Editorial de Jean-Claude Mailly: Y COMPRIS LA GRÈVE INTERPROFESSIONNELLE

Le Comité confédéral national (le «Parlement») de Force Ouvrière s’est réuni pendant deux jours, la semaine dernière, à la
Confédération. Conscient de la grave crise, sans précédent, du capitalisme qui frappe tous les pays et conscient des risques tout aussi graves qui pèsent sur les travailleurs, le Comité confédéral national (CCN) a été responsable, constructif et combatif.

Il a ainsi, à l’unanimité, adopté une Résolution positionnant la Confédération, donc l’ensemble de ses fédérations et unions départementales, sur tous les sujets et problèmes importants pour les salariés et leurs familles. Alors qu’en France comme ailleurs les nuages s’amoncellent sur les droits des salariés, le CCN condamne la logique méprisante des pouvoirs publics dont les décisions continuent à se situer dans la logique ayant conduit à la crise. Et ce, tant en matière de pouvoir d’achat que d’emploi, de services publics, de régimes spéciaux ou de fiscalité. Ils persévèrent, en effet, dans l’affaiblissement ou la remise en cause des droits des travailleurs. D’ailleurs, comme pour faire écho à la clairvoyance du Comité confédéral, le lendemain, deux informations venaient conforter nos analyses. La première montrait qu’en quelques années les revenus des plus riches avaient explosé (+70% pour ceux gagnant plus de 500000 euros par an) et que le bouclier fiscal profitait aux classes les plus fortunées. Ainsi, 1000 ménages se sont vu rembourser, par l’État, 400000 euros en moyenne, 100 ménages 1,2 million en moyenne, 10 ménages 6 millions d’euros. L’autre information est une interview dans laquelle Jean-François Copé se prononce successivement pour une loi quinquennale contraignante réduisant les dépenses publiques et sociales, une fusion des caisses de retraite de base et une convergence public-privé des systèmes de retraites, un guichet unique entre les caisses primaires d’assurance-maladie et les caisses d’allocations familiales, une fusion entre CSG-CRDS et l’impôt sur le revenu et une fusion des URSSAF et des services fiscaux.

C’est-à-dire que le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale s’assoit complètement sur le programme du Conseil national de la Résistance, enfonce le clou du capitalisme libéral et bafoue la République sociale.


Comme l’affirme le Comité confédéral, c’est bien un changement de modèle qui est indispensable afin que l’on retrouve le sens et l’urgence du progrès social et de l’application des principes républicains. Le CCN a réaffirmé les positions de Force Ouvrière sur les retraites et notre slogan «40 ans c’est déjà trop». Il a confirmé que la question des retraites est uniquement financière et doit être réglée par des mesures en la matière.


Le CCN a réfléchi, débattu, décidé. Il convient maintenant de mettre en application, dans toutes les fédérations, les unions départementales et les syndicats, ses décisions.


Le 1er Mai 2010 sera un 1er Mai Force Ouvrière, revendicatif et axé sur la mère des revendications, la retraite.

Les syndicats doivent se rapprocher des unions départementales pour appuyer les initiatives qu’elles prendront pour affirmer clairement nos positions. Rappelant que l’unité d’action efficace nécessite des revendications et des modalités d’action claires et partagées et constatant que les manifs ricochets ne permettent pas de gagner, le CCN propose aux autres organisations syndicales une journée de grève franche, public et privé.


Réussie, c’est-à-dire donnant le sentiment que le pays est bloqué pendant vingt-quatre heures, une telle journée interpellera fermement et directement les pouvoirs publics.


S’ils persistaient, ils prendraient un sérieux risque.


Enfin, le CCN a donné mandat à la Commission exécutive et au Bureau confédéral pour, au moment qu’ils jugeront utile, lancer des initiatives Force Ouvrière, y compris la grève interprofessionnelle. C’est-à-dire que, dans tous les cas de figure, Force Ouvrière prendra ses responsabilités.

 

FO Hebdomadaire - Avril 2010

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