Edito Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 19 avril 2017

Mercreddi 19 avril 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Dans les semaines et les mois à venir, soyez prêts à tout…  »

Jc mailly edito du 12 04 2017 CCN des 6 et 7 avril 2017 à Paris. Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Dans une semaine nous connaîtrons les résultats du premier tour des élections présidentielles.

Dans une interview au journal Le Point, le président de la République, comme il l’a déjà fait à maintes reprises, commente son quinquennat et la situation actuelle.

Une phrase, notamment, a retenu mon attention.

Interrogé sur la loi Travail, il répond : La seconde version de la loi Travail permet des accords d’entreprise et dans le pays je n’ai pas encore rencontré un salarié qui me dise qu’il a perdu des droits à cause d’elle. Les travailleurs l’ont bien compris. Lors des dernières élections professionnelles ils ont placé en tête les syndicats réformistes, ceux qui ont négocié cette loi avec nous : pour la première fois la CFDT est passée devant la CGT. Si la gauche socialiste avait agi comme la CFDT, elle serait dans une meilleure situation aujourd’hui.

Méconnaissance, méthode Coué, déni de réalité, ou un peu de tout cela, c’est ce qu’inspire cette réponse.

Rappelons, par exemple, que le cycle des élections professionnelles a duré quatre ans et la loi Travail quelques mois seulement sur ces quatre ans.

Rappelons aussi que la CFDT a peu amélioré son score et que c’est la CGT qui a surtout perdu.

Rappelons encore qu’une loi (et ses décrets) met quelque temps à entrer en application et que cela commence à se voir, notamment quant à l’allégement des PSE.

Enfin, je ne sais pas quels salariés (triés sur le volet ?) il a rencontrés, mais je sais que la semaine dernière, à Niort, les militant(e)s FO qui voulaient lui parler d’Heuliez ont été tenus à l’écart.

De fait, il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

En ce qui nous concerne, nous maintenons que l’inversion de la hiérarchie des normes en matière de temps de travail est une faute historique dans laquelle d’autres vont s’engouffrer.

Et nous savons, confirmé par plusieurs sources, que celui qui a tout bloqué sur cette question ce n’est ni la ministre du Travail, ni le Premier ministre de l’époque, mais le président de la République.

Une autre inversion a ainsi vu le jour : celle ne permettant pas à un président sortant de se représenter.

 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 12 avril 2017

Mercreddi 12 avril 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Dans les semaines et les mois à venir, soyez prêts à tout…  »

Jc mailly edito du 12 04 2017 CCN des 6 et 7 avril 2017 à Paris. Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Le Comité confédéral national (le « Parlement » de FO) s’est réuni les 6 et 7 avril.

Il a adopté à la quasi-unanimité une résolution, que vous trouverez sur notre site Internet.

Cette résolution rappelle nos revendications prioritaires dans cette période nouvelle, quelque peu déliquescente et dangereuse.

Nous réaffirmons également, tout en rappelant nos valeurs, que fidèle à sa pratique d’indépendance syndicale Force Ouvrière ne donne et ne donnera aucune consigne de vote pour les élections politiques.

Intuitivement on sent très bien que la période actuelle, en France comme ailleurs, s’apparente à la fin ou au début d’autre chose. Le néolibéralisme a fait la preuve de ses dégâts sociaux et économiques, les tensions internationales s’accroissent, les dogmes économiques ont pris le pas sur les fonctionnements démocratiques. L’avenir dira si la période sera qualifiée d’historique, mais elle est en tout cas inédite.

Dans ces conditions, le 1er Mai 2017 sera pour Force Ouvrière un 1er Mai syndical, où nous soulignerons également notre attachement à la république sociale, aux valeurs de solidarité, et notre rejet de toute discrimination, racisme, xénophobie et antisémitisme.

Par ailleurs, le CCN a réaffirmé, dans une motion spécifique, sa demande de nationalisation, même temporaire, des chantiers navals STX pour préserver l’outil industriel et l’emploi.

