Jean-Claude Mailly

POUR UNE RÉFORME FISCALE GUIDÉE PAR L’ÉGALITÉ ET L’ÉQUITÉ

L’augmentation importante des déficits publics en France comme ailleurs (et plutôt moins en France qu’ailleurs) est d’ores et déjà l’objet de débats pour l’avenir.

Il y a ceux qui, bien avant la crise, considéraient non seulement qu’ils étaient trop importants, mais qui assimilent les déficits publics et sociaux à la place trop grande prise par les services publics et la protection sociale collective.

Pour eux, il suffit de réduire le nombre de postes, les prestations sociales et certains services publics et sociaux pour que la dette se réduise. Ils sont bien entendu dans une démarchepurement idéologique et n’attendent qu’une seule chose: que tout reparte comme avant en plus fort, c’est-à-dire en pire! Il y a ceux, dont nous sommes, qui pensent non seulement que pour réduire l’endettement il y aura plus d’inflation, mais surtout qu’une hausse des recettes fiscales nécessite obligatoirement une réforme fiscale d’ampleur, guidée par l’égalité de droit et l’équité.

On ne peut pas se féliciter pendant la crise de l’existence d’amortisseurs sociaux et leur taper dessus ou les remettre en cause à la moindre éclaircie précaire. Ce débat-là est et sera conflictuel dans les semaines et mois à venir. En attendant, il faut également faire face à l’augmentation du chômage, aux privatisations larvées (cf. La Poste ou la Révision générale des politiques publiques, RGPP), aux sanctions contre les assurés sociaux (indemnités journalières des accidents du travail, arrêts de travail, forfait hospitalier, déremboursement de médicaments).

De ce point de vue, le projet de budget 2010 est significatif. Il accumule les réductions de charges pour les entreprises (-11 milliards d’euros avec la taxe professionnelle, par exemple), crée de nouveaux impôts, telle la taxe carbone payée par les citoyens, mais ne cherche en aucune façon à transformer le système fiscal.

Pire, il reste dans la logique précaire en réduisant de plus de 33000 le nombre de postes de fonctionnaires. On sent poindre les velléités de remise en cause profonde des services publics et de la protection sociale collective. Ce qui serait bien entendu intolérable et inacceptable. C’est à un renversement des priorités qu’il faut s’atteler. C’est dans cet esprit que nous demandons une réforme fiscale, tout comme nous devons maintenir l’intégralité de nos revendications en matière de pouvoir d’achat des salaires et retraites, d’emploi, de chômage ou de politique industrielle. Garder le cap du syndicalisme libre et indépendant est indispensable pour marquer des points pour les travailleurs.

Force ouvrière Hebdomaire - octobre 2009

 

 

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