Edito Jean-Claude Mailly

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 11 octobre 2017

Mercredi 11 octobre 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J-C Mailly

« Force Ouvrière entend avancer sur ses jambes : la négociation (ou concertation) et l’action »

À l’instar des autres secrétaires généraux de confédérations, je rencontrerai le président de la République à sa demande.

Il s’agit d’examiner le calendrier, la méthode et la finalité des concertations à venir sur l’apprentissage, la formation professionnelle puis l’Assurance chômage.

Ce sera aussi l’occasion, deux jours après la grève et les manifestations des trois fonctions publiques, de rappeler nos positions ainsi que la nécessité de répondre, plus largement, aux inquiétudes qui s’expriment de plus en plus, à juste titre, et qui se transforment en colère sourde.

Je rappellerai également nos positions sur les ordonnances travail et notre rejet des points que nous considérons comme inacceptables.

À l’heure où ces lignes sont écrites, la réunion des organisations syndicales n’a pas encore eu lieu.

Nous y défendrons nos positions conformément à la résolution du CCN, qui s’impose à toutes les structures de la confédération. Cela s’appelle tout simplement le mandat et il vaut pour tout le monde.

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement.

Libre, indépendante, démocratique et réformiste, telle est Force Ouvrière, qui entend avancer sur ses jambes : la négociation (ou concertation) et l’action. 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 20 septembre 2017

Mercredi 20 septembre 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J-C Mailly

« FO n’exclut ni la négociation ni l’action »

Les ordonnances réformant le Code du travail étaient annoncées par le candidat Macron, depuis élu président de la République, avec la volonté d’un renvoi au tout entreprise et une adoption très rapide (août). La première exigence de FO a été celle d’une concertation et d’un calendrier la permettant. Les ayant obtenus, le bureau confédéral est entré pleinement dans les discussions. Toutes nos équipes ont été mobilisées trois mois durant.

L’autre choix était de se mettre hors jeu, de se soumettre aux orientations les plus radicales et au timing annoncé, avec le risque que les appels ensuite à manifester apparaissent vains pour nombre de salariés.

Les stratégies syndicales n’étaient pas les mêmes. La CGT a lancé, avant même les concertations, un appel sans concerter les autres confédérations. La CFDT, elle, s’est dite déçue, notamment sur la gouvernance des entreprises.

Nous avons été entendus sur certains points importants, nous avons évité pas mal d’évolutions XXL. Il n’en reste pas moins des dispositions de régression sociale que nous rejetons.

Aujourd’hui, nous continuons d’intervenir sur les décrets et nous sommes particulièrement inquiets sur les moyens (en nombre de délégués et heures de délégation) dans le cadre de la fusion (non voulue par nous) des IRP. Si ces moyens sont insuffisants ce sera, de fait, une régression contraire à l’affichage gouvernemental sur le dialogue social. Ce sera obligatoirement une source supplémentaire de tensions.

Le film aurait pu être différent si les cinq confédérations – qui avaient défini des lignes rouges communes début juin – avaient toutes activement discuté et décidé, ensemble, in fine, d’unité d’action possible.

Mais on l’a dit, sur ce dossier qui est essentiel ce sont aussi des rôles et des conceptions syndicales différentes qui se sont exprimés. Ces ordonnances seront publiées avant la fin du mois. Dans les semaines à venir d’autres dossiers majeurs vont être mis sur la table dont l’Assurance chômage, où nous n’accepterons notamment pas de remise en cause de droits pour les salariés et les chômeurs et où l’enjeu du paritarisme et du salaire différé seront centraux.

À juste titre, les fonctionnaires des trois fonctions publiques seront dans l’action le 10 octobre pour leurs conditions d’emploi et de salaire, leurs effectifs et pour garantir le service public républicain. Nous soutiendrons leur action de grèves et de manifestations du 10 octobre.

Les retraités Force Ouvrière seront aussi dans l’action le 28 septembre.

Nous n’avons jamais confondu unité d’action ponctuelle et syndicalisme rassemblé.

De même, aucune considération politique extérieure au syndicat ne détermine notre comportement. Force Ouvrière est et restera libre et indépendante en appliquant son réformisme militant qui n’exclut ni la négociation ni l’action. Nous avons un cap et pour l’atteindre nous choisissons l’itinéraire.

