Edito Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 22 mars 2017

Mercreddi 22 mars 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Un danger d’abandon de la république sociale  »

Jc mailly 1er mars 2017

La question de l’inversion de la hiérarchie des normes était au cœur de notre contestation de la loi Travail. Rappelons qu’elle consiste à écarter le niveau national de négociation (la branche) pour tout renvoyer à l’entreprise, conduisant ainsi à porter atteinte à l’égalité minimale de droits et dérégulant le système de négociation collective.

Pendant le conflit, nous avons maintes fois expliqué que le gouvernement la mettait en place pour le temps de travail, ouvrant ainsi une forte brèche que d’autres élargiraient.

Quand on examine les déclarations de certains candidats à la présidentielle, on constate que nous avions – malheureusement serait-on tenté de dire – raison.

Ils veulent en effet aller plus loin que la loi Travail.

Remettre en cause la branche comme niveau de négociation, casser les conventions collectives nationales puis les statuts dans le public relève du pur capitalisme libéral, sans cache-sexe social.

Il ne s’agit pas pour FO de s’impliquer dans la campagne présidentielle.

C’est d’ailleurs pour cela que nous avons rappelé nos analyses, positions et revendications.

Il est cependant de notre devoir d’alerter sur ce danger d’abandon de la république sociale.

On ne contraint pas la liberté de négociation à tous les niveaux. De la même manière que nous sommes attachés en permanence à la solidarité, au rejet du racisme, de la xénophobie et de l’antisémitisme, nous sommes aussi des partisans de la liberté, de l’égalité, de la fraternité et de la laïcité. 

Voir en ligne : Plateforme revendicative de FO

Par Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 15 mars 2017

Mercreddi 15 mars 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Fraternité, solidarité, coopération »

Jc mailly 1er mars 2017

Dans le cadre des relations de solidarité et fraternité internationales, j’ai conduit une délégation confédérale au Sénégal et au Burkina Faso, en lien avec les confédérations CNTS au Sénégal et ONSL au Burkina Faso, toutes deux adhérentes comme nous à la Confédération syndicale internationale.

Visites d’entreprises, réunions de militant(e)s, rencontres dans les unions régionales au Sénégal, contacts officiels avec les deux ministres du Travail et le Premier ministre au Burkina Faso, meeting avec 400 militantes enseignantes le 8 mars au Sénégal, rencontre avec les deux ambassades françaises ont marqué et ponctué ce déplacement.

Nous avons également rencontré des militant(e)s du secteur informel, qui sont maintenant, dans les deux pays, structurés syndicalement dans les confédérations. Ils ne sont ni salariés ni réellement indépendants, passent parfois dans l’informel après un licenciement et n’ont pas toujours accès à la protection sociale minimale.

Ce fut aussi l’occasion de renforcer nos liens et de pouvoir mieux répondre à leurs attentes, qui portent essentiellement sur les questions de formation.

Au Burkina Faso, l’un des pays les plus pauvres du monde, nous avons publiquement soutenu le mouvement de démocratisation et les trois axes du programme national de développement économique et social (gouvernance, dont les droits syndicaux ; capital humain, dont la santé et l’éducation ; investissements dans des infrastructures), approuvés par la plupart des syndicats burkinabés dont l’ONSL, et nous avons relayé leurs demandes auprès du gouvernement.

Fraternité, solidarité, coopération ont marqué ces échanges qui contribuent à développer une efficacité syndicale transnationale.

Le site Internet confédéral a relayé pendant notre séjour les différentes activités de la délégation. 

Edito mailly 3234 14 mars 2017



L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 8 mars 2017

Mercreddi 8 mars 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Une certaine déliquescence démocratique »

Jc mailly 1er mars 2017

J’ai eu l’occasion, il y a quelques semaines, d’indiquer publiquement que la campagne présidentielle revêtait un caractère inédit et reflétait une certaine déliquescence démocratique.

Les derniers événements confirment cette appréciation. Il ne nous appartient pas de les commenter. Notre rôle syndical est de poser nos analyses et revendications, ce que nous avons fait, et de réagir, si nécessaire, à certaines propositions sur les questions économiques et sociales qui nous apparaissent non seulement contestables mais dangereuses.

