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FAILLITE DE LA STRATÉGIE DU FMI ET DE L’UE EN BULGARIE

Preuve

FAILLITE DE LA STRATÉGIE DU FMI ET DE L’UE EN BULGARIE


Depuis le milieu des années 1990, la Bulgarie a la réputation d’avoir le marché du travail le plus déréglementé d’Europe et détient de loin le coût du travail le plus faible des vingt-sept États membres de l’Union européenne.................



Résultat: elle est l’un des pays où le taux d’emploi s’est le plus détérioré depuis 2008 et elle arrive aujourd’hui en deuxième place après la Grèce en ce qui concerne la pauvreté généralisée. «La Bulgarie est la preuve flagrante qu’une stratégie économique fondée sur les bas salaires et la flexibilité du travail est vouée à l’échec», dénonce la CSI (Confédération syndicale internationale) dans son rapport «Nouveaux fronts», publié le 10 octobre.

QUATRE EUROS PAR JOUR POUR SURVIVRE

Avec près d’un million d’emplois détruits ces quatre dernières années, le taux de chômage s’élève désormais à 19% si l’on tient compte des travailleurs découragés de chercher un emploi et qui n’apparaissent donc plus dans les statistiques, estime l’OIT (Organisation internationale du travail).

Le salaire minimum national mensuel, gelé pendant deux ans et demi, a été augmenté à 270 BGN en 2011, puis à 290 BGN en 2012 (148 euros). Une fois ôté l’impôt sur le revenu et les charges de sécurité sociale, un travailleur doit survivre avec environ 4 euros par jour. Les salaires moyens en Bulgarie sont les plus faibles de l’Europe de l’Est.

Cette stratégie du faible coût du travail, impulsée depuis le milieu des années 1990 par l’Union européenne et le FMI (Fonds monétaire international), explique la CSI, «a condamné le pays à dépendre des industries à faible valeur ajoutée, ce qui l’empêche de rattraper les pays les plus avancés de l’Union européenne».

En 2010, 55% des exportations manufacturières bulgares concernaient des produits à très bas contenu de compétences. «L’expérience bulgare, souligne la CSI, démontre que les réformes draconiennes du marché de l’emploi, qui sont imposées aux travailleurs en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Italie et dans d’autres pays de la périphérie de l’Europe, n’ont pas lieu d’être.»

FO Hebdo - Octobre 2012



EUROPE

PRESSE - COMMUNICATION

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ATTENTION, UN TRAITÉ PEUT EN CACHER UN AUTRE


Le Mécanisme européen de stabilité livre les États de la zone euro à la troïka (UE, BCE, FMI), que l’on voit à l’œuvre en Grèce.

 

 

Le traité instituant le Mécanisme européen de stabilité (MES), adopté lors du Conseil européen du 30 janvier, en même temps que celui instaurant le nouveau pacte budgétaire*, a été signé dès le 2 février par les ambassadeurs des pays de la zone euro réunis à Bruxelles. Le MES est une «institution financière internationale qui aidera les pays de la zone euro si cela est indispensable pour préserver la stabilité financière». Le MES va remplacer le FESF (Fonds européen de stabilité financière), mécanisme temporaire mis en place en mai 2010 par les dix-sept États membres de la zone euro. Les prêts pourront être débloqués plus facilement puisque la règle de l’unanimité n’est plus requise pour en décider. Il suffira que 85% des États contributeurs y soient favorables.

Mais à quel prix? L’octroi d’une assistance financière au titre du MES sera subordonné, à partir de mars 2013, à la ratification par le pays demandeur du premier traité, le fameux pacte budgétaire qui impose aux États de transposer la règle d’or budgétaire** dans leur législation nationale au plus haut niveau, de préférence dans leur Constitution. Pas de règle d’or, pas de prêt.

Un rôle accru pour le Fonds Monétaire international

De surcroît, «l’octroi de toute assistance financière nécessaire sera subordonné à une stricte conditionnalité». Que sera-t-il exigé des États emprunteurs en plus de l’application de la discipline budgétaire déjà instaurée depuis Maastricht et renforcée par le tout nouveau pacte budgétaire? Nul ne peut le savoir à l’avance puisque le traité charge la Commission européenne, «en liaison avec la BCE et, lorsque cela est possible, conjointement avec le FMI», de négocier et de signer avec chaque État emprunteur «un protocole d’accord définissant précisément [cette] conditionnalité», et bien sûr de veiller ensuite au respect des conditions exigées.

Les États vont donc ratifier un traité qui institutionnalise leur soumission à cette troïka que l’on voit à l’œuvre en Grèce depuis deux ans. La France s’apprête à le faire par une procédure d’urgence à l’Assemblée nationale le 21 février (lire ci-dessous la lettre de Jean-Claude Mailly aux parlementaires). Le risque est d’autant plus élevé que ce nouveau traité accroît le rôle du FMI, dont on connaît la teneur habituelle des plans d’ajustement structurel. Le MES, prévoit le traité, «coopérera très étroitement avec le Fonds monétaire international dans le cadre de l’octroi d’un soutien à la stabilité. Une participation active du FMI sera recherchée, sur le plan tant technique que financier[...]».

Pour arriver à ce résultat, les États ont dû commencer par modifier le traité de Lisbonne, entré en vigueur en 2009, qui interdisait aux États de la zone euro d’apporter une aide à un autre pays de la zone. Le Conseil européen du 25 mars 2011 a donc décidé de recourir à l’article 48-6 du traité de Lisbonne, qui permet une procédure accélérée de révision, de façon notamment à éviter l’organisation de référendums nationaux et à contourner le Parlement européen.

* Le pacte budgétaire est en fait le «traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire».
** Déficit structurel contenu à moins de 0,5% du PIB et instauration d’un mécanisme automatique de correction en cas de dérapage.

 

FO Hebdo - Février 2012

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