LES SALAIRES À L’ORDRE DU JOUR

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly
LES SALAIRES À L’ORDRE DU JOUR
Les revendications salariales reviennent au-devant de l’actualité. Ce fut notamment le cas avec les routiers, qui ont réussi à obtenir des augmentations ainsi que la mise en place d’une mutuelle.

Comme d’habitude dans ce secteur, l’État a dû intervenir, les employeurs étant libéraux dans leurs conceptions mais attendant toujours de l’État qu’il compense les augmentations de salaires! On notera aussi, au passage, que dans ce secteur comme dans celui de l’hôtellerie-restauration, le foisonnement des organisations d’employeurs pose le problème de leur représentativité.

S’agissant de la restauration, à l’heure où ces lignes sont écrites, la question n’est toujours pas bouclée, trois organisations (FO-CGT-CFTC) s’opposant à un accord insuffisant.

Quand on sait que les contreparties à la baisse de la TVA (coût annuel de l’ordre de 2,5 à 3 milliards d’euros), auxquelles les restaurateurs s’étaient engagés, ne sont guère vérifiables en termes d’emploi et de prix, seule la question des salaires est directement mesurable. Et c’est sur ce point que les employeurs se montrent particulièrement radins. Autrement dit, c’est la portion congrue.

Autre secteur significatif en matière de revendication salariale, les banques. Qu’il s’agisse, par exemple, de HSBC ou de LCL, nos syndicats ont des exigences légitimes. Les employeurs de ce secteur sont vraisemblablement les plus cyniques. Ils ont empoché les aides d’État, continuent à spéculer sur les transactions financières et monétaires, prévoient des bonus, ne favorisent guère le crédit aux entreprises et aux particuliers, refont des bénéfices, mais ne respectent pas leurs salariés en matière de salaires ou de conditions de travail.

Alors que la crise perdure, que la situation est plus que fragile (en témoigne la situation de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal ou de l’Irlande dans la zone euro), il devient de plus en plus évident et indispensable qu’il faut changer de modèle économique. Face aux États-Unis et à la Chine qui sous-évaluent fortement leur monnaie, l’Europe a une responsabilité particulière. À condition que les gouvernements aient le courage d’imposer un changement de modèle, tant au niveau européen que national. Ce qui est encore loin d’être le cas.

On notera aussi de ce point de vue la position de la Commission européenne: elle prône la modération salariale et l’austérité budgétaire, mais accepterait de relever les salaires des fonctionnaires européens de 3,7%. Faites ce que je dis mais pas ce que je fais, en quelque sorte.

Et pendant ce temps-là, en France, le gouvernement, conseillé par des experts qui sont loin d’être concernés par le salaire minimum, ne veut pas donner de coup de pouce au SMIC au 1er janvier 2010.

Face à de tels événements, comment ne pas être persuadés que seule la résistance et le rapport de forces sont et seront facteurs de progrès.


http://www.force-ouvriere.fr/

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Vous disposez d'un droit d'accès, de rectificat ion, de modification et de suppression des données qui vous concernent (Art. 34 de la loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978) sur l'ensemble du site. Pour l'exercer, Cliquez sur cette bannière pour contacter le webmaster