Edito Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 15 février 2017

Mercreddi 15 février 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly

« Une revue que tous les candidats à l’élection présidentielle devraient lire »

 

Fo sante chauny jc mailly edito du 15 02 2017

Combien de fois n’a-t-on pas entendu dire que la France n’est pas réformable, notamment dans les domaines sociaux et du travail ?

Combien de fois n’a-t-on pas entendu des responsables politiques et patronaux vilipender la rigidité des relations du travail ou l’épaisseur du Code du travail, responsables à leurs yeux du chômage ?

À toutes celles et ceux qui pensent ainsi, je leur conseille la lecture de la dernière Chronique internationale de l’IRES [1], intitulée : « Des réformes du marché du travail pour quelles performances ? ».

On y relève notamment qu’entre 2000 et 2014 il y a eu en France 165 réformes relatives au marché du travail !

On y relève également que rien ne démontre que plus de flexibilité ou de dérégulation favoriserait l’emploi et l’activité économique.

On y relève encore que les réformes (ou plutôt contre-réformes) en la matière ont désécurisé des salariés et sécurisé les employeurs, car elles sont liées à une doctrine néolibérale élaborée notamment par l’OCDE, puis suivie par la Commission européenne et la BCE conformément aux traités signés par les gouvernements.

Tous les candidats à l’élection présidentielle devraient prendre le temps de lire cette analyse (dossier no 155 – septembre 2016).

Face à ce qui apparaissait comme la chronique d’un échec annoncé et maintenant avéré, il est plus qu’urgent de remettre les pendules à l’heure du progrès économique et social, sur le plan européen et national.

Nos analyses et intuitions étaient bonnes. Il faut maintenant que nos revendications aboutissent par la négociation ou, à défaut, par l’action. 

Notes

[1] Institut de recherches économiques et sociales, au service des syndicats.

Edito jc mailly du 14 fevrier 2017 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 8 février 2017

Mardi 8 février 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« Les citoyen(ne)s n’attendent pas obligatoirement des programmes catalogues »

Fo sante chauny jc mailly fevrier 2017

La situation actuelle tend à montrer que l’organisation de primaires n’est pas une réponse démocratique satisfaisante. De fait, les primaires sont le reflet d’une difficulté des partis politiques, faute d’adhérents, à dégager en interne programme et candidat(e). Imagine-t-on un seul instant des élections au sein du syndicat auxquelles seraient appelés, pour 1 ou 2 euros, les non-syndiqués ou les adhérents d’autres organisations syndicales ? Ce serait, à n’en pas douter, une dérive.

Mais il est vrai qu’il y a beaucoup plus de salariés adhérents d’un syndicat que de citoyens adhérents d’un parti politique. Au strict plan démocratique, il est d’ailleurs dommageable de constater cet affaiblissement des partis politiques : il leur appartient de s’interroger sur les raisons de cette situation.

À n’en pas douter, la situation économique et sociale constitue une des raisons de fond. Comme nous l’expliquons depuis longtemps, l’austérité est suicidaire économiquement, socialement et démocratiquement.

Cette position est aussi celle des syndicats sur le plan européen, dans le cadre de la Confédération européenne des syndicats.

Les citoyen(ne)s n’attendent pas obligatoirement des programmes catalogues. Ils attendent un sens, un projet, une vision à moyen et long terme qui répondent à leurs attentes et surtout que cette vision ne soit pas ensuite contredite dans l’exercice du pouvoir.

Pouvoir d’achat, chômage, emploi, inégalités, respect des valeurs républicaines, préservation de la protection sociale collective sont au centre de leurs préoccupations. On pourrait les résumer en quelques mots : espoir crédible d’une vie meilleure.

Pour ce qui nous concerne, nous resterons dans notre rôle et notre conception de syndicat libre et indépendant : pas de consigne de vote et rappel de nos analyses et revendications, de manière publique, courant février.

Edito 7 fevrier 2017 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du 31 janvier 2017

Mardi 1er février 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« Sortir de l’austérité, c’est aussi s’attaquer à la financiarisation »

Fo sante chauny jean claude mailly

La voracité de certains fonds financiers n’est plus à démontrer. Nombre d’entreprises et leurs salariés en ont déjà fait les frais.

Il s’agit souvent, à partir de mécanismes de type LBO, de se sucrer sur la bête.

Les remboursements d’emprunt et les dividendes viennent vider l’activité économique, conduisant fréquemment à des ventes ou dépeçages. C’est ce que connaît actuellement Vivarte, où les licenciements et cessions d’activités se multiplient.

