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lundi 19 juin 2017

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Grèce, déjà un septennat austère...

Les ministres des finances de la zone euro se sont félicités après l’accord le 15 juin, à Luxembourg, sur le versement à la Grèce d’un nouveau prêt de 8,5 milliards d’euros. L’accueil de la presse est plus mitigé. Aperçus.

Courrier international
Tout cela n’est que mensonges. On parle d’allégement de dette, mais on la reporte à la fin de tutelle budgétaire. Autant dire aux calendes grecques. De même pour la participation du FMI, qui dépendra de la viabilité de la dette. Donc on tourne en rond. Finalement, les créanciers ont débloqué des fonds pour rassurer et passer un été tranquille. juge le journal de gauche Ta Nea, qui fustige l’accord.

Libération
L’engrenage de l’interminable crise grecque s’est enclenché dès 2004, avec un déficit public maquillé, et a empiré face à une zone euro devenue très intransigeante. Surtout certains. 23 avril 2010. Papandréou demande l’aide financière de ses partenaires. La Grèce n’a plus accès aux marchés financiers et est donc menacée d’un défaut de paiement si elle ne trouve pas 10 milliards avant le 19 mai. Sur les marchés, c’est la débandade. Mais surtout les élections allemandes de septembre 2009 ont accouché d’une coalition entre la CDU et les libéraux du FDP, opposée à toute solidarité financière entre États. Les réticences de Berlin vont précipiter la crise. Mai 2010. Le monde entier panique Barack Obama appelle même Angela Merkel pour qu’elle assouplisse sa position. In fine, les ministres des Finances de la zone euro décident, le 2 mai, d’accorder 80 milliards d’euros à la Grèce sur trois ans, sous forme de prêts bilatéraux… Mais à des taux punitifs, auxquels s’ajoutent 30 milliards d’euros prêtés par le FMI.

Les Échos
Et voici que, une fois de plus, Athènes est pris au piège du calendrier électoral allemand : entrer dans le détail d’une réduction de la dette grecque est un tabou à quelques mois des élections législatives outre-Rhin. La perspective esquissée était donc celle d’un accord intermédiaire. Par celui-ci, a assuré Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, les créanciers feraient preuve de davantage de clarté concernant le calibrage du futur allègement de dette. Le texte permettrait au FMI de promettre de rester à bord du programme, tout en reportant à plus tard un engagement financier ferme. Le temps pour l’Allemagne de voter. Fût-ce au prix d’une asphyxie financière prolongée de la Grèce. Qui bat tragiquement des records d’apnée.

Le Monde
Au total, déjà un septennat sous le règne d’Austère 1er. Qui stérilise littéralement le pays : En Grèce, d’après Médecins du monde, près d’une femme sur quatre née dans les années 1970 n’a pas d’enfant. Et le nombre de naissances n’a cessé de baisser depuis le début de la crise selon Elstat, l’Autorité grecque des statistiques : de 114 766 en 2010, elles ne s’élevaient plus qu’à 94 134 en 2013 et à 91 847 en 2015.La population grecque diminue. Elle est passée de 11,1 millions en 2011 à 10,8 millions de personnes en 2016.

Généthique
Par contre, les ovocytes ne sont pas perdus pour tout le monde : La crise économique qui sévit en Grèce pousse de plus en plus de femmes à vendre leurs ovocytes ou à devenir mères porteuses. Dans ce pays, l’offre d’ovocytes est telle que beaucoup de laboratoires sont contraints de les exporter dans d’autres pays européens pour ne pas les perdre. [...] Officiellement, les donneuses agissent par altruisme, mais en réalité, la plupart ont une motivation économique : en 2012, 40% des donneuses ont reconnu qu’elles donnaient leurs ovocytes pour des raisons économiques.

Par  Michel Pourcelot

 

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Vendredi 2 juin 2017

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Transport de carburants 

Pas d’excès de vitesse!

Le gouvernement a tenu une réunion avec les cinq syndicats du secteur du transport routier (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT et FO), le 31 mai, alors qu’une pénurie d’essence se dessinait suite à un mouvement de conducteurs de camions transportant des matières dangereuses (carburant, gaz...). La presse s’en est faite l’écho.

Les Echos

« La réunion organisée au ministère avec les syndicats de conducteurs a porté ses fruits. Alors que plus de 1.000 stations-service étaient signalées en rupture totale ou partielle de carburant ». Ce qui pouvait augurer de quelques grosses chaleurs pour la Pentecôte. « Cette situation a poussé la nouvelle ministre des Transports, Elisabeth Borne, à se saisir du dossier et à organiser en fin d’après-midi mercredi une réunion avec les cinq syndicats du secteur, comprenant aussi la CFTC, la CFDT, FO et la CFE-CGC, "sur la prise en compte des spécificités de certains transports". A l’issue de la réunion, qui a duré plus de deux heures, Jérôme Vérité, secrétaire général de la CGT-transports a estimé avoir obtenu "des avancées significatives" qui pourraient aboutir "à la levée du mouvement" à l’approche de la Pentecôte ». Un mouvement qui aura débuté à l’Ascension pour finir à la Pentecôte.

