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ZONE EURO: SUSPENDUE AU SAUVETAGE DES BANQUES ESPAGNOLES

PRESSE - COMMUNICATION

Voix de presse

ZONE EURO: SUSPENDUE AU SAUVETAGE DES BANQUES ESPAGNOLES


Un plan d’aide au système bancaire espagnol a été accordé, samedi 9 juin, par l’Eurogroupe (les dix-sept États de la zone euro), à la suite de la demande officielle du gouvernement espagnol, quelques jours après que ce dernier a juré ses grands dieux n’en avoir nul besoin. La presse s’est montrée dubitative devant cette tragicomédie qui tient plus du poker menteur que de la science économique.

Ouest-France
«L’Europe a décidé d’un plan de sauvetage de 100 milliards d’euros pour sauver les banques espagnoles. Les réactions sont plutôt mitigées ce dimanche. Un message aux marchés financiers démontrant la solidarité européenne, estime l’hebdomadaire allemand Spiegel», mais «la presse britannique a des accents plus critiques tandis que l’italienne est partagée entre approbation et inquiétude».

Le Point
«La presse espagnole sous le choc après l’annonce du sauvetage européen. “Sauvetage pour l’Espagne”: ce grand titre en une du quotidien de centre gauche El País résumait dimanche (10 juin) la stupeur de la presse espagnole, qui insistait sur le fait que le pays, après avoir longtemps nié, a cédé et demandé une aide européenne pour ses banques.» Comme rigueur et austérité, aide et sauvetage ne sont sans doute pas la même chose...

Nord-Éclair
Tentant de rassurer le pays, déjà soumis à une rude cure d’austérité pour réduire son déficit public, Luis de Guindos a insisté: «Cela n’a rien à voir avec un sauvetage», il a expliqué que cette aide serait considérée comme de «la dette publique» espagnole, qui va donc augmenter, et «devra absolument être remboursée».

Les Échos
Dettes de jeu? «C’est une véritable partie de poker. Quand le ministre espagnol de l’Économie, Luis de Guindos, dit que “l’avenir de l’euro se joue dans les prochaines semaines en Italie et en Espagne”, et que son homologue au Budget, Cristobal Montoro, dit que “l’Espagne ne peut techniquement pas faire l’objet d’un sauvetage”, il faut comprendre que le pays est “too big to fail” (trop grand pour tomber): si l’Espagne sombre, l’euro sombre avec elle.» Poker certes, mais qui a misé, qui rafle la mise et qui raque?

Le Parisien
Éléments de réponse: «L’économie espagnole, la quatrième d’Europe, est placée sous étroite surveillance des dix-sept pays de l’Eurogroupe, et ce dernier s’est dit “confiant” dans le fait que l’Espagne tiendra ses engagements en matière de réduction de son déficit et de mise en œuvre de réformes structurelles. Le quotidien de centre droit El Mundo souligne que l’Eurogroupe a insisté sur le respect des objectifs de réduction du déficit et la poursuite des réformes structurelles: augmentation de la TVA – à laquelle Madrid se refuse officiellement – marché du travail, retraites...»

FO Hebdo - juin 2012

2012: CAP SUR LA RÉCESSION!

ECONOMIQUE - JEUDI 16 FÉVRIER 2012

InFOéco 38 – 16 février 2012

cap-sur-la-recession.jpgLes cérémonies officielles des voeux sont à peine terminées que les perspectives sombres sur le plan économique sont d’ores et déjà largement engagées en ce début 2012.

 

Baisse du pouvoir d'achat, hausse importante du chômage, chute de l'investissement, dégradation du commerce extérieur, etc. Tous les indicateurs sont mal en point.

Dans ce contexte, l’annonce de la dégradation de la note française par l’agence Standard & Poor’s, avec toute la dramaturgie associée au choix d’un vendredi 13, n’a pas franchement constitué une surprise après la mise sous haute surveillance de nos finances publiques quelques mois plus tôt. Plus récemment, l’agence Moody’s, l’autre grande prêtresse du monde financier, a confirmé le triple A mais avec perspective négative.

Les agences de notation continuent donc d’exercer une pression incroyable sur les Etats avec un degré d’ingérence inédit dans leurs orientations politiques. Il s’agit clairement d’une forme de prise d’otage et on peut s’étonner que certains commentateurs qui n’hésitent pas à qualifier les salariés grévistes de preneurs d’otages, soient assez peu prolixes pour dénoncer le chantage exercé par ces agences, au nom des marchés financiers.

Pour satisfaire aux exigences de l’orthodoxie financière, l’unique voie explorée reste la rigueur, censée restaurer les conditions de « la compétitivité », sans que personne ne se donne plus la peine de définir ce concept attrape-tout mais bien obscur dès qu’il s’agit de l’appliquer à un pays.

A partir du moment où tous les pays européens mènent des politiques d’austérité, la croissance ne peut évidemment pas être au rendez-vous et les objectifs annoncés de réduction des déficits non plus*. Contre toute logique, cela conduit pourtant les gouvernements concernés à renforcer l’austérité, comme on l’observe en Grèce, en Italie, en Espagne, au Portugal et en France, même si la rigueur n’y est toujours pas assumée comme telle.

Dans un mouvement schizophrénique les agences de notations réclament des « réponses » structurelles et s’inquiètent des conséquences de l’austérité.

Dans une conjoncture dégradée, dès lors que les dépenses publiques progressent moins vite que l’inflation et le PIB, donc que le poids des dépenses publiques dans le PIB se réduit, et que les prélèvements obligatoires augmentent malgré tout, l’impulsion budgétaire et fiscale ne peut être que négative. Autrement dit la politique budgétaire agit négativement sur l’activité.

Aussi, en préconisant une baisse des dépenses publiques dans son rapport annuel du 8 février, la Cour des comptes ne fait pas que sortir de son rôle. Elle fait erreur, car ses préconisations (véritable plan d’austérité d’une ampleur inégalée) auraient un effet récessif sur l'activité et empêcheraient de mettre en oeuvre les politiques sociales dont la France a pourtant cruellement besoin.

Cette mécanique absurde concerne aujourd’hui l’essentiel de la zone euro. Et l’impact des politiques de rigueur y est naturellement dramatique : 23% de chômage en Espagne et 17% en Grèce où des indicateurs font état d’une dégradation rapide de la santé de la population.

En l’absence de pare-feu institutionnel en zone euro, rôle traditionnellement dévolu à la banque centrale, les Etats sont tenus par les instances européennes et le FMI d’accentuer la rigueur et cassent ainsi encore plus la faible croissance potentielle. Comme les dirigeants Allemands persistent à craindre en priorité des effets inflationnistes alors que la menace d’une déflation paraît beaucoup plus à l’ordre du jour, sous l’effet d’un processus de déflation salariale qu’ils ne sont d’ailleurs pas les derniers à avoir initié, aucune alternative ne semble se dessiner pour desserrer l’étau. Le pacte budgétaire négocié lors du sommet européen fin janvier témoigne une nouvelle fois de cet aveuglement persistant face aux conséquences sociales et à l’impasse économique pourtant un peu plus évidente chaque jour.

Sur le plan macro-économique, la récession pointe à nouveau en ce début 2012 alors que les effets de la crise financière sont loin d’avoir été amortis, en particulier en matière d’emplois. L’annexe à cette circulaire de conjoncture donne un aperçu de la tendance récessionniste qui s’installe aujourd’hui.

 

Suite....




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