ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY

LE NUCLÉAIRE N’EST PAS UNE ACTIVITÉ COMME UNE AUTRE

Le tremblement de terre et le tsunami qui ont dévasté le Japon ont dramatiquement provoqué des pertes humaines importantes et la destruction d’une partie du territoire. Qui n’a pas été envahi par l’émotion à la vue des images de désolation diffusées par toutes les télévisions?

Notre soutien et notre solidarité vont prioritairement aux populations meurtries par le déchaînement des éléments. C’est le message que nous avons transmis à nos camarades de Rengo.

Cette catastrophe a aussi sa dimension nucléaire.

Nous ne serons pas de celles et ceux qui, les stigmates de la catastrophe non encore effacés et les plaies humaines loin d’être refermées, en appellent à la fin du nucléaire.

Nous devons rester fidèles à ce que nous avons souvent expliqué en la matière.

Oui, le nucléaire est une activité à risque pour les travailleurs et les populations. Rappelons aussi, pour les travailleurs, que l’extraction du charbon était aussi une activité à risque, en témoignent les accidents miniers, les maladies développées et la pollution générée.

Mais c’est justement parce que le nucléaire est une activité à risque qu’il faut prendre toutes les précautions et garanties. Cela passe par la recherche et les investissements nécessaires (y compris pour le retraitement des déchets), des règles strictes, mais aussi par la nécessité non négociable que ces activités restent sous le contrôle des pouvoirs publics.

On ne confie pas une telle activité au tutorat des marchés et les installations nucléaires de type «low cost» sont un réel danger.

Il est tout aussi indispensable de veiller au transfert de technologie et de ne pas implanter des centrales n’importe où.

Le nucléaire n’est pas une fin en soi, d’autres sources énergétiques doivent être encouragées, mais il est avant tout indispensable d’en garder la maîtrise publique, de protéger efficacement les travailleurs concernés, y compris ceux des entreprises sous-traitantes, la protection des populations passant aussi par la protection des salariés du nucléaire.

Le nucléaire existe, ce n’est pas une activité comme une autre, raison pour laquelle elle doit relever du service public avec toutes les garanties et contraintes que cela nécessite.
 
 FO Hebdomadaire - Mars  2011
 

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