SOUS LA PRESSION, LE PLAN DE RÉORGANISATION DES HÔPITAUX DE PARIS EST SUSPENDUE

Après la mobilisation syndicale de la semaine dernière, FO a exigé «le maintien des services et l’arrêt des suppressions de postes dans tous les établissements hospitaliers en France».

 

Les syndicats des Hôpitaux de Paris sont plus que jamais mobilisés contre le projet de réorganisation de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) visant à supprimer 3.000 à 4.000 emplois d'ici 2012 via le regroupement des 37 établissements franciliens en 12 entités hospitalières (voir notre article du 26 janvier 2010).

Soutenus par environ 2.000 manifestants, les représentants des personnels, dont FO, ont ainsi occupé jeudi et vendredi le siège de l’AP-HP pour que son directeur général accepte de suspendre ce «vaste plan social dicté par la logique comptable irresponsable du gouvernement», dixit Didier Bernus, secrétaire général de FO-Santé. «Le seul objectif des pouvoirs publics est d’arriver à économiser jusqu’à cent millions d’euros, encore une fois sur le dos des personnels et des usagers», rappelle-t-il, avant de souligner que les établissements ne disposent déjà plus des emplois nécessaires pour fonctionner normalement. «Partout les personnels subissent durement les conséquences des restrictions budgétaires, dont le corollaire est la dégradation continue des conditions de travail tandis que les patients sont les victimes expiatoires de l’allongement des délais pour l’obtention d’une consultation, une admission à l’hôpital ou une prise en charge aux urgences», explique-t-il en substance. Et ce sans compter la disparition de services entiers de pédiatrie, de maternité ou de pédiatrie.

«Le ministre des Comptes publics, Éric Woerth, a beau dire qu’il nous faudra faire mieux avec moins, à un moment donné, on ne sait plus faire et il faut dire stop!», martèle Didier Bernus. Pour lui, «il n’est plus acceptable de jouer ainsi avec la République et ses principes, qui plus est au détriment de la santé des citoyens». Car ce qui se passe à l’AP-HP vaut également au niveau national où 25.000 suppressions d’emplois sont programmées à court terme. En cause, la limitation à moins de 3% par an de l’évolution des dépenses de santé, mais aussi la décision gouvernementale de ne remplacer qu’un départ à retraite sur deux, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP).

Vendredi soir, à l’issue du mouvement de colère, FO Santé a appelé les personnels à rester mobilisés «pour exiger dans chaque hôpital la suspension immédiate de tous les projets en cours de restructuration, suppressions de postes, réorganisation des services et transferts». La fédération a décidé par ailleurs d’organiser le 30 mars prochain à Paris une manifestation nationale avec notamment comme mot d’ordre la défense de l’emploi dans l’hôpital public.

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