Edito Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 17 mai 2017

Mercredi 17 mai 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J-C Mailly

 

« Nous ne faisons pas de procès d’intention, mais nous serons particulièrement attentifs et exigeants »

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À l’heure où ces lignes sont écrites, nous ne connaissons pas encore la composition du gouvernement arrêtée par le président de la République.

Ces derniers jours les médias bruissaient de noms divers et variés.

L’essentiel n’est pas là bien entendu, même si le choix des femmes et des hommes composant un gouvernement n’est pas anodin.

Ce qui compte, c’est la nature de la politique économique et sociale qui va être menée, tant sur le plan européen que sur le plan national.

De ce point de vue, souffrir aujourd’hui dans l’espoir d’être mieux demain n’est pas la solution.

Non seulement parce qu’il n’est pas juste de souffrir, mais de surcroît rien ne garantit que ça ira mieux demain, bien au contraire.

Nous serons donc particulièrement vigilants sur les premières annonces économiques et sociales du nouvel exécutif, tant sur le contenu que sur la méthode, les deux étant d’ailleurs étroitement liés. Comme le disait Victor Hugo la forme est le fond qui remonte à la surface.

Ainsi si le contenu d’une ordonnance nous convient, il n’y a guère de problème. Cela suppose au préalable une vraie concertation et de sérieuses révisions et précisions du côté des pouvoirs publics.

Un bon praticien vérifie toujours si l’ordonnance qu’il prescrit sera supportée par le corps !

Mais si l’ordonnance est le véhicule utilisé en plein été pour aggraver la situation des salariés, alors il y aura un gros problème. En particulier, nous n’accepterons pas une loi Travail XXL.

Nous ne faisons pas, c’est notre comportement habituel, de procès d’intention. Mais nous serons particulièrement attentifs et exigeants.

Et l’une des premières questions que nous poserons au président de la République sera : quelle est votre conception du dialogue social et de la négociation collective ?

Tout le reste découlera en grande partie de sa réponse. 

En guise d’éditorial

Jeudi 11 mai 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J-C Mailly

« Je ne veux pas d’ordonnance sur les questions sociales »

Jc mailly 1er mai 1er Mai 2017 à Paris. Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Extraits de l’interview de J.-C. Mailly au Parisien du lundi 8 mai 2017

Le Parisien : Quels enseignements tirez-vous des résultats de l’élection présidentielle ?

Jean-Claude Mailly : La montée des mouvements de rejet de l’autre, en France comme ailleurs, est due en grande partie aux politiques d’austérité menées en Europe. Cela fait plusieurs années que je le dis. Je l’avais expliqué à l’ex-président Hollande. Que s’est-il passé depuis 2002 ? Chômage en hausse, pouvoir d’achat en baisse, conditions de travail détériorées… tant qu’on ne cherchera pas à éradiquer les causes, le Front national prospérera. C’est là-dessus qu’on doit travailler et si on obtient des résultats, les scores de l’extrême droite baisseront. Emmanuel Macron a une responsabilité historique.

Son programme économique et social est-il à la hauteur de ce défi ou risque-t-il au contraire d’amplifier la fracture sociale ?

Ce que le nouveau président annonce, notamment en matière de Code du travail, m’inquiète. Sur le fond mais aussi sur la forme. Il veut agir très vite par des ordonnances au mois de juillet. Certes, il prévoit une concertation préalable avec les syndicats, c’est plutôt bon signe mais on n’en connaît pas la nature. Dans le même temps, il fait des déclarations pour le moins surprenantes. Comme la semaine dernière à Albi face à des salariés, lorsqu’il a déclaré qu’il y avait plus d’intelligence au niveau de l’entreprise que dans les états-majors syndicaux. Qu’est-ce que cela veut dire ? Comment considère-t-il notre rôle au niveau national ?

Qu’allez-vous lui demander ?

Que l’on débatte, que l’on discute à tous les niveaux, après chacun prend ses responsabilités. Je ne veux pas d’ordonnance sur les questions sociales. Au-delà de la méthode, nous ne voulons pas d’une loi Travail XXL qui ferait sauter les derniers verrous pour donner, par exemple, aux entreprises la possibilité de moduler par accord le temps de travail jusqu’à 48 heures. Ou qui ouvrirait la possibilité de décentraliser la question des salaires. Nous ne voulons pas non plus du plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif, ni du référendum entre les mains de l’employeur.

