Économie

LE MODÈLE SOCIAL DANS LA SERINGUE DES AGENCES DE NOTATION

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LE MODÈLE SOCIAL DANS LA SERINGUE DES AGENCES DE NOTATION


modelesocialdenotation.jpgDes paramètres tels que la croissance, l’emploi, les droits sociaux les services publics sont autant d’éléments défavorables dans les critères d’évaluation de ces boussoles préférées des marchés financiers.

 

La France va probablement perdre son triple A après son placement sous «surveillance négative» par les trois agences de notation (Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch). Plus personne ne se fait guère d’illusion sur le sort de ce «trésor national» pour reprendre les termes d’Alain Minc, conseiller officieux de l’Elysée.

La dégradation possible de la note attribuée à la dette française entraînerait dès lors une hausse des taux d'intérêt d’emprunt de l’Etat mais aussi de tous les organismes publics ou sociaux dont il serait le garant implicite. Car, les trois agences ont placé mécaniquement «sous perspective négative» des institutions telles que des collectivités locales, la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades), l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), l’Assurance Chômage (UNEDIC). Seraient également concernées toutes les entreprises où l’Etat est peu ou prou actionnaire (EDF, Aéroports de Paris, GDF Suez, Renault...).

Elles se sont ainsi bien gardé d’étudier la valeur intrinsèque de ces entités. «Quelle crédibilité peut-on donner à des agences, qui ne prennent même pas le soin d’analyser les bons fondamentaux de l’UNEDIC?», demande Stéphane Lardy, secrétaire confédéral, chargé à FO de l’Assurance chômage. Pour son homologue chargé à FO du secteur Economie, Pascal Pavageau, «elles auraient dû être discréditées au moins depuis le déclenchement de la crise financière en vigueur depuis 2008 et dont elles sont en partie à l’origine. Ce sont en effet elles qui avaient attribué des notes maximales à des établissements financiers gavés de produits toxiques (Subprimes) ayant conduit au chaos actuel». Des établissements que les Etats ont dû sauver de la faillite par l’injection massive d’argents publics. «Alors que ce type de notations de pays ou d’entreprises ne devrait pas susciter davantage d’intérêt que les opinions exprimées par toute une série d’analystes officiels ou autoproclamés», FO s’interroge sur «la fonction centrale qui leur a été dévolue par les autorités publiques et les spéculateurs (qui sont parfois leurs clients)»

Bien qu’illégitime sur le plan démocratique, un tel pouvoir ne sert en fait qu’à justifier les logiques de l’ultralibéralisme à l’œuvre dans le monde et singulièrement dans les pays européens où subsiste encore un modèle social. Leurs évaluations sont plus idéologiques que techniques. Dans ces conditions, qu’ils soient bien notés ou pas, les Etats seront toujours poussés à conduire des politiques de rigueur budgétaire au détriment de la croissance, de l’emploi, des services publics ou de la protection sociale des salariés et des citoyens.

Pour preuve, quelques jours après la dégradation de la dette américaine, Standard & Poor’s estimait en août dernier que la France avait une «politique budgétaire bien conçue» qui justifiait le maintien de son triple A… avec une perspective «stable». Autrement dit, sans risque de dégradation à moyen terme de sa note. Elle avait alors jugé positivement l’arrêt la politique de relance budgétaire et qualifié la réforme des retraites de 2010 de «mesure intelligente», notamment parce que «le gouvernement (était) resté droit dans ses bottes» alors qu’il avait «connu beaucoup de contestation de la rue». Trois mois et deux plans de rigueur plus tard, le pays était placé sous «surveillance négative»…

 

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