La Croix

Pour autant, pas de miracle : « aucune évolution des salaires ou du temps de travail n’a été décidée ». Avant même « ce mouvement, des négociations étaient déjà en cours sur les classifications des conducteurs en transport routier de marchandises, mais également sur l’ensemble des catégories de salariés. Les autres syndicats (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) étaient donc opposés à la grève. (...) Ils se sont donc réjouis à l’issue de la réunion, puisque leurs demandes ont été confirmées par le gouvernement qui a fixé la date du 10 juillet pour faire parvenir des pistes de réflexion concrètes avant une reprise des discussions le 15 septembre avec le patronat ». Une reprise en côte ardue, puisque bien d’autres choses devraient se décider à cette rentrée.
Ouest-France
« Les autres syndicats se s’étaient pas associés à l’appel de la CGT car ils ne souhaitent pas morceler la convention collective, une situation qui aboutirait, selon eux, à des situations inégalitaires et favoriserait le dumping social dans la branche. Dans un communiqué jeudi, FO-Transports affirme être "bien évidemment d’accord" avec les revendications de la CGT, "mais pour l’ensemble des routiers". »

L’Yonne Républicaine
« On va dans la bonne direction », a commenté Patrice Clos (FO), « en indiquant que les syndicats avaient obtenu "l’organisation d’une table ronde", réclamée par la CFTC, la CFDT, FO et la CFE-CGC ».

La Voix du Nord

Cela « afin de réviser notamment le contrat type de transport de matières dangereuses, inchangé depuis 2007. (...) Cette première réunion permettra d’établir "le calendrier, mais on commencera vraiment le 10 juillet et les discussions s’étaleront dans le temps car cela concerne 700.000 salariés", explique à l’AFP Thierry Douine, représentant de la CFTC ». Donc, pas d’excès de vitesse...

 

Par  Michel Pourcelot

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Mercredi 24 mai 2017

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L’Élysée entame le travail

Jc mailly a l ellisee Palais de l’Elysee le23 mai 2017. © Eliot Blondet/Pool/REA

Les organisations syndicales et patronales ont été reçues ce mardi 23 mai au Palais de l’Élysée par le nouveau chef de l’État dans le cadre des rencontres avec les interlocuteurs sociaux en préambule à une réforme du Code du travail. La presse a essayé d’évaluer la température.

Les Échos
La bienveillance, si chère à Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle, semble communicative. Pour le moment du moins. Patronat comme syndicats, sont tous ressortis mardi, sinon satisfaits, du moins accommodants et prêts à discuter, après leur entretien à l’Élysée avec le président de la République. Et y a du travail en perspective.

La Charente Libre
Tour à tour, la CFDT, la CGT et FO ont plaidé pour que le calendrier de cette réforme, que le gouvernement juge prioritaire et compte mener au pas de charge, soit moins contraint. Le patronat, lui, a réitéré son exigence de rapidité. Des hommes pressés.

Le Monde
Pour sa part, Jean-Claude Mailly plaide pour que le calendrier soit détendu : J’espère que ça se détend un peu [sur le calendrier], mais ce n’est pas encore sûr, a de son côté souligné Jean-Claude Mailly, reçu à 11 heures. J’ai senti qu’a priori, il y a des marges de manœuvre. A confirmer dans les jours à venir, a poursuivi le secrétaire général de Force Ouvrière, à qui le président a confirmé que la réforme se ferait bien par ordonnances. Moi, je plaide pour que le calendrier soit détendu, c’est-à-dire éviter de faire des ordonnances en plein été, a ajouté le responsable de FO. L’été étant connu pour ses parts d’ombres.

Le Point
Le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, est ressorti de son entretien avec une impression positive, notamment sur le calendrier du gouvernement. Le calendrier a l’air d’avoir bougé. Je n’ai pas de date mais, en tout cas, j’ai cru comprendre que l’agenda rapide qui était prévu n’est pas aussi rapide que j’avais cru comprendre. L’échéance de fin août ou du 1er septembre a l’air plus floue, a-t-il déclaré. Tant que ce n’est pas la diagonale du flou.

Le Républicain Lorrain
L’obsession du gouvernement est d’éviter une reprise de la longue et dure bataille sur la loi El Khomri —six mois de tension ponctués de treize journées d’actions et de manifestations, sur fond de violences. On n’a pas le droit de bloquer la France, avait affirmé dans la matinée le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, soulignant que cette réforme était au cœur du projet présidentiel d’Emmanuel Macron, et donc approuvée par les Français à travers l’élection. Un ministre il dit ce qu’il veut. Les salariés, ils font ce qu’ils veulent, a rétorqué Philippe Martinez (CGT), qui avait amené au président un Code du travail allégé —façon CGT. Le président en est resté hier avec ses interlocuteurs aux grandes lignes de la réforme : négociations au niveau des entreprises et des branches, référendum d’entreprise à l’initiative de l’employeur, regroupement des instances représentatives du personnel, plafonnement des indemnités prud’homales, réforme de l’assurance chômage… Il reviendra au Premier ministre, qui ouvre la concertation demain, d’entrer dans les détails. Les fameux détails.

