LA CRISE NE CONNAÎT PAS DE VACANCES !

 

L’éditorial de Jean-Claude Mailly juillet 2009 FO hebdo

LA CRISE NE CONNAÎT PAS DE VACANCES !

 

La rencontre avec le président de la République, le 1er juillet dernier, avec les confédérations syndicales et patronales a été l’occasion pour Force Ouvrière de rappeler nos revendications et nos points de désaccord

Ces derniers touchent en particulier à l’absence de plan de soutien à la consommation (le non coup de pouce au SMIC est de ce point de vue significatif), à la banalisation du travail le dimanche, à l’inexistence d’une disposition législative obligeant les entreprises percevant une aide publique à s’engager en terme d’emplois, au refus de remettre en place des préretraites ou aux dispositions restrictives en matière de service public républicain. 

Nous avons également, outre notre exigence de réforme fiscale, réclamé la mise en place de mesures d’urgence en matière d’emploi. Outre celles que nous avions déjà formulées, nous avons demandé quatre choses précises: 

– la mise en place d’une allocation de solidarité inter générations (ASI). Il s’agit ici de permettre à un ou une salarié(e), dit(e) senior, de faire du tutorat en ayant une réduction de son temps de travail intégralement compensée par l’allocation, avec obligation pour l’entreprise d’embaucher un jeune, par exemple en contrat de professionnalisation; 

        la mise en place d’une allocation jeune salarié (AJS) permettant à ce dernier de faire face aux frais liés à la prise d’emploi;

–       l’augmentation, pour une entreprise, des coûts liés à la destruction d’emplois. Actuellement de 2 à 4 SMIC pour les entreprises de plus de 1000 salariés, nous proposons de les passer de 4 à 6 SMIC pour les plus de 500; 

– une meilleure indemnisation pour les salariés au chômage à la suite d’un CDD ou de l’intérim, ce qui représente 30% des entrées à Pôle emploi. 

Nos revendications vont être mises à l’étude, de même qu’un débat devrait être lancé sur les exonérations de cotisations patronales et les aides publiques aux entreprises. S’agissant de l’emprunt évoqué par le président de la République, nous avons expliqué que nous n’avions pas d’opposition de principe, mais qu’il fallait veiller à ce que les plus aisés n’en profitent pas et, quant à l’utilisation de l’emprunt, nous avons suggéré des pistes économiques (stratégie industrielle, recherche, innovation) et sociales (dépendance, formation et retraites). Sur ce dernier point (les retraites), nous nous sommes de nouveau distingués. Nous avons dit qu’une part des fonds recueillis par l’emprunt pouvait être affectée au Fonds de réserve des retraites. Le Secrétaire général de la CFDT a dit que ce serait de la cavalerie! Visiblement, il n’a guère de connaissances en la matière.

Les fonds mis au Fonds de réserve ne sont pas immédiatement utilisés mais serviront demain. C’est un instrument de précaution. 

Il est vrai qu’en matière économique, la CFDT est plus libérale que keynésienne et semble encore prête à faire subir des sacrifices aux travailleurs. Pendant l’été, nous allons non seulement développer nos revendications et intervenir auprès des ministres concernés, mais nous appuierons, également, sur tout le territoire, les salariés et militants confrontés aux difficultés.

La crise ne connaît pas de vacances et la rentrée sera particulièrement chargée. Ce qui est clair, c’est que Force Ouvrière gardera le cap de ses analyses, de ses revendications et de son indépendance.

 

 

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