SERVICE PUBLIC - L’EMPLOI DE LA RGPP NUIT GRAVEMENT AUX DEMANDEURS D’EMPLOIS



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L’EMPLOI DE LA RGPP NUIT GRAVEMENT AUX DEMANDEURS D’EMPLOIS

Imposée dans le cadre de la RGPP, la fusion des ASSEDIC (Associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce) et de l'ANPE (Agence nationale pour l’emploi) était destinée à créer «un grand service de l'emploi performant».

Pourtant dès la création de Pôle Emploi, la situation pour les usagers et les agents du service public de l'emploi n'a cessé de se dégrader :

Tout d’abord, Pôle Emploi (qui est donc une mesure RGPP) a été créé sur un mythe : celui de regrouper les activités de placement et d'indemnisation des demandeurs d'emploi. Les missions, les fonctions, les métiers sont différents.

En fait, la création de Pôle Emploi n'avait pas pour but de produire un service public plus performant mais bien de pouvoir diminuer les implantations locales et réduire le nombre d'agents de l'ANPE et des ASSEDIC (comme la plupart des mesures de la RGPP visant à des fusions, des mutualisations, des regroupements et des suppressions). Les déclarations du ministre chargé du budget en 2011 en sont la preuve : il indique que les opérateurs dont Pôle Emploi sont soumis aux réductions d'effectifs de la RGPP.

Cette RGPP à Pôle Emploi se traduit concrètement par :

> Des diminutions d'effectifs à Pôle Emploi alors que le nombre de demandeurs d'emplois nécessiterait au contraire une augmentation: En 2011, un « objectif d'atterrissage » est prévu avec la suppression de 1 800 postes (1 500 CDD et 300 CDI). La direction de Pôle emploi avait fait miroiter à ses salariés en CDD un passage en CDI, au contraire, elle va créer de nouveaux chômeurs.

> Le nombre de dossiers par agents qui explose: à la création de Pôle Emploi, les ministres avaient annoncé un ratio d'une soixantaine de demandeurs par conseiller. Une directrice d'agence expliquait récemment dans la presse qu'il fallait entre 70 et 80 demandeurs par conseiller. En réalité, la moyenne est de 200 demandeurs par conseiller et même dans certaines agences le ratio dépasse les 300 (le plus souvent dans les zones les plus soumises au chômage).

> La situation budgétaire de Pôle Emploi est fragilisée par l'Etat: les dotations diminuent, des transferts d'activités sont effectuées sans compensations comme les 900 personnels de l'association pour la formation professionnelle des adultes (l'AFPA) - psychologues du travail et techniciens d'orientation.

> Les usagers subissent: les files d'attentes s'allongent jusqu'à l'extérieur des bâtiments, certaines réponses ne sont pas apportées sur l'indemnisation ou le placement en fonction des compétences des agents, des erreurs dans les indemnisations qui pénalisent financièrement les usagers, retards dans le traitement des dossiers, allongement des délais entre le licenciement et le premier entretien à Pôle Emploi, déshumanisation à travers la plateforme téléphonique 3949 lorsqu'un automate répond à la majorité des appels (plusieurs sites internet proposent des numéros directs pour contourner le 3949).

> Des agents de pôle emplois sous pression et vers la dépression: les conditions de travail se dégradent, les formations ne sont pas disponibles, les déménagements se succèdent, la pression augmente avec un nombre de dossiers à suivre par personne impossible à assumer, le recours excessif aux indicateurs chiffrés plutôt qu'à l'analyse qualitative du traitement des dossiers, l'augmentation générale du stress, la violence des usagers, demandeurs d’emploi, excédés... Et le drame des suicides au travail. Entre 2009 et 2010, les journées d’absence pour maladie de moins de 5 jours ont bondi de 40%. De 32% pour les arrêts de plus de 8 mois !

> Un recours à des opérateurs privés de placement onéreux et moins efficaces: Pour faire face au nombre croissant de demandeurs d'emploi et à la diminution des effectifs de Pôle Emploi, plusieurs centaines de millions d'euros publics sont dépensés pour avoir recours aux services d'opérateurs privés de placement (OPP). Ces OPP peuvent se voir confier le suivi de presque 250000/300000 chômeurs. Pourtant, le bilan de ces OPP est particulièrement négatif.

> Le scandale des radiations: La politique du chiffre à Pôle Emploi conduit à ne pas traiter sur le fond les recherches d'emplois pour faire diminuer le nombre de demandeurs mais de radier ces derniers. Pour les radier tous les moyens possibles sont mis en œuvre : non présentation à une convocation... arrivée au domicile du demandeur plusieurs jours après la date prévue, absence de déplacement pour une convocation alors qu'un certificat médical imposait au demandeur de ne pas se déplacer, non réponse au bout de trois sonneries pour un entretien téléphonique pour une femme enceinte aux toilettes, entretien interrompu suite à une batterie faible de téléphone portable,... Ces exemples caricaturaux pourraient faire sourire s’il ne s’agissait pas d’une réalité généralisée.

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