Service public de sécurité



LE PAVÉ DANS LA MARE DE LA COUR DES COMPTES


Les magistrats dressent un bilan implacable sur la réduction des effectifs et des budgets dans la Police. Il recoupe le constat d’Unité-SGP-Police-FO qui envisage de mobiliser à la rentrée pour en finir avec les ravages de la RGPP.

 

 

Le rapport de la Cour des comptes sur «l'organisation et la gestion des forces de sécurité publique» entre 2002 et 2010 est pour le moins accablant pour la politique du gouvernement. Il dénonce en particulier l’inefficacité de la «politique du chiffre» et la baisse des effectifs de policiers.

Le rapport estime que «la culture du résultat» imposée depuis 2002 «comme mode de fonctionnement des services» a conduit à une gestion par objectifs chiffrés contestable. La fiabilité des statistiques en la matière est remise en cause du fait de leur «grande instabilité» parfois d'une année sur l'autre. Ainsi, en 2009 la reprise à la hausse de la délinquance a été évitée en grande partie par le refus des services d'enregistrer des plaintes de victimes d'escroqueries. La baisse de la délinquance, note-t-il plus loin, est due au fort recul des vols d'autos et des déprédations de biens mais pas à la diminution des violences contre les personnes ou des trafics de drogues.

Côté moyens, le bilan est tout aussi accablant. Le ministère de l’Intérieur a pris l’habitude d’annoncer les recrutements en masquant les postes supprimés dans le même temps. Résultat, les effectifs ont diminué de 5,3% depuis le 1er janvier 2003. Les forces de l’ordre sont mal employées et mal réparties. «Beaucoup sont affectés à des tâches administratives ou annexes (escorte de détenus, garde de bâtiments…)», limitant leur présence sur la voie publique. Les policiers accumulent également une foultitude d’«heures à récupérer». Quant aux budgets de fonctionnement (hors rémunérations), ils ont baissé de 25% en 2010. Enfin, le rapport dénonce le «rôle grandissant des polices municipales», dont la formation est insuffisante au regard des enjeux de sécurité, comme «le développement rapide et coûteux» de la vidéosurveillance, dont l’efficacité reste toujours à démontrer.

«Face à cette situation […], et que nous avons dénoncé mille fois, nous ne resterons pas […] l’arme au pied», a réagi Unité-SGP-Police-FO. Le premier syndicat de la profession envisage de mobiliser à la rentrée pour en finir avec la RGPP.

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