ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 7 DÉCEMBRE 2011

 

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

ÉCONOMIE ET POLITIQUE

À CHACUN SA VÉRITÉ

 

Lors de son discours à Toulon, le 1er décembre, le président de la République a beaucoup insisté, dès le départ, sur le fait qu’il disait la vérité. Or dans les domaines économiques et politiques LA vérité n’existe pas. À chacun sa vérité en quelque sorte, en fonction de ses convictions et orientations.

En l’occurrence, ce discours s’inscrit dans la poursuite d’une logique d’austérité (sans le dire), marquée par l’appel à «l’effort et au travail» pour réduire les déficits. En quelque sorte les salariés ne sont pas responsables de la dette, mais ce sont eux qui vont la rembourser!

Drôle de conception de la justice!

Nous ne cesserons de rappeler que la crise actuelle du capitalisme est le fruit de la déréglementation, de la privatisation et de la libéralisation, le fruit du libéralisme économique et ce que l’on nous propose c’est d’accentuer le libéralisme, qui va de pair avec une certaine forme d’autoritarisme social.

Cela n’est pas nouveau. À la veille de la crise mondiale de 1929, la vieille CGT, la nôtre, celle de Léon Jouhaux, avait publié un manifeste sur la crise financière.

Citons-en quelques extraits:

«Le fardeau de la dette publique s’appesantit lourdement sur la consommation. Les forces politiques qui ont organisé le gaspillage, multiplient les emprunts et favorisent les profits les plus scandaleux, redressent cyniquement la tête et posent leurs conditions [...].

La volonté du pays ne compte plus. C’est la ploutocratie qui s’est démesurément enflée de tous les désastres nationaux, qui poursuit ses desseins et prétend gouverner sans contrôle. Ses principes: se soustraire, par la fraude, aux impôts établis, ou les rejeter, cyniquement majorés, sur la consommation, l’évasion des capitaux, créer la méfiance pour provoquer la panique et la débâcle financière, à la faveur de laquelle elle espère instaurer sa domination politique et sa dictature économique.»

Cet extrait parle de lui-même, ce qui change c’est le caractère plus international de la situation. On ne sort pas d’une crise comme celle que nous traversons par plus de libéralisme économique, en épargnant les structures à l’origine de la crise, en mettant partout en place des logiques d’austérité économiquement et socialement suicidaires.

Laisser entendre qu’il faut accentuer les critères de convergence économique en Europe et renforcer les sanctions c’est, qu’on le veuille ou non, abandonner une part croissante de la souveraineté démocratique nationale. C’est accentuer le glissement de l’Europe objet d’espoir vers l’Europe structure de sanctions.

Le président de la République a par ailleurs annoncé la tenue d’un «sommet social» sur l’emploi en janvier. Nous irons, mais que les choses soient claires:

1. nous ne nous ferons pas instrumentaliser;

2. l’emploi n’est pas une question qui se traite en vase clos, en dehors de la politique économique et sociale globale. Toutes nos revendications seront posées;

3. l’emploi du terme «courage», comme celui en son temps de responsabilité, ne consiste pas à être d’accord avec le gouvernement et le patronat.

Il s’agit de défendre nos positions et revendications et de tout mettre en œuvre, y compris par la grève si c’est possible, pour obtenir satisfaction.

 

FO HEBDO - Décembre 2011

Force Ouvrière Jean-Claude Mailly ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY dette publique

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