Le Figaro
Le premier ministre et la ministre du Travail doivent aussi recevoir les organisations syndicales pour aborder la refonte du code du travail. L’ancien maire du Havre a souligné dimanche dans le JDD que cette réforme majeure serait débattue avec les partenaires sociaux et le Parlement mais qu’il faudrait ensuite aller vite pour la mettre en œuvre. Une bonne réforme est une réforme bien pensée, bien discutée, puis bien exécutée. [...] Cela veut dire une discussion avec les organisations syndicales, qui est indispensable, et une discussion parlementaire qui aura lieu à l’occasion du vote de la loi d’habilitation qui permettra au gouvernement de prendre des ordonnances dans le cadre défini par le Parlement, a indiqué le chef du gouvernement. Pour l’instant, on en est à l’entame.

Par  Michel Pourcelot

 

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Vendredi 19 mai 2017

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Nouveau gouvernement

La Macron vision du social encore un peu floue

Premier conseil des ministres du gouvernement e philippe a l elysee Premier conseil des ministres du Gouvernement E. Philippe à l’Élysée. Christian Liewig/Pool-REA

A peine la composition du premier gouvernement formé à la demande du président de la République dévoilée, la presse s’est encore plus interrogée sur la tournure que pourrait bien prendre le social dans les semaines à venir.

Le Monde
Le ministre de l’économie Bruno Le Maire a annoncé que son premier déplacement serait à Berlin lundi, pour des entretiens avec son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, quand même connu pour son austéritémania. Et de se réjouir d’avance : Je suis sûr qu’ensemble nous ferons du bon travail, a-t-il dit. Ce bon travail, il suppose que la France tienne ses comptes publics et qu’elle tienne ses engagements vis-à-vis de ses partenaires européens. [...] [Il faut] que la nation française arrête de dépenser plus d’argent qu’elle n’en gagne. Il n’a pas précisé s’il entendait limiter les émoluments excessifs. Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a déclaré de son côté que la feuille de route des nouveaux locataires de Bercy était toute claire : nous devons rassurer nos partenaires européens. Il a dit aussi l’attachement qui est [le sien] à la fonction publique lors de sa passation des pouvoirs. Heureusement, parce que le ministère, lui, a disparu.

Le Midi Libre
Inquiétant ? En effaçant ainsi la Fonction publique, en la rattachant à un département ministériel qui en fera avant tout une variable budgétaire et en y nommant une personnalité fortement ancrée à droite, [Emmanuel Macron et Edouard Philippe] indiquent clairement leur volonté de poursuivre et d’amplifier les nocives politiques d’austérité, a déclaré la CGT.

L’Express
Muriel Pénicaud est quelqu’un que je connais, qui a eu une grande expérience à la fois en cabinet ministériel puisqu’elle fut au cabinet de Martine Aubry, ministre du Travail, mais à la fois comme DRH de grandes entreprises, dont Danone qui est une entreprise quand même assez réputée sur sa dimension sociale, a souligné Jean-Claude Mailly sur France info [...] quelqu’un de direct, qui dit les choses et qui a une connaissance à la fois technique et politique des dossiers, donc a priori un bon profil. [...] Après c’est la ligne globale de la politique économique et sociale qui va peser. Et beaucoup annoncent comme lourd le climat de cet été.

Le Journal du Dimanche
D’autant que le président compte supprimer la cotisation sociale salariale d’assurance chômage (2,4% du salaire brut) et la remplacer par une hausse de la CSG. Cela libérera du pouvoir d’achat d’un côté – sur le salaire net – mais en fera fondre d’un autre – sur les sommes à verser au fisc. Autrement dit, le système reposerait sur la solidarité nationale via l’impôt et non plus sur les actifs via les salaires. La logique assurantielle disparaît au profit d’une logique universelle, déplore Jean-Claude Mailly. Obliger les retraités et fonctionnaires à financer des prestations chômage auxquelles ils n’auront pas droit pose un souci d’équité. Une mesure que le Conseil constitutionnel pourrait tout à fait retoquer…. Le chef (de l’exécutif) retoqué ne manquerait pas de sel.

Libération
Certaines soustractions sont aussi salées : L’absence d’un ministère dédié à l’habitat a provoqué du flottement au sein même du gouvernement sortant. Aussitôt après la publication de la liste des nouveaux ministres, les services d’Emmanuelle Cosse étaient dans l’incapacité de dire qui viendrait pour la passation de pouvoir à son ministère du Logement. Faute d’intitulés clairs concernant les prérogatives de chaque nouveau membre du gouvernement, il aura fallu attendre que l’Élysée livre le nom du titulaire : c’est le ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, qui hérite du Logement et de la politique de la Ville. Ce dernier aura ainsi participé à trois passations de pouvoirs. Dans son périmètre ministériel figure également l’Aménagement du territoire. Sans que l’on sache encore vraiment à quelle enseigne les Français seront logés.