Depuis décembre 2016, Emmanuel Macron répète pourtant que sa réforme du travail est « mûre » pour une adoption rapide. N’a-t-il pas été élu pour ce programme ?

Il est passé au premier tour avec 24 % des voix, et environ 65 % au second tour. Autrement dit, des gens qui n’ont pas voté pour lui au premier tour l’ont fait au second pour faire barrage au Front national. Et pas pour son programme. À partir du moment où ces soutiens par défaut sont nombreux, cela change la donne. Emmanuel Macron est-il prêt à modifier ses annonces dans le domaine du droit du travail ? Nous lui poserons la question.

 

Propos recueillis par Catherine Gasté (Le Parisien)

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du lundi 24 avril 2017

Lundi 24 avril 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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Liberté, égalité, fraternité, laïcité et république sociale

Les citoyen(ne)s se sont prononcé(e)s à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle. Seront donc en lice au second tour Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

À différentes reprises, j’ai expliqué que cette présidentielle revêtait un caractère inédit, relevant d’une crise politique :

  • Des primaires qui non seulement ont allongé la campagne, mais ont démontré qu’elles correspondaient surtout à un affaiblissement des partis habitués à l’alternance. Ils en sont les premiers responsables.
  • Une élimination des représentants de ces partis au premier tour de la présidentielle.
  • Un renoncement du président sortant à se représenter.

À n’en pas douter, le résultat de ce premier tour montre plusieurs choses :

  • Comme nous ne cessons de le dire depuis plusieurs années, l’austérité a et a eu des effets suicidaires socialement, économiquement et démocratiquement.
  • Les meilleurs scores sont allés aux candidats se présentant ou plutôt apparaissant comme hors système, souvent à tort.
  • L’analyse des votes montre une double fracture, sociale et géographique.

Bien entendu, comme annoncé depuis plusieurs mois, Force Ouvrière ne donne aucune consigne de vote. Mais nous rappellerons fermement et publiquement nos positions et revendications, seuls ou avec d’autres, notamment à l’occasion du 1er Mai.

En particulier :

  • notre rejet de tout racisme, xénophobie ou antisémitisme ;
  • notre exigence de mettre fin, aux plans européen et national, aux politiques d’austérité ;
  • notre volonté de préserver et renforcer le service public républicain ;
  • notre rejet de la loi Travail et de son amplification ;
  • Notre attachement à la hiérarchie des normes en matière de négociation collective et au paritarisme.

Sans oublier la protection sociale collective ou la nécessité d’une réforme fiscale guidée par la justice et l’équité.

Liberté, égalité, fraternité, laïcité et république sociale.

 

Jean-Claude Mailly

Secrétaire général de FO

 

 

 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 19 avril 2017

Mercreddi 19 avril 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Dans les semaines et les mois à venir, soyez prêts à tout…  »

Jc mailly edito du 12 04 2017 CCN des 6 et 7 avril 2017 à Paris. Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Dans une semaine nous connaîtrons les résultats du premier tour des élections présidentielles.

Dans une interview au journal Le Point, le président de la République, comme il l’a déjà fait à maintes reprises, commente son quinquennat et la situation actuelle.

Une phrase, notamment, a retenu mon attention.

Interrogé sur la loi Travail, il répond : La seconde version de la loi Travail permet des accords d’entreprise et dans le pays je n’ai pas encore rencontré un salarié qui me dise qu’il a perdu des droits à cause d’elle. Les travailleurs l’ont bien compris. Lors des dernières élections professionnelles ils ont placé en tête les syndicats réformistes, ceux qui ont négocié cette loi avec nous : pour la première fois la CFDT est passée devant la CGT. Si la gauche socialiste avait agi comme la CFDT, elle serait dans une meilleure situation aujourd’hui.

Méconnaissance, méthode Coué, déni de réalité, ou un peu de tout cela, c’est ce qu’inspire cette réponse.

Rappelons, par exemple, que le cycle des élections professionnelles a duré quatre ans et la loi Travail quelques mois seulement sur ces quatre ans.

Rappelons aussi que la CFDT a peu amélioré son score et que c’est la CGT qui a surtout perdu.

