Éditorial de Jean-Claude Mailly

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière, daté du mercredi 20 avril 2011

PRIORITÉ AUX SALAIRES

 

Les revendications en matière de salaires tiennent, à juste titre, le haut du pavé. Les salariés réclament leur dû.

Deux raisons à cela:

- ces dernières années, les progressions ont souvent été limitées, voire quasi inexistantes;

- les hausses de prix s’accélèrent, tant pour les produits alimentaires que pour l’électricité, le gaz, les transports ou le pétrole. Sur un an, l’indice officiel des prix à la consommation atteint 2%, ce qui devrait déclencher à terme une revalorisation automatique du SMIC.

Quand le gouvernement propose que les entreprises versant des dividendes devraient aussi verser une prime exceptionnelle de l’ordre de 1.000 euros aux salariés, il reconnaît de fait qu’il y a un problème. Mais la solution préconisée (une prime aléatoire) serait loin de concerner tous les salariés puisque, par définition, les entreprises où il n’y a pas de dividendes et le secteur public y échapperaient. Dans le même temps, le gouvernement annonce vouloir encore bloquer les salaires dans la fonction publique.

De fait, l’urgence réside dans l’obtention d’augmentations générales des salaires. C’est, comme nous l’affirmons depuis longtemps, une question de dignité, de respect, de solidarité (par rapport aux régimes sociaux) et d’efficacité sociale et économique. Plus de pouvoir d’achat, c’est plus de consommation, plus de croissance, plus d’emplois.

Nous retenons d’ailleurs positivement l’annonce du ministre du Travail visant à relancer les négociations de branche sur les minima conventionnels. Dans beaucoup d’entreprises, nous sommes conduits à exercer le rapport de force, c’est-à-dire à faire grève, pour obtenir satisfaction face à des employeurs qui ont trop souvent tendance à se montrer pingres, parfois sous la pression des actionnaires qui veulent de plus en plus de cash et de dividendes.

Nombreux sont ainsi les conflits qui éclatent. Nous ne les citerons pas tous, mais c’est par exemple le cas chez Aérolia, Toyota, Carrefour ou Ferrero. Chez Carrefour, à l’appel de FO, première organisation, rejointe par d’autres organisations, les salariés ont fait massivement grève le samedi 9 avril. Ce qui a amené la direction à revoir sa copie et un accord a pu être signé. Pour autant, dans cette entreprise, tout n’est pas réglé. Deux des actionnaires (Colony et Bernard Arnault) se comportent comme des financiers sangsue.

Chez Ferrero – producteur notamment des «chocolats de l’ambassadeur» et de Nutella – une grève a été lancée à l’initiative de FO. Pour avoir rencontré les salariés à la porte de l’usine, il y a une vraie attente, non seulement en matière de salaires mais aussi de respect, dans une entreprise où le paternalisme et les rémunérations individuelles laissent de plus en plus de traces.

En fin de semaine la raison l’a emporté et un premier accord a pu être signé.

Derrière tout cela, il y a aussi le sentiment d’un accroissement important des inégalités et d’un constat selon lequel les salariés sont victimes de la double peine: ils paient les pots cassés de la crise et maintenant ils paient encore pour rembourser les dettes et engraisser les actionnaires.

Pour toutes ces raisons, l’augmentation des salaires et la mise en place d’une prime transport constituent la priorité revendicative.

 

http://www.force-ouvriere.fr

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Vous disposez d'un droit d'accès, de rectificat ion, de modification et de suppression des données qui vous concernent (Art. 34 de la loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978) sur l'ensemble du site. Pour l'exercer, Cliquez sur cette bannière pour contacter le webmaster