Ce fut le cas la semaine dernière, en réaction à un candidat affirmant notamment vouloir étatiser l’Assurance chômage et transformer sur dix ans le système de retraite.

Étatiser l’Assurance chômage mettrait non seulement fin à ce qui reste du paritarisme en la matière, à savoir la négociation de la convention d’Assurance chômage et l’Unédic, mais l’instauration d’un système universel (ouvert aux non-salariés) transformerait l’Assurance chômage en un filet de sécurité à l’anglo-saxonne. Sans parler d’une logique punitive vis-à-vis des demandeurs d’emploi.

Quant à la mise en place d’un régime universel de retraite sur la base du système dit en comptes notionnels [1], nous conseillons de voir les dégâts causés en Suède.

Ce serait une porte ouverte à l’individualisation, à une fausse liberté au travers d’un transfert de risque, au développement des fonds de pension, à la remise en cause du statut général de la fonction publique.

Dans ce schéma, ce système serait en effet le marchepied de la capitalisation.

Ce libéralisme social accentué, à savoir un cocktail de liberté économique, de filet minimal de sécurité et de flexibilité, est présenté comme un outil de simplification. Mais simplifier ne doit pas vouloir dire ratiboiser et individualiser.

Notes

[1] Déjà envisagé par le Premier ministre (François Fillon) en 2010.

Par Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 1er mars 2017

Mercreddi 1er mars 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Une mobilisation pour défendre les rémunérations, les missions, les conditions de travail »

Jc mailly 1er mars 2017

Dans les positions et revendications que nous avons publiquement présentées le lundi 20 février figure l’avenir du service public républicain, c’est-à-dire un service public à même de répondre efficacement aux valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité.

Depuis de nombreuses années, à coups de RGPP [1], MAP [2], d’Ondam [3], de « réformes » hospitalières ou de COG [4] restrictives, l’ensemble des structures concourant au service public a été secoué, les personnels malmenés, les usagers oubliés.

Ces restrictions constituent un des volets des politiques économiques d’austérité suivies en France comme au niveau européen.

Jamais (et pour cause !) un vrai débat n’a été mené pour confronter les points de vue sur le rôle et les missions du service public. Les gouvernements, obnubilés par la compétitivité/prix et les 3 % de déficit budgétaire, ont procédé à des « réformes structurelles » et à des coups de rabot compromettant l’existence même du service public, notamment dans les zones périphériques aux métropoles.

Le débat, nous l’exigeons à nouveau. Il conditionne en partie le modèle de société de demain.

Qui plus est, aucune évaluation sérieuse n’a été menée, non sur les aspects comptables, mais sur les impacts économiques et sociaux de ces restructurations.

Comme le dit à bon escient Christophe Guilluy [5], notre modèle ne fait plus société, avec tous les risques que cela comporte.

C’est aussi cela qu’exprimeront, le 7 mars, les hospitaliers, les territoriaux, les agents de l’État, les salariés de la Sécurité sociale et de l’Action sociale.

Quand ils défendent leurs missions, leurs rémunérations, leurs conditions de travail, ce sont aussi les usagers de la République qu’ils défendent. 

Notes

[1] Révision générale des politiques publiques.

[2] Modernisation de l’action publique.

[3] Objectif national des dépenses d’Assurance maladie.

[4] Conventions d’objectifs et de gestion.

[5] Géographe, auteur de La France périphérique, Flamarion, 6 euros.

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 15 février 2017

Mercreddi 15 février 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Une revue que tous les candidats à l’élection présidentielle devraient lire »

 

Fo sante chauny jc mailly edito du 15 02 2017

Combien de fois n’a-t-on pas entendu dire que la France n’est pas réformable, notamment dans les domaines sociaux et du travail ?

Combien de fois n’a-t-on pas entendu des responsables politiques et patronaux vilipender la rigidité des relations du travail ou l’épaisseur du Code du travail, responsables à leurs yeux du chômage ?

À toutes celles et ceux qui pensent ainsi, je leur conseille la lecture de la dernière Chronique internationale de l’IRES [1], intitulée : « Des réformes du marché du travail pour quelles performances ? ».