Rappelons encore qu’une loi (et ses décrets) met quelque temps à entrer en application et que cela commence à se voir, notamment quant à l’allégement des PSE.

Enfin, je ne sais pas quels salariés (triés sur le volet ?) il a rencontrés, mais je sais que la semaine dernière, à Niort, les militant(e)s FO qui voulaient lui parler d’Heuliez ont été tenus à l’écart.

De fait, il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

En ce qui nous concerne, nous maintenons que l’inversion de la hiérarchie des normes en matière de temps de travail est une faute historique dans laquelle d’autres vont s’engouffrer.

Et nous savons, confirmé par plusieurs sources, que celui qui a tout bloqué sur cette question ce n’est ni la ministre du Travail, ni le Premier ministre de l’époque, mais le président de la République.

Une autre inversion a ainsi vu le jour : celle ne permettant pas à un président sortant de se représenter.

 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 12 avril 2017

Mercreddi 12 avril 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Dans les semaines et les mois à venir, soyez prêts à tout…  »

Jc mailly edito du 12 04 2017 CCN des 6 et 7 avril 2017 à Paris. Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Le Comité confédéral national (le « Parlement » de FO) s’est réuni les 6 et 7 avril.

Il a adopté à la quasi-unanimité une résolution, que vous trouverez sur notre site Internet.

Cette résolution rappelle nos revendications prioritaires dans cette période nouvelle, quelque peu déliquescente et dangereuse.

Nous réaffirmons également, tout en rappelant nos valeurs, que fidèle à sa pratique d’indépendance syndicale Force Ouvrière ne donne et ne donnera aucune consigne de vote pour les élections politiques.

Intuitivement on sent très bien que la période actuelle, en France comme ailleurs, s’apparente à la fin ou au début d’autre chose. Le néolibéralisme a fait la preuve de ses dégâts sociaux et économiques, les tensions internationales s’accroissent, les dogmes économiques ont pris le pas sur les fonctionnements démocratiques. L’avenir dira si la période sera qualifiée d’historique, mais elle est en tout cas inédite.

Dans ces conditions, le 1er Mai 2017 sera pour Force Ouvrière un 1er Mai syndical, où nous soulignerons également notre attachement à la république sociale, aux valeurs de solidarité, et notre rejet de toute discrimination, racisme, xénophobie et antisémitisme.

Par ailleurs, le CCN a réaffirmé, dans une motion spécifique, sa demande de nationalisation, même temporaire, des chantiers navals STX pour préserver l’outil industriel et l’emploi.

Et, comme je l’ai indiqué en clôture de ce CCN, la vigilance s’impose dans les semaines et les mois à venir, alors soyez prêts… à tout !

 

Edito fo hebdo 3238

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 5 avril 2017

Mercreddi 5 avril 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Accord sur l’Assurance chômage, une protection pour les salariés et les demandeurs d’emploi  »

Jc mailly 1er mars 2017

Alors que certains programmes présidentiels annoncent une prise en main par l’État des décisions (prestations et cotisations) dans le domaine de l’Assurance chômage, l’accord signé la semaine dernière entre les trois organisations patronales et quatre confédérations syndicales, dont Force Ouvrière, est une protection pour les salariés et les demandeurs d’emploi.

Après des négociations difficiles, ce qui est toujours le cas en période de croissance faible et de chômage élevé, nous sommes parvenus à un compromis.

Un bon compromis se caractérise par le fait que le syndicat pouvait espérer plus et que le patronat considère qu’il a trop cédé. Cette fois, vu notamment les réactions à l’intérieur du Medef contre l’accord, nous pouvons considérer qu’effectivement le compromis est bon !

Nous avons préservé les droits des seniors, obtenu une augmentation de la cotisation patronale, amorcé la question des contrats courts et régulé la situation des travailleurs précaires.

Nous nous adressons également à l’État pour qu’il paye ses dettes, la moitié du déficit du régime d’Assurance chômage relevant de sa responsabilité.

Cela montre que le paritarisme est bien vivant. Laisser la main à l’État c’est risquer sa disparition, la supplantation de la cotisation par l’impôt, la mise en place de « devoirs » inacceptables pour les chômeurs.