Il est plus que temps que cela cesse.

Il faut rappeler que l’entreprise est une réalité économique sans reconnaissance juridique. C’est la société et non l’entreprise qui détient la personnalité juridique.

C’est donc un abus de considérer que ce sont les actionnaires qui sont propriétaires de l’entreprise. Ils ne sont que propriétaires de leurs actions.

Il fut d’ailleurs un temps où des dirigeants d’entreprise pouvaient mener une politique relativement autonome par rapport au capital.

Les choses ont changé dans les années 1980 quand, sous l’influence de l’École de Chicago, il fut décidé que l’entreprise devait, par la création de valeur, privilégier l’intérêt de l’actionnaire, les dirigeants comme les salariés devenant en quelque sorte leurs agents.

De fait, cela a introduit une confusion entre l’intérêt social et l’intérêt des actionnaires au détriment des salariés et de l’entreprise.

En ont découlé toutes les théories et pratiques actuelles du management.

Ce qui est en cause, c’est le mouvement de financiarisation des économies. Il est à l’origine de la crise financière de 2008, favorisée par la dérégulation/déréglementation.

Il porte atteinte à la démocratie et est en grande partie à l’origine du chômage et de la précarité.

Comme je l’indiquais dans un précédent éditorial, il est frappant de constater, en France, que la courbe de progression de la financiarisation est la même que celle de la progression du chômage.

Sortir de l’austérité, c’est aussi s’attaquer à la financiarisation.

Edito jc mailly du 31 janvier 2017 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 18 janvier 2017

Mercredi 18 janvier 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« L’industrie a un avenir et il doit être prioritaire »

L’industrie doit continuer à tenir une place économique majeure. Les pouvoirs publics ont, en la matière, un rôle essentiel : avoir une vision construite à moyen et long terme, conditionner et cibler les aides accordées, préserver des secteurs ou entreprises dont l’activité est considérée comme stratégique.

Des choses ont été faites ces dernières années, même si elles sont perfectibles : création (demande de FO) de la Banque publique d’investissement, mise en place du Conseil national de l’industrie et de ses filières, programmes d’avenir.

Des erreurs ont aussi été commises, tel l’octroi du CICE et du pacte de responsabilité sans obligation de contreparties. On se souvient également de la gestion par les pouvoirs publics des dossiers d’Arcelor à Florange ou d’Alstom.

Aujourd’hui, un autre dossier est emblématique : les chantiers navals STX à Saint-Nazaire. C’est un secteur stratégique que l’État ne doit pas délaisser en prenant le risque de faire entrer un actionnaire ne présentant pas toutes les garanties pour la pérennisation du savoir-faire, de la fabrication et des emplois.

C’est pourquoi, aujourd’hui actionnaire à hauteur de 33 % (minorité de blocage), il serait utile que l’État monte à nouveau au capital pour atteindre 51 %, en application du décret dit « décret Montebourg ».

Il s’agit non seulement d’un secteur sensible, mais d’une entreprise au carnet de commandes bien rempli, avec un personnel compétent et qui pourrait par ailleurs jouer un rôle clé demain dans la création d’une nouvelle filière, revendiquée par Force Ouvrière : la filière de déconstruction.

Nous savons construire des bateaux ou des avions et leur déconstruction se fait dans des conditions sociales et environnementales inacceptables, à l’autre bout du monde. Cette filière constituerait une nouvelle activité porteuse de valeur ajoutée et d’emplois.

L’industrie a un avenir et il doit être prioritaire.

Force Ouvrière, dans son rôle, s’y engage par ses positions, par ses revendications, par ses interventions et dans la négociation, comme nous venons encore de le montrer dans l’automobile. C’est l’alliance entre notre liberté, notre indépendance et notre responsabilité. 

Par Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 11 janvier 2017

Mercredi 11 janvier 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« 2017, l’année des dangers ou des opportunités… »

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En mandarin, « weiji » (la crise) a deux sens : danger ou opportunité ! 2017 sera effectivement l’année des dangers ou des opportunités.

De fait, les incertitudes sont nombreuses : tensions géopolitiques, terrorisme, croissance faible, niveau des taux d’intérêt, chômage, inégalités croissantes, précarité et pauvreté en font partie.

Il en est de même avec toute une série d’élections qui ont eu lieu ou vont avoir lieu : États-Unis, France, Pays-Bas, Italie, Allemagne notamment.