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 13 septembre 2017

Mercredi 13 septembre 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J-C Mailly

« Liberté, indépendance, fédéralisme, réformisme et République »

Meeting septembre 2017 Meeting FO de rentrée, à Marseille, le 7 septembre 2017.

Au fil des années, que n’a-t-on pas entendu sur Force Ouvrière ?

Auberge espagnole, maison de tolérance, difficultés à nous situer, j’en passe et des meilleures. Étiquetée contestataire en 2016 au moment de la loi El Khomri et réformiste en 2017 s’agissant des ordonnances.

Plusieurs éléments caractérisent notre syndicalisme :

• Liberté

Liberté de notre comportement, liberté de nos adhérents dans le syndicat à condition de ne pas mélanger les genres.

• Indépendance

Indépendance vis-à-vis de toute structure extérieure au syndicat, qu’elle soit politique, patronale ou philosophique.

• Fédéralisme

Nous sommes, par le fédéralisme et dans le cadre de nos statuts (que tout le monde devrait lire ou relire), le syndicat le plus décentralisé et qui respecte le mieux ses différentes structures.

• Réformisme

Un réformisme militant ou exigeant, respectueux de notre liberté et de notre indépendance qui sont possibles en démocratie ; ce qui nous conduit à défendre mordicus la pratique contractuelle et la concertation.

Nous ne sommes pas, de ce point de vue, des étatistes et nous n’attendons pas tout de la loi, ce qui nous conduirait à la politisation.

• République

Car Force Ouvrière est fidèle et attachée aux valeurs républicaines de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité, ainsi qu’à la république sociale.

Ce qui passe notamment par la défense et la promotion du service public au sens large.

Enfin, notre efficacité syndicale passe par deux points incontournables :

• accélérer notre développement et y consacrer l’énergie nécessaire ;

• savoir en permanence garder notre cap (nos positions), sans être déconnectés du réel.

L’idéologie sans le réel n’a rien à voir avec notre syndicalisme, le réel sans l’idéologie non plus.

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 21 juin 2017

Mercredi 21 juin 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J-C Mailly

Les syndicats membres de la Confédération européenne des syndicats ont lancé une campagne, dans chaque pays, pour l’augmentation générale des salaires.

Force Ouvrière s’inscrit, bien entendu, dans cette revendication.

Le fait qu’elle soit concomitante dans tous les pays est une nouveauté appréciable car elle s’inscrit de manière solidaire, à rebours des logiques d’austérité et de dumping social.

Nous n’oublions pas qu’au moment où les entreprises du CAC 40 en France explosent leurs bénéfices, il n’est que justice que les salariés, cadres et non-cadres, réclament leur dû et leur part. C’est une question de dignité sociale et d’efficacité économique. Et cela vaut pour le public comme pour le privé.

Il faut noter que le processus de financiarisation de l’économie depuis les années 1980 a conduit à prélever de plus en plus pour les dividendes, au détriment des salaires et des investissements. Et quand cela commence à se redresser timidement pour les salaires, ce n’est pas au détriment des dividendes mais de l’investissement.

De fait, ce mouvement généralisé de financiarisation agit comme un prélèvement ou une captation, sur les salaires comme sur les recettes publiques.

Redresser la barre est donc une ardente obligation, en particulier en Europe. Diminuer la rente financière au profit des investissements publics et privés et au profit des salaires, tel est l’objectif.

Les syndicats en Europe, syndicats de la feuille de paye ! Cela n’est pas fait pour nous déplaire, loin s’en faut, car cela répond non seulement à une revendication et à une attente mais aussi à l’un des rôles essentiels du syndicat. 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 14 juin 2017

Mercredi 14 juin 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J-C Mailly

« Réformistes et exigeants, nous jugerons sur les actes en fonction de nos positions »

Nous mesurerons rapidement, après les élections législatives, la sincérité du gouvernement.

À savoir, comme ils le disent actuellement, s’il s’agit d’une vraie concertation. Auquel cas il faudra non seulement nous écouter, mais nous entendre et travailler sur des textes écrits.

Ou si, les législatives passées et en fonction des résultats annoncés, la volonté de passer en force revient, ce qui sera inévitablement source de tensions.

Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, nous ne sommes ni naïfs, ni suspicieux a priori. Nous jugeons et jugerons sur les actes en fonction de nos positions.