Par  Michel Pourcelot

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Vendredi 12 mai 2017

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Espérance de vie en hausse

Pour qui ?

Le rapport 2017 sur l’état de santé de la population française a été publié jeudi 11 mai par la Drees, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, et l’agence nationale Santé publique France. La presse l’a examiné. Extraits.

Nice-Matin
La Drees l’assure : Les Français sont globalement en bonne santé par rapport aux pays de niveau de richesse similaire. En 2015, l’espérance de vie des femmes était de 85 ans et celle des hommes de 78,9 ans. Mais il y a un mais : cependant, des écarts existent encore entre les classes sociales, les genres et les aires géographiques.

Le Monde
Pour le moins : un homme diplômé et cadre vivra en moyenne plus longtemps qu’un homme sans diplômes et ouvrier. Ainsi l’espérance de vie d’un cadre à 35 ans est supérieure de 6,4 ans à celle d’un ouvrier sur la période 2009-2013, selon le rapport. L’écart est encore plus grand – 7,5 ans – selon le niveau de diplôme (supérieur ou aucun diplôme). La différence est toutefois plus faible chez les femmes selon la catégorie sociale. Mais ces écarts restent considérables.

Libération
Les déterminants de santé tels que la nutrition, l’activité physique, et la consommation de tabac sont aussi fonction des gradients sociaux. Par exemple les enfants d’ouvriers souffrent toujours davantage de surcharge pondérale et de mauvais état de santé bucco-dentaire que les enfants de cadres. Seraient-ils trop sur les dents ? Confirmation encore : les conditions de travail ont toujours un impact fort sur la santé. De même, les risques (d’exposition aux agents cancérogènes, les facteurs de pénibilité) sont inégalement répartis entre les catégories socioprofessionnelles. Comme on le devine, les ouvriers et les employés y sont particulièrement exposés.

La Dépêche
La devise santé serait donc : longévité, inégalités, disparités. Et dès la petite enfance : en grande section de maternelle, la proportion d’enfants souffrant d’obésité s’élève à 5,8% pour les ouvriers contre 1,3% pour les cadres. La faute à une nourriture trop riche sans doute... Des écarts notables existent entre les régions, largement dus à des différences sociologiques entre leurs populations. L’espérance de vie est en moyenne plus élevée dans la moitié sud de la France métropolitaine, en Île-de-France et, pour l’outre-mer, en Martinique. Elle est en moyenne plus basse dans les Hauts-de-France et, pour l’outre-mer, à Mayotte et en Guyane, souligne le rapport. En métropole, les écarts entre régions peuvent aller jusqu’à 4 ans pour les hommes (76,9 ans dans les Hauts-de-France contre 80,8 en l’Île-de-France) et 2 ans pour les femmes (83,6 ans contre 85,9 dans les mêmes régions). Outre-mer, ces écarts peuvent être de 3 ans pour les hommes et 6 ans pour les femmes. Et encore, il s’agit d’une moyenne des espérances...

Par  Michel Pourcelot

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Jeudi 3 mai 2017

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Le chômage poursuit sa campagne

Ascension chomage

Tandis que la campagne électorale bruit, le chômage poursuit son inexorable progression comme en ont témoigné les chiffres pour le mois de mars dévoilés par le ministère du Travail le 26 mars. La presse en a profité pour faire un bilan de sortie de quinquennat.

Tandis que la campagne électorale bruit, le chômage poursuit son inexorable progression comme en ont témoigné les chiffres pour le mois de mars dévoilés par le ministère du Travail le 26 mars. La presse en a profité pour faire un bilan de sortie de quinquennat.

Le Parisien

« Le quinquennat s’achève sur une journée noire pour l’emploi. Fin mars, le nombre de demandeurs d’emploi s’est envolé de 43.700 personnes supplémentaires, portant à 3,5 millions le nombre de chômeurs inscrits en catégorie A (sans emploi). La publication hier des chiffres du chômage, les derniers avant l’élection présidentielle, risque de doucher les espoirs des Français. Alors que l’inversion de la courbe semblait bien arrimée depuis un an, avec 105.400 chômeurs de moins, cette hausse, la plus forte depuis septembre 2013, jette un sérieux trouble ». Par contre, l’inversion des normes...

La Tribune

Le quinquennat aura-t-il été une histoire de courbes mal négociées ? En tous cas, « le chômage aura bien été le "cauchemar" du quinquennat du président encore en place. Lui qui, un peu tôt et bien peu prudemment, avait pronostiqué une inversion de la courbe du chômage pour 2013. Pari raté puisque cette fameuse inversion s’est en réalité tardivement et faiblement produite qu’à compter de 2016. En effet, sur un an, le nombre des demandeurs d’emploi en catégorie "A" connaît une légère baisse de 0,9% ». Dommage qu’il n’y ait pas de catégorie triple A.

