Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière, daté du mercredi 8 juin 2011

 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

CETTE CRISE N’EST PAS LA NÔTRE

 

Les déplacements dans les départements, pour des congrès ou des visites d’entreprises ou d’établissements, sont l’occasion de discussions avec les militant(e)s de Force Ouvrière.

Ces temps-ci, force est de constater que les préoccupations essentielles sont celles liées au pouvoir d’achat, aux conditions de travail (plus précisément à la souffrance au travail), à l’emploi et à l’avenir des services publics républicains. Le mécontentement, voire la colère sont également réels contre le développement des inégalités sociales, avec le constat selon lequel les plus aisés s’en tirent de mieux en mieux quand la majorité galère de plus en plus.

En filigrane ou directement, c’est aussi un doute sévère qui s’installe quant à la capacité ou la volonté des dirigeants de trouver des solutions concrètes à la crise: on n’est pas contre l’Europe ou l’internationalisation, mais on est contre la manière dont les choses se passent.

«Tout cela ne peut pas durer» est une phrase qui, à juste titre, revient souvent et les événements au Maghreb, en Grèce ou en Espagne sont commentés et suivis.

Il est aussi clair pour les militant(e)s que, dans ce contexte, la nécessité de l’indépendance syndicale est on ne peut plus indispensable, à tous les niveaux de l’action syndicale, de l’entreprise et de l’établissement au niveau confédéral.

Faire bouger les choses, résister, obtenir de petites ou plus grandes avancées, mettre en cohérence les actions, garder le cap, rester soudés, faire jouer le collectif sont autant des garanties que des nécessités.

Ce qui suppose des revendications claires, des arguments affûtés, une réelle détermination.

Prendre en compte le réel pour le modifier et ne pas oublier l’idéal demeure une cohérence forte de l’action syndicale. Dans le Bas-Rhin, la semaine dernière, c’est aussi avec plaisir que j’ai rencontré des militants et expliqué comment, sur ces bases, sur les actions concrètes réalisées, sur des positions claires, des adhérents d’autres organisations nous rejoignent et se sentent bien à FO.

C’est aussi à Strasbourg, à l’occasion du 40e anniversaire du syndicat FO de l’usine de fabrication de papier UPM Stracel – où le taux de syndicalisation FO est de 35% –, que j’ai pu mesurer la détermination d’un syndicat qui au fil des années, clairement, a su obtenir le maintien du site et l’amélioration progressive de l’accord d’entreprise, et ce, malgré les difficultés. Autrement dit, les affaires DSK et Tron ne font pas partie des préoccupations premières, à la différence de leur traitement par certains médias.

Je ne doute pas que ce sera encore le cas cette semaine dans la Haute-Marne où je visiterai la CAF, l’hôpital et deux entreprises privées, et dans le Jura où, avant de rencontrer les militant(e)s, je visiterai l’usine Smoby.

«Un syndicat, pas un parti», c’est à la fois ambitieux et modeste, mais c’est surtout la conviction qu’ainsi nous pouvons changer les choses au profit de ceux que beaucoup n’osent plus appeler la classe ouvrière. Et plus nous serons nombreux, plus nous pèserons sur les événements avec la certitude que cette crise n’est pas la nôtre.

 

http://www.force-ouvriere.fr

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