C’est pourquoi, par exemple, à la lecture des documents publiés par Libération, nous avons tiré la sonnette d’alarme en déclarant « halte au feu ».

Force Ouvrière a toujours été une organisation réformiste et exigeante, et elle entend le rester.

Nous jugeons avec notre liberté de comportement et notre indépendance. Quand nous sommes pour, comme quand nous sommes contre. Nos interlocuteurs, qui aiment mettre les gens et les organisations dans des cases, nous ont de tout temps considérés comme imprévisibles !

C’est d’une certaine façon et sans le vouloir un hommage à notre liberté de comportement !

À un moment, il va falloir que le gouvernement non seulement discute, mais qu’il présente des projets de texte car on ne peut pas se positionner sur du sable et attendre la dernière minute.

La feuille de route qui nous a été adressée ouvre, sur beaucoup de sujets, des pistes très variables, voire qui peuvent être contradictoires.

L’itinéraire devra donc être précisé, ainsi que l’objectif.

Pour le moment, les seules choses claires obtenues sont de deux ordres : une détente du calendrier du mois d’août (en plein été) au mois de septembre et le rejet de négocier dans l’entreprise sur le contrat de travail.

Et nous continuons bien entendu à marteler nos positions, que ce soit sur l’articulation des niveaux de négociation ou sur la liberté de désignation du délégué syndical. 

 

Editorial de Jean-Claude Mailly - FO Hebdo 3245

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L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 7 juin 2017

Jeudi 7 juin 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J-C Mailly

« Ni naïfs, ni suspicieux, nous jugerons les actes et ajusterons nos réactions en conséquence »

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Rencontre entre Jean-Claude Mailly et la nouvelle ministre du Travail, Mme Pénicaud, le 1er juin 2017. Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

La concertation avec le gouvernement se poursuit avec la ministre du Travail, après le président de la République et le Premier ministre.

Elle va continuer tout l’été, d’abord avec les thèmes devant faire l’objet du projet de loi d’habilitation des ordonnances, puis sur le contenu même des ordonnances, qui devrait être ratifié par le Parlement fin septembre après un Conseil des ministres vers le 20 septembre.

Nous avons rappelé notre attachement viscéral à la liberté de négociation à tous les niveaux, en insistant sur celui de la branche et des conventions collectives nationales. Nous avons plaidé pour qu’au-delà des six thèmes de négociation obligatoire au niveau des branches il en soit rajouté. Nous avons également rappelé notre revendication de liberté de désignation du délégué syndical, conformément à notre plainte devant le Bureau international du travail. S’agissant des institutions représentatives du personnel, nous avons notamment plaidé pour que le CHSCT conserve sa personnalité morale et qu’on renforce ses moyens de fonctionnement, y compris en heures de délégation en cas de délégation unique du personnel.

Sur les indemnités prud’homales, nous avons demandé la possibilité pour le juge de pouvoir dépasser de manière motivée le plafond qui, par ailleurs, doit être le plus élevé possible.

Nous avons également rappelé nos positions sur le référendum.

Enfin, nous avons, entre autres, abordé le droit syndical et son exercice, le relèvement des indemnités légales en cas de licenciement et des dispositions sur l’égalité professionnelle.

Nos interlocuteurs ont pris note et la concertation va se poursuivre.

On peut constater que la concertation, contrairement à celle sur la loi Travail, est réelle. Reste à savoir si nous serons entendus ! Comme je l’ai déjà indiqué, nous ne sommes ni naïfs, ni suspicieux, nous jugerons les actes et ajusterons nos réactions en conséquence.

Une « feuille de route » devrait nous être adressée en début de semaine. Nous réagirons en fonction de nos positions et revendications. 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 31 mai 2017

Mercredi 31 mai 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J-C Mailly

 

« Nous sommes prêts à la concertation mais nous n’accepterons pas une loi Travail XXL »

Jean claude mailly 2017

La semaine dernière ont eu lieu les premiers contacts avec le nouvel exécutif gouvernemental. D’abord le président de la République, puis le Premier ministre et la ministre du Travail.

Le calendrier, la méthode et le contenu (c’est-à-dire le fond et la forme) ont été au centre de ces rencontres.

