ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 12 SEPTEMBRE 2012

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE N’EST PAS LE PRÉSIDENT DE LA COUR DES COMPTES

Depuis longtemps nous expliquons que la Banque centrale européenne (BCE) doit, pour calmer le jeu, être prêteur en dernier ressort, c’est-à-dire pouvoir acheter de la dette des pays de la zone euro. Dans la foulée, c’est ensuite à une réorientation profonde des modalités de la construction européenne qu’il faut s’attaquer.

La semaine dernière la BCE a annoncé qu’elle pouvait intervenir, via des intermédiaires, de manière illimitée, tout en conditionnant son intervention à des obligations de la part des pays. Et c’est là qu’il y a problème, car cela revient à dire: on vous aide si vous mettez en place une politique d’austérité! Ce qui est l’esprit et la logique en particulier du TSCG, auquel nous nous opposons.

Nous ne dirons jamais assez que l’austérité est socialement destructrice, que le libéralisme économique conduit à de l’autoritarisme social, que l’emploi, les salaires et les droits sociaux sont les variables d’ajustement.

Dans ces conditions, la négociation sur la «sécurisation de l’emploi» qui va s’ouvrir sera particulièrement dure.

Le document d’orientation adressé par le gouvernement et confirmé par le président de la République aborde moult thèmes (précarité, sécurité des parcours, adaptation, temps partiel, etc.).

Il y a par définition un côté usine à gaz. Les mots qui fâchent (par exemple: flexibilité) n’ont pas été utilisés, mais comme le disait Jaurès, quand les hommes ne peuvent pas changer les choses, ils changent les mots.

Comme nous le disons depuis plusieurs mois, nous n’accepterons pas, par exemple, qu’un accord d’entreprise conduisant à des modifications substantielles du contrat de travail dispense l’employeur, si nécessaire, de l’obligation de faire un PSE au nom d’une conception de la liberté de licencier.

Cette négociation sera donc tendue et nous ne pouvons pas accepter de servir de caution pour justifier ou accompagner l’austérité.

Nous aurons aussi nos revendications, dont le retour à la hiérarchie des normes.

À la différence d’autres, nous savons que tout est lié et nous n’avons jamais accepté que l’économie soit une science exacte qui s’imposerait à tous. Élu par les citoyens au suffrage universel, le président de la République n’est pas le président de la Cour des comptes.

 FO Hebdo - Septembre 2012

Force Ouvrière ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY président de la République PRÉSIDENT DE LA COUR DES COMPTES Banque centrale européenne BCE

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