Dans le même temps, de plus en plus de voix s’élèvent pour condamner les politiques économiques et sociales d’austérité à l’origine de nombre de maux de l’époque.

C’est le cas au niveau européen, où les syndicats réclament la fin de l’austérité, une révision des traités, des augmentations de salaire, une relance de l’investissement public, une présentation des régimes sociaux et du service public. Ce sont aussi des économistes, de plus en plus nombreux, qui vont dans ce sens.

C’est aussi le cas au niveau du Bureau international du travail, qui met en garde contre les méfaits de la financiarisation de l’économie.

À titre d’exemple, en France la dette publique ne représentait en 1974 que 14,5 % du PIB, pour atteindre 97 % fin 2015.

Notamment parce que jusqu’en 1973 l’État pouvait emprunter sans intérêt à la Banque centrale, ce qui fut interdit et transféré aux banques. Ainsi le cumul des intérêts payés par l’État depuis 1974 représente le montant de l’accroissement de la dette !

Le BIT montre aussi très bien que sur une longue période, en France, plus la financiarisation de l’économie s’est développée, plus le chômage a augmenté (les courbes sont identiques !).

Dans un tel contexte, il est essentiel que nous maintenions nos positions. Le syndicalisme a un rôle essentiel de résistance et de propositions revendicatives. Il constitue un rempart pour la démocratie, la liberté et le progrès social.

Ceux qui nous considèrent comme archaïques sont les mêmes qui défendent le néolibéralisme et constituent, de fait, un danger.

Alors que, par nos actions, nous devons permettre de dégager des opportunités.

Bonne année revendicative et solidaire à toutes et tous.

Edito jc mailly 11 janvier 2017 

 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 15 décembre 2016

Jeudi 15 décembre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« Une délégation de FO reçue par le président du Sénat »

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Le président du Sénat, M. Larcher, a débuté une série de rencontres bilatérales en recevant Force Ouvrière le 7 décembre 2016.

Au-delà des contacts réguliers et démocratiques que nous avons, il s’agissait surtout de recueillir les avis de Force Ouvrière sur le programme économique et social avancé par M. Fillon. Nous avons donc explicité nos réactions et oppositions sur plusieurs points :

• L’avenir de l’Assurance maladie. Nous considérons en effet que la séparation entre petit risque et gros risque (vieux serpent de mer) et la restriction de l’accès aux soins pour les plus aisés (à quel niveau ?) conduiraient ces derniers à ne plus vouloir de la Sécurité sociale et à la remettre en cause au profit des assurances privées. Il est d’ailleurs contradictoire de rétablir l’universalité pour les prestations familiales et de la remettre en cause pour l’Assurance maladie.

• La réduction massive (110 milliards d’euros) des dépenses publiques et sociales, non seulement fragilisera encore plus fortement le service public, mais aura par ailleurs un effet récessif sur l’activité économique.

• La suppression de 500 000 postes de fonctionnaires est une annonce dangereuse et nous avons redemandé un véritable débat sur le rôle et les missions de service public dans la république.

• La suppression de la durée légale du travail est un faux dossier, plus idéologique qu’autre chose.

• Le recul de l’âge de la retraite à 65 ans n’est pas acceptable.

• L’élargissement des candidatures syndicales au premier tour des élections, ainsi que le recours au référendum sont des courts-circuits démocratiques et on risque de voir surgir n’importe quel syndicat (jaune, confessionnel ou politisé notamment).

Tels sont certains des points, non exhaustifs, sur lesquels nous avons réagi.

Nous sommes également intervenus sur la méthode : aller vite risque d’être contraire à la loi dite Larcher de 2007, rendant les consultations obligatoires !

Comme je l’explique souvent, les citoyens n’apprennent pas les programmes par cœur. Et un président de la République, quel qu’il soit, ne reçoit pas un permis de tout faire pendant cinq ans sans discuter, à coups de 49-3.

Le président du Sénat nous a écoutés. Une nouvelle rencontre aura lieu fin janvier début février. Nous ferons évidemment de même avec les candidats démocratiques qui nous solliciteront et qui appartiennent à un groupe parlementaire.

Et, en toute liberté et indépendance, sans donner bien entendu de consigne de vote directe ou indirecte, Force Ouvrière fera connaître en février ses positions, ses analyses et ses revendications les plus importantes. 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 23 novembre 2016

Mercredi 23 novembre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« Élections TPE : la campagne est prolongée d’un mois »

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La position commune CGT/CFDT/Medef/CGPME de 2008 sur la représentativité, qui a ensuite donné lieu à une loi, n’en finit pas de compliquer la vie !

