Edito Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 23 novembre 2016

Mercredi 23 novembre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« Élections TPE : la campagne est prolongée d’un mois »

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La position commune CGT/CFDT/Medef/CGPME de 2008 sur la représentativité, qui a ensuite donné lieu à une loi, n’en finit pas de compliquer la vie !

Conçue, rappelons-le, pour modifier le paysage syndical, elle l’a encore, de fait, compliqué.

C’est le cas quand, parfois, le gouvernement invite à certaines réunions des organisations pourtant non représentatives nationalement.

C’est aussi le cas, actuellement, avec les élections TPE quand des organisations régionales peuvent, a priori, se présenter nationalement.

Le calendrier arrêté n’ayant pas anticipé les délais nécessaires en cas de pourvoi juridique, un tel pourvoi bouscule dès lors ce calendrier.

À l’instar d’autres organisations, Force Ouvrière a pris la décision de ne pas se pourvoir en cassation sur la question du Syndicat des travailleurs corses, pour ne pas chambouler le calendrier électoral.

Cela ne signifie pas, pour autant, que le problème est réglé, nous devrons revoir la question générale des critères syndicaux afin, demain, de ne pas permettre tout et n’importe quoi. Nous l’avons dit au ministère du Travail.

Un pourvoi ayant été déposé par une organisation, le calendrier est donc modifié : les élections dans les TPE auront donc lieu du 30 décembre 2016 au 13 janvier 2017 (20 janvier pour les votes par correspondance outre-mer).

Nous espérons – ce qui n’est pas évident – que cela n’aura pas pour conséquence moins de votants, tout en actant avec regret ce nouveau calendrier.

La campagne est donc, dans les faits, prolongée d’un mois. Nous devons la mettre à profit pour accroître notre information, nos contacts et nos visites.

La confédération prendra en compte ce changement pour le matériel de propagande.

Il importe, en effet, que les 4,6 millions de salariés des TPE soient respectés et puissent s’exprimer. Et quoi de mieux que de voter pour un syndicat libre, indépendant, pragmatique et exigeant dans son réformisme comme Force Ouvrière ! 

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L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du jeudi 17 novembre 2016

Jeudi 17 novembre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« Revendiquer, proposer, résister et nous développer »

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Nombreux sont les commentaires, ici ou là, à la suite de la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine.

Longtemps donnée comme impossible, y compris dans son propre camp, elle est devenue réalité. Sans préjuger de la politique économique, sociale et diplomatique qui sera mise en œuvre, il n’en reste pas moins que ce résultat est ce que l’on pourrait appeler un résultat « anti-establishment » au sens large. Il agit comme un rejet, notamment dans ce qu’on appelle les classes moyennes, des politiques mises en place et de leurs conséquences en termes d’inégalités, de chômage, de dégradation des services publics ou de pouvoir d’achat.

C’est aussi un coup de semonce supplémentaire contre les modalités d’une mondialisation livrée aux marchés, dérégulée, où le court terme et l’appât du gain servent de boussole.

Les partisans de la pensée unique libérale qui vantent, par exemple, le faible taux de chômage aux États-Unis oublient consciemment que nombre de chômeurs ne s’inscrivent plus et qu’il y a des dizaines de millions d’Américains qui vivent sous le seuil de pauvreté !

C’est la même logique qui fut à l’œuvre au Royaume-Uni avec le Brexit. Nous verrons ce qu’il adviendra rapidement dans d’autres pays où des référendums ou élections sont programmés, tels que l’Italie, la France ou l’Allemagne.

Au risque de me répéter, les logiques d’austérité sont triplement suicidaires, socialement, économiquement et démocratiquement.

Et nous devons inlassablement, en restant à notre place, continuer à résister et à revendiquer plus de justice sociale, plus d’investissement public, des aides privées ciblées, une augmentation du pouvoir d’achat et une autre conception de l’Europe que celle, libérale et néoconservatrice, actuellement à l’œuvre. En la matière, les organisations syndicales européennes, dans le cadre de la Confédération européenne des syndicats, se sont récemment clairement exprimées.