On y relève notamment qu’entre 2000 et 2014 il y a eu en France 165 réformes relatives au marché du travail !

On y relève également que rien ne démontre que plus de flexibilité ou de dérégulation favoriserait l’emploi et l’activité économique.

On y relève encore que les réformes (ou plutôt contre-réformes) en la matière ont désécurisé des salariés et sécurisé les employeurs, car elles sont liées à une doctrine néolibérale élaborée notamment par l’OCDE, puis suivie par la Commission européenne et la BCE conformément aux traités signés par les gouvernements.

Tous les candidats à l’élection présidentielle devraient prendre le temps de lire cette analyse (dossier no 155 – septembre 2016).

Face à ce qui apparaissait comme la chronique d’un échec annoncé et maintenant avéré, il est plus qu’urgent de remettre les pendules à l’heure du progrès économique et social, sur le plan européen et national.

Nos analyses et intuitions étaient bonnes. Il faut maintenant que nos revendications aboutissent par la négociation ou, à défaut, par l’action. 

Notes

[1] Institut de recherches économiques et sociales, au service des syndicats.

Edito jc mailly du 14 fevrier 2017 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 8 février 2017

Mardi 8 février 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« Les citoyen(ne)s n’attendent pas obligatoirement des programmes catalogues »

Fo sante chauny jc mailly fevrier 2017

La situation actuelle tend à montrer que l’organisation de primaires n’est pas une réponse démocratique satisfaisante. De fait, les primaires sont le reflet d’une difficulté des partis politiques, faute d’adhérents, à dégager en interne programme et candidat(e). Imagine-t-on un seul instant des élections au sein du syndicat auxquelles seraient appelés, pour 1 ou 2 euros, les non-syndiqués ou les adhérents d’autres organisations syndicales ? Ce serait, à n’en pas douter, une dérive.

Mais il est vrai qu’il y a beaucoup plus de salariés adhérents d’un syndicat que de citoyens adhérents d’un parti politique. Au strict plan démocratique, il est d’ailleurs dommageable de constater cet affaiblissement des partis politiques : il leur appartient de s’interroger sur les raisons de cette situation.

À n’en pas douter, la situation économique et sociale constitue une des raisons de fond. Comme nous l’expliquons depuis longtemps, l’austérité est suicidaire économiquement, socialement et démocratiquement.

Cette position est aussi celle des syndicats sur le plan européen, dans le cadre de la Confédération européenne des syndicats.

Les citoyen(ne)s n’attendent pas obligatoirement des programmes catalogues. Ils attendent un sens, un projet, une vision à moyen et long terme qui répondent à leurs attentes et surtout que cette vision ne soit pas ensuite contredite dans l’exercice du pouvoir.

Pouvoir d’achat, chômage, emploi, inégalités, respect des valeurs républicaines, préservation de la protection sociale collective sont au centre de leurs préoccupations. On pourrait les résumer en quelques mots : espoir crédible d’une vie meilleure.

Pour ce qui nous concerne, nous resterons dans notre rôle et notre conception de syndicat libre et indépendant : pas de consigne de vote et rappel de nos analyses et revendications, de manière publique, courant février.

Edito 7 fevrier 2017 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du 31 janvier 2017

Mardi 1er février 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« Sortir de l’austérité, c’est aussi s’attaquer à la financiarisation »

Fo sante chauny jean claude mailly

La voracité de certains fonds financiers n’est plus à démontrer. Nombre d’entreprises et leurs salariés en ont déjà fait les frais.

Il s’agit souvent, à partir de mécanismes de type LBO, de se sucrer sur la bête.

Les remboursements d’emprunt et les dividendes viennent vider l’activité économique, conduisant fréquemment à des ventes ou dépeçages. C’est ce que connaît actuellement Vivarte, où les licenciements et cessions d’activités se multiplient.

Il est plus que temps que cela cesse.

Il faut rappeler que l’entreprise est une réalité économique sans reconnaissance juridique. C’est la société et non l’entreprise qui détient la personnalité juridique.

C’est donc un abus de considérer que ce sont les actionnaires qui sont propriétaires de l’entreprise. Ils ne sont que propriétaires de leurs actions.