Si le président de la République entend donner le cap et les grandes orientations, renvoyant leur mise en œuvre au gouvernement, il apparaît évident – c’est la logique de la Constitution et du quinquennat – qu’il surveillera tout cela comme le lait sur le feu.

S’agissant du calendrier nous avons plaidé pour sa détente, considérant qu’une adoption définitive des ordonnances en août serait de mauvais augure.

Sur la méthode et les ordonnances, nous avons rappelé que tout dépend de leur contenu.

Sur le fond, j’ai tenu, outre les questions européennes et internationales, le pouvoir d’achat et la fonction publique, à insister sur ce que nous appelons l’ADN de Force Ouvrière, à savoir la liberté de négociation, l’articulation des différents niveaux de négociation et le rôle essentiel de la branche, rôle mis à mal, s’agissant du temps de travail, par la loi dite El Khomri.

Ont également été abordées les questions des institutions représentatives du personnel, du plafonnement des indemnités prud’homales et, plus succinctement, l’Assurance chômage.

Il va falloir maintenant que les choses s’éclaircissent sur ce que l’on peut appeler la flexibilité de l’exécutif sur ses orientations.

Et, comme d’habitude, nous défendrons nos positions et jugerons sur les actes.

Tout est possible. Nous sommes prêts à la concertation, conformément à notre pratique réformiste exigeante, mais nous n’accepterons pas une loi Travail XXL.

Comme le disait Guillaume d’Orange, ce que me rappelait hier une ancienne confédérale, Paulette Hofman : Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.

Et nous avons bien l’intention de réussir. 

Edito jc mailly fo hebdo3243 

 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du mercredi 17 mai 2017

Mercredi 17 mai 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J-C Mailly

 

« Nous ne faisons pas de procès d’intention, mais nous serons particulièrement attentifs et exigeants »

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À l’heure où ces lignes sont écrites, nous ne connaissons pas encore la composition du gouvernement arrêtée par le président de la République.

Ces derniers jours les médias bruissaient de noms divers et variés.

L’essentiel n’est pas là bien entendu, même si le choix des femmes et des hommes composant un gouvernement n’est pas anodin.

Ce qui compte, c’est la nature de la politique économique et sociale qui va être menée, tant sur le plan européen que sur le plan national.

De ce point de vue, souffrir aujourd’hui dans l’espoir d’être mieux demain n’est pas la solution.

Non seulement parce qu’il n’est pas juste de souffrir, mais de surcroît rien ne garantit que ça ira mieux demain, bien au contraire.

Nous serons donc particulièrement vigilants sur les premières annonces économiques et sociales du nouvel exécutif, tant sur le contenu que sur la méthode, les deux étant d’ailleurs étroitement liés. Comme le disait Victor Hugo la forme est le fond qui remonte à la surface.

Ainsi si le contenu d’une ordonnance nous convient, il n’y a guère de problème. Cela suppose au préalable une vraie concertation et de sérieuses révisions et précisions du côté des pouvoirs publics.

Un bon praticien vérifie toujours si l’ordonnance qu’il prescrit sera supportée par le corps !

Mais si l’ordonnance est le véhicule utilisé en plein été pour aggraver la situation des salariés, alors il y aura un gros problème. En particulier, nous n’accepterons pas une loi Travail XXL.

Nous ne faisons pas, c’est notre comportement habituel, de procès d’intention. Mais nous serons particulièrement attentifs et exigeants.

Et l’une des premières questions que nous poserons au président de la République sera : quelle est votre conception du dialogue social et de la négociation collective ?

Tout le reste découlera en grande partie de sa réponse. 

En guise d’éditorial

Jeudi 11 mai 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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J-C Mailly

« Je ne veux pas d’ordonnance sur les questions sociales »

Jc mailly 1er mai 1er Mai 2017 à Paris. Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Extraits de l’interview de J.-C. Mailly au Parisien du lundi 8 mai 2017

Le Parisien : Quels enseignements tirez-vous des résultats de l’élection présidentielle ?

Jean-Claude Mailly : La montée des mouvements de rejet de l’autre, en France comme ailleurs, est due en grande partie aux politiques d’austérité menées en Europe. Cela fait plusieurs années que je le dis. Je l’avais expliqué à l’ex-président Hollande. Que s’est-il passé depuis 2002 ? Chômage en hausse, pouvoir d’achat en baisse, conditions de travail détériorées… tant qu’on ne cherchera pas à éradiquer les causes, le Front national prospérera. C’est là-dessus qu’on doit travailler et si on obtient des résultats, les scores de l’extrême droite baisseront. Emmanuel Macron a une responsabilité historique.

