revendications: le maintien d’un service public de qualité, l’arrêt des suppressions d’emplois, l’amélioration des conditions de travail ainsi que l’augmentation de 5% des rémunérations et une prime de 200 euros pour rattraper les pertes de pouvoir d’achat.

Leurs revendications ont reçu le soutien d’autres fédérations FO et de la Confédération. Lors d’un meeting en plein air à l’issue de la manifestation, Michelle Biaggi, Secrétaire confédérale FO, a indiqué que cette journée de mobilisation s’inscrivait «dans l’attachement viscéral de la confédération Force Ouvrière aux principes républicains de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité». Hubert Raguin, responsable de la Fédération de l’Enseignement FO, a rappelé que les enseignants étaient largement mobilisés contre la réforme des rythmes scolaires. Pour la Fédération générale des fonctionnaires FO, Claude Simoneau a quant à lui déclaré que les agents de la fonction publique d’État étaient eux aussi «dans une phase ascendante de mécontentement», avec notamment la Modernisation de l’action publique ou MAP, qui prévoit un plan d’économies dans la fonction publique. Et va donc entraîner, dans le droit fil de la précédente «réforme», la RGPP, des réductions d’effectifs et des fermetures de services.
 

Article paru dans FO Hebdo 3070 - Avril 2013

Le 4 avril en image Cliquer ici !

MÉLI-MÉLO DE GENDARMES ET POLICIERS

Services publics

 MÉLI-MÉLO DE GENDARMES ET POLICIERS

Le syndicat Unité SGP Police FO s’oppose à la fermeture arbitraire de huit commissariats dans le cadre d’un nouveau redéploiement police-gendarmerie.
«C’est la troisième fois que le commissariat de Dinan est menacé de fermeture et, cette fois-ci, ce n’est même pas par notre hiérarchie mais par la presse qu’on l’a appris», dénonce Didier Wallerand, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police FO dans les Côtes-d’Armor.

Le projet de redéploiement police-gendarmerie a été dévoilé par le ministre de l’Intérieur lors de ses vœux aux forces de l’ordre le 8 janvier. Le plan semble ubuesque. Huit circonscriptions de police couvrant dix-neuf communes basculeront en zone gendarmerie [1]. À l’inverse, neuf brigades de gendarmerie couvrant dix-sept communes passeront en zone police [2].

Officiellement, il s’agit de mieux répartir les forces de sécurité publique sur le territoire. Schématiquement, les gendarmeries sont implantées en zone rurale et les commissariats en zone urbaine. Mais certaines communes dotées d’un commissariat se retrouvent isolées en zone gendarmerie et réciproquement. Ces équipements vont fermer. Pour compenser, les effectifs seront renforcés dans la zone, mais insuffisamment. À Dinan, par exemple, les 49 policiers intra-muros seront remplacés par 20 gendarmes affectés à un territoire beaucoup plus vaste.

GRANDE MANIFESTATION LE 19 MARS

Pour FO, majoritaire dans la police nationale, il s’agit plutôt de réaliser des économies budgétaires. «Les frais de fonctionnement du ministère de l’Intérieur ont été réduits de 24% en deux ans, explique Henri Martini, Secrétaire général du syndicat Unité SGP Police FO. Il veut faire des économies sur les effectifs et l’immobilier, et les transférer vers le ministère de la Défense qui a un budget plus important; c’est un jeu d’écriture au détriment de la population et du personnel. C’est d’autant plus illogique que ce redéploiement coûtera cher. Des primes de déplacement devront être versées et il faudra créer de nouvelles infrastructures.»

«Nous n’avons pas entendu d’arguments tangibles pour justifier ce redéploiement, poursuit Didier Wallerand. Le pire, c’est que ce n’est pas le premier. Mais il n’y a jamais eu d’évaluation opérationnelle et, selon la Cour des comptes, l’efficacité budgétaire de ces transferts n’est même pas prouvée.»

Dès l’annonce de ce nouveau méli-mélo, Unité SGP Police FO a organisé des manifestations dans les communes concernées pour dénoncer «des décisions arbitraires et sans fondement», s’opposer à toute fermeture et exiger une concertation avec le ministère de l’Intérieur.

À Dinan, la mobilisation du 2 mars a rassemblé près de 1.000 personnes, policiers, habitants et élus confondus. «Les habitants vont perdre en sécurité, assure Henri Martini. Les commissariats restent ouverts 24h sur 24, contrairement aux gendarmeries. La nuit et le week-end, la brigade de permanence peut être très éloignée géographiquement et mettre du temps à intervenir. En plus, une brigade compte 36 gendarmes contre 45 policiers par circonscription. Moins nombreux, ils rempliront moins de missions.»