Si les gouvernements européens ne réagissent pas et poursuivent leur logique restrictive, inégalitaire et austéritaire, c’est l’Europe qui implosera face notamment à la Russie, à la Chine et aux États-Unis, qui retrouvent leur allié anglais.

Comme le disait Gramsci : Le Vieux Monde se meurt, le Nouveau Monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent des monstres.

En tant que syndicat libre et indépendant qui, selon nos statuts, ne saurait être indifférent à la forme de l’État parce que le syndicalisme ne pourrait exister en dehors d’un régime démocratique, il nous appartient de dire les choses, de revendiquer, de proposer, de résister, de nous développer.

Militer c’est être optimiste parce que l’on peut, parce que l’on doit changer les choses. 

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L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du Mercredi 9 novembre 2016

Mercredi 9 novembre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
« Sortir, en France et en Europe, des rails du néolibéralisme »

Pour toutes celles et ceux qui ne l’auraient pas encore remarqué, la campagne présidentielle a démarré et cela ne donne pas le sentiment qu’elle passionne les foules, confrontées aux problèmes d’emploi, de pouvoir d’achat, de conditions de travail ou inquiètent pour l’avenir du service public républicain.

Entre les débats des primaires d’un côté et tous leurs « à-côtés », les tribulations diverses d’un autre côté, l’heure n’apparaît pas être celle des débats de fond afin de sortir le pays et l’Europe de la crise sociale, économique et démocratique.

Ainsi, alors que l’application du néolibéralisme a déjà montré son inefficacité, on voit poindre ici ou là une accentuation du traitement qui risque de laisser le malade sur le tapis.

On voit aussi poindre, ici ou là, des déclarations intempestives sur le syndicalisme ou le paritarisme, rendus responsables de tous les maux. En fait il s’agit d’un aveu d’impuissance de la part de leurs auteurs, en quête de boucs émissaires au point qu’ils ne semblent même plus avoir la conscience de ce qu’est et doit être la démocratie et le respect des libertés d’association et de négociation. Il est vrai que les périodes récentes, notamment la loi Travail, n’ont pas été – c’est le moins qu’on puisse en dire – synonymes de progrès, de démocratie et de courage vis-à-vis, notamment, des marchés financiers.

Quand on entend par ailleurs le président du Medef, en voyage en Chine, dire que la France est un pays communiste et la Chine un pays libéral, on se dit que tout est possible et qu’il y a effectivement des choses qui ne tournent pas rond.

Il ne manque plus que M. Gattaz publie un petit livre rouge !

Dans cette période alambiquée, il est important de garder son sang-froid, ses repères et ses principes. C’est notamment pourquoi, comme d’habitude, Force Ouvrière ne donnera aucune consigne de vote, directe ou indirecte, au premier comme au second tour de la présidentielle. Ce qui ne nous empêche pas de rappeler nos positions et analyses.

« On ne renverse pas la table » à coups de menton mais en osant traiter des vrais problèmes, ce qui impose de sortir, en France et en Europe, des rails du néolibéralisme.

Keynes, réveille-toi, ils sont devenus fous !

Par Jean-Claude Mailly

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L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du Mercredi 26 octobre 2016

Mercredi 26 octobre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
« Ce qu’un secrétaire général doit dire »

Fin novembre sortira un livre en librairie sur la loi Travail, intitulé Les apprentis sorciers.

J’y ai consacré mes vacances d’été. Face à l’imposition d’un projet de loi multiminoritaire, au vu de la méthode utilisée, au regard du contenu de ce projet, face à la manière dont il a été adopté (49-3), je me suis senti le devoir d’analyser et de décrire les événements tels que je les ai vécus en tant que secrétaire général de Force Ouvrière.

C’est à la fois un témoignage et une explication de ce qui apparaît, aujourd’hui, comme un ovni politique dont les répercussions néfastes pour les salariés commencent à se faire sentir.

Ainsi, des entreprises veulent d’ores et déjà négocier sur les points du projet de loi d’application immédiate, car ne nécessitant pas de décret d’application.