Son programme économique et social est-il à la hauteur de ce défi ou risque-t-il au contraire d’amplifier la fracture sociale ?

Ce que le nouveau président annonce, notamment en matière de Code du travail, m’inquiète. Sur le fond mais aussi sur la forme. Il veut agir très vite par des ordonnances au mois de juillet. Certes, il prévoit une concertation préalable avec les syndicats, c’est plutôt bon signe mais on n’en connaît pas la nature. Dans le même temps, il fait des déclarations pour le moins surprenantes. Comme la semaine dernière à Albi face à des salariés, lorsqu’il a déclaré qu’il y avait plus d’intelligence au niveau de l’entreprise que dans les états-majors syndicaux. Qu’est-ce que cela veut dire ? Comment considère-t-il notre rôle au niveau national ?

Qu’allez-vous lui demander ?

Que l’on débatte, que l’on discute à tous les niveaux, après chacun prend ses responsabilités. Je ne veux pas d’ordonnance sur les questions sociales. Au-delà de la méthode, nous ne voulons pas d’une loi Travail XXL qui ferait sauter les derniers verrous pour donner, par exemple, aux entreprises la possibilité de moduler par accord le temps de travail jusqu’à 48 heures. Ou qui ouvrirait la possibilité de décentraliser la question des salaires. Nous ne voulons pas non plus du plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif, ni du référendum entre les mains de l’employeur.

Depuis décembre 2016, Emmanuel Macron répète pourtant que sa réforme du travail est « mûre » pour une adoption rapide. N’a-t-il pas été élu pour ce programme ?

Il est passé au premier tour avec 24 % des voix, et environ 65 % au second tour. Autrement dit, des gens qui n’ont pas voté pour lui au premier tour l’ont fait au second pour faire barrage au Front national. Et pas pour son programme. À partir du moment où ces soutiens par défaut sont nombreux, cela change la donne. Emmanuel Macron est-il prêt à modifier ses annonces dans le domaine du droit du travail ? Nous lui poserons la question.

 

Propos recueillis par Catherine Gasté (Le Parisien)

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly du lundi 24 avril 2017

Lundi 24 avril 2017

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

 

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Liberté, égalité, fraternité, laïcité et république sociale

Les citoyen(ne)s se sont prononcé(e)s à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle. Seront donc en lice au second tour Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

À différentes reprises, j’ai expliqué que cette présidentielle revêtait un caractère inédit, relevant d’une crise politique :

  • Des primaires qui non seulement ont allongé la campagne, mais ont démontré qu’elles correspondaient surtout à un affaiblissement des partis habitués à l’alternance. Ils en sont les premiers responsables.
  • Une élimination des représentants de ces partis au premier tour de la présidentielle.
  • Un renoncement du président sortant à se représenter.

À n’en pas douter, le résultat de ce premier tour montre plusieurs choses :

  • Comme nous ne cessons de le dire depuis plusieurs années, l’austérité a et a eu des effets suicidaires socialement, économiquement et démocratiquement.
  • Les meilleurs scores sont allés aux candidats se présentant ou plutôt apparaissant comme hors système, souvent à tort.
  • L’analyse des votes montre une double fracture, sociale et géographique.

Bien entendu, comme annoncé depuis plusieurs mois, Force Ouvrière ne donne aucune consigne de vote. Mais nous rappellerons fermement et publiquement nos positions et revendications, seuls ou avec d’autres, notamment à l’occasion du 1er Mai.

En particulier :

  • notre rejet de tout racisme, xénophobie ou antisémitisme ;
  • notre exigence de mettre fin, aux plans européen et national, aux politiques d’austérité ;
  • notre volonté de préserver et renforcer le service public républicain ;
  • notre rejet de la loi Travail et de son amplification ;
  • Notre attachement à la hiérarchie des normes en matière de négociation collective et au paritarisme.

Sans oublier la protection sociale collective ou la nécessité d’une réforme fiscale guidée par la justice et l’équité.

Liberté, égalité, fraternité, laïcité et république sociale.

 

Jean-Claude Mailly

Secrétaire général de FO

 

 

 

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