La tension monte à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris

 

Quatre mille suppressions de postes en vue entre 2010 et 2014, regroupement ou suppressions de services et d’activités, dégradation insupportable des conditions de travail des personnels et de l’accueil des malades: les cris d’alarme émanant tant des organisations syndicales que du corps médical de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) se multiplient. Les syndicats de personnels F0, CGT, CFTC et SUD ont appelé les agents à se
rassembler devant le siège, le vendredi 18 décembre, jour d’un conseil d’administration de I’AP-HP. «Des services entiers sont au bord de la rupture, les personnels épuisés, nombre de médecins estiment ne plus pouvoir assumer leurs fonctions, les situations dangereuses se multiplient dans les services», écrivent-ils dans un communiqué.


Le Pr Coriat, chef du service anesthésie-réanimation de La Pitié-Salpêtrière, qui est aussi président de la Commission médicale d’établissement (CME), l’instance qui représente les médecins de l’AP-HP,, a menacé, à la mi-novembre, de démissionner de ses fonctions administratives si la direction ne revoit pas ses projets. Les deux tiers des chefs de pôle (structure qui colIte plusieurs services) ont annoncé qu’ils étaient prêts à lui emboîter le pas.

LA QUALITÉ DES SOINS EN DANGER

A l'origine de l"inquiétude et de la mobilisation des personnels et des médecins, un plan d’économies voté par le conseil d’administration le 3 juillet 2008, qui prévoit de regrouper en 13 groupes hospitaliers les 38 établissements existants de l’AP-HP, avec des réductions de coûts et d’effectifs à la clé. L’AP-HP avait en
quelque sorte anticipé sur la loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST),votée de justesse au printemps dernier, qui va réduire à 300 territoires de santé les 1035 hôpitaux publics existants. Aujourd’hui, la direction de l’AP-HP annonce une réduction de la masse salariale de l’ordre de 228 millions d’euros pour les trois ans à venir, ce qui «signifie 5 500 suppressions d’emplois supplémentaires», estiment les syndicats.

Le 11 décembre, parmi les quelque deux cents agents rassemblés devant le siège de l’AP-HP, une vingtaine ont témoigné d’unesituation explosive, qui met en danger la qualité des soins. A l’hôpital Tenon, a indiqué un cadre, les urgences sont en grève depuis le 3 décembre contre «des conditions d’accueil déplorables». «Le matériel est dans un état épouvantable et il y a des personnes âgées qui se cassent le col du fémur sur des brancards cassés», a-t-il déclaré. Une infirmière, venue de l’hôpital Raymond-Poincaré, a insisté sur le manque d’effectifs, rapportant un ratio d’ «un infirmier et une aide-soignante pour 24 patients dans un service qui s’occupe de grands accidentés de la route et de la vie». Une diététicienne de Necker a dénoncé le manque de personnel pour préparer les repas des enfants malades.

Daniel Dutheil, secrétaire du syndicat F0 de l’AP-HP, s’est alarmé du projet de fermeture des urgences nocturnes de l’hôpimi Beaujon (Clichy, Hauts-de-Seine) et du transfert de l’activité à l’hôpital Bichat (Paris, 18e: «Beaujon accueille 40000 patients par an et Bichat 70000 par an, avec une moyenne de 4 à 5 heures d’attente pour la prise en charge. C’est du chaos organisé

FO Hebdomaire - Décembre 2009

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