Le Monde

« Lorsque François Hollande a pris ses fonctions, en mai 2012, Pôle emploi recensait 2.922.600 chômeurs de catégorie A, et 4.356.400 en catégories A, B et C. Cinq ans après, selon les chiffres de Pôle emploi pour mars 2017, le nombre de demandeurs d’emploi s’établit à 3.508.100 en catégorie A et à 5.503.800 en catégories A, B et C ». A+B+C sur 5= un million.

France Soir

La hausse de mars serait « essentiellement due au fait que de nombreux contrats courts n’ont pas été renouvelés, faisant basculer des personnes exerçant une petite activité dans la catégorie des chômeurs sans aucune activité. Ainsi, en comptant les demandeurs d’emploi exerçant une petite activité, les statistiques reculent sur un mois de 0,2%, avec 5,5 millions de personnes, mais elles augmentent sur un an ». Petite activité, petits chiffres. De plus, malheureusement, « le nombre de chômeurs a continué à se dégrader chez les seniors, (+1,1% sur un mois, +3,7% sur un an). Les moins de 25 ans, qui ont connu des mois d’embellie, n’ont pas été épargnés cette fois, avec une hausse de 1,2% sur un mois ». Chiffres de février ne font pas le printemps.

Les Echos

Et « on peut esquisser sans risque que malgré les espoirs qu’avaient fait naître la baisse de 2016 - la première en neuf ans - l’inflexion de la courbe du chômage a perdu de sa force (...). Mais pour que la France en finisse avec le chômage, il faudra vraiment que le nombre d’emplois créés passe à la vitesse supérieure ». Une question de conduite économique.

Par  Michel Pourcelot

 

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Vendredi 14 avril 2017

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Prisons 

ça chauffe à l’ombre!

Prison de fleury merogisPrison de Fleury-Mérogis. Par Thomon — Travail personnel, CC BY-SA 4.0

Les problèmes de l’univers carcéral, surpopulation et manque de moyens notamment, ont une nouvelle fois été mis en lumière à la suite de mouvements de protestation du personnel pénitentiaire. La presse s’est penchée au-dessus des hauts murs. Aperçus.

Libération
Le feu couvait depuis quelque temps. Cette fois-ci, des palettes brûlent à l’entrée de la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), à quelques mètres des pelouses sur lesquelles broutent des moutons noirs. Derrière les murs, s’entassent 1 080 détenus dans un établissement qui compte 587 places. C’est, entre autres, pour dénoncer cette surpopulation carcérale record que trois organisations syndicales ont appelé jeudi matin au rassemblement devant la prison francilienne. Une soixante de surveillants venus de toute la région ont répondu présents. Ici comme ailleurs.

Le Parisien
Ainsi, les surveillants en colère de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) ont, quant à eux, décidé mercredi soir de maintenir la pression sur l’administration pénitentiaire, avec de nouvelles actions à venir pour protester contre l’agression de six gardiens dans la plus grande prison d’Europe. Les surveillants ont décidé en assemblée générale d’aller jusqu’au bout et de poursuivre leur mouvement, a déclaré Thibault Capelle, du syndicat FO Pénitentiaire (minoritaire). Lundi, 350 d’entre eux avaient bloqué l’accès à la prison. Il y aura des petites actions toute la semaine prochaine, comme des distributions de tracts par exemple, mais pas de nouveau blocage, a expliqué Thibault Capelle. Les surveillants veulent une nouvelle rencontre avec la direction de l’administration pénitentiaire, qui est venue entamer des négociations mardi. Sans rendez-vous d’ici vendredi 21 avril 10h, ils menacent d’aggraver leur mouvement. Même avertissement si les négociations débouchent sur une impasse. Une porte ouverte serait préférable.

L’Express
D’autant que l’air devient irrespirable : pour Blaise Gangbazo, secrétaire général CFTC Justice, qui évoque des conditions de travail non seulement dégradées mais dégradantes, tant qu’on ne désencombrera pas l’établissement, où la surpopulation oblige certains détenus à dormir sur des matelas au sol, dans des cellules à trois voire plus, entraînant de plus en plus d’agressions entre détenus. Les gardiens cherchent à alerter l’opinion publique et les familles car les surveillants comme les détenus sont en insécurité totale à l’intérieur de la prison, a-t-il ajouté. On n’est plus en mesure de déceler la radicalisation, a poursuivi le représentant syndical, qui demande en urgence au moins 30 agents supplémentaires à Villepinte. Les incarcérations montent, mais pas les moyens.

Marianne
Résultat : Les premiers à faire les frais de ces bagarres, ce sont évidemment les surveillants. Moins nombreux, parfois seuls pour une centaine de détenus, ce sont eux qui trinquent. Désarmés, avec leurs seules mains pour se défendre, ils font face à toutes sortes d’objets contondants plus ou moins meurtriers. Avec à la clef des blessures, surtout quand les détenus s’y mettent à plusieurs, comme ce fut le cas à Fleury-Mérogis, la plus grande prison d’Europe, il y a quelques jours : une altercation entre huit mineurs et les surveillants a fait six blessés parmi ces derniers, provoquant le blocage de la maison d’arrêt. Et l’irruption dans le débat public de la prison, sujet soigneusement mis sur la touche par tous les candidats. Un sujet qui pourtant ne veut pas rester à l’ombre.