Cette loi adoptée aux forceps restera, à n’en pas douter, dans les annales de ce qu’il ne faut pas faire. Elle est louangée par le président de la République, qui continue à la considérer comme une loi de progrès social. Ce qui prouve la déconnexion avec la réalité du monde du travail.

La semaine dernière, notre site Internet spécifique (info-syndicats.fr) est entré dans sa phase d’application.

Il appartient maintenant aux délégués et aux mandatés de l’alimenter.

Nous ne laissons pas tomber. Les recours juridiques sont prêts. Il est intolérable que le gouvernement bafoue quatre-vingts ans d’histoire sociale en plongeant tête baissée dans le néolibéralisme.

Je me devais de le dire.

Et l’on pourrait imaginer un autre titre : « Ce qu’un président ne devrait pas faire ! ».

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du Mercredi 19 octobre 2016

Mercredi 19 octobre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
« L’austérité fragilise le respect des principes républicains »

Trois fédérations FO ont tenu leur congrès la semaine dernière : l’Action sociale, les Finances et l’Éducation-Culture, congrès auxquels j’ai participé.

Elles ont, comme notre récent Comité confédéral national, appuyé le comportement de la confédération, en particulier par rapport à la loi Travail, sur notre attachement aux valeurs républicaines et sur le respect de la liberté de comportement et de l’indépendance syndicale.

Dans les trois congrès, les militant(e)s ont aussi mis l’accent sur les questions de pouvoir d’achat, d’emploi, de restriction du service public et de dégradation importante des conditions de travail.

Comme nous ne cessons de le répéter, ce sont là les conséquences des politiques économiques et sociales d’austérité menées en Europe et dans chacun des pays membres.

Ces politiques laissent la main libre aux marchés financiers, favorisent la rente et les dividendes, pénalisent l’activité économique et, en France, fragilisent le respect des principes républicains.

Tordre le cou à ces politiques économiques est de plus en plus une nécessité économique, sociale et démocratique.

Le président de la République a tort, dans une interview la semaine dernière à L’Obs, de dire que lors de son arrivée à l’Élysée le pacte budgétaire européen était déjà signé.

Il avait en effet toujours la possibilité de demander sa renégociation, et ce, d’autant plus qu’il est passé plus tard au Parlement.

De fait, à cette époque, la France, deuxième puissance de la zone euro, était attendue par plusieurs pays et leur a en quelque sorte fait faux bond.

Nous ne commenterons pas les autres éléments de l’interview ni le livre d’entretiens publié par deux journalistes, qui fait couler beaucoup d’encre et suscite de nombreuses réactions.

Mais s’agissant de la loi Travail, nous confirmons que c’est une loi contraire aux intérêts des salariés et à l’application des valeurs républicaines, s’exprimant notamment depuis 1936 par le principe de faveur.

Nous ne sommes pas masochistes. Si cette loi était une loi de progrès social, nous la soutiendrions.

Sauf que c’est une loi de régression, raison pour laquelle nous demandons son abrogation. 

Par Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly 99316558jeanclaudemailly jpg 1 L’égalité républicaine impose une égalité de droit

Mercredi 12 octobre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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Dénoncer la logique néolibérale

La machine à perdre de la croissance économique est toujours en marche. Aussi, l’activité économique cette année comme en 2017 risque d’être moins forte que précédemment annoncée.

Cela vaut pour la France comme pour l’Europe et sur le plan mondial.

Des événements comme le Brexit ou les tensions géopolitiques jouent, bien entendu. Mais l’insuffisance de la demande, donc de la consommation, le sous-investissement public et privé, les jeux spéculatifs tiennent une place importante.

Pour ne prendre qu’un exemple s’agissant de la France, le résultat coût/impact du CICE (Crédit d’impôt compétitivité emploi) mérite d’être relevé. S’agissant du coût global il s’élève, pour le budget de l’État, à 28 milliards d’euros.

Il a contribué à redresser les marges des entreprises, et en particulier des plus importantes. Nombre de sous-traitants ont quant à eux subi la pression de leur donneur d’ordres pour récupérer une partie de leur CICE.