Il fut d’ailleurs un temps où des dirigeants d’entreprise pouvaient mener une politique relativement autonome par rapport au capital.

Les choses ont changé dans les années 1980 quand, sous l’influence de l’École de Chicago, il fut décidé que l’entreprise devait, par la création de valeur, privilégier l’intérêt de l’actionnaire, les dirigeants comme les salariés devenant en quelque sorte leurs agents.

De fait, cela a introduit une confusion entre l’intérêt social et l’intérêt des actionnaires au détriment des salariés et de l’entreprise.

En ont découlé toutes les théories et pratiques actuelles du management.

Ce qui est en cause, c’est le mouvement de financiarisation des économies. Il est à l’origine de la crise financière de 2008, favorisée par la dérégulation/déréglementation.

Il porte atteinte à la démocratie et est en grande partie à l’origine du chômage et de la précarité.

Comme je l’indiquais dans un précédent éditorial, il est frappant de constater, en France, que la courbe de progression de la financiarisation est la même que celle de la progression du chômage.

Sortir de l’austérité, c’est aussi s’attaquer à la financiarisation.

Edito jc mailly du 31 janvier 2017 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 18 janvier 2017

Mercredi 18 janvier 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« L’industrie a un avenir et il doit être prioritaire »

L’industrie doit continuer à tenir une place économique majeure. Les pouvoirs publics ont, en la matière, un rôle essentiel : avoir une vision construite à moyen et long terme, conditionner et cibler les aides accordées, préserver des secteurs ou entreprises dont l’activité est considérée comme stratégique.

Des choses ont été faites ces dernières années, même si elles sont perfectibles : création (demande de FO) de la Banque publique d’investissement, mise en place du Conseil national de l’industrie et de ses filières, programmes d’avenir.

Des erreurs ont aussi été commises, tel l’octroi du CICE et du pacte de responsabilité sans obligation de contreparties. On se souvient également de la gestion par les pouvoirs publics des dossiers d’Arcelor à Florange ou d’Alstom.

Aujourd’hui, un autre dossier est emblématique : les chantiers navals STX à Saint-Nazaire. C’est un secteur stratégique que l’État ne doit pas délaisser en prenant le risque de faire entrer un actionnaire ne présentant pas toutes les garanties pour la pérennisation du savoir-faire, de la fabrication et des emplois.

C’est pourquoi, aujourd’hui actionnaire à hauteur de 33 % (minorité de blocage), il serait utile que l’État monte à nouveau au capital pour atteindre 51 %, en application du décret dit « décret Montebourg ».

Il s’agit non seulement d’un secteur sensible, mais d’une entreprise au carnet de commandes bien rempli, avec un personnel compétent et qui pourrait par ailleurs jouer un rôle clé demain dans la création d’une nouvelle filière, revendiquée par Force Ouvrière : la filière de déconstruction.

Nous savons construire des bateaux ou des avions et leur déconstruction se fait dans des conditions sociales et environnementales inacceptables, à l’autre bout du monde. Cette filière constituerait une nouvelle activité porteuse de valeur ajoutée et d’emplois.

L’industrie a un avenir et il doit être prioritaire.

Force Ouvrière, dans son rôle, s’y engage par ses positions, par ses revendications, par ses interventions et dans la négociation, comme nous venons encore de le montrer dans l’automobile. C’est l’alliance entre notre liberté, notre indépendance et notre responsabilité. 

Par Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 11 janvier 2017

Mercredi 11 janvier 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« 2017, l’année des dangers ou des opportunités… »

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En mandarin, « weiji » (la crise) a deux sens : danger ou opportunité ! 2017 sera effectivement l’année des dangers ou des opportunités.

De fait, les incertitudes sont nombreuses : tensions géopolitiques, terrorisme, croissance faible, niveau des taux d’intérêt, chômage, inégalités croissantes, précarité et pauvreté en font partie.

Il en est de même avec toute une série d’élections qui ont eu lieu ou vont avoir lieu : États-Unis, France, Pays-Bas, Italie, Allemagne notamment.

Dans le même temps, de plus en plus de voix s’élèvent pour condamner les politiques économiques et sociales d’austérité à l’origine de nombre de maux de l’époque.