Et, comme je l’ai indiqué en clôture de ce CCN, la vigilance s’impose dans les semaines et les mois à venir, alors soyez prêts… à tout !

 

Edito fo hebdo 3238

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 5 avril 2017

Mercreddi 5 avril 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Accord sur l’Assurance chômage, une protection pour les salariés et les demandeurs d’emploi  »

Jc mailly 1er mars 2017

Alors que certains programmes présidentiels annoncent une prise en main par l’État des décisions (prestations et cotisations) dans le domaine de l’Assurance chômage, l’accord signé la semaine dernière entre les trois organisations patronales et quatre confédérations syndicales, dont Force Ouvrière, est une protection pour les salariés et les demandeurs d’emploi.

Après des négociations difficiles, ce qui est toujours le cas en période de croissance faible et de chômage élevé, nous sommes parvenus à un compromis.

Un bon compromis se caractérise par le fait que le syndicat pouvait espérer plus et que le patronat considère qu’il a trop cédé. Cette fois, vu notamment les réactions à l’intérieur du Medef contre l’accord, nous pouvons considérer qu’effectivement le compromis est bon !

Nous avons préservé les droits des seniors, obtenu une augmentation de la cotisation patronale, amorcé la question des contrats courts et régulé la situation des travailleurs précaires.

Nous nous adressons également à l’État pour qu’il paye ses dettes, la moitié du déficit du régime d’Assurance chômage relevant de sa responsabilité.

Cela montre que le paritarisme est bien vivant. Laisser la main à l’État c’est risquer sa disparition, la supplantation de la cotisation par l’impôt, la mise en place de « devoirs » inacceptables pour les chômeurs.

C’est ouvrir la porte à la remise en cause, partout, du paritarisme, de même que la loi Travail ouvre grand la porte à l’inversion de la hiérarchie des normes.

Avec le paritarisme nous gérons le salaire différé, propriété des salariés.

Livrer le salaire différé à l’État et/ou au marché serait irresponsable et dangereux pour les droits sociaux, la solidarité et l’égalité. 

Par Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 29 mars 2017

Mercreddi 29 mars 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Détermination, résistance et sang-froid  »

Jc mailly 1er mars 2017

Jamais, vraisemblablement, campagne présidentielle n’aura été, du fait des primaires, aussi longue et par ailleurs inédite, révélant un vrai malaise et une déliquescence démocratique. De fait, comme le disait un slogan publicitaire des chemins de fer il y a quelques années : « Tout est possible ».

Dans un tel contexte il est essentiel que notre syndicalisme reste lui-même, alliant détermination, résistance et sang-froid. C’est ainsi, par exemple, que le 20 février nous avons publiquement présenté nos analyses, positions et revendications.

Comme ce fut déjà le cas (cf. 2002 notamment), le 1er Mai tombera entre les deux tours de l’élection présidentielle. Le 1er Mai, rappelons-le, n’est pas la fête pétainiste du travail mais une journée internationale de revendications et de solidarité.

Ce sera encore le cas cette année pour Force Ouvrière.

Nous y développerons nos revendications sur le plan international, européen et national. Nous rappellerons notre détermination à combattre l’austérité, à préserver le service public républicain et la protection sociale collective, à maintenir le paritarisme, à lutter contre l’inversion de la hiérarchie des normes inscrite dans la loi Travail.

Emploi, chômage et salaires seront aussi au cœur de nos revendications.

Nous rappellerons également que notre conception et notre pratique de l’internationalisme et de la solidarité interdisent toute discrimination, tout racisme, xénophobie ou antisémitisme.

Sur ces bases revendicatives, le 1er Mai peut faire l’objet de démarches syndicales communes. Mais seulement sur ces bases. Pas plus qu’en 2002, 2007 ou 2012, Force Ouvrière ne donnera de consigne de vote, directe ou indirecte.

Force Ouvrière est un syndicat, pas un parti.

Cette indépendance ne signifie pas apolitisme au sens noble : nous sommes attachés au rôle et à la place des syndicats, comme aux libertés d’association et de négociation qui ne sont possibles qu’en démocratie.