C’est ouvrir la porte à la remise en cause, partout, du paritarisme, de même que la loi Travail ouvre grand la porte à l’inversion de la hiérarchie des normes.

Avec le paritarisme nous gérons le salaire différé, propriété des salariés.

Livrer le salaire différé à l’État et/ou au marché serait irresponsable et dangereux pour les droits sociaux, la solidarité et l’égalité. 

Par Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 29 mars 2017

Mercreddi 29 mars 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Détermination, résistance et sang-froid  »

Jc mailly 1er mars 2017

Jamais, vraisemblablement, campagne présidentielle n’aura été, du fait des primaires, aussi longue et par ailleurs inédite, révélant un vrai malaise et une déliquescence démocratique. De fait, comme le disait un slogan publicitaire des chemins de fer il y a quelques années : « Tout est possible ».

Dans un tel contexte il est essentiel que notre syndicalisme reste lui-même, alliant détermination, résistance et sang-froid. C’est ainsi, par exemple, que le 20 février nous avons publiquement présenté nos analyses, positions et revendications.

Comme ce fut déjà le cas (cf. 2002 notamment), le 1er Mai tombera entre les deux tours de l’élection présidentielle. Le 1er Mai, rappelons-le, n’est pas la fête pétainiste du travail mais une journée internationale de revendications et de solidarité.

Ce sera encore le cas cette année pour Force Ouvrière.

Nous y développerons nos revendications sur le plan international, européen et national. Nous rappellerons notre détermination à combattre l’austérité, à préserver le service public républicain et la protection sociale collective, à maintenir le paritarisme, à lutter contre l’inversion de la hiérarchie des normes inscrite dans la loi Travail.

Emploi, chômage et salaires seront aussi au cœur de nos revendications.

Nous rappellerons également que notre conception et notre pratique de l’internationalisme et de la solidarité interdisent toute discrimination, tout racisme, xénophobie ou antisémitisme.

Sur ces bases revendicatives, le 1er Mai peut faire l’objet de démarches syndicales communes. Mais seulement sur ces bases. Pas plus qu’en 2002, 2007 ou 2012, Force Ouvrière ne donnera de consigne de vote, directe ou indirecte.

Force Ouvrière est un syndicat, pas un parti.

Cette indépendance ne signifie pas apolitisme au sens noble : nous sommes attachés au rôle et à la place des syndicats, comme aux libertés d’association et de négociation qui ne sont possibles qu’en démocratie.

Comme le précisent nos statuts, nous ne sommes pas non plus indifférents à la forme de l’État.

Mais nous ne sommes pas des girouettes, soutenant l’austérité à l’origine des problèmes sociaux, économiques et démocratiques en criant au loup une fois tous les cinq ans !

C’est aussi une question de cohérence et de responsabilité, l’indépendance ne se saucissonne, ni ne se négocie : elle est ou elle n’est pas.

 

Voir en ligne : Plateforme revendicative de FO

Edito jc mailly 28 mars 2017 pdf 138 8ko 



L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 22 mars 2017

Mercreddi 22 mars 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Un danger d’abandon de la république sociale  »

Jc mailly 1er mars 2017

La question de l’inversion de la hiérarchie des normes était au cœur de notre contestation de la loi Travail. Rappelons qu’elle consiste à écarter le niveau national de négociation (la branche) pour tout renvoyer à l’entreprise, conduisant ainsi à porter atteinte à l’égalité minimale de droits et dérégulant le système de négociation collective.

Pendant le conflit, nous avons maintes fois expliqué que le gouvernement la mettait en place pour le temps de travail, ouvrant ainsi une forte brèche que d’autres élargiraient.

Quand on examine les déclarations de certains candidats à la présidentielle, on constate que nous avions – malheureusement serait-on tenté de dire – raison.

Ils veulent en effet aller plus loin que la loi Travail.

Remettre en cause la branche comme niveau de négociation, casser les conventions collectives nationales puis les statuts dans le public relève du pur capitalisme libéral, sans cache-sexe social.

Il ne s’agit pas pour FO de s’impliquer dans la campagne présidentielle.

C’est d’ailleurs pour cela que nous avons rappelé nos analyses, positions et revendications.

Il est cependant de notre devoir d’alerter sur ce danger d’abandon de la république sociale.