Conçue, rappelons-le, pour modifier le paysage syndical, elle l’a encore, de fait, compliqué.

C’est le cas quand, parfois, le gouvernement invite à certaines réunions des organisations pourtant non représentatives nationalement.

C’est aussi le cas, actuellement, avec les élections TPE quand des organisations régionales peuvent, a priori, se présenter nationalement.

Le calendrier arrêté n’ayant pas anticipé les délais nécessaires en cas de pourvoi juridique, un tel pourvoi bouscule dès lors ce calendrier.

À l’instar d’autres organisations, Force Ouvrière a pris la décision de ne pas se pourvoir en cassation sur la question du Syndicat des travailleurs corses, pour ne pas chambouler le calendrier électoral.

Cela ne signifie pas, pour autant, que le problème est réglé, nous devrons revoir la question générale des critères syndicaux afin, demain, de ne pas permettre tout et n’importe quoi. Nous l’avons dit au ministère du Travail.

Un pourvoi ayant été déposé par une organisation, le calendrier est donc modifié : les élections dans les TPE auront donc lieu du 30 décembre 2016 au 13 janvier 2017 (20 janvier pour les votes par correspondance outre-mer).

Nous espérons – ce qui n’est pas évident – que cela n’aura pas pour conséquence moins de votants, tout en actant avec regret ce nouveau calendrier.

La campagne est donc, dans les faits, prolongée d’un mois. Nous devons la mettre à profit pour accroître notre information, nos contacts et nos visites.

La confédération prendra en compte ce changement pour le matériel de propagande.

Il importe, en effet, que les 4,6 millions de salariés des TPE soient respectés et puissent s’exprimer. Et quoi de mieux que de voter pour un syndicat libre, indépendant, pragmatique et exigeant dans son réformisme comme Force Ouvrière ! 

Edito jc mailly du 22 novembre 2016 pdf129 2 ko 

 

 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du jeudi 17 novembre 2016

Jeudi 17 novembre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
 

« Revendiquer, proposer, résister et nous développer »

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Nombreux sont les commentaires, ici ou là, à la suite de la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine.

Longtemps donnée comme impossible, y compris dans son propre camp, elle est devenue réalité. Sans préjuger de la politique économique, sociale et diplomatique qui sera mise en œuvre, il n’en reste pas moins que ce résultat est ce que l’on pourrait appeler un résultat « anti-establishment » au sens large. Il agit comme un rejet, notamment dans ce qu’on appelle les classes moyennes, des politiques mises en place et de leurs conséquences en termes d’inégalités, de chômage, de dégradation des services publics ou de pouvoir d’achat.

C’est aussi un coup de semonce supplémentaire contre les modalités d’une mondialisation livrée aux marchés, dérégulée, où le court terme et l’appât du gain servent de boussole.

Les partisans de la pensée unique libérale qui vantent, par exemple, le faible taux de chômage aux États-Unis oublient consciemment que nombre de chômeurs ne s’inscrivent plus et qu’il y a des dizaines de millions d’Américains qui vivent sous le seuil de pauvreté !

C’est la même logique qui fut à l’œuvre au Royaume-Uni avec le Brexit. Nous verrons ce qu’il adviendra rapidement dans d’autres pays où des référendums ou élections sont programmés, tels que l’Italie, la France ou l’Allemagne.

Au risque de me répéter, les logiques d’austérité sont triplement suicidaires, socialement, économiquement et démocratiquement.

Et nous devons inlassablement, en restant à notre place, continuer à résister et à revendiquer plus de justice sociale, plus d’investissement public, des aides privées ciblées, une augmentation du pouvoir d’achat et une autre conception de l’Europe que celle, libérale et néoconservatrice, actuellement à l’œuvre. En la matière, les organisations syndicales européennes, dans le cadre de la Confédération européenne des syndicats, se sont récemment clairement exprimées.

Si les gouvernements européens ne réagissent pas et poursuivent leur logique restrictive, inégalitaire et austéritaire, c’est l’Europe qui implosera face notamment à la Russie, à la Chine et aux États-Unis, qui retrouvent leur allié anglais.

Comme le disait Gramsci : Le Vieux Monde se meurt, le Nouveau Monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent des monstres.