Par  Michel Pourcelot


 

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Samedi 8 avril 2017

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Elections professionnelles

Une salade de chiffres et l’addition, SVP

Fo sante chauny election tpe

Les résultats compilés des élections professionnelles 2013-2016 présentés officiellement le 31 mars n’ont guère passionné la grande presse mais il s’en est quand même trouvé quelques échos, fort chiffrés. Extraits.

Le Monde
Il était une fois la première fois : pour la première fois, la Confédération française démocratique du travail (CFDT) est devenue la première organisation syndicale (26,37%), devant la Confédération générale du travail (CGT, 25,12 %), selon la mesure de la représentativité syndicale rendue publique par le Haut Conseil du dialogue social. Cette mesure agrège les résultats des élections professionnelles dans les entreprises d’au moins 11 salariés, entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2016. Au total, sur 13 244 736 salariés inscrits, plus de 5,6 millions se sont exprimés – 195 518 de plus que lors de la précédente mesure –, soit une participation de 42,76 %. Mais si l’on considère les seules entreprises ayant au moins 11 salariés, la participation a été de 62,63 %, un score bien supérieur à bien des élections politiques. La CFDT est arrivée en tête avec 26,37 % (+0,37 par rapport à 2013), près de deux points devant la CGT (24,84 %, -1,92) suivie par FO 15,59 % (-0,35), la CFE-CGC 10,67 % (+1,24 point), la CFTC 9,49 % (+0,19), l’UNSA 5,35 % (+1,09) et Solidaires 3,46 % (-0,01). Pas vraiment un bouleversement.

Les Échos
Pourtant, il s’en trouve pour considérer qu’il s’agit non d’une élection mais d’une révolution : C’est une révolution dans le paysage syndical français. La CFDT devient le premier syndicat au niveau national dans le secteur privé, devant la CGT. Cette dernière cède la première place au niveau national dans le secteur privé en raison d’un recul important de son propre score. Reste que c’est la seule centrale syndicale à avoir perdu de l’audience. Alors même que le nombre de suffrages exprimés a progressé de près de 200 000, 50 000 voix de moins se sont portées sur elle. Son assise s’est donc effritée. Côté branches, où seuls les syndicats dont le score atteint au moins 8 % seront déclarés représentatifs, la CGT n’atteint pas ce seuil dans la seule branche de l’administration des établissements privés catholiques. A l’inverse, elle fait plus de 37 % chez les ouvriers du bâtiment, son maximum, et au-delà de 35 % dans la propreté et dans la production agricole. Quant à Force Ouvrière, elle ne passe pas la barre des 8 % dans seulement deux branches de plus de 50 000 salariés : les établissements privés catholiques, comme la CGT, et la nouvelle branche du sport. C’est dans la restauration rapide qu’elle fait son meilleur score : près de 31 %. Donc, du sport en perspective.

La Croix
Si ce n’est une révolution, La CFDT qui double la CGT, c’est un séisme ?. Réponse d’un professeur en sciences sociales à Paris 1, Jean-François Amadieu : Ce résultat n’est pas si surprenant, il ne change pas la pente qu’on observait depuis des années, avec une érosion de la CGT inscrite dans la durée. Il aurait pu y avoir un sursaut au printemps dernier avec le mouvement contre la loi travail, et à la faveur des dernières élections dans les TPE où la CGT s’en est pas mal sortie. Mais finalement rien n’a inversé une tendance au déclin, même dans le public (où la CGT reste numéro un). Ce déclin a été très marqué jusqu’au début des années 1990, s’est stabilisé jusqu’en 2005-2006, avant de reprendre.

Le Figaro
Et de se raccrocher aux branches, du moins aux chiffres, car le monde syndical est constitué de nombreuses filières, et les résultats publiés le 31 mars sont les additions d’élections successives dans les nombreuses branches de métiers du privé (agriculture, industrie...). Les dernières élections professionnelles de la fonction publique ont eu lieu en 2014 et rassemblaient elles aussi plusieurs secteurs : la fonction publique d’état, territorial et hospitalière. La CGT avait raflé la première place, avec 23,% des suffrages contre 19,3% à la CFDT et 18,6% pour FO. 53% des 5 200 000 fonctionnaires s’étaient déplacés, donnant exactement 604.624 voix à la CGT contre 504 804 à la CFDT. La CGT avait fait ses meilleurs scores dans la fonction publique territoriale. Si l’on additionne les chiffres officiels à ceux d’aujourd’hui 31 mars, le total des voix de la CGT tous secteurs confondus publics/privés est de 1 907 400, et reste donc bien le plus élevé, dépassant le score de la CFDT et ses 1 887 450 suffrages. Une avance de moins de 20 000 voix donc, sur une population active de 28,6 millions de personnes.... Bref, si ce n’est pas une cuisine électorale, on a le droit à une belle salade de chiffres.