Malgré les annonces de Manuel Valls, il n’existe aucune concertation. FO continue à se battre: le syndicat compte sur le grand rassemblement de policiers, organisé en intersyndicale le 19 mars à Cergy-Pontoise, pour se faire enfin entendre. Il espère être reçu au ministère afin de présenter ses contre-propositions.


[1] Guebwiller (Haut-Rhin), Dinan (Côtes-d’Armor), Castelnaudary (Aude), Thouars (Deux-Sèvres), Romorantin (Loir-et-Cher), Persan-Beaumont (Val-d’Oise), Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Capesterre-Belle-Eau (Guadeloupe).

[2] Plérin (Côtes-d’Armor), Vineuil (Loir-et-Cher), Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), Champigneulles (Meurthe-et-Moselle) et plusieurs localités dépendant de Cergy et de Gonesse (Val-d’Oise).
FO Hebdo - Mars 2013
 

PLUS DE 3 MILLIONS DE CHÔMEURS: HALTE AUX POLITIQUES D'AUSTÉRITÉ!

Communiqué de Force Ouvrière

PLUS DE 3 MILLIONS DE CHÔMEURS !

HALTE AUX POLITIQUES D'AUSTÉRITÉ!

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La barre symbolique, pour certains, des 3 millions de chômeurs de catégorie A vient d'être franchie (+0,8 -3.011.000) fin août 2012 revenant au niveau de 1997.

Alors que les logiques austéritaires s'imposent dans toute l'Europe provoquant des dégâts économiques et sociaux considérables, alors que le Parlement français s'apprête à voter le Pacte budgétaire, c'est bien d'une autre politique économique et sociale dont l'Europe et la France ont besoin.

Faire reculer le chômage c’est s'opposer aux ravages des politiques libérales et aux diktats des marchés qui imposent leur loi depuis bientôt 30 ans.

Réorienter la politique européenne contre le dumping social et fiscal, renforcer les services publics, sécuriser l'emploi, c'est ce que défend Force Ouvrière. C'est bien une conception de la République fondée sur une protection sociale collective, des services publics renforcés, la liberté de négociation et basée sur l'égalité des droits et la solidarité intergénérationnelle.

http://www.force-ouvriere.fr

LES SYNDICATS ALLEMANDS PASSENT À L’OFFENSIVE

syndicat-allemands-fo-sante-chauny.jpgLES SYNDICATS ALLEMANDS PASSENT À L’OFFENSIVE


«On a dépensé des milliards pour les banques, les prochains seront pour nous!», a lancé Frank Bsirske, le dirigeant du syndicat des services publics Verdi.

Après une décennie de modération salariale, les syndicats allemands ont visiblement décidé que le temps des sacrifices n’avait que trop duré. Et l’argument de la crise ne porte plus. «On a dépensé des milliards pour le sauvetage des banques, les prochains milliards seront pour nous!», a lancé Frank Bsirske, le dirigeant du syndicat des services publics Verdi, affilié à la confédération DGB.

Alors que l’économie allemande vient d’enregistrer deux années de forte croissance (+3,6% en 2010 et + 3% en 2011), le pouvoir d’achat des ménages décline. Selon l’institut Destatis, l’équivalent de l’INSEE, les salaires réels brut des travailleurs allemands à temps plein n’ont augmenté que de 1% en 2011, contre 1,5% en 2010. En dix ans, entre 2000 et 2010, les salaires allemands n’ont progressé que de 1,7% par an, contre 3,3% dans le reste de l’Union européenne et 2,8% dans la zone euro, indique de son côté l’Institut de recherche en macroéconomie et en conjoncture (IMK). Les dépenses des consommateurs allemands ont commencé à reculer en 2011, confirme également Destatis. À cette baisse de la demande interne, risque fort de s’ajouter celle des exportations, du fait de la crise qui frappe les pays principaux clients de l’Allemagne. Du coup, le taux de croissance pourrait bien s’effondrer dès 2012, au point que le pays éviterait de justesse la récession, estiment les économistes. La menace est telle que même le ministre allemand du Travail, Ursula von der Leyen, a dû se prononcer, le 12 février, pour une hausse sensible des salaires.

Les fonctionnaires et les métallos revendiquent 6,5% d’augmentation

Verdi et la fédération DBB (autonome) revendiquent 6,5% d’augmentation pour les fonctionnaires de l’État fédéral et des communes. Verdi, qui chiffre désormais l’écart de revenus entre secteur public et privé à 9 points, veut obtenir au minimum 200 euros de plus par mois pour chaque agent. Les premières grèves d’avertissement, les 5 et 6 mars, ont été suivies par 17 000 fonctionnaires dans plusieurs Länder de l’ouest du pays. Le 7 mars, les arrêts de travail se sont étendus à l’est du pays, rassemblant cette fois quelque 70.000 fonctionnaires. «C’est un signal net envoyé à l’État fédéral et aux communes de prendre au sérieux les revendications de leurs salariés et de leur accorder l’estime due à leur travail», a déclaré Frank Bsirske.