En tant que syndicat libre et indépendant qui, selon nos statuts, ne saurait être indifférent à la forme de l’État parce que le syndicalisme ne pourrait exister en dehors d’un régime démocratique, il nous appartient de dire les choses, de revendiquer, de proposer, de résister, de nous développer.

Militer c’est être optimiste parce que l’on peut, parce que l’on doit changer les choses. 

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L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du Mercredi 9 novembre 2016

Mercredi 9 novembre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
« Sortir, en France et en Europe, des rails du néolibéralisme »

Pour toutes celles et ceux qui ne l’auraient pas encore remarqué, la campagne présidentielle a démarré et cela ne donne pas le sentiment qu’elle passionne les foules, confrontées aux problèmes d’emploi, de pouvoir d’achat, de conditions de travail ou inquiètent pour l’avenir du service public républicain.

Entre les débats des primaires d’un côté et tous leurs « à-côtés », les tribulations diverses d’un autre côté, l’heure n’apparaît pas être celle des débats de fond afin de sortir le pays et l’Europe de la crise sociale, économique et démocratique.

Ainsi, alors que l’application du néolibéralisme a déjà montré son inefficacité, on voit poindre ici ou là une accentuation du traitement qui risque de laisser le malade sur le tapis.

On voit aussi poindre, ici ou là, des déclarations intempestives sur le syndicalisme ou le paritarisme, rendus responsables de tous les maux. En fait il s’agit d’un aveu d’impuissance de la part de leurs auteurs, en quête de boucs émissaires au point qu’ils ne semblent même plus avoir la conscience de ce qu’est et doit être la démocratie et le respect des libertés d’association et de négociation. Il est vrai que les périodes récentes, notamment la loi Travail, n’ont pas été – c’est le moins qu’on puisse en dire – synonymes de progrès, de démocratie et de courage vis-à-vis, notamment, des marchés financiers.

Quand on entend par ailleurs le président du Medef, en voyage en Chine, dire que la France est un pays communiste et la Chine un pays libéral, on se dit que tout est possible et qu’il y a effectivement des choses qui ne tournent pas rond.

Il ne manque plus que M. Gattaz publie un petit livre rouge !

Dans cette période alambiquée, il est important de garder son sang-froid, ses repères et ses principes. C’est notamment pourquoi, comme d’habitude, Force Ouvrière ne donnera aucune consigne de vote, directe ou indirecte, au premier comme au second tour de la présidentielle. Ce qui ne nous empêche pas de rappeler nos positions et analyses.

« On ne renverse pas la table » à coups de menton mais en osant traiter des vrais problèmes, ce qui impose de sortir, en France et en Europe, des rails du néolibéralisme.

Keynes, réveille-toi, ils sont devenus fous !

Par Jean-Claude Mailly

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L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du Mercredi 26 octobre 2016

Mercredi 26 octobre 2016

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J.-C. Mailly
« Ce qu’un secrétaire général doit dire »

Fin novembre sortira un livre en librairie sur la loi Travail, intitulé Les apprentis sorciers.

J’y ai consacré mes vacances d’été. Face à l’imposition d’un projet de loi multiminoritaire, au vu de la méthode utilisée, au regard du contenu de ce projet, face à la manière dont il a été adopté (49-3), je me suis senti le devoir d’analyser et de décrire les événements tels que je les ai vécus en tant que secrétaire général de Force Ouvrière.

C’est à la fois un témoignage et une explication de ce qui apparaît, aujourd’hui, comme un ovni politique dont les répercussions néfastes pour les salariés commencent à se faire sentir.

Ainsi, des entreprises veulent d’ores et déjà négocier sur les points du projet de loi d’application immédiate, car ne nécessitant pas de décret d’application.

Cette loi adoptée aux forceps restera, à n’en pas douter, dans les annales de ce qu’il ne faut pas faire. Elle est louangée par le président de la République, qui continue à la considérer comme une loi de progrès social. Ce qui prouve la déconnexion avec la réalité du monde du travail.

La semaine dernière, notre site Internet spécifique (info-syndicats.fr) est entré dans sa phase d’application.

Il appartient maintenant aux délégués et aux mandatés de l’alimenter.

Nous ne laissons pas tomber. Les recours juridiques sont prêts. Il est intolérable que le gouvernement bafoue quatre-vingts ans d’histoire sociale en plongeant tête baissée dans le néolibéralisme.

Je me devais de le dire.

Et l’on pourrait imaginer un autre titre : « Ce qu’un président ne devrait pas faire ! ».

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