Par Michel Pourcelot

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Jeudi 9 mars 2017

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Santé et service public


La mobilisation bat la campagne

Manif paris 7 mars 2017

Manifestation des personnels soignants et du service public à Paris le 7 mars 2017.

Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

La journée de mobilisation, de grèves et de manifestations pour la défense de l’hôpital, de l’action sociale et du service public, s’est déroulée le mardi 7 mars, dans toute la France. La presse, malgré sa focalisation sur les feuilletons politiques en cours, lui a consacré quelques aperçus.

La Dépêche
Las de faire toujours plus avec moins : infirmiers, aides-soignants ou encore assistantes sociales ont manifesté mardi dans toute la France pour dénoncer leurs conditions de travail, rejoints par d’autres représentants des services publics. Ils étaient entre 10 000 et 12 000 à Paris, selon la police, 35 000 selon FO services publics et santé et au moins 30 000, selon la CGT de la fonction publique, qui annonçait 1 500 manifestants à Marseille. A Lyon, ils étaient plusieurs centaines, environ 300 à Grenoble, près de 450 à Dijon, 600 à Perpignan selon la police, 800 à 1 000 selon les syndicats. [...] Les fédérations de fonctionnaires, notamment CGT, FO, FA-FPT (Autonomes), FSU avaient appelé les agents à rejoindre le mouvement afin de dénoncer aussi la réforme territoriale et les conséquences des fusions : mobilités forcées et dégradation du service public. Des fusions qui désintègrent le maillage territorial.

Le Populaire du Centre
A Limoges, des salariés du privé et du public (Legrand, GM & S, SNCF, collectivités) sont venus prêter main-forte aux agents hospitaliers, en grève mardi, lors de manifestations devant le CHU de Limoges et l’agence régionale de santé. La santé, ça nous concerne tous, qu’on travaille dans le public ou le privé, glisse Bruno, sous la bannière de l’union syndicale des travailleurs de la métallurgie. En effet, de nombreux militants issus de divers secteurs professionnels ont manifesté leur solidarité aux agents hospitaliers en grève [...]. La direction, sous la pression de l’agence régionale de santé, a accéléré les restrictions. Des lits ont été fermés début mars, la majorité des CDD ont été enlevés, et l’avenir de la maternité est menacé, s’inquiètent Stéphanie Granet et Cécile Viroulaud (FO), de l’hôpital Saint-Juniaud. On a le sentiment que la qualité des soins ne compte plus, selon Didier Lekiefs (CGT), issu du même établissement. Ce que les gens demandent, c’est un service public de santé qui répond aux besoins de la population, pas à une logique purement financière, rappelle Florence Medge (CGT du CHU). Par contre, on soigne les comptes.

Le Pays
A Roanne, dans la Loire, on trouvait aussi dans les rangs des manifestant, des agents de santé, des cheminots ou encore des retraités et des citoyens. A l’image de Daniel, soucieux des services publics. Pour la santé, les choses vont de mal en pis. Les citoyens devront se secouer s’ils veulent pouvoir continuer à se faire soigner correctement, tempête le manifestant. Sinon, il sera trop tard quand ils devront compter leurs abattis, la vision comptable l’aura fait pour eux et tout sera arasé. Rassemblé devant les locaux de la Caisse primaire d’assurance maladie à Roanne, le cortège a rejoint la place de l’hôtel de Ville où les représentants syndicaux ont donné lecture d’un texte commun. Les organisations CGT, FO, Solidaires, FSU, de la santé action sociale, des fonctions publiques et des organismes sociaux appelaient ensemble à la grève dans la Loire, ce mardi.

La Voix du Nord
Car ils sont de plus en plus dans le rouge : ainsi à Helfaut (Pas-de-Calais) : beaucoup de rouge à l’entrée du site de l’hôpital, mardi 7 mars. Il faut dire que FO et CGT y avaient pris leurs aises avec un objectif en tête : distribuer des tracts aux personnels et visiteurs du centre hospitalier : dès 6 heures côté Force Ouvrière qui a mis un point d’honneur à accueillir le personnel matinal. Avec un même objectif, même si les deux syndicats tractaient dans leur coin, les revendications se rejoignaient pour l’essentiel : les groupements hospitaliers de territoire (GHT, Helfaut avec Dunkerque, Aire-sur-la-Lys et Zuydcoote) qui tireraient l’offre de soins et les conditions des agents vers le bas (services et plateaux uniques sur un seul site impliquant de plus longs déplacements pour les premiers cités, et des mouvements pour le personnel, etc. : À terme, d’ici 2025, il n’y aurait plus deux activités identiques sur un même territoire, prévoit Grégory Renaux, pour FO. Seuls les objectifs comptables seront aux petits soins.