Comme le précisent nos statuts, nous ne sommes pas non plus indifférents à la forme de l’État.

Mais nous ne sommes pas des girouettes, soutenant l’austérité à l’origine des problèmes sociaux, économiques et démocratiques en criant au loup une fois tous les cinq ans !

C’est aussi une question de cohérence et de responsabilité, l’indépendance ne se saucissonne, ni ne se négocie : elle est ou elle n’est pas.

 

Voir en ligne : Plateforme revendicative de FO

Edito jc mailly 28 mars 2017 pdf 138 8ko 



L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 22 mars 2017

Mercreddi 22 mars 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Un danger d’abandon de la république sociale  »

Jc mailly 1er mars 2017

La question de l’inversion de la hiérarchie des normes était au cœur de notre contestation de la loi Travail. Rappelons qu’elle consiste à écarter le niveau national de négociation (la branche) pour tout renvoyer à l’entreprise, conduisant ainsi à porter atteinte à l’égalité minimale de droits et dérégulant le système de négociation collective.

Pendant le conflit, nous avons maintes fois expliqué que le gouvernement la mettait en place pour le temps de travail, ouvrant ainsi une forte brèche que d’autres élargiraient.

Quand on examine les déclarations de certains candidats à la présidentielle, on constate que nous avions – malheureusement serait-on tenté de dire – raison.

Ils veulent en effet aller plus loin que la loi Travail.

Remettre en cause la branche comme niveau de négociation, casser les conventions collectives nationales puis les statuts dans le public relève du pur capitalisme libéral, sans cache-sexe social.

Il ne s’agit pas pour FO de s’impliquer dans la campagne présidentielle.

C’est d’ailleurs pour cela que nous avons rappelé nos analyses, positions et revendications.

Il est cependant de notre devoir d’alerter sur ce danger d’abandon de la république sociale.

On ne contraint pas la liberté de négociation à tous les niveaux. De la même manière que nous sommes attachés en permanence à la solidarité, au rejet du racisme, de la xénophobie et de l’antisémitisme, nous sommes aussi des partisans de la liberté, de l’égalité, de la fraternité et de la laïcité. 

Voir en ligne : Plateforme revendicative de FO

Par Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 15 mars 2017

Mercreddi 15 mars 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Fraternité, solidarité, coopération »

Jc mailly 1er mars 2017

Dans le cadre des relations de solidarité et fraternité internationales, j’ai conduit une délégation confédérale au Sénégal et au Burkina Faso, en lien avec les confédérations CNTS au Sénégal et ONSL au Burkina Faso, toutes deux adhérentes comme nous à la Confédération syndicale internationale.

Visites d’entreprises, réunions de militant(e)s, rencontres dans les unions régionales au Sénégal, contacts officiels avec les deux ministres du Travail et le Premier ministre au Burkina Faso, meeting avec 400 militantes enseignantes le 8 mars au Sénégal, rencontre avec les deux ambassades françaises ont marqué et ponctué ce déplacement.

Nous avons également rencontré des militant(e)s du secteur informel, qui sont maintenant, dans les deux pays, structurés syndicalement dans les confédérations. Ils ne sont ni salariés ni réellement indépendants, passent parfois dans l’informel après un licenciement et n’ont pas toujours accès à la protection sociale minimale.

Ce fut aussi l’occasion de renforcer nos liens et de pouvoir mieux répondre à leurs attentes, qui portent essentiellement sur les questions de formation.

Au Burkina Faso, l’un des pays les plus pauvres du monde, nous avons publiquement soutenu le mouvement de démocratisation et les trois axes du programme national de développement économique et social (gouvernance, dont les droits syndicaux ; capital humain, dont la santé et l’éducation ; investissements dans des infrastructures), approuvés par la plupart des syndicats burkinabés dont l’ONSL, et nous avons relayé leurs demandes auprès du gouvernement.

Fraternité, solidarité, coopération ont marqué ces échanges qui contribuent à développer une efficacité syndicale transnationale.