C’est le cas au niveau européen, où les syndicats réclament la fin de l’austérité, une révision des traités, des augmentations de salaire, une relance de l’investissement public, une présentation des régimes sociaux et du service public. Ce sont aussi des économistes, de plus en plus nombreux, qui vont dans ce sens.

C’est aussi le cas au niveau du Bureau international du travail, qui met en garde contre les méfaits de la financiarisation de l’économie.

À titre d’exemple, en France la dette publique ne représentait en 1974 que 14,5 % du PIB, pour atteindre 97 % fin 2015.

Notamment parce que jusqu’en 1973 l’État pouvait emprunter sans intérêt à la Banque centrale, ce qui fut interdit et transféré aux banques. Ainsi le cumul des intérêts payés par l’État depuis 1974 représente le montant de l’accroissement de la dette !

Le BIT montre aussi très bien que sur une longue période, en France, plus la financiarisation de l’économie s’est développée, plus le chômage a augmenté (les courbes sont identiques !).

Dans un tel contexte, il est essentiel que nous maintenions nos positions. Le syndicalisme a un rôle essentiel de résistance et de propositions revendicatives. Il constitue un rempart pour la démocratie, la liberté et le progrès social.

Ceux qui nous considèrent comme archaïques sont les mêmes qui défendent le néolibéralisme et constituent, de fait, un danger.

Alors que, par nos actions, nous devons permettre de dégager des opportunités.

Bonne année revendicative et solidaire à toutes et tous.

Edito jc mailly 11 janvier 2017 

 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 15 décembre 2016

Jeudi 15 décembre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« Une délégation de FO reçue par le président du Sénat »

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Le président du Sénat, M. Larcher, a débuté une série de rencontres bilatérales en recevant Force Ouvrière le 7 décembre 2016.

Au-delà des contacts réguliers et démocratiques que nous avons, il s’agissait surtout de recueillir les avis de Force Ouvrière sur le programme économique et social avancé par M. Fillon. Nous avons donc explicité nos réactions et oppositions sur plusieurs points :

• L’avenir de l’Assurance maladie. Nous considérons en effet que la séparation entre petit risque et gros risque (vieux serpent de mer) et la restriction de l’accès aux soins pour les plus aisés (à quel niveau ?) conduiraient ces derniers à ne plus vouloir de la Sécurité sociale et à la remettre en cause au profit des assurances privées. Il est d’ailleurs contradictoire de rétablir l’universalité pour les prestations familiales et de la remettre en cause pour l’Assurance maladie.

• La réduction massive (110 milliards d’euros) des dépenses publiques et sociales, non seulement fragilisera encore plus fortement le service public, mais aura par ailleurs un effet récessif sur l’activité économique.

• La suppression de 500 000 postes de fonctionnaires est une annonce dangereuse et nous avons redemandé un véritable débat sur le rôle et les missions de service public dans la république.

• La suppression de la durée légale du travail est un faux dossier, plus idéologique qu’autre chose.

• Le recul de l’âge de la retraite à 65 ans n’est pas acceptable.

• L’élargissement des candidatures syndicales au premier tour des élections, ainsi que le recours au référendum sont des courts-circuits démocratiques et on risque de voir surgir n’importe quel syndicat (jaune, confessionnel ou politisé notamment).

Tels sont certains des points, non exhaustifs, sur lesquels nous avons réagi.

Nous sommes également intervenus sur la méthode : aller vite risque d’être contraire à la loi dite Larcher de 2007, rendant les consultations obligatoires !

Comme je l’explique souvent, les citoyens n’apprennent pas les programmes par cœur. Et un président de la République, quel qu’il soit, ne reçoit pas un permis de tout faire pendant cinq ans sans discuter, à coups de 49-3.

Le président du Sénat nous a écoutés. Une nouvelle rencontre aura lieu fin janvier début février. Nous ferons évidemment de même avec les candidats démocratiques qui nous solliciteront et qui appartiennent à un groupe parlementaire.

Et, en toute liberté et indépendance, sans donner bien entendu de consigne de vote directe ou indirecte, Force Ouvrière fera connaître en février ses positions, ses analyses et ses revendications les plus importantes. 

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