Pour autant, le CICE n’a eu aucun effet mesurable sur l’innovation, la recherche- développement ou les exportations ! Ce qui était pourtant un objectif affiché.

Il n’a pas eu d’effet non plus sur les salaires. Quant à l’emploi, dans le meilleur des cas il aurait permis le maintien de 100 000 emplois, ce qui revient à 280 000 euros par emploi ! A contrario de ces aides générales, non ciblées sur les entreprises, aux effets d’aubaine importants, toutes les aides ciblées, conditionnées, ont, elles, des effets mesurables, y compris sur l’emploi, comme le montre notamment l’activité de la Banque publique d’investissement.

À nouveau, il nous faut donc dénoncer la logique néolibérale selon laquelle il faut réduire le coût du travail, la fiscalité, les droits sociaux, qui plus est en diminuant les dépenses publiques et sociales, pour que ça aille mieux demain.

Cette logique selon laquelle il faut aider les plus riches ou les plus gros pour que tout aille mieux s’appelle la logique du ruissellement. Ainsi, si on aide un riche en réduisant ses impôts, il consacrera cet argent à soutenir une entreprise qui, ainsi, pourra embaucher un pauvre !

Il y a une forme de cynisme dans une telle démarche.

Le ruissellement en question ne peut que conduire à l’orage social, économique et démocratique. 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du Mercredi 5 octobre 2016

Mercredi 5 octobre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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L’égalité républicaine impose une égalité de droit

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Comité confédéral national de FO les 29 et 30 septembre 2016 à Paris. Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Notre Comité confédéral national s’est réuni à Paris les 29 et 30 septembre. Vous retrouverez dans ce numéro le lien vers le texte de la résolution, qui a été adoptée à la quasi-unanimité. Cette résolution positionne la confédération pour les semaines et mois à venir sur les questions sociales, économiques, républicaines et démocratiques.

Elle rappelle que nous ne donnerons aucune consigne de vote à l’occasion des élections politiques, notamment les élections présidentielles, au premier tour comme au second tour. C’est là une position dictée, comme chaque fois, par notre conception exigeante de l’indépendance syndicale.

Ce qui n’est pas incompatible avec le rappel de nos analyses, positions et revendications, ce que nous ferons.

Plusieurs camarades sont intervenus pour faire part de problèmes rencontrés pour les locaux syndicaux avec des municipalités. Cela participe d’une attaque contre le syndicalisme. C’est le cas également pour des militants convoqués par la justice à la suite de la mobilisation contre la loi Travail.

Une loi Travail dont nous demandons l’abrogation et que nous continuerons à combattre.

Enfin, le CCN appelle l’ensemble de ses structures, ainsi que les militants et adhérents à s’investir dans la campagne FO pour les élections dans les TPE, pour la défense et la représentation efficace des salariés. Ce que nous avons fait et faisons toujours pour défendre la branche comme niveau de négociation, ce qui est protecteur pour les salariés des petites entreprises.

De la même manière que nous n’avons pas renoncé à redonner un rôle à la branche en matière de prévoyance, contre le forcing réalisé par les compagnies privées d’assurances.

L’égalité républicaine impose une égalité de droit, quelle que soit la taille de l’entreprise.

Par Jean-Claude Mailly

Secrétaire général de FO

 

  Texte de la résolution  

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du Mercredi 28 septembre 2016 9

Mercredi 28 septembre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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Rester sur notre rôle syndical

Si le gouvernement est parvenu, avec un passage en force au 49-3, à inverser la hiérarchie des normes en matière de temps de travail, il n’est pas encore parvenu à inverser la courbe du chômage. Qui plus est, le consensus des économistes prévoit pour 2017 une croissance plus faible que celle espérée par le gouvernement.

Or on sait très bien qu’une activité économique plus forte est indispensable pour faire reculer durablement le chômage. Mais cela impose de changer d’orientation économique, de passer d’une logique libérale axée sur la flexibilité du marché du travail à une logique keynésienne, portant notamment sur une relance de l’investissement et de la demande.