Dans la métallurgie, les négociations ont commencé le 6 mars. Le syndicat IG Metall revendique lui aussi 6,5% d’augmentation pour les 3,4 millions de salariés de la branche, tandis que la fédération patronale Gesamtmetall oppose un maximum de 3%. «Les salariés allemands ont été patients, en partie parce que nous avions spéculé sur une crise de plus longue durée lors des dernières négociations en 2008. Mais les entreprises ont réalisé en 2010 et 2011 des bénéfices records et les salariés veulent maintenant leur part du gâteau!», explique Berthold Huber, le président d’IG Metall. L’issue des négociations dans la métallurgie sera déterminante dans la mesure où les salaires de ce secteur ont toujours servi d’étalon pour les autres branches.

 

FO Hebdo - Mars 2012

LE MODÈLE SOCIAL DANS LA SERINGUE DES AGENCES DE NOTATION

Économie


LE MODÈLE SOCIAL DANS LA SERINGUE DES AGENCES DE NOTATION


modelesocialdenotation.jpgDes paramètres tels que la croissance, l’emploi, les droits sociaux les services publics sont autant d’éléments défavorables dans les critères d’évaluation de ces boussoles préférées des marchés financiers.

 

La France va probablement perdre son triple A après son placement sous «surveillance négative» par les trois agences de notation (Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch). Plus personne ne se fait guère d’illusion sur le sort de ce «trésor national» pour reprendre les termes d’Alain Minc, conseiller officieux de l’Elysée.

La dégradation possible de la note attribuée à la dette française entraînerait dès lors une hausse des taux d'intérêt d’emprunt de l’Etat mais aussi de tous les organismes publics ou sociaux dont il serait le garant implicite. Car, les trois agences ont placé mécaniquement «sous perspective négative» des institutions telles que des collectivités locales, la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades), l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), l’Assurance Chômage (UNEDIC). Seraient également concernées toutes les entreprises où l’Etat est peu ou prou actionnaire (EDF, Aéroports de Paris, GDF Suez, Renault...).

Elles se sont ainsi bien gardé d’étudier la valeur intrinsèque de ces entités. «Quelle crédibilité peut-on donner à des agences, qui ne prennent même pas le soin d’analyser les bons fondamentaux de l’UNEDIC?», demande Stéphane Lardy, secrétaire confédéral, chargé à FO de l’Assurance chômage. Pour son homologue chargé à FO du secteur Economie, Pascal Pavageau, «elles auraient dû être discréditées au moins depuis le déclenchement de la crise financière en vigueur depuis 2008 et dont elles sont en partie à l’origine. Ce sont en effet elles qui avaient attribué des notes maximales à des établissements financiers gavés de produits toxiques (Subprimes) ayant conduit au chaos actuel». Des établissements que les Etats ont dû sauver de la faillite par l’injection massive d’argents publics. «Alors que ce type de notations de pays ou d’entreprises ne devrait pas susciter davantage d’intérêt que les opinions exprimées par toute une série d’analystes officiels ou autoproclamés», FO s’interroge sur «la fonction centrale qui leur a été dévolue par les autorités publiques et les spéculateurs (qui sont parfois leurs clients)»

Bien qu’illégitime sur le plan démocratique, un tel pouvoir ne sert en fait qu’à justifier les logiques de l’ultralibéralisme à l’œuvre dans le monde et singulièrement dans les pays européens où subsiste encore un modèle social. Leurs évaluations sont plus idéologiques que techniques. Dans ces conditions, qu’ils soient bien notés ou pas, les Etats seront toujours poussés à conduire des politiques de rigueur budgétaire au détriment de la croissance, de l’emploi, des services publics ou de la protection sociale des salariés et des citoyens.

Pour preuve, quelques jours après la dégradation de la dette américaine, Standard & Poor’s estimait en août dernier que la France avait une «politique budgétaire bien conçue» qui justifiait le maintien de son triple A… avec une perspective «stable». Autrement dit, sans risque de dégradation à moyen terme de sa note. Elle avait alors jugé positivement l’arrêt la politique de relance budgétaire et qualifié la réforme des retraites de 2010 de «mesure intelligente», notamment parce que «le gouvernement (était) resté droit dans ses bottes» alors qu’il avait «connu beaucoup de contestation de la rue». Trois mois et deux plans de rigueur plus tard, le pays était placé sous «surveillance négative»…

 

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