Le site Internet confédéral a relayé pendant notre séjour les différentes activités de la délégation. 

Edito mailly 3234 14 mars 2017



L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 8 mars 2017

Mercreddi 8 mars 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Une certaine déliquescence démocratique »

Jc mailly 1er mars 2017

J’ai eu l’occasion, il y a quelques semaines, d’indiquer publiquement que la campagne présidentielle revêtait un caractère inédit et reflétait une certaine déliquescence démocratique.

Les derniers événements confirment cette appréciation. Il ne nous appartient pas de les commenter. Notre rôle syndical est de poser nos analyses et revendications, ce que nous avons fait, et de réagir, si nécessaire, à certaines propositions sur les questions économiques et sociales qui nous apparaissent non seulement contestables mais dangereuses.

Ce fut le cas la semaine dernière, en réaction à un candidat affirmant notamment vouloir étatiser l’Assurance chômage et transformer sur dix ans le système de retraite.

Étatiser l’Assurance chômage mettrait non seulement fin à ce qui reste du paritarisme en la matière, à savoir la négociation de la convention d’Assurance chômage et l’Unédic, mais l’instauration d’un système universel (ouvert aux non-salariés) transformerait l’Assurance chômage en un filet de sécurité à l’anglo-saxonne. Sans parler d’une logique punitive vis-à-vis des demandeurs d’emploi.

Quant à la mise en place d’un régime universel de retraite sur la base du système dit en comptes notionnels [1], nous conseillons de voir les dégâts causés en Suède.

Ce serait une porte ouverte à l’individualisation, à une fausse liberté au travers d’un transfert de risque, au développement des fonds de pension, à la remise en cause du statut général de la fonction publique.

Dans ce schéma, ce système serait en effet le marchepied de la capitalisation.

Ce libéralisme social accentué, à savoir un cocktail de liberté économique, de filet minimal de sécurité et de flexibilité, est présenté comme un outil de simplification. Mais simplifier ne doit pas vouloir dire ratiboiser et individualiser.

Notes

[1] Déjà envisagé par le Premier ministre (François Fillon) en 2010.

Par Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 1er mars 2017

Mercreddi 1er mars 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Une mobilisation pour défendre les rémunérations, les missions, les conditions de travail »

Jc mailly 1er mars 2017

Dans les positions et revendications que nous avons publiquement présentées le lundi 20 février figure l’avenir du service public républicain, c’est-à-dire un service public à même de répondre efficacement aux valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité.

Depuis de nombreuses années, à coups de RGPP [1], MAP [2], d’Ondam [3], de « réformes » hospitalières ou de COG [4] restrictives, l’ensemble des structures concourant au service public a été secoué, les personnels malmenés, les usagers oubliés.

Ces restrictions constituent un des volets des politiques économiques d’austérité suivies en France comme au niveau européen.

Jamais (et pour cause !) un vrai débat n’a été mené pour confronter les points de vue sur le rôle et les missions du service public. Les gouvernements, obnubilés par la compétitivité/prix et les 3 % de déficit budgétaire, ont procédé à des « réformes structurelles » et à des coups de rabot compromettant l’existence même du service public, notamment dans les zones périphériques aux métropoles.

Le débat, nous l’exigeons à nouveau. Il conditionne en partie le modèle de société de demain.

Qui plus est, aucune évaluation sérieuse n’a été menée, non sur les aspects comptables, mais sur les impacts économiques et sociaux de ces restructurations.

Comme le dit à bon escient Christophe Guilluy [5], notre modèle ne fait plus société, avec tous les risques que cela comporte.

C’est aussi cela qu’exprimeront, le 7 mars, les hospitaliers, les territoriaux, les agents de l’État, les salariés de la Sécurité sociale et de l’Action sociale.

Quand ils défendent leurs missions, leurs rémunérations, leurs conditions de travail, ce sont aussi les usagers de la République qu’ils défendent. 

Notes

[1] Révision générale des politiques publiques.

[2] Modernisation de l’action publique.

[3] Objectif national des dépenses d’Assurance maladie.