C’est-à-dire de sortir du cycle de l’austérité car l’emploi et le pouvoir d’achat sont au centre des préoccupations des salariés actifs, chômeurs et retraités. Dans la même logique, nous sommes très attentifs aux initiatives que pourrait prendre le gouvernement concernant l’Assurance chômage. Nous n’accepterons pas, en particulier, une remise en cause des droits des salariés et demandeurs d’emploi.

Dans les semaines et mois à venir nous rappellerons publiquement nos positions et revendications sans pour autant, directement ou indirectement, nous impliquer dans la campagne présidentielle.

Je me permets d’ailleurs, à titre d’observateur, de relever que les procédures de primaire sont effectivement primaires. C’est la foire à l’Audimat, le concours Lépine du politique et je ne suis pas sûr (c’est peu dire…) que la démocratie en sorte grandie.

Pour ce qui nous concerne et bien que l’actualité médiatique sera focalisée sur ces élections, nous continuerons assidûment notre travail syndical. Ce fut le cas la semaine dernière pour les dossiers industriels lors d’un rendez-vous avec le nouveau secrétaire d’État à l’Industrie ainsi qu’avec la ministre du Travail.

Par ailleurs, la campagne des élections TPE bat son plein.

C’est en restant sur notre rôle syndical, sur nos principes de liberté et d’indépendance et en accentuant notre développement que nous rendrons le mieux service aux salariés, en répondant à leurs attentes.

À la différence d’autres syndicats (suivez mon regard) nous ne pratiquons pas le marketing syndical, nous militons tout simplement. 

Jean-Claude Mailly

Secrétaire général de FO

 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du Mercredi 21 septembre 2016

Mercredi 21 septembre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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Restons nous-mêmes, libres et indépendants

Un mauvais projet de loi ne devient pas bon, par miracle, quand il est publié au Journal officiel. C’est le cas de la loi Travail.

Les manifestations et rassemblements du 15 septembre, compte tenu du contexte, n’étaient pas négligeables, loin s’en faut. Et si nous avons décidé, dans l’immédiat, de ne pas appeler à d’autres manifestations, nous allons continuer sous d’autres formes notre combat contre cette loi néolibérale qui fragilise et flexibilise le travail. Nous travaillons sur les recours juridiques, nous avons mis en place un système de veille et nous allons surveiller comme le lait sur le feu les décrets et la mise en application de la loi dans les entreprises.

Comme je l’ai indiqué plusieurs fois, cette loi sera le chewing-gum qui collera aux chaussures du gouvernement. Quand on lit ce que vient encore d’affirmer le président de la République, à savoir qu’il a permis un vrai dialogue entre un patronat moderne et des syndicats réformistes (!), on mesure le fossé qui existe ainsi que la méconnaissance et l’inexpérience des relations sociales et du social en général. La plaie est donc loin d’être refermée.

Cette loi a ouvert la porte de la remise en cause des conventions collectives nationales et, demain, des statuts. Et je ne parle pas du fiasco de la méthode.

Il y a un lien avec la campagne pour les élections dans les TPE. En effet les salariés, comme les employeurs, dont les artisans, entendent bien conserver les conventions collectives nationales. Toutes mes visites actuelles le confirment. Salons de coiffure, pharmacies, TPE de la métallurgie, commerces, etc. Ce que les employeurs réclament ce n’est pas la loi Travail, c’est de la simplification administrative et qu’on les aide en termes de trésorerie quand ils connaissent des trous d’air.

Pour ces élections, tous les adhérent(e)s FO doivent être sur le pont. Nous sommes tous en contact, chaque jour, avec ces salariés. Souvent nous les aidons, nous les appuyons, nous leur indiquons leurs droits.

Ce n’est pas parce qu’on est dans une petite entreprise qu’on doit avoir de petits droits.

Loi Travail, TPE : restons nous-mêmes, libres et indépendants. Continuons à être de vrais réformistes, exigeants, ni béni-oui-oui, ni béni-non-non. 