Par Michel Pourcelot

 

Voix De Presse

Jeudi 2 mars 2017

PRESSE - COMMUNICATION

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Voix de presse


 

Pendant que l’on fait salon à l’agriculture...

Salon de l agriculture Le salon de l’agriculture de Paris en 2011. Photo de Thesupermat (Own work) [CC BY-SA 3.0]

Le Salon de l’Agriculture tenant son édition 2017 à Paris du 25 février au 5 mars 2017, la presse n’a pas manqué d’en faire une nouvelle fois tout un foin. Pas seulement à cause du passage plus ou moins obligé d’hommes politiques, mais parce que les petites entreprises agricoles n’en finissent pas de connaître la crise.

Le Progrès
Beaucoup de paysans galèrent et ont perdu le sens, l’envie du métier, à cause d’un manque de reconnaissance, d’un manque de revenu. Pour Laurent Pinatel, paysan dans la Loire et porte-parole de la Confédération Paysanne, la situation du monde agricole est critique. En France, il y a deux pôles : l’agriculture de qualité, avec les AOC, les circuits cours, le bio, qui résiste à la crise, et l’agriculture de masse, qui est sur un secteur très concurrentiel, comme le lait, qui prend de plein fouet l’absence de politique européenne. Le salon de l’Agriculture 2017 ? C’est le salon d’une agriculture qui est toujours en crise. Crise laitière, crise bovine… Les aides qui n’arrivent pas, la grippe aviaire qui fait des ravages. Et puis il y a eu la semaine dernière, le vote Ceta… Le Canada va pouvoir nous envoyer, sans droit de douane, beaucoup de viande bovine. Et là, ce sera une catastrophe. Et nous, en contrepartie, on va leur envoyer du lait.... Beaucoup boiront la tasse, sans le petit lait.

Les Échos
Les campagnes ne sont plus pavoisées. Le découragement pointe même chez les agriculteurs exposants du salon, qui sont pourtant parmi les plus compétitifs et les mieux organisés du pays. Ce gouvernement a mené une PAC [politique agricole commune, Ndlr] pas à la hauteur. Ils ne se rendent pas compte du malaise. Tant qu’on ne gagne rien avec ce qu’on produit, on ne pourra pas avancer, lance Pierre Besancenot, 58 ans, exploitant de Montbéliardes en Haute-Saône.

Le Parisien
Les drames, eux, croissent et se multiplient : Céline, une femme de 47 ans, mère de deux enfants, qui produisait du lait avec son mari et un associé dans un GAEC [Groupement agricole d’exploitation en commun Ndlr], à Plumieux (Côtes-d’Armor), a été retrouvée par ce dernier pendue à une poutre jeudi (23 février) à 07h00, a indiqué la gendarmerie des Côtes-d’Armor. En difficultés financières, elle a laissé un message disant qu’elle était désolée mais qu’elle ne supportait plus la situation, a précisé l’officier de permanence. Selon son mari, elle était fatiguée de devoir travailler beaucoup et de ne réussir simplement qu’à payer les factures, a-t-il ajouté. Selon son voisin, Sébastien, le choix de se suicider dans la salle de traite n’est pas un hasard. Pendant ce temps la pression pour de plus bas prix se poursuit, écrasant tout. Selon des chiffres de l’Insee publiés en décembre, le revenu moyen d’un chef d’exploitation agricole a diminué de 26,1% en 2016 par rapport à 2015. Les filières les plus touchées sont la production de céréales et celle de lait, qui a subi de plein fouet la concurrence européenne après l’abandon des quotas laitiers européens en 2015.

La Tribune
La concurrence passe et l’herbe n’est plus aussi verte : Le revenu des agriculteurs n’a jamais été aussi faible, plus d’un tiers des agriculteurs a touché moins de 350 euros par mois en 2015. Et les problèmes de l’agriculture ne sont pas qu’économiques : la pression sociale, familiale, le retranchement, aggravent leur statut. La France est le plus gros producteur agricole d’Europe, le changement est à concevoir avec nos agriculteurs, avec des alternatives : quel modèle d’agriculture souhaitons-nous ? La paille ou la poutre ?

Le Monde
Ou bien l’avenir est-il dans « l’agriculture 3.0 » ? Soit veaux, vaches, cochons… drones et capteurs hydrométriques. Le Salon de l’agriculture 2017, comme son prédécesseur, fait la part belle aux nouvelles technologies et aux entreprises ayant l’ambition de révolutionner l’agriculture grâce au numérique. En deux mots, le « smart farming », qui ne va pas sans rencontrer quelques réticences face à des agriculteurs pas toujours emballés par cette évolution. Quid de leur pouvoir de décision grignoté par des machines, ou par l’interprétation des données qu’elles fournissent ? De leur connaissance du vivant remise en cause par des algorithmes ? Du partage et de la valorisation des informations récoltées sur leur exploitation ? De leur formation et maîtrise de ces nouveaux outils ?. Pendant que l’on fait salon, qui maitrise qui et avec quoi ?

Par  Michel Pourcelot

 

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