On ne contraint pas la liberté de négociation à tous les niveaux. De la même manière que nous sommes attachés en permanence à la solidarité, au rejet du racisme, de la xénophobie et de l’antisémitisme, nous sommes aussi des partisans de la liberté, de l’égalité, de la fraternité et de la laïcité. 

Voir en ligne : Plateforme revendicative de FO

Par Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 15 mars 2017

Mercreddi 15 mars 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Fraternité, solidarité, coopération »

Jc mailly 1er mars 2017

Dans le cadre des relations de solidarité et fraternité internationales, j’ai conduit une délégation confédérale au Sénégal et au Burkina Faso, en lien avec les confédérations CNTS au Sénégal et ONSL au Burkina Faso, toutes deux adhérentes comme nous à la Confédération syndicale internationale.

Visites d’entreprises, réunions de militant(e)s, rencontres dans les unions régionales au Sénégal, contacts officiels avec les deux ministres du Travail et le Premier ministre au Burkina Faso, meeting avec 400 militantes enseignantes le 8 mars au Sénégal, rencontre avec les deux ambassades françaises ont marqué et ponctué ce déplacement.

Nous avons également rencontré des militant(e)s du secteur informel, qui sont maintenant, dans les deux pays, structurés syndicalement dans les confédérations. Ils ne sont ni salariés ni réellement indépendants, passent parfois dans l’informel après un licenciement et n’ont pas toujours accès à la protection sociale minimale.

Ce fut aussi l’occasion de renforcer nos liens et de pouvoir mieux répondre à leurs attentes, qui portent essentiellement sur les questions de formation.

Au Burkina Faso, l’un des pays les plus pauvres du monde, nous avons publiquement soutenu le mouvement de démocratisation et les trois axes du programme national de développement économique et social (gouvernance, dont les droits syndicaux ; capital humain, dont la santé et l’éducation ; investissements dans des infrastructures), approuvés par la plupart des syndicats burkinabés dont l’ONSL, et nous avons relayé leurs demandes auprès du gouvernement.

Fraternité, solidarité, coopération ont marqué ces échanges qui contribuent à développer une efficacité syndicale transnationale.

Le site Internet confédéral a relayé pendant notre séjour les différentes activités de la délégation. 

Edito mailly 3234 14 mars 2017



L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 8 mars 2017

Mercreddi 8 mars 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Une certaine déliquescence démocratique »

Jc mailly 1er mars 2017

J’ai eu l’occasion, il y a quelques semaines, d’indiquer publiquement que la campagne présidentielle revêtait un caractère inédit et reflétait une certaine déliquescence démocratique.

Les derniers événements confirment cette appréciation. Il ne nous appartient pas de les commenter. Notre rôle syndical est de poser nos analyses et revendications, ce que nous avons fait, et de réagir, si nécessaire, à certaines propositions sur les questions économiques et sociales qui nous apparaissent non seulement contestables mais dangereuses.

Ce fut le cas la semaine dernière, en réaction à un candidat affirmant notamment vouloir étatiser l’Assurance chômage et transformer sur dix ans le système de retraite.

Étatiser l’Assurance chômage mettrait non seulement fin à ce qui reste du paritarisme en la matière, à savoir la négociation de la convention d’Assurance chômage et l’Unédic, mais l’instauration d’un système universel (ouvert aux non-salariés) transformerait l’Assurance chômage en un filet de sécurité à l’anglo-saxonne. Sans parler d’une logique punitive vis-à-vis des demandeurs d’emploi.

Quant à la mise en place d’un régime universel de retraite sur la base du système dit en comptes notionnels [1], nous conseillons de voir les dégâts causés en Suède.

Ce serait une porte ouverte à l’individualisation, à une fausse liberté au travers d’un transfert de risque, au développement des fonds de pension, à la remise en cause du statut général de la fonction publique.

Dans ce schéma, ce système serait en effet le marchepied de la capitalisation.

Ce libéralisme social accentué, à savoir un cocktail de liberté économique, de filet minimal de sécurité et de flexibilité, est présenté comme un outil de simplification. Mais simplifier ne doit pas vouloir dire ratiboiser et individualiser.

Notes

[1] Déjà envisagé par le Premier ministre (François Fillon) en 2010.

Par Jean-Claude Mailly

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