Par Jean-Claude Mailly

En guise d'éditorial de Jean-Claude Mailly

Mercredi 14 septembre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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« On arrive au bout d’un système »

Meeting rentree 2016 Meeting de rentrée à Marseille le 8 septembre 2016.

« Sa vraie rentrée, c’était hier. Après un meeting à Nantes, mercredi soir, en compagnie de la CGT et des syndicats étudiants mobilisés contre la loi Travail, Jean-Claude Mailly était hier à Marseille. "C’est une habitude", sourit le secrétaire général de Force Ouvrière. » LaProvence.com le 9 septembre 2016

La rentrée politique se fait sur l’identité et la sécurité. Le social est absent. Inquiet ?
Jean-Claude Mailly : Oui, ça m’inquiète. Je ne dis pas qu’identité et sécurité ne sont pas des problèmes. Mais on en fait trop. Beaucoup trop sur le burkini par exemple. Pendant ce temps, on ne parle pas de l’économie et du social. Ce sont pourtant des questions clés. Même si, comme toujours, FO ne donnera aucune consigne de vote, je rencontrerai tous les candidats à la présidentielle.

Emmanuel Macron a-t-il les atours d’un candidat crédible ?
J-C.M. : Quand il était ministre, j’ai eu le sentiment qu’il était plus préoccupé par son mouvement « En marche » que par ses dossiers. Par deux fois, il a annulé des rendez-vous avec moi. Il a plus influé quand il était au cabinet de Hollande qu’en tant que ministre. Sur le pacte de responsabilité ou les licenciements économiques, il était derrière.

Vous faites votre rentrée en vous affichant avec le leader de la CGT. Est-ce pour signifier votre position contestataire à l’égard du gouvernement ?
J-C.M. : Pas du tout. J’ai entendu Jean-Christophe Cambadélis, patron du PS, dire que mes prédécesseurs doivent se retourner dans leur tombe parce que je vais à la Fête de l’Humanité. Qu’il se mêle de ses oignons. Et Jaurès ? Ne se retourne-t-il pas dans sa tombe avec la loi Travail ? On garde notre indépendance. Sur la loi Travail, le président et le gouvernement ont fait un ratage complet. Sur la méthode, en passant en force à coups de 49-3 sur un projet minoritaire. Chez les salariés, dans le patronat, politiquement et dans l’opinion. Et sur le fond aussi.

Pensez-vous pouvoir changer une loi promulguée ?
J-C.M. : Non, mais on peut encore influer sur 134 décrets d’application. Il y a quatre voies de recours possibles, par le Conseil constitutionnel, les salariés, l’Europe et l’Organisation internationale du travail. Si le projet de loi n’est pas le même qu’au départ, je l’attribue aux mouvements sociaux. Après, le président de la République m’a dit qu’il avait un accord avec la CFDT. Force Ouvrière est une organisation réformiste. On se bat. Je n’ai jamais coupé les ponts. Le dossier n’est pas terminé. Un chantier de deux ans s’ouvre sur la réécriture du code du Travail. On va continuer à être ce chewing-gum qui colle aux baskets du gouvernement.

En manifestant, encore ?
J-C.M. : Il y aura une journée d’action le 15 septembre. Il y aura moins de monde, on le sait. On ne va pas insister, mais se battre autrement, juridiquement et par des veilles. Depuis quatre ans, je dis que ces logiques d’austérité sont suicidaires, y compris démocratiquement. Elles provoquent un sentiment d’abandon et ouvrent la porte aux populistes et aux identitaires partout en Europe.

Y a-t-il une nécessité de recomposition politique ?
J-C.M. : Je quitte ma casquette de secrétaire général un instant. On a un problème constitutionnel lié au quinquennat. Il donne le sentiment, en liant le président de la République et son Premier ministre, qu’il y en a un de trop. Il manque aussi une dose de proportionnelle dans ce pays. On arrive au bout d’un système.

Propos recueillis par François Tonneau

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Meeting de rentrée à Marseille le 8 septembre 2016. Photos : UD FO 13.

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