[4] Conventions d’objectifs et de gestion.

[5] Géographe, auteur de La France périphérique, Flamarion, 6 euros.

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 15 février 2017

Mercreddi 15 février 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Une revue que tous les candidats à l’élection présidentielle devraient lire »

 

Fo sante chauny jc mailly edito du 15 02 2017

Combien de fois n’a-t-on pas entendu dire que la France n’est pas réformable, notamment dans les domaines sociaux et du travail ?

Combien de fois n’a-t-on pas entendu des responsables politiques et patronaux vilipender la rigidité des relations du travail ou l’épaisseur du Code du travail, responsables à leurs yeux du chômage ?

À toutes celles et ceux qui pensent ainsi, je leur conseille la lecture de la dernière Chronique internationale de l’IRES [1], intitulée : « Des réformes du marché du travail pour quelles performances ? ».

On y relève notamment qu’entre 2000 et 2014 il y a eu en France 165 réformes relatives au marché du travail !

On y relève également que rien ne démontre que plus de flexibilité ou de dérégulation favoriserait l’emploi et l’activité économique.

On y relève encore que les réformes (ou plutôt contre-réformes) en la matière ont désécurisé des salariés et sécurisé les employeurs, car elles sont liées à une doctrine néolibérale élaborée notamment par l’OCDE, puis suivie par la Commission européenne et la BCE conformément aux traités signés par les gouvernements.

Tous les candidats à l’élection présidentielle devraient prendre le temps de lire cette analyse (dossier no 155 – septembre 2016).

Face à ce qui apparaissait comme la chronique d’un échec annoncé et maintenant avéré, il est plus qu’urgent de remettre les pendules à l’heure du progrès économique et social, sur le plan européen et national.

Nos analyses et intuitions étaient bonnes. Il faut maintenant que nos revendications aboutissent par la négociation ou, à défaut, par l’action. 

Notes

[1] Institut de recherches économiques et sociales, au service des syndicats.

Edito jc mailly du 14 fevrier 2017 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 8 février 2017

Mardi 8 février 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« Les citoyen(ne)s n’attendent pas obligatoirement des programmes catalogues »

Fo sante chauny jc mailly fevrier 2017

La situation actuelle tend à montrer que l’organisation de primaires n’est pas une réponse démocratique satisfaisante. De fait, les primaires sont le reflet d’une difficulté des partis politiques, faute d’adhérents, à dégager en interne programme et candidat(e). Imagine-t-on un seul instant des élections au sein du syndicat auxquelles seraient appelés, pour 1 ou 2 euros, les non-syndiqués ou les adhérents d’autres organisations syndicales ? Ce serait, à n’en pas douter, une dérive.

Mais il est vrai qu’il y a beaucoup plus de salariés adhérents d’un syndicat que de citoyens adhérents d’un parti politique. Au strict plan démocratique, il est d’ailleurs dommageable de constater cet affaiblissement des partis politiques : il leur appartient de s’interroger sur les raisons de cette situation.

À n’en pas douter, la situation économique et sociale constitue une des raisons de fond. Comme nous l’expliquons depuis longtemps, l’austérité est suicidaire économiquement, socialement et démocratiquement.

Cette position est aussi celle des syndicats sur le plan européen, dans le cadre de la Confédération européenne des syndicats.

Les citoyen(ne)s n’attendent pas obligatoirement des programmes catalogues. Ils attendent un sens, un projet, une vision à moyen et long terme qui répondent à leurs attentes et surtout que cette vision ne soit pas ensuite contredite dans l’exercice du pouvoir.

Pouvoir d’achat, chômage, emploi, inégalités, respect des valeurs républicaines, préservation de la protection sociale collective sont au centre de leurs préoccupations. On pourrait les résumer en quelques mots : espoir crédible d’une vie meilleure.

Pour ce qui nous concerne, nous resterons dans notre rôle et notre conception de syndicat libre et indépendant : pas de consigne de vote et rappel de nos analyses et revendications, de manière publique, courant février.

Edito 7 fevrier 2017 

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