«LE TOUR DE FRANCE, C’EST UN CORRIDOR DE 3.500 KM DE SOURIRES»

Interview de Christian Prudhomme, directeur d’ASO

«LE TOUR DE FRANCE, C’EST UN CORRIDOR DE 3.500 KM DE SOURIRES»


Le directeur d’Amaury Sport Organisation (ASO) a dessiné un Tour 2013 qui fait la part belle aux beautés de la France, appelées à entrer dans l’histoire du Tour, avec la Corse comme mise en bouche. Ce dernier territoire métropolitain n’a jamais reçu la Grande Boucle. Entretien.

FO Hebdo: Que représente pour vous la cuvée 2013?
Christian Prudhomme: Ce ne sera pas une cuvée comme les autres: elle est similaire à The Boat Race, la célèbre course d’aviron qui se court tous les ans, depuis 1829, au printemps, entre les universités de Cambridge et d’Oxford, mais aussi à l’incontournable tournoi de tennis de Wimbledon et bien sûr à Roland-Garros. Ce Tour, qui n’avait pas été 100% français depuis 2003, devrait en surprendre plus d’un.

FO Hebdo: Qu’avez-vous exigé en dessinant cette centième édition?
Christian Prudhomme: Il y avait la volonté de trouver un écrin formidable à la compétition, de se rendre dans des lieux mythiques, splendides, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO: au Mont-Saint-Michel, à Versailles, le départ depuis l’île de Beauté... Le parcours sera très marqué par l’eau. En effet, sept arrivées maritimes font leur apparition cette année. Cela n’était pas arrivé depuis cinquante ans. La Méditerranée puis la Manche, le lac de Serre-Ponçon pour un contre-la-montre, le lac d’Annecy avec une dernière arrivée en altitude à 24 heures de Paris pour la deuxième fois seulement dans l’histoire du Tour.

FO Hebdo: Et une surprise pour le dernier jour?
Christian Prudhomme: Le dernier jour, les coureurs auront la chance de faire les premiers kilomètres dans le parc du château de Versailles, avant une arrivée parisienne qui sera encore plus forte qu’à l’ordinaire. Nous arriverons un peu plus tard, vers 21h, au soleil couchant, juste avant la nuit, et nous ferons pour la première fois le tour de l’Arc de Triomphe sur le circuit.

FO Hebdo: Qu’attendez-vous du départ de Corse?
Christian Prudhomme: Nous voulions incontestablement un départ inédit, esthétique, spectaculaire. Avec la Corse, on aura cet ensemble. Depuis 1967, les coureurs s’élancent pour un prologue court; cette année, ce sera le contraire. Dès la première étape, un sprinteur endossera en principe la tunique jaune à l’issue d’une longue étape très nerveuse! Et dès la seconde étape, ce sera réservé aux grimpeurs et puncheurs. Si les coureurs n’ont pas envie de s’échapper, c’est à désespérer de tout: le Tour de Corse automobile est surnommé la course aux 10.000 virages. Ça promet.

FO Hebdo: La Corse est-elle prête?
Christian Prudhomme: D’un point de vue logistique, tout est devenu possible dès lors qu’on a eu l’assurance de pouvoir avoir un bateau, qui servira de salle de presse, de bureau d’organisation pour nous et de parking pour tous les véhicules. L’insularité n’était pas un problème lorsqu’on a fait ce choix. Le Tour de France sur une île, c’est rare pour un grand départ. Il y a eu l’Irlande (1998) et Londres (2007). En Angleterre ce n’était pas pareil avec le tunnel sous la Manche. En Corse, il y a un vrai défi technique et logistique à relever. On n’a pas fait le Critérium International en Corse depuis trois ans pour avoir le Tour derrière. Ce qui est fort, c’est que la Collectivité territoriale de la Corse (CTC) s’est mobilisée pour ce grand départ.

FO Hebdo: Sur le bord des routes, les amoureux de la petite reine s’accordent à dire que le Tour de France reste une institution, d’autres détracteurs comparent la manifestation à une caravane publicitaire, qu’en pensez-vous?
Christian Prudhomme: Le Tour de France, dont les images sont retransmises par près d’une centaine de chaînes de télévision dans 190 pays, représente avant tout un corridor de 3.500 km de sourires! C’est aussi une compétition cycliste qui se retrouve tout au long de son histoire dans les villes et les territoires avec une vie et une mixité sociale. La preuve? Les syndicats, à l’image de FO, y ont clairement leur place. C’est un événement qui fédère tout le monde. Et je le répète, le Tour de France facilite la rencontre avec les Français. Il s’agit du plus grand spectacle populaire gratuit de la planète. J’ai pu encore m’en rendre compte début mai, lors d’un déplacement en Australie: les Australiens sont fascinés par le Tour.

FO Hebdo: Enfin, quelques mots sur le parcours du Tour 2014?
Christian Prudhomme: Une chose est sûre, nous prendrons la roue de l’énorme développement du cyclisme en Angleterre pour s’élancer de Leeds, le 5 juillet, et rester trois jours durant au Royaume-Uni. Leeds, Harrogate, York et Sheffield, dans le Yorkshire, puis Cambridge et Londres seront les villes-étapes de ce séjour anglais. Pour la suite, il faudra attendre le mercredi 23 octobre, jour où le parcours sera intégralement rendu public.
FO Hebdo - Juin 2